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J’ai débranché, note de lecture

J'ai débranché, Thierry CrouzetComment vivre sans Internet après une overdose ? C’est la question que s’est posé Thierry Crouzet (@tcrouzet). Et pour y répondre, il s’est coupé du monde merveilleux d’Internet pendant 6 mois et raconte son expérience dans son livre.

Au fil de son livre, Thierry Crouzet explique comment il a été amené à s’interroger sur sa psychologie, comment il a redécouvert les plaisirs simples de la vie, comment il a repris goût aux échanges directs avec ses semblables, ces humains pas forcément tous connectés en permanence à Internet.

La lecture de l’ouvrage m’a également amené à réfléchir sur ma propre consommation d’Internet et à me poser la question : et si je débranchais aussi ?

Ce que j’ai aimé et ce que j’ai moins aimé

Étant un utilisateur d’Internet depuis un peu plus de 20 ans maintenant, cette expérience n’a pas manqué d’aiguiser ma curiosité. D’autant plus que c’est par l’intermédiaire d’une publication de Loic Le Meur sur Google+ (si mes souvenirs sont exacts) que j’ai eu connaissance de la sortie du livre. En d’autres termes, si je ne suivais pas Loic sur les médias sociaux (et donc via Internet), je n’aurais probablement pas su que le livre était sorti. Une belle illustration de l’apport d’Internet dans ma vie.

Je me suis donc plongé avec délice dans la lecture de l’ouvrage. Comment peut-on décider un beau matin de se couper d’Internet ? D’autres par le passé ont pu décider de se passer d’électricité, de se désintoxiquer des drogues, ou encore d’arrêter de manger de la viande. Mais se couper d’Internet, voilà qui est nouveau ! L’auteur décrit les différentes étapes de son sevrage. C’est bien écrit, on ressent bien les états de manque, les questions profondes qu’il se pose sur sa psychologie et sa relation aux autres. Le récit change brutalement de style au moment où l’expérience pousse l’auteur à prendre même du recul avec les ordinateurs. Ce passage est d’ailleurs quelque peu déroutant sur le plan du style. Au final, j’ai apprécié l’ouvrage, mais je suis resté sur ma faim concernant l’expérience elle-même. En effet, l’auteur a continué d’utiliser Internet par l’intermédiaire de sa femme. Une coupure complète aurait été probablement encore plus riche d’enseignements.

Et si je débranchais aussi ?

Au fil des chapitres, je me suis demandé si j’étais moi-même accro au net. Une chose est sûre, il me semble que j’en ai un usage bien plus modéré que l’auteur avant sa crise, malgré ce que peut en dire mon entourage. Je me suis amusé à noter pendant une semaine comment j’utilisais Internet au quotidien, en me posant à chaque fois la question : aurais-je pu faire autrement ?

Le premier jour lors du petit-déjeuner, la lecture en quelques minutes des messages publiés sur Facebook pendant la nuit m’a permis d’apprendre que Jean Dujardin avait reçu l’Oscar du meilleur acteur. Avant Internet et les médias sociaux, j’aurais probablement appris la nouvelle au journal TV du matin (que je ne regarde plus depuis environ 15 ans…). J’ai aussi appris qu’un ancien collègue s’apprêtait à courir son premier semi-marathon. Impossible d’obtenir cette information autrement que via les médias sociaux. Sans Internet, je n’aurais tout simplement pas pu conserver le minimum de contact qui m’aurait permis d’être informé. Et j’aurais raté l’occasion de partager mon expérience de ce type de course. Toujours en petit-déjeunant, un coup d’œil sur ma messagerie professionnelle m’a appris que le rendez-vous que je devais avoir le matin-même était reporté. Aussitôt, changement d’agenda de ma journée. Sans Internet, je me serais déplacé inutilement et j’aurais probablement maudit celui qui venait d’annuler le rendez-vous. Sans Internet, il faut être bien plus prévoyant… Enfin, un autre email m’a permis d’être au courant des dernières nouvelles intervenues chez mon client, avant même d’arriver sur les lieux. Les premiers échanges sont immédiatement opérationnels. Inutile en effet de me faire un résumé de la situation dont j’ai déjà pris connaissance. Sans Internet, un point de synchronisation aurait été nécessaire, voire une réunion d’équipe, encore plus chronophage.

Sur le trajet dans les transports en commun, j’ai poursuivi en toute discrétion des discussions via Google Talk, Foursquare et Facebook. Sans Internet, ces discussions n’auraient jamais eu lieu. Certaines sont futiles (autant que celles qui ont lieu devant les machines à café dans les entreprises). D’autres étaient plus profondes et m’ont enrichi.

Application SNCF sur BlackBerrySur le trajet retour, compte-tenu des problèmes de transports en commun de ces derniers temps, un coup d’œil sur l’application SNCF installée sur mon BlackBerry m’a fait renoncer à choisir un trajet alternatif à mon trajet habituel. Sans Internet, j’aurais perdu une demi-heure sur un quai de gare dans le froid de l’hiver. Et une demi-heure à 20h30 pour un père de famille, ça compte !

En soirée, un candidat à la présidentielle débattait sur TF1. La chaîne proposait de poser des questions au candidat… via Internet. Auparavant, il aurait été impossible au citoyen de pouvoir poser ses questions, à moins d’avoir été retenu pour faire partie du panel des invités sur le plateau. Probabilité infinitésimale. Il fallait donc s’en remettre aux journalistes. Cela dit, la possibilité offerte par les médias sociaux n’est pas pour autant un gage de qualité des échanges de la démocratie participative.

Le lendemain, je devais me rendre à Paris dans un endroit où je n’étais jamais allé. En une minute sur ratp.fr, je savais comment m’y rendre et combien de temps prendrait le trajet. Avant Internet, il était nécessaire de disposer d’un plan de Paris récent pour identifier les stations de métro les plus proches. Les arrêts de bus étaient rarement indiqués dans ce type de plan. Les agents au guichet ne disposaient pas non plus d’informations plus précises. En ce sens, Internet apporte gain de temps et de fiabilité.

Sur le trajet, un incident a interrompu le trafic. J’étais alors coincé dans un tunnel… sans connexion Internet mobile. Le drame ! Impossible d’envoyer un message à la personne que je devais rencontrer. La coupure du réseau en est d’autant plus insupportable. Serais-je donc accro à l’Internet utile ?

Google Maps sur BlackBerryEn arrivant dans le quartier, c’est avec l’application Google Maps installée sur mon BlackBerry que je me suis orienté. Sans Internet, il m’aurait fallu étudier le plan affiché dans la bouche de métro, retenir les noms des rues à prendre, ou encore demander mon trajet aux passants. Encore un service bien pratique, que j’ai d’ailleurs déjà utilisé par le passé pour renseigner des personnes perdues. A ce titre, le service d’orientation offert par Google Maps n’est pas un frein à l’échange direct avec les personnes que l’on croise.

En soirée, je suis allé m’entrainer équipé de ma montre cardio-GPS et de l’application Endomondo pour BlackBerry. Avant l’arrivée sur le marché des montres cardio, un coureur à pied prenait régulièrement son pouls à la main (en multipliant par 10 le nombre de battements comptés en 6 secondes, on obtient une bonne approximation du rythme cardiaque à la minute). Quant aux GPS, leur apparition a permis de s’affranchir de courir sur des parcours balisés. Endomondo est un pur produit du web social : rendu possible par la combinaison du GPS et de l’Internet, ce service permet en effet à mes amis qui le souhaitent de suivre en direct mon entrainement sur une carte. Ce qui n’a pas grand intérêt en soi, et qui pourtant intéresse certains, surtout sur les compétitions. Internet rend possible cette connexion avec son entourage. Ce qui ne veut pas dire qu’elle la rend obligatoire. Si je ne veux pas allumer Endomondo, libre à moi. Et mes amis ne sont pas obligés de me suivre non plus. Certains d’ailleurs trouvent déjà excessifs de voir publié sur ma timeline Facebook le résumé des séances captées par Endomondo. Internet offre ici des possibilités nouvelles dont il convient de ne pas être esclave.

Un peu plus tard, les données collectées par ma montre cardio-GPS se sont automatiquement déversées sur le site Garmin Connect. Avant Internet, il me fallait noter dans un petit carnet les informations clés de mes entrainements. L’analyse a posteriori nécessitait de parcourir les pages à la recherche d’une séance similaire par exemple, pour observer la progression. Garmin Connect me permet à tout moment et où que je sois, d’étudier une séance passée, avec une richesse d’informations exceptionnelle. Je discute par ailleurs de mes entrainements avec d’autres marathoniens que j’ai « cerclés » dans Google+. Discussions que j’avais auparavant avec mes camarades de club. Mais je ne suis plus en club depuis 15 ans ! Internet me permet donc de continuer d’améliorer mes connaissances sur les techniques d’entrainement.

AlloCine sur BlackBerryLe lendemain, c’est sur le quai de la gare que j’ai consulté l’application AlloCiné sur mon BlackBerry pour choisir le film que je comptais aller voir. Sans Internet, j’aurais sûrement acheté le Pariscope en librairie (à propos, existe-t-il toujours ?). Et je n’aurais bien sûr pas pu connaître les avis de mes amis autrement qu’en ayant discuté du film au hasard d’une rencontre dans les jours précédents, et encore moins les avis des spectateurs que je ne connais pas.

Un peu plus tard, ce sont enfin mes parents qui, tout juste arrivés à destination de leur voyage de printemps, me contactent en vidéo via Windows Live Messenger. Avant Internet, impossible de se voir en direct. Au mieux un appel téléphonique aurait permis un échange vocal qui n’a pas le même impact que la vidéo.

Juste une question d’équilibre

C’est ainsi qu’au fil des journées, j’utilise ces services sans même y faire attention tant ils font désormais partie de mon quotidien. En réfléchissant à cet article, j’en avais même occulté certains services tels que Twitter, les SMS, BlackBerry Messenger et bien-sûr la téléphonie mobile. Et pourtant, tout ceci n’est possible que grâce à Internet.

Tous ces services m’ont été utiles. Bien sûr je pourrais m’en passer. Et c’est bien sur ce point que l’expérience de Thierry Crouzet est intéressante. Pour s’en passer il faut au préalable avoir gardé pied dans la réalité. Nous ne sommes pas des êtres réseau. Nous sommes des êtres sociaux qui peuvent utiliser le réseau pour entretenir nos relations sociales.

Vous qui êtes arrivé au terme de ce long article (bravo !), arrivez-vous à vous passer d’Internet ? Avez-vous conscience de ce que ce réseau vous apporte au quotidien ? Comment vivez-vous une interruption de réseau ou l’oubli de votre smartphone ? Pour en débattre, je vous propose bien sûr, de poster vos commentaires ci-dessous… en utilisant Internet :-).

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J’ai supprimé mon compte Facebook et ça ne me manque pas

De septembre 2009 à juin 2011 en France, la part des internautes de 35 à 44 ans gérant un profil de réseau social, a cru de 85,7% selon l’étude Global Web Index. Depuis février 2011, Facebook a même dépassé les 20 millions d’utilisateurs. Le réseau social numéro 1 dans le monde connait donc une progression sans résistance dans notre pays. Et pourtant, quelques irréductibles s’opposent à l’envahisseur.

J’ai la chance d’en connaître une dans mon entourage proche : Cristelle qui dans un premier temps a succombé aux charmes de Facebook, a finalement décidé de fermer son compte et annonce aujourd’hui : « cela ne me manque pas ». Alors que Facebook vient d’annoncer le 20 septembre 2011 lors de sa conférence F8 la nouvelle Timeline et un Open Graph offrant toujours plus d’accès aux données des utilisateurs de son service, j’ai voulu comprendre comment Cristelle a décidé d’ouvrir, puis finalement de fermer son compte Facebook, et plus généralement comment l’entreprise qui souhaite s’engager sur les médias sociaux, peut tirer profit de cette expérience.

Pourquoi avoir créé un compte Facebook ?

Ce qui a d’abord motivé Cristelle pour créer son compte, c’est le souci de permettre à ses anciennes relations de reprendre contact avec elle. Après 3 ans d’expérience sur Copains d’Avant, elle constatait en effet que son besoin de renouer le contact avec ses anciennes relations, n’était plus satisfait avec ce seul réseau social. Facebook devenait à la mode et, « un peu pour faire comme tout le monde », Cristelle a donc décidé d’ouvrir un compte. En approfondissant la question, nous nous sommes aperçus qu’en réalité, elle satisfaisait déjà son besoin de contact avec d’anciennes relations. Cristelle a en effet la chance d’avoir gardé le contact avec les personnes qu’elle apprécie de longue date, et que ces personnes vivent dans son environnement géographique proche. Qui plus est, les rares anciennes relations entrées en contact avec elle via Facebook, n’ont pas donné lieu à des rencontres. Selon son expérience, Facebook vu comme un outil de reprise de relation, ne répond donc pas à ses attentes. Qui plus est à l’usage, Facebook a présenté un certain nombre d’inconvénients qui ont conduit Cristelle à fermer son compte.

Pourquoi fermer un compte Facebook ?

Les raisons qui motivent la fermeture d’un compte Facebook sont multiples, et le Web est peuplé d’histoires à ce sujet. Cristelle, dont la vie sociale est pourtant déterminante pour son bien-être, a renoncé à l’avantage que Facebook aurait pu lui procurer. Ce qui la gêne le plus ? Comme elle le dit : « c’est compliqué, ça m’agresse, j’ai à lire des choses que je n’ai pas demandées ». Et c’est probablement un des principaux problèmes de Facebook aujourd’hui pour fidéliser le quasi premier milliard d’utilisateurs, et conquérir le suivant. En effet, tout le monde n’est pas voyeur au point de vouloir tout savoir des moindres faits et gestes des personnes de son réseau social. A ce titre, Cristelle est probablement un exemple qui sera suivi si Facebook ne parvient pas à permettre à ses utilisateurs de choisir ce qu’ils ont vraiment envie de voir des contenus publiés par leur réseau social. Il s’agit là simplement de reconnaître la liberté de chaque utilisateur de pouvoir exprimer son intérêt pour un sous-ensemble des contenus publiés. Et plus généralement ne pas en arriver comme Cristelle à déclarer : « une fois qu’on est sur Facebook, on n’est plus tranquille » !

Autre motivation à prendre la décision de fermer son compte, le fort sentiment de perte de contrôle, amplifié par le manque de maîtrise de l’informatique. Facebook a beau proposer une ergonomie qui convient au plus grand nombre, ceux qui n’ont aucune envie de passer leur week-end à éplucher les paramètres de l’outil, ont de quoi être freinés dans leur usage lorsqu’ils prennent conscience que certaines informations se sont propagées à leur insu. C’est ainsi que Cristelle, en utilisant l’ordinateur familial (sans disposer de session personnelle), s’est authentifiée sur Facebook Connect. Quelques jours plus tard, son mari (qui n’est pas utilisateur de Facebook), clique sur le bouton « J’aime » d’une page Web décrivant un restaurant. Automatiquement, le réseau social de Cristelle s’est retrouvé informé que c’est elle qui « aime » ce restaurant. La confusion est totale !

D’autres situations peuvent lasser. C’est ainsi que les enfants de collègues de travail ont voulu être « amis » avec Cristelle. Quelle drôle d’idée, n’est-ce pas ? Etre présent sur Facebook, c’est aussi savoir refuser poliment une proposition de mise en relation. Verra-t-on bientôt fleurir les manuels de savoir-vivre sur Facebook, comme on a vu fleurir dans les salles de cinéma au début des années 2000 les affiches invitant les possesseurs de téléphones mobiles à éteindre leur appareil avant d’entrer dans la salle ? Cristelle a aussi reçu de multiples sollicitations sous forme de jeux, toujours habilement présentées pour inciter à cliquer, par exemple pour découvrir les réponses qu’une personne proche a données la concernant. Qui ne serait pas tenté de cliquer ? Pourtant, les conséquences d’un simple clic peuvent s’avérer tout à fait inconvenantes. C’est ainsi en cliquant sur un jeu de ce type, qu’elle s’est retrouvée sans bien comprendre comment, inscrite à un site de rencontre. Qui plus est, son inscription était annoncée sur son mur Facebook, et donc visible de toutes les personnes de son réseau social qui s’est immédiatement inquiété de sa motivation. Là encore, c’est l’automatisation des publications doublée d’un manque d’aide à la compréhension d’une action aussi anodine qu’un clic, qui pose problème.

En conséquence, Cristelle s’est rendue compte à l’usage que Facebook force à baisser le niveau d’intimité avec les personnes faisant partie de son réseau social. Et cela est contradictoire avec son besoin profond d’intimité dans la relation qu’elle engage avec les personnes qui l’entourent. Ce qui conduit à la décision fatale : fermer son compte ! Le paradoxe étant, qu’au vu des conditions d’utilisations de ce service, les informations personnelles qu’elle a confiées à Facebook pendant sa courte expérience, restent présentes dans ses bases de données quelque part aux Etats-Unis. Et là encore, on peut imaginer la frustration que Cristelle peut ressentir en prenant conscience que ses publications n’ont pas été détruites malgré la fermeture de son compte…

Néanmoins, fort heureusement pour moi, la fermeture de son compte Facebook n’est heureusement pas synonyme de la fin de notre amitié. L’amitié, au sens noble du terme, n’ayant évidemment pas besoin des médias sociaux pour s’exprimer avec sincérité.

Quels enseignements pour les entreprises ?

Facebook est un formidable outil, et de manière générale, les médias sociaux se développent d’abord parce qu’ils répondent à un besoin fondamental de socialisation des individus. Le sociologue Stéphane Hugon l’a d’ailleurs fort bien développé lors de la présentation que nous avons faite ensemble lors des premières Assises des Médias Sociaux le 5 septembre 2011.

Cependant, pour toute entreprise qui souhaite être un acteur des médias sociaux, l’exemple de Cristelle, mais aussi les réactions de rejet publiées suite à l’annonce de l’arrivée de la nouvelle Timeline, même par des développeurs d’applications Facebook (voir par exemple le témoignage de Ben Werdmuller), il semble essentiel de prendre conscience d’un paradoxe : les utilisateurs veulent de la personnalisation et de la transparence, mais ils veulent aussi pouvoir maîtriser la confidentialité et l’exploitation qui est faite de leurs informations personnelles. Ce paradoxe, développé dans le livre « Les paradoxes de la relation client dans un monde digital » (auquel j’ai eu l’occasion de collaborer), oblige ainsi les entreprises à une grande vigilance dans l’exploitation qu’elles font des informations personnelles de leurs clients.

7 (mauvaises) raisons de ne pas participer aux réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ont conquis la planète, et pourtant il reste quelques irréductibles sceptiques. Ils se posent des questions sur ces nouveaux outils et nouveaux usages qui ont débarqués dans le quotidien de leurs amis. Ils ont pu être choqués par les pratiques de recrutement de certains réseaux sociaux. Ils sont parfois stressés devant la jungle des outils. Et tout cela leur donne des raisons de ne pas participer aux réseaux sociaux. Cet article est destiné aux sceptiques, pour leur donner un début de réponse aux raisons qu’ils peuvent opposer à l’utilisation des réseaux sociaux. Bien sûr ils pourront continuer d’être en marge du mouvement. Mais ils ne peuvent plus ignorer l’importance de ce mouvement de fond qui ne fait que commencer.

En discutant avec mes proches qui n’ont pas encore été séduits par les sirènes des réseaux sociaux, ou par ceux qui ont tenté de les utiliser et n’ont pas été convaincus par l’expérience, j’ai remarqué qu’ils évoquent principalement sept raisons de ne pas participer aux réseaux sociaux :

1.       On s’en passait bien avant !

2.       Les personnes avec lesquelles je souhaite être en relation sont géographiquement proches et disponibles aux mêmes heures que moi

3.       Je n’ai pas besoin de savoir ce que font les autres en permanence

4.       Je n’ai pas le temps

5.       On donne trop d’informations, ce n’est pas sécurisé, ça augmente les risques d’être cambriolé

6.       Je me retrouve embarqué à l’insu de mon plein gré dans des jeux idiots

7.       Je ne maîtrise pas ce qui est publié en mon nom

On s’en passait bien avant !

C’est vrai. Avant d’inventer les réseaux sociaux, on utilisait d’autres moyens de communication, tel que l’email, ou le courrier papier. Ces moyens traditionnels présentent plusieurs inconvénients : ils sont unidirectionnels (j’envoie un message à certaines personnes), ne favorisent pas la réutilisation (qui n’a pas souffert en étant embarqué dans des chaînes d’emails ?), permettent difficilement à un tiers d’entrer dans la discussion, etc. Les réseaux sociaux apportent une grande fluidité dans les échanges. Les interactions au sein d’une communauté d’intérêts sont beaucoup plus efficaces avec les réseaux sociaux. Toute personne qui souhaite interagir avec un groupe de personnes, devrait donc envisager sérieusement d’être partie prenante des réseaux sociaux.

Les personnes avec lesquelles je souhaite être en relation sont géographiquement proches et disponibles aux mêmes heures que moi

Dans ce cas là, la valeur ajoutée apportée par les réseaux sociaux peut sembler faible. En revanche, dès que le réseau relationnel s’étend, dans le temps comme dans l’espace, alors les réseaux sociaux sont une bonne réponse. Dans le temps, les réseaux sociaux apportent une solution simple à qui souhaite renouer le contact avec des connaissances passées. Ces personnes ont pu changer d’email, ou déménager, leur profil dans les réseaux sociaux permet de reprendre contact avec eux. Et si on ne souhaite pas être contacté par d’anciennes relations, il est toujours possible de refuser une demande de mise en contact. Dans l’espace, les réseaux sociaux offrent aussi un moyen simple et convivial pour rester en contact avec des connaissances qui ont pu déménager, pas nécessairement à l’autre bout de la planète, mais suffisamment loin pour qu’une visite soit lourde à organiser. Les publications régulières de chacun permettent facilement d’avoir des nouvelles, plus fréquemment que par les moyens classiques. Et ces publications sont autant d’opportunités d’échanges. Un réseau relationnel peut aujourd’hui être limité dans l’espace et dans le temps. Participer aux réseaux sociaux, c’est se préparer à garder le contact lorsque le réseau relationnel évoluera dans l’espace comme dans le temps.

Je n’ai pas besoin de savoir ce que font les autres en permanence

Heureusement ! Et n’est-ce pas le cas avec tous les média ? Il est par exemple impossible (et inutile) de regarder la télévision en permanence, ou de lire tous les journaux qui sont publiés. De la même manière, personne n’oblige personne à prendre connaissance de toutes les publications de son réseau relationnel sur les réseaux sociaux. Il suffit pour cela d’adopter son propre rythme de consultation. Par exemple une fois par jour au lieu de regarder une émission de télé réalité, ou encore une fois par semaine le week-end. Les utilisateurs les plus avancés sont connectés quasiment en permanence, mais tout le monde n’est pas un utilisateur avancé. Et participer aux réseaux sociaux, même de temps en temps, c’est se donner la possibilité de lire les publications d’un réseau relationnel vivant, et de pouvoir y participer.

Je n’ai pas le temps

Comme souvent à propos du temps, la question n’est pas tant de savoir si on a le temps, mais plutôt de savoir comment l’on se sert du temps dont on dispose (24 heures par jour, pour mémoire). Les utilisateurs les plus avancés des réseaux sociaux ont progressivement remplacé leur consommation de média traditionnels (presse, télévision, radio) par une consommation et un rôle actif sur les média sociaux. En d’autres termes, au lieu de regarder un programme à la télévision, ils préfèrent interagir avec leurs alter ego au travers des réseaux sociaux. Et lorsqu’ils regardent la télévision ou écoutent la radio, ils sont en même temps actifs sur les réseaux sociaux, pour échanger au sujet du programme en cours de diffusion, un peu comme s’ils invitaient toutes ces personnes dans leur salon. En utilisant régulièrement les réseaux sociaux, on s’aperçoit assez vite que l’on est plus facilement au courant de l’actualité d’un domaine d’activité. En effet, toute information intéressante se retrouve rapidement communiquée par les experts du domaine : il suffit de les suivre pour être à jour. Et en cela, les réseaux sociaux sont un gain de temps appréciable.

On donne trop d’informations, ce n’est pas sécurisé, ça augmente les risques d’être cambriolé

Il est vrai que comme pour toute communication d’informations personnelles, il convient d’être prudent sur ce que l’on raconte sur les réseaux sociaux, comme n’importe où ailleurs. Il est par exemple risqué d’évoquer au marché un voyage en cours de préparation : on ne sait jamais vraiment qui peut écouter la conversation, et comment seront exploitées les informations communiquées. La prudence est donc nécessaire, et pour cela le bon sens prime. Par ailleurs, les réseaux sociaux proposent un paramétrage qui permet de limiter la visibilité des informations publiées. Certes, les options de visibilité proposées manquent parfois de clarté. Dans le doute, autant s’abstenir de publier trop d’informations. Quant aux cambriolages faisant suite à des informations communiquées sur les réseaux sociaux, je n’ai jamais vu de statistiques sur le sujet, tout au plus quelques articles retentissants publiés dans la presse, et surfant sur la peur du lecteur.

Je me retrouve embarqué à l’insu de mon plein gré dans des jeux idiots

Les chaînes d’emails existent depuis longtemps, et continuent de polluer les messageries. Les réseaux sociaux permettent aux éditeurs de ces chaînes de développer des dispositifs exploitant le graphe social de l’utilisateur. Là encore, la prudence est nécessaire : une relation vous envoie soi-disant (en général à son insu) une demande de participation à un jeu, et pour cela vous devez donnez l’accès à votre profil sur le réseau social ? Renseignez-vous avant d’accepter ! Vous êtes toujours libres de ne pas répondre à ce genre de demande. Pourquoi ne pas appliquer les règles élémentaires de prudence que vous appliquez dans votre quotidien ? N’hésitez pas à vous adresser directement à votre contact pour demander de quoi il s’agit. Ne cédez pas trop vite aux sirènes des chaînes de jeu idiots qui exploiteront votre soif de savoir ce qui se cache derrière. Bien souvent il ne se cache que la volonté d’accéder à votre réseau relationnel en votre nom.

Je ne maîtrise pas ce qui est publié en mon nom

Le fait de ne pas être actif sur les réseaux sociaux ne signifie pas pour autant que vous n’y apparaissez pas. Vous pouvez le déplorer, mais c’est la réalité du monde dans lequel nous vivons. Et si vous n’aviez pas d’existence digitale, croyez-vous que vous maîtriseriez mieux ce qu’on dit de vous sur Internet ? Il est toujours instructif de se rechercher sur Google. On est souvent surpris de voir son nom sortir dans les résultats de recherche. Et la meilleure façon de maîtriser ce que les moteurs de recherche restituent de vous, c’est encore de publier vous-même un contenu qui vous ressemble et correspond à l’image que vous souhaitez donner. En adoptant une attitude active sur les réseaux sociaux, vous vous donnez le moyen de contrôler ce qui est publié en votre nom. Evidemment, si vous utilisez un ordinateur familial pour cela, il est toujours préférable de créer des environnements pour chaque personne de la famille, afin d’éviter qu’un membre de la famille agisse en votre nom sur les réseaux sociaux, comme sur tout service en ligne auquel vous auriez accédé dans le passé en ayant choisi de maintenir votre session active.

En conclusion, j’invite les sceptiques des réseaux sociaux qui ont lu cet article à partager leur réaction voire leurs propres raisons de ne pas utiliser les réseaux sociaux. Quant aux utilisateurs avancés qui ont quand même lu ce long article bien que n’étant pas a priori dans la cible, je les invite à partager leurs arguments chocs pour convaincre leur réseau relationnel d’utiliser les réseaux sociaux.

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