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3 exemples de diversification sur Internet

Comment diversifier son offre de service et de contenus sur Internet ? En pensant l’entreprise comme une plateforme, comme l’explique si bien Jeff Jarvis dans « La méthode Google: que ferait Google à votre place ? ». Prenons trois exemples qui illustrent le concept, deux existant, et un troisième qui pourrait donner des idées à un opérateur télécom et à un voyagiste en ligne.

Social Memories : comment Deutsche Post DHL développe son activité traditionnelle avec Facebook

Deutsche Post DHL est un transporteur et logisticien bien connu. Son activité traditionnelle repose sur la circulation des biens matériels. Le développement de l’économie digitale avec son cortège de dématérialisations, devrait inexorablement conduire à une érosion de la raison d’être d’un transporteur. Comment donc continuer de développer le transport de biens matériels, alors que les consommateurs se tournent de plus en plus vers l’immatériel ?

Pour répondre à cette question, Deutsche Post DHL a eu l’excellente idée de développer Social Memories : une application Facebook accédant au contenus publiés par un utilisateur Facebook et par ses « amis », et qui les réunit sous la forme d’un élégant livret… qu’il faudra bien acheminer jusqu’à l’utilisateur. Le transporteur réalise ainsi un pont entre le monde digital et son activité traditionnelle. Qui plus est, l’application offre un bon moyen de pérenniser l’activité sociale de l’utilisateur, offrant de belles opportunités de discussions avec famille et amis dans quelques années, lorsque peut-être Facebook ne sera plus… L’entreprise se voit ainsi comme une plateforme ouverte, ouvrant une source de revenus provenant d’un réseau social, au travers des APIs fournies par ce réseau social.

Museum of Me : comment Intel développe une image plus humaine avec Facebook

Intel fabrique des semi-conducteurs et toutes sortes de matériels plus ou moins visibles du grand public, certains étant enfouis dans nos ordinateurs. Rien de très glamour dans cette activité. Comment se donner une image plus humaine ?

Avec The Museum of Me, l’idée d’Intel a été de développer une application Facebook qui permet à l’utilisateur de constituer une sorte de musée virtuel à partir des contenus que lui-même et son réseau social a publié. D’une certaine manière, Intel développe ce faisant la consommation des microprocesseurs (de par la puissance de calcul nécessaire à l’élaboration des musées virtuels), mais probablement de manière marginale. C’est surtout son image de fabriquant aux usines aseptisées qui est ici redorée, en exploitant habilement les contenus personnels de l’internaute (en jouant sur son narcissisme) et en les mettant en valeur comme s’il était un artiste digne d’être exposé.

Comment un voyagiste et un opérateur télécom peuvent créer une offre innovante

Prenons maintenant un cas d’école théorique, et qui donnera peut-être des idées aux types d’entreprises qui illustrent le propos. Supposons qu’un voyagiste présent en France souhaite accompagner ses clients pendant leur voyage à l’étranger. L’essor du mobile offre des perspectives intéressantes de développement de services en situation de mobilité pour le voyageur. Seulement voilà, les coûts de roaming sont tels que ce type de services risque malheureusement d’être peu utilisé par ses clients, mettant à mal le « business case ». Du côté de l’opérateur télécom, la nécessité de donner du sens à l’usage du mobile en sortant du simple fournisseur d’infrastructure et en étant plus proche des préoccupations de ses clients, peut donner l’idée de fournir des services et des contenus pour accompagner le client voyageur.

En se pensant l’un et l’autre comme une plateforme, les deux acteurs peuvent unir leurs forces au bénéfice de leurs clients communs. Le voyagiste développe l’usage de ses services de proximité, en situation de voyage. L’opérateur télécom diversifie son offre en s’appuyant sur un partenaire reconnu. Cette approche est rendue possible par l’ouverture d’APIs par l’un et l’autre des partenaires.

Quels sont les services que votre entreprise pourrait ouvrir à l’extérieur pour permettre à des acteurs tiers de créer à leur tour des services innovants qui viendront compléter votre offre ? Quels sont les freins que vous identifiez à cette approche ? Faîtes l’exercice, vous serez surpris de trouver des idées nouvelles, qui nécessitent souvent de se donner l’opportunité de voir le monde différemment… et de manière plus digitale !

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e-G8 Forum : deux jours pour nourrir les discussions des chefs d’Etat sur Internet

J’ai eu la chance d’assister aux conférences du e-G8 Forum, les 24 et 25 mai 2011. Ce forum, organisé en amont de la réunion du G8 à Deauville, visait à nourrir les débats des chefs d’Etat du G8 au sujet de l’Internet. Première initiative du genre, le e-G8 Forum témoigne de l’importance que revêt aujourd’hui Internet dans nos économies et nos sociétés.

e-G8 Forum, 24 mai 2011, Nicolas Sarkozy

Le président de la République Nicolas Sarkozy, a proposé une vision enthousiasmante du devenir de l’Internet, et surtout de sa prise en compte au plus haut niveau des instances représentatives de l’intérêt général dans le monde. En tant que président du G8 (la France préside actuellement cette instance), Nicolas Sarkozy offre aux acteurs de l’Internet une écoute de la part des chefs d’Etat des plus grands pays industrialisés. J’ai noté en particulier la posture modeste du chef de l’Etat, reconnaissant avoir à apprendre des acteurs de l’Internet pour préparer l’avenir et favoriser la croissance et l’innovation permise par Internet, et de recommander « ne doutez pas de la révolution en marche ».

e-G8 Forum, 24 mai 2011, Ben Verwaayen et Christine Lagarde

Les tables rondes qui se sont succédées en séances plénières ont été l’occasion de voir débattre les représentants de grands acteurs de l’Internet. Principalement de grandes sociétés telles que Facebook, Google, Orange, Iliad, Vente Privée, Universal Music, mais aussi quelques représentants du monde politique (Christine Lagarde, Frédéric Mittérand et Eric Besson par exemple). On peut déplorer l’absence de représentants issus du tissus économique qui ne sont pas des pure players de l’Internet, ou encore issus du monde de l’éducation, de la culture ou de la société civile (des gens comme vous et moi, simples utilisateurs de services en ligne).

Parmi les intervenants, j’ai noté pêle-mêle quelques points de vue qui ont attiré mon attention. Le détail des interventions étant disponible sur le site Web du e-G8 Forum, il ne me paraît pas pertinent ici d’en dresser un compte-rendu détaillé (de toute façon je n’en aurais pas le temps !), mais plutôt d’insister sur les faits marquants. Ainsi, Sheryl Sandberg (DG Google) considère les médias sociaux comme un moyen de rapprocher les gens et de leur permettre d’accroître leur influence. Andrew Mason (fondateur de Groupon) fait remarquer que 95% du commerce a lieu off line et c’est précisément où Groupon se trouve. Stéphane Richard (PDG Orange) remarque que sans réseau, pas de success story Web. Et il ajoute que la croissance du trafic data est de 5% par semaine à Paris, ce qui incite à réfléchir au risque d’effondrement du réseau et donc au partage des investissements sur les infrastructures réseau (actuellement portés par les opérateurs) ainsi qu’à la distribution des revenus de l’Internet.

 e-G8 Forum, 25 mai 2011, Maurice Lévy et Marc Zuckerberg

Au sujet de la neutralité du Net qui a fait couler beaucoup d’encre (et d’octets !) ces derniers mois, Stéphane Richard recommandait de ne pas limiter le débat aux seuls réseaux et de l’étendre aux éditeurs de services. Sans le nommer, il donnait ainsi l’exemple d’ Apple qui sélectionne les applications éligibles à l’App Store. Au sujet de l’éduction, le professeur Klaus Schwab soulignait que dans l’avenir, l’éducation continue deviendra déterminante, et contribuera au développement de l’utilisation de la vidéo en ligne. J’en arrive même à penser que nous avons besoin d’une éducation disruptive, technologique, sociale, et impliquant la responsabilité des parents et enseignants.

Au bilan de ces deux jours de conférences (je n’ai pas pu assister aux débats du 25 mai matin), je note plusieurs points positifs :

  • Une réelle prise de conscience des pouvoirs publics : évoquer le développement de l’Internet au G8, c’est bien sûr prendre le risque d’une récupération politique, mais c’est aussi saisir l’opportunité d’une accélération au profit de l’humanité
  • Les débats sur la propriété intellectuelle, et sur l’innovation ont été particulièrement animés. Le premier de par les tensions entre les auteurs d’œuvres, les distributeurs et les consommateurs. Le second de par la qualité des intervenants qui en fait une conférence très vivante et intéractive
  • Les conversations de Maurice Lévy avec Nicolas Sarkozy d’une part et avec Marc Zuckerberg d’autre part, étaient particulièrement intéressantes. Je recommande d’ailleurs de les revoir en ligne dans leur intégralité, et de s’accrocher pour suivre le créateur de Facebook qui parle décidément très vite (!)

Je note également quelques points négatifs qui pourront être pris en compte pour l’organisation des futurs e-G8, si tant est que l’initiative se pérennise en amont des prochaines réunions du G8 :

  • La méthode d’animation ne me semble pas forcément efficace pour refléter les points de vue différents et, pour avoir assisté en grande partie à la session de clôture, je doute de la qualité, de l’exhaustivité et de la représentativité des sujets de discussion qui seront remis aux chefs d’Etat. Une interaction plus forte avec la salle, au moyen de la panoplie d’outils 2.0 bien connus des acteurs présents sur la scène, aurait été appréciable. On peut d’ailleurs s’étonner de l’absence d’un Twitter back pendant les débats
  • En complément de ce qui est évoqué plus haut, il n’y avait pas suffisamment de représentants d’acteurs hors du cœur de métier de l’Internet (réseaux, éditeurs logiciel, pure players). Comme le montre l’étude de McKinsey sur la valeur économique générée par Internet, 75% provient désormais d’acteurs qui ne sont pas nés de l’Internet mais sont issus de l’ancienne économie. Or, ils ont aussi une part importante à prendre dans le développement de l’Internet et de ses usages.

Les jours à venir, il sera intéressant de voir comment les chefs d’Etat accueilleront les sujets discussions qui ont émergés de ces deux jours, et comment la multitude d’acteurs de l’Internet poursuivront le débat. A suivre !

Quel impact du digital sur l’organisation ?

Etre acteur sur le digital suppose de mobiliser une grande variété de compétences en communication, marketing, fonctionnalités, technologie, design, etc. Coordonner ces compétences peut vite devenir un cauchemar tant leurs cultures, rythmes de travail, attentes en terme de carrière, sont différents. Quelles sont les ressources clés ? Comment les conserver en interne à l’entreprise ? Comment déléguer les tâches récurrentes sans perdre l’expertise et l’histoire de l’écosystème digital de l’entreprise ? Comment attirer et conserver les talents du digital ?

Le digital, ou le numérique pour les puristes du français, a pris ses quartiers au sein de l’entreprise depuis une quinzaine d’années. Bien sûr, les applications informatiques permettant de gérer des données structurées, étaient déjà largement répandues avant l’émergence du Web. Mais elles n’étaient disponibles que pour les collaborateurs de l’entreprise, et au mieux intégrées à leurs équivalents chez les partenaires. Le digital introduit une nouvelle ère dans laquelle l’information non structurée devient hégémonique, et l’information structurée se trouve libérée des carcans des grosses applications d’entreprise (mainframes, ERP, CRM) via les Web Services. Et au-delà de ces considérations sur l’information, le développement du digital s’accompagne d’une prolifération de terminaux, d’un accès démocratisé aux technologies de l’information dans la sphère personnelle qui stimule leur équivalent dans la sphère professionnelle et de l’apparition de nouveaux usages d’une grande volatilité.

Pour suivre le mouvement, les entreprises ont traditionnellement confié à leur DSI le soin de mettre en place les systèmes informatiques nécessaires. Cependant, le digital ce n’est pas uniquement de l’informatique. De nouveaux métiers sont apparus, aux contours méconnus et qui restent encore à définir précisément. Pour aider les entreprises dans cette voie, le Secrétariat d’Etat chargé de la prospective et du développement de l’économie numérique propose d’ailleurs un panorama des familles des métiers de l’Internet (http://www.metiers.internet.gouv.fr/). Les DRH pourront s’en inspirer pour élaborer la filière des métiers du digital au sein de l’entreprise, cartographier les compétences requises pour le bon fonctionnement de l’activité de l’entreprise sur le digital, et surtout proposer aux collaborateurs concernés des perspectives de carrière attractives.

L’entreprise ambitieuse sur le digital, doit rapidement se poser la question de la mobilisation des ressources humaines clés : identifier les profils de compétences dont elle a besoin, s’assurer que les collaborateurs en place mettent en œuvre les meilleurs pratiques de leur domaine d’expertise, et bien sûr construire un plan d’évolution qui fidélise ces collaborateurs sur le long terme. En parallèle, tout devra être mis en œuvre pour coordonner les initiatives sur le digital, capitaliser sur les expériences locales et les compétences de collaborateurs autodidactes sur le digital, inviter au partage des savoir-faire, notamment au sein de grands groupes internationaux, et bien-sûr conserver au sein de l’entreprise la maîtrise du savoir-faire digital.

Ce travail sur les compétences est d’autant plus important aujourd’hui que les projets de développement d’activité en ligne se développent considérablement. Les entreprises ont pris conscience de l’importance du digital, le sujet est désormais évoqué au plus haut niveau de décision de l’organisation, et des ambitions sont affichées. Autre facteur, les compétences restent rares, et probablement insuffisantes en nombre pour faire face à la demande du marché. Qui plus est, les formations initiales efficaces restent rares. Enfin, la crise économique et financière que nous traversons a artificiellement fidélisé les profils du digital, très habitués à une grande mobilité professionnelle, et s’apprêtant à devenir de nouveau plus mobiles avec l’amélioration de la situation économique. Ces trois facteurs réunis conduisent à une tension sur le marché, tant pour les profils à recruter au sein des entreprises, que pour les prestataires sollicités et qui auront à faire face à une plus grande rotation de leurs ressources risquant d’entrainer des retards dans les projets qui leur sont confiés.

Le digital, ce sont avant tout des hommes des femmes qui le font vivre. Réunir les talents, les faire évoluer, les coordonner malgré leur rattachement organisationnel, doit être une priorité pour l’entreprise. Au sein de votre entreprise (ou chez vos clients pour les lecteurs en poste au sein de cabinets de conseil ou d’agences Web), quel impact avez-vous observé du fait de l’émergence du digital sur l’organisation de l’entreprise ?

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Pourquoi créer un blog personnel ?

Voilà de nombreuses années que je consulte des blogs. J’en ai aussi créé plusieurs. D’abord au sein du cabinet de conseil dans lequel je travaille, pour animer l’équipe dont j’ai la responsabilité. Mais aussi à la maison pour partager mes voyages avec mes amis et ma famille. La nouveauté en ce 1er janvier 2010, est que je me décide enfin à ouvrir un blog personnel sur le sujet d’Internet. Je dis « enfin » car cela fait de nombreuses années que je publie sur ce sujet, sans avoir pris le temps de réunir en un endroit mes différentes publications et commentaires. Ce sera donc  ici !

Avant d’ouvrir cet espace de publication, je me suis posé deux questions principales :

  1. Le nom du blog doit-il mentionner clairement mon nom et prénom ou le thème traité ?
  2. Sur quelle plateforme héberger mon blog ?

Concernant le nom du blog, après mûre réflexion, j’ai opté pour un blog nominatif. J’y vois l’avantage de m’autoriser une plus grande liberté de ton, et un excellent complément à mon flux Twitter. Mais j’y vois aussi un inconvénient : un blog nominatif me semble a priori moins incitatif à la contribution pour les tiers qui passeront par là. L’avenir nous dira si cette inconvénient s’avère effectivement un frein au développement de l’audience du blog.

Concernant la plateforme d’hébergement, j’ai très vite éliminé l’option d’un hébergement en propre. Bien que ce point ne me pause pas de problème technique particulier, la valeur ajoutée d’un hébergement en propre (notamment la possibilité de personnaliser le blog à outrance), ne me semble pas suffisante au regard des capacités offertes par les plateformes de blogs elles-même. Par ailleurs, pour avoir testé Blogspot.com pour un blog familial, et après avoir lu plusieurs comparatifs, il m’a semblé intéressant de choisir WordPress.com.

Ce blog sera donc un lieu d’échanges pour toute personne intéressée par l’Internet. Je partagerai mes réflexions sur ce réseau-média, et aussi mes commentaires sur les publications qui me font réagir ici et là. J’espère que les lecteurs y passeront d’agréables moments et en profiteront pour apporter leurs contributions.

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