Archive

Posts Tagged ‘Générations’

Les boss qui tweetent et ceux qui ne tweetent pas (encore)

Image

Twitter est devenu en sept ans un média de masse, presque passé dans le langage courant. Les « people », les journalistes et désormais les politiques, y sont particulièrement actifs dans un brouhaha entretenu par quelques 500 millions d’individus publiant plus de 400 millions de tweets chaque jour. Parmi ceux-ci, certains occupent des postes à très haute responsabilité dans les entreprises. Un patron d’entreprise doit-il être présent sur Twitter ? Et s’il l’est, en quoi sa présence contribue à la performance de l’entreprise ? Media Aces, sous l’égide d’Hervé Kabla (@HerveKabla) et Yann Gourvennec (@ygourven) a proposé à un collège de patrons twittos et non twittos d’en débattre mardi 11 juin 2013.

Afin de camper le décor, Fabienne Simon (@FabienneSimon) a commencé par présenter l’enquête qualitative réalisée par Ipsos. J’invite le lecteur à lire avec attention la note de synthèse de cette enquête lisant l’article publié par Nicolas Saurin Rauline (@nrauline), animateur de la table ronde de cette matinée. J’en ai retenu principalement les points suivants :

  • Les patrons français commencent à aller sur Twitter, timidement
  • Pour les patrons qui tweetent, Twitter est un espace de liberté
  • Un patron qui tweete renouvelle le leadership
  • Un patron sur Twitter incarne l’entreprise
  • L’équilibre professionnel et personnel est délicat
  • Twitter invite le patron au lâcher prise, à plus d’instantanéité, d’humanité

Pour témoigner de leur enthousiasme de patrons twittos, Nicolas Bordas (@nicolasbordas) et Françoise Gri (@fgri) ont fait part de leur retour d’expérience.

Nicolas Bordas, Président BEING Worldwide, Vice-Président de TBWA\Europe, enseignant à SciencesPo, affiche près de 20 000 followers. Il reste cependant modeste face aux 380 000 followers gagnés par Hilary Clinton dans la journée de l’ouverture de son compte Twitter avec un seul tweet :

Image

Nicolas Bordas reconnait aussi avoir, avant de se lancer sur Twitter, fait une erreur de jugement, en ne voyant pas l’intérêt de publier des statuts comme sur Facebook. Jugement qu’il revoit avec son expérience en considérant Twitter comme un réseau d’information, et non un réseau social. Expérience qui l’amène à considérer les cinq raisons pour un patron d’être impérativement sur Twitter, quel que soit le secteur d’activité :

  • Faire une veille
  • Accéder aux experts
  • Comprendre ce qui se dit en interne à l’entreprise (sentir la micro-opinion)
  • Gérer la réputation de l’entreprise (intérêt conversationnel), et désamorcer les problèmes en amont, avant qu’ils ne deviennent graves
  • Etre en relation directe avec les journalistes

Un patron pourra cependant objecter que tweeter en tant que patron est :

  • Une perte de temps : alors qu’il est possible de tweeter sur les temps morts
  • Un risque de communication : alors que tout est contrôlable, car publié sans intermédiaires
  • Un problème posé car le patron pense ne rien avoir à dire : alors qu’il est au carrefour d’échanges d’une grande richesse
  • Une activité redondante avec la communication d’entreprise : alors qu’il s’agit justement d’incarner un positionnement plus humain

En conclusion de son intervention, Nicolas Bordas note l’impact de l’affaire DSK en tant qu’événement qui a poussé politiques et journalistes à tweeter. Un événement similaire (pourquoi pas la conférence Média Aces !) poussera probablement les patrons à tweeter également.

Françoise Gri, directrice générale du groupe Pierre & Vacances – Center Parcs a complété le propos en notant que tweeter pour un patron c’est :

  • Amplifier la communication corporate
  • Identifier des gens intéressants sur les sujets de l’entreprise (par exemple l’emploi lorsqu’elle était chez Manpower)
  • Communiquer en interne directement avec les collaborateurs, notamment dans le cadre d’un programme de transformation d’entreprise
  • Installer une relation numérique personnalisée avec le client, enjeu majeur pour Pierre & Vacances comme pour l’ensemble du secteur du tourisme, fondamentalement transformé par le numérique

Françoise Gri va jusqu’à demander à ses plus proches collaborateurs, notamment du comité exécutif, de tweeter également : « c’est une obligation de curiosité, indispensable dans un secteur qui se transforme avec le numérique ».

La contre-argumentation était portée par deux patrons qui n’utilisent pas Twitter à titre personnel : Gonzague de Blignières et Bruno Witvoët.

Gonzague de Blignières, Senior partner d’Equistone Partners Europe, ex Président du conseil de surveillance de la banque Barclays, se positionne d’emblée en dinosaure de la technologie. Pour lui, Twitter est un outil supplémentaire qui brouille et abime la communication. Il vient s’ajouter au trop plein d’informations à traiter, sans pour autant améliorer la confiance. Il reconnait cependant l’impact de Twitter dans la communication, citant notamment l’affaire des pigeons. A la fin du débat, découvrant par exemple que les relations tissées via Twitter peuvent se concrétiser en face à face, nous avons pu sentir dans la salle qu’il était à deux doigts de se laisser convaincre. A suivre !

Bruno Witvoët, PDG d’Unilever France n’utilise pas Twitter à titre personnel, mais reconnait l’intérêt des médias sociaux au service des marques du groupe Unilever. Pour lui, Twitter pose la question de la gestion d’un volume d’information toujours plus important. Volume qui se gère en sélectionnant les comptes à suivre. Il le voit aussi comme un outil qui peut rendre le patron esclave de l’instantanéité, au détriment du temps de la réflexion. Ce qui n’est pas incompatible, de même que le téléphone n’oblige personne à être joignable en permanence. Il note enfin que Twitter n’est pas le seul moyen pour rester informé ou rencontrer des gens. C’est bien-sûr un outil complémentaire, qui offre un type nouveau d’entrée en relation.

Au-delà de l’adoption de Twitter (ou non), il aurait pu être intéressant d’approfondir le débat sur le rôle du patron dans la digitalisation de son entreprise. Alors que selon Gilles Babinet (@babgi), les grands groupes français souffrent d’un défaut de stratégie digitale (voir sa tribune dans les Echos : « Le CAC 40 survivra-t-il au choc numérique à venir ? »), on peut en effet se demander comment nos entreprises peuvent revenir dans la course numérique, en commençant par évangéliser les patrons.

D’autres patrons ont déjà commencé à utiliser Twitter. Nicolas Bordas et Pierre-Philippe Cormeraie (@ppc) ont lancé Tweet Bosses (@tweetbosses) pour les encourager et montrer l’exemple aux patrons qui n’ont pas encore franchi le cap. Les témoignages qu’ils diffusent sur la chaîne YouTube TweetBosses méritent le détour. Si vous êtes un patron, ces témoignages pourront vous inspirer. Si vous êtes le collaborateur d’un patron qui ne tweete pas, proposez lui de les regarder. Comme Gonzague de Blignières et Bruno Witvoët, il se pourrait que son avis sur l’intérêt de tweeter évolue.

Une fois de plus Media Aces, en partenariat cette fois-ci avec IPSOS, a monté une conférence de grande qualité, proposant un débat contradictoire sur un sujet original lié aux médias sociaux. Organisez-vous pour assister à la prochaine session, vous ne le regretterez pas !

Pour en savoir plus, d’autres comptes-rendus de la conférence :

Petite Poucette (Michel Serres), note de lecture

Petite Poucette (Michel Serres)Petite Poucette, c’est le nom que Michel Serres donne à ce nouvel humain connecté, né de l’usage démocratisé des nouvelles technologies. Dépassé le débat sur les générations Y et Z, sur les "Digital Natives". Comment un homme de 80 ans, observateur de nos sociétés, peut-il être plus clairvoyant que les quadras-quinquas-sexagénaires qui nous gouvernent ? Dépassées les méthodes d’enseignement, la politique, nos institutions. Michel Serres nous invite à penser au futur, éclairant ainsi nos choix du présent. Il nous encourage au lâcher prise de nos réflexes hérités de l’écrit et de l’imprimé. Place au numérique, à la créativité !

Dans son éloge des réseaux, Michel Serres donne ainsi une lecture contrastée du virtuel tant décrié par les générations passées (voir p.60). Occasion d’humilité. Prise de recul sur nos certitudes. Ce qui gouverne les réflexes de nos sociétés est-il en train de s’effondrer avec le numérique ?

Michel Serres annonce ainsi la fin d’un monde et l’émergence d’un nouveau à inventer : « ces grandes institutions ressemblent aux étoiles dont nous recevons la lumière, mais dont l’astrophysique calcule qu’elles moururent voici longtemps » (voir p.66).

Père de deux filles nées en 1999 et 2002, je vois sous mes yeux jour après jour se concrétiser la vision du philosophe. Elles sont bien plus rapides à manipuler les savoirs que je ne l’étais à leur âge. Des savoirs dans des domaines bien plus diverses, des cultures plus variées, nourrissant leur appétit et leur ouverture d’esprit.

Vous, cher lecteur anonyme arrivé jusqu’ici, je ne peux que vous encourager à lire dès maintenant cet essai. Le monde a déjà commencé à changer. A peine pour le prix d’une place de cinéma, offrez-vous une chance de comprendre comment.

Et pour ceux qui préfèrent la vidéo, je vous invite à vous installer confortablement pour visionner, attentifs, cette conférence au cours de laquelle Michel Serres expose les principaux points de « Petite Poucette » :

 

Mise à jour du 03/07/2013

Pour les plus pressés, écoutez ces quelques mots de Michel Serres :

L’inévitable transformation digitale

Les entreprises peuvent-elles échapper à une transformation digitale ? Clairement non ! Toutes les fonctions de l’entreprise sont touchées, que ce soit la RH pour recruter et fidéliser les talents, le marketing pour comprendre le marché, les ventes pour commercialiser les produits et services ou encore la relation client pour servir les clients post achat. Comment aborder cette transformation en profondeur ? Pour y répondre, Les Assises des Médias Sociaux proposaient lundi 14 janvier 2013 de prendre de la hauteur sur l’inévitable transformation digitale des entreprises, en donnant la parole à trois intervenants : Minter Dial (@mdial), Laurence Bret-Stern (@lbret) et Brian Solis (@briansolis).

Minter Dial a campé le décor en montrant le dilemme de leadership auquel sont confrontées les entreprises face au digital. Un dilemme qui conduit à jongler en permanence entre le court terme (le digital bouge très vite) et le long terme (ce qui relève de la mission que l’entreprise se donne). Pour illustrer la nouvelle donne en terme de cohérence entre ce que l’entreprise annonce être et ce qu’elle est vraiment, Minter a proposé à l’assistance de visiter glassdoor.com, meilleures-entreprises.com, ou encore chooseyourboss.com. Tous ces sites proposent peu ou prou la même chose : évaluer les entreprises de l’intérieur. Cela peut sembler effrayant, mais c’est le monde dans lequel nous vivons. Inutile donc de faire l’autruche en prétendant que cela n’existe pas. Il est bien plus sage de prendre ce sujet au sérieux !

Laurence Bret-Stern (directrice marketing EMEA de LinkedIn) a pris le relais en exposant les principaux atouts de LinkedIn, notamment l’outil Sales pour aider les forces de vente dans leur prospection commerciale. Une occasion de rappeler que ce réseau social professionnel vient de dépasser la barre des 200 millions de membres, avec une croissance quotidienne équivalente à la population de la ville de Saint-Etienne ! J’ai saisi l’opportunité de cette présentation pour poser à Laurence la question que je soulevais dans un précédent article sur les professionnels du Web : comment expliquer que les réseaux sociaux professionnels soient encore si peu utilisés en France pour le recrutement ? Deux principaux facteurs pourraient l’expliquer : la maturité du marché français dans l’usage des médias sociaux d’une part, et un recrutement en France privilégiant l’interne d’autre part. Les DRH sont-elles prêtes à inciter les collaborateurs de l’entreprise à s’engager sur LinkedIn pour le bénéfice de l’entreprise ?

Au passage, Laurence a invité l’assistance à tester InMaps, un outil de visualisation du réseau social d’un utilisateur de LinkedIn. Cet outil permet de redécouvrir son réseau social professionnel, d’identifier les connexions existantes et inconnues, de trouver des zones à développer. Voici ce que ça donne avec mon propre réseau :

Image

Enfin, Brian Solis intervenait en guest star américaine, prodiguant comme à son habitude un discours intelligible par les cadres dirigeants, sans langue de bois, réaliste sur les médias sociaux et plus généralement sur la transformation digitale des entreprises. Un discours illustré de nombreux exemples issus de ses propres recherches ou d’études réalisées par d’autres acteurs. J’ai notamment repéré The Digital Advantage: How Digital Leaders Outperform their Peers in Every Industry, de Cap Gemini et du MIT, ainsi que l’étude IBM Global CEO Study 2012. Et comme résumer le discours de Brian reviendrait à l’appauvrir, je vous invite chaudement à visualiser la vidéo de son intervention dès qu’elle sera publiée sur le site Innovation au Napoléon.

A noter, la parution en mars du prochain livre de Brian « What’s the Future? » dans lequel il proposera une vision consolidée des défis de l’entreprise digitale. A lire dès sa sortie !

A noter également le livre blanc « The Little Blue Book of Social Transformation » édité par SalesForce en partenariat avec Brian. Ce livre blanc propose les grandes étapes de la transformation digitale des entreprises.

Pour une vision plus complète des pépites de la conférence, je vous invite à consulter l’histoire Storify compilée par Gabrielle Laine Peters (@GabrielleNYC).

Une fois encore j’ai été très heureux d’assister aux Assises des Médias Sociaux. Ce format de conférence offre l’occasion de présentations approfondies sur des thématique pointues et d’un échange de grande qualité avec les intervenants et au travers du « live tweet ». Surveillez les prochaines échéances et laissez-vous tenter, vous ne le regretterez pas !

10
10

Génération Facebook : un futur trésor pour l’entreprise

J’ai eu l’opportunité de publier dans le cercle des Echos une tribune professionnelle intitulée « Génération Facebook : un futur trésor pour l’entreprise ». Vos commentaires sur cette tribune sont les bienvenus !

10
10
10
10

e-G8 Forum : deux jours pour nourrir les discussions des chefs d’Etat sur Internet

J’ai eu la chance d’assister aux conférences du e-G8 Forum, les 24 et 25 mai 2011. Ce forum, organisé en amont de la réunion du G8 à Deauville, visait à nourrir les débats des chefs d’Etat du G8 au sujet de l’Internet. Première initiative du genre, le e-G8 Forum témoigne de l’importance que revêt aujourd’hui Internet dans nos économies et nos sociétés.

e-G8 Forum, 24 mai 2011, Nicolas Sarkozy

Le président de la République Nicolas Sarkozy, a proposé une vision enthousiasmante du devenir de l’Internet, et surtout de sa prise en compte au plus haut niveau des instances représentatives de l’intérêt général dans le monde. En tant que président du G8 (la France préside actuellement cette instance), Nicolas Sarkozy offre aux acteurs de l’Internet une écoute de la part des chefs d’Etat des plus grands pays industrialisés. J’ai noté en particulier la posture modeste du chef de l’Etat, reconnaissant avoir à apprendre des acteurs de l’Internet pour préparer l’avenir et favoriser la croissance et l’innovation permise par Internet, et de recommander « ne doutez pas de la révolution en marche ».

e-G8 Forum, 24 mai 2011, Ben Verwaayen et Christine Lagarde

Les tables rondes qui se sont succédées en séances plénières ont été l’occasion de voir débattre les représentants de grands acteurs de l’Internet. Principalement de grandes sociétés telles que Facebook, Google, Orange, Iliad, Vente Privée, Universal Music, mais aussi quelques représentants du monde politique (Christine Lagarde, Frédéric Mittérand et Eric Besson par exemple). On peut déplorer l’absence de représentants issus du tissus économique qui ne sont pas des pure players de l’Internet, ou encore issus du monde de l’éducation, de la culture ou de la société civile (des gens comme vous et moi, simples utilisateurs de services en ligne).

Parmi les intervenants, j’ai noté pêle-mêle quelques points de vue qui ont attiré mon attention. Le détail des interventions étant disponible sur le site Web du e-G8 Forum, il ne me paraît pas pertinent ici d’en dresser un compte-rendu détaillé (de toute façon je n’en aurais pas le temps !), mais plutôt d’insister sur les faits marquants. Ainsi, Sheryl Sandberg (DG Google) considère les médias sociaux comme un moyen de rapprocher les gens et de leur permettre d’accroître leur influence. Andrew Mason (fondateur de Groupon) fait remarquer que 95% du commerce a lieu off line et c’est précisément où Groupon se trouve. Stéphane Richard (PDG Orange) remarque que sans réseau, pas de success story Web. Et il ajoute que la croissance du trafic data est de 5% par semaine à Paris, ce qui incite à réfléchir au risque d’effondrement du réseau et donc au partage des investissements sur les infrastructures réseau (actuellement portés par les opérateurs) ainsi qu’à la distribution des revenus de l’Internet.

 e-G8 Forum, 25 mai 2011, Maurice Lévy et Marc Zuckerberg

Au sujet de la neutralité du Net qui a fait couler beaucoup d’encre (et d’octets !) ces derniers mois, Stéphane Richard recommandait de ne pas limiter le débat aux seuls réseaux et de l’étendre aux éditeurs de services. Sans le nommer, il donnait ainsi l’exemple d’ Apple qui sélectionne les applications éligibles à l’App Store. Au sujet de l’éduction, le professeur Klaus Schwab soulignait que dans l’avenir, l’éducation continue deviendra déterminante, et contribuera au développement de l’utilisation de la vidéo en ligne. J’en arrive même à penser que nous avons besoin d’une éducation disruptive, technologique, sociale, et impliquant la responsabilité des parents et enseignants.

Au bilan de ces deux jours de conférences (je n’ai pas pu assister aux débats du 25 mai matin), je note plusieurs points positifs :

  • Une réelle prise de conscience des pouvoirs publics : évoquer le développement de l’Internet au G8, c’est bien sûr prendre le risque d’une récupération politique, mais c’est aussi saisir l’opportunité d’une accélération au profit de l’humanité
  • Les débats sur la propriété intellectuelle, et sur l’innovation ont été particulièrement animés. Le premier de par les tensions entre les auteurs d’œuvres, les distributeurs et les consommateurs. Le second de par la qualité des intervenants qui en fait une conférence très vivante et intéractive
  • Les conversations de Maurice Lévy avec Nicolas Sarkozy d’une part et avec Marc Zuckerberg d’autre part, étaient particulièrement intéressantes. Je recommande d’ailleurs de les revoir en ligne dans leur intégralité, et de s’accrocher pour suivre le créateur de Facebook qui parle décidément très vite (!)

Je note également quelques points négatifs qui pourront être pris en compte pour l’organisation des futurs e-G8, si tant est que l’initiative se pérennise en amont des prochaines réunions du G8 :

  • La méthode d’animation ne me semble pas forcément efficace pour refléter les points de vue différents et, pour avoir assisté en grande partie à la session de clôture, je doute de la qualité, de l’exhaustivité et de la représentativité des sujets de discussion qui seront remis aux chefs d’Etat. Une interaction plus forte avec la salle, au moyen de la panoplie d’outils 2.0 bien connus des acteurs présents sur la scène, aurait été appréciable. On peut d’ailleurs s’étonner de l’absence d’un Twitter back pendant les débats
  • En complément de ce qui est évoqué plus haut, il n’y avait pas suffisamment de représentants d’acteurs hors du cœur de métier de l’Internet (réseaux, éditeurs logiciel, pure players). Comme le montre l’étude de McKinsey sur la valeur économique générée par Internet, 75% provient désormais d’acteurs qui ne sont pas nés de l’Internet mais sont issus de l’ancienne économie. Or, ils ont aussi une part importante à prendre dans le développement de l’Internet et de ses usages.

Les jours à venir, il sera intéressant de voir comment les chefs d’Etat accueilleront les sujets discussions qui ont émergés de ces deux jours, et comment la multitude d’acteurs de l’Internet poursuivront le débat. A suivre !

4 (bonnes) raisons de participer aux réseaux sociaux

Après avoir décrit 7 (mauvaises) raisons de ne pas participer aux réseaux sociaux, il peut être aussi utile de s’intéresser aux bonnes raisons qui peuvent conduire à se décider à y participer. Pour les novices du sujet, ou ceux qui n’ont pas encore tenté l’aventure, se pose la question de la barrière à l’entrée. De nombreux articles expliquent comment mener ses premiers pas sur les réseaux sociaux, et donnent parfois même trop de détails sur les subtilités d’usage, qui peuvent perdre le débutant. L’objet du présent article est de répondre à une question fondamentale : finalement, à quoi peuvent bien servir les réseaux sociaux ? J’ai identifié au moins 4 bonnes raisons d’y participer :

1.       Garder le contact avec les jeunes générations

2.       Garder le contact avec des relations géographiquement éloignées

3.       Saisir des opportunités commerciales

4.       Elargir son réseau relationnel

Garder le contact avec les jeunes générations

Une récente enquête du Monde le montre clairement : les réseaux sociaux sont un excellent moyen pour rester en contact avec les plus jeunes. Les témoignages d’utilisateurs « seniors » démontrent comment ils utilisent les réseaux sociaux pour suivre et même participer à la vie des plus jeunes. Certains pourront déplorer que l’on ne prendre plus le temps d’écrire un courrier, voire d’appeler au téléphone. Et si les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour communiquer entre eux, et qu’ils acceptent d’être en relation sur ces réseaux avec leurs ainés, pourquoi s’en priver ? Le simple fait de créer un compte sur Facebook, Copains d’Avant et autres Twitter, peut être en soit une aventure pour qui n’est pas né avec Internet. Et s’aventurer dans ce monde inconnu, c’est faire un pas vers le monde dans lequel évoluent les plus jeunes. Ce faisant, les discussions en famille pourront se nourrir de l’apprentissage des ainés, aidés par les plus jeunes dans leurs premiers pas. Certes, ce n’est pas toujours facile. Et pourtant, cet effort permet de renouer le contact, et de se créer des opportunités d’échanges sur des petites choses du quotidien.

Garder le contact avec des relations géographiquement éloignées

Les moyens traditionnels de communication (courrier, téléphone, et bien sûr face-à-face) ont un inconvénient majeur : ils fonctionnent en mode asynchrone et par intervalles. Les réseaux sociaux offrent une continuité de fonctionnement, atout majeur lorsque les relations s’éloignent géographiquement. Un enfant part faire ses études, un ami est muté à l’autre bout du pays voire à l’étranger, autant d’événements qui créent une distance difficile à combler avec les moyens traditionnels de communication. En utilisant les réseaux sociaux, chacun donne à l’autre des opportunités d’échanges, voire de rencontre en utilisant la géolocalisation. En effet, le fait de signaler sa présence à un endroit (par exemple avec Foursquare ou Facebook Places), en informe les personnes de son entourage relationnel. Ce faisant, si les personnes en question sont disponibles dans un endroit proche, elles peuvent proposer une rencontre physique (« In real life » comme disent les anglophones, ou IRL en abrégé).

Saisir des opportunités commerciales

Les services de géolocalisation sont aussi d’excellents outils apportant de nouvelles manières d’accéder à des opportunités commerciales. Le simple fait de se signaler à un endroit permet ainsi d’accéder aux offres commerciales disponibles au même moment dans cet endroit. Inutile d’emporter avec soi des coupons reçus par courrier ou découpés dans les tickets de caisse à la sortie des supermarchés : les coupons arrivent directement dans le mobile, au moment où ils sont utiles. Qui plus est, les services de géolocalisation offrent également la possibilité d’accéder aux commentaires laissés par les visiteurs d’un lieu. Ces commentaires vantent un produit ou un service, parfois un vendeur ou un serveur. Autant d’informations qui permettent de guider le consommateur, et auxquels il est impossible d’accéder par d’autres moyens.

Elargir son réseau relationnel

Les commentaires laissés sur un réseau social par des personnes inconnus, peuvent devenir des opportunités de nouvelles relations. Sur les réseaux sociaux, un échange peut se créer entre deux personnes qui ne se sont jamais physiquement rencontrées, et qui pourtant partagent les mêmes passions ou les mêmes opinions. Ce premier échange peut donner lieu à d’autres échanges plus nourris, et si l’occasion se présente, à une rencontre IRL (souvenez-vous : « In real life »). Au-delà de la rencontre, les échanges permettent de conforter son opinion ou encore de découvrir des réflexions difficilement accessibles par les canaux traditionnels de communication.

Il y a bien sûr bien d’autres raisons de participer aux réseaux sociaux. Les 4 raisons ci-dessus répondent à des besoins courants : réduire la fracture générationnelle, conserver des relations avec des personnes physiquement éloignées, bénéficier d’offres commerciales et enfin enrichir son cercle relationnel.  Si vous avez ne serait-ce qu’un de ces besoins, posez-vous la question d’expérimenter les réseaux sociaux et d’en tirer partie, que ce soit pour des raisons personnelles ou professionnelles.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 1 627 autres abonnés

%d bloggers like this: