IA : le vrai risque n’est plus de ne rien faire, mais d’agir trop vite

Pendant trois ans, les entreprises ont entendu répéter que le principal risque avec l’IA était de ne rien faire. En 2026, je ne pense plus que ce soit vrai. La question n’est plus seulement d’adopter l’IA, mais de construire une véritable stratégie IA en entreprise.

Entre une frénésie de tests, une avalanche de cours pour apprendre à prompter et maintenant des agents IA qui font des miracles, les entreprises essaient beaucoup de choses.

Les collaborateurs utilisent l’IA sans en parler à leur hiérarchie. Les abonnements s’accumulent tandis que le prix des tokens s’affole. Les POC (Proof of Concept) prennent la poussière numérique dès que le stagiaire qui les a construits a quitté l’entreprise. Mais la trajectoire IA manque singulièrement de clarté.

Le risque IA a changé

Ce que l’on peut résumer en une question : Comment construire une stratégie IA en entreprise permettant de décider quoi faire, mais aussi quoi ne pas faire ?

J’avais déjà posé les bases de cette réflexion après mon webinaire de février dans IA : comprendre avant d’agir.

Je l’ai développée lors du webinaire DIMM.UP du 21 juillet 2026, dont cet article reprend les principaux enseignements.

Pour le lecteur pressé, en 4 minutes, comprenez pourquoi le risque IA a changé :

Pourquoi définir une stratégie IA en entreprise ?

Un prospect avec qui je m’entretenais au téléphone, me posait récemment cette question : « Une stratégie pour l’intelligence artificielle dans une entreprise, ça existe ? » Oui, une stratégie IA existe. Elle consiste à décider quelle place l’intelligence artificielle doit prendre dans la trajectoire de l’entreprise, et quelle place vous refusez qu’elle prenne.

Car autant les dirigeants sont au fait de la stratégie de leur entreprise, autant sur l’intelligence artificielle, rares sont ceux qui ont intégré qu’il leur serait très utile d’établir une stratégie IA. Ceci pour trois raisons principales :

  1. Il y a beaucoup (trop) d’initiatives IA, sans trajectoire claire
  2. La technologie prime souvent dans la décision d’investir
  3. Les responsabilités au sein de l’entreprise sur l’IA sont diffuses

Beaucoup d’initiatives, mais pas de trajectoire claire

LinkedIn et la presse professionnelle abreuvent de propositions en tout genre : catalogue de prompts, plateforme agentique qui prospecte à votre place, générateur de proposition commerciale, etc.

Autant de tentations qui finissent en tentatives d’implanter l’IA dans l’entreprise. Ces initiatives, le plus souvent locales, peinent à passer le stade du POC. On a dépensé l’argent pour souscrire un abonnement, pour faire travailler un collaborateur sur le sujet, mais on n’a pas mis en place les fondamentaux qui permettent de passer à l’échelle.

Résultat, on se berce d’illusion sans disposer d’une feuille de route claire pour mobiliser les équipes. On ne capitalise pas sur les cas d’usage IA qui apportent vraiment de la valeur.

Quand la technologie arrive avant la décision

Le principal problème de l’IA, surtout avec l’explosion de l’IAGen (intelligence artificielle générative) fin 2022 avec la sortie de ChatGPT, c’est son accessibilité.

Une ribambelle d’outils estampillés « AI inside » sort chaque jour. Hugging Face référence plus de deux millions de modèles d’IA, comme l’évoque Jeff Boudier au micro de Jérôme Colombain de Monde Numérique. Les entreprises chinoises inondent le marché avec des solutions open source / open weight telles que DeepSeek, Kimi K3 ou encore Qwen plus récemment avec la sortie de Qwen 3.8-Max début août 2026, aux performances remarquables pour un prix quasi nul (a priori).

Le pire est que pour faire moderne, il faut avoir quelque chose à raconter sur l’IA. Alors on teste tout et n’importe quoi, parfois en dépit du bon sens.

Une responsabilité IA encore trop diffuse

Au sein de l’entreprise, qui est responsable de la trajectoire donnée à l’adoption de l’IA ? Qui surveille l’évolution de la réglementation sur les marchés où elle commercialise ses produits et services ? Qui contrôle le bon usage, le respect du cadre ?

L’énergie dépensée à mettre en place les IA se fait souvent au détriment d’une gouvernance saine. Pendant ce temps, le Shadow AI se développe. Lire à ce sujet mon article sur le webinaire Du Shadow AI au Smart AI.

Oui, le mot gouvernance ennuie. Il est moins glamour qu’un modèle à la mode, qu’un générateur de vidéos ou autre. Mais c’est la gouvernance qui rassure et surtout crée les conditions d’un usage pérenne de l’intelligence artificielle.

Ce qui manque n’est généralement ni l’idée, ni la technologie, ni même la volonté. C’est un cadre commun pour décider.

Ce constat ne vient pas d’une étude de marché. Il vient des centaines de diagnostics réalisés avec DIMM.UP, dans des entreprises de tailles et de secteurs différents, et de mes échanges avec leurs dirigeants.

Évaluer sa maturité IA avant de définir sa feuille de route

Lors du webinaire, j’ai posé trois questions aux participants :

  1. Avez-vous une vision claire de ce que l’IA peut réellement transformer dans votre entreprise ?
  2. Êtes-vous capable de prioriser les cas d’usage IA autrement que par la technologie ?
  3. Savez-vous dire non à une initiative IA et expliquer pourquoi ?

Je vous invite à y réfléchir.

Faites une pause dans votre lecture, prenez quelques minutes pour répondre à ces questions. Et revenez me voir après.

Si vous répondez oui à ces trois questions, alors bravo, vous faites partie des rares dirigeants qui savent où va leur entreprise avec l’IA.

Mais soyons honnêtes, la plupart des entreprises répondront non à au moins une de ces questions. Ce qui révèle des problèmes :

  • La confusion entre vitesse d’adoption et maturité IA
  • Le manque de référentiel commun pour décider

Vitesse d’adoption et maturité IA ne sont pas synonymes

Une entreprise utilisant dix solutions IA n’est pas nécessairement plus mature qu’une entreprise qui en utilise deux avec une stratégie claire.

Je l’ai mentionné plus haut. Des solutions IA, il y a des millions. Donc se prévaloir d’en utiliser dix ou cent, ça n’a pas grand intérêt.

Ce qui compte c’est la maturité dans l’adoption de l’intelligence artificielle par l’entreprise. Ce qui repose sur des fondamentaux peu glamours mais indispensables.

On reparle enfin ici d’architecture de système d’information, de qualité de données, de formation permanente des collaborateurs, de culture d’innovation, de gestion de risques, etc.

Pourquoi un référentiel commun est nécessaire

Les initiatives IA ont une particularité : leur transversalité. Elles touchent tous les corps de métiers de l’entreprise. Mais là où les directions métier vont parler efficacité avec l’IA, l’IT parle faisabilité, tandis que la direction générale parle de valeur.

Chacun utilise un vocabulaire différent pour parler de la même chose. Ce qui crée la confusion et trouble la décision.

C’est à ce titre qu’un diagnostic de maturité IA est indispensable. Il donne au dirigeant une vision claire de l’état des lieux, sans se perdre dans les détails. Un cadre de décision pour éviter de se focaliser sur le cas d’usage IA à la mode, ou celui demandé par le dirigeant qu’on entend le plus au comité de direction.

Comment construire un cadre de décision pour sa stratégie IA ?

À ce stade de votre lecture, vous devez l’avoir compris. En tant que dirigeant, vous avez absolument besoin d’un cadre de décision pour l’IA. Ce qui repose sur trois piliers :

  1. Un vocabulaire commun compréhensible par tous
  2. Une bonne compréhension de la maturité IA
  3. Une capacité à décider les initiatives à lancer ou refuser

Donner un langage commun à l’entreprise

Regardez votre fil LinkedIn. Vous y voyez une accumulation de termes tels que IA Générative, automatisation, agents IA, cas d’usage IA, etc.

Sans une compréhension claire de ces notions, impossible de prendre des décisions.

On ne demande pas à chaque membre du comité de direction de devenir expert de ces sujets, mais d’en comprendre les principes et les limites.

Et pour éviter l’écueil de sombrer dans les détails, il convient de reprendre de la hauteur en ayant conscience de la transversalité des intelligences artificielles, comme de toute solution numérique.

Se situer avant d’agir

Comment savoir par où commencer si l’on ne sait pas d’où l’on part ?

Comment se fixer un objectif sans savoir comment mesurer ses progrès ?

Je le répète : il existe des millions de solutions IA. Vous devez absolument choisir les actions qui vous aideront à tirer profit de l’IA. Pas seulement choisir la dernière solution à la mode pour faire bien dans les salons.

Par exemple, il est probable que vos données soient aujourd’hui éclatées dans différents systèmes. Que certains outils bureautiques jouent un rôle critique dans certains processus. Pire, que certains collaborateurs soient en réalité les seuls à savoir comment fonctionne telle opération quotidienne.

Un diagnostic de maturité IA vous aidera à faire le point à 360 degrés, sans porter exagérément l’attention sur les sujets du moment qui font la une des journaux, mais en ayant une compréhension globale des qualités et défauts de votre entreprise pour tirer profit de l’IA.

Savoir arbitrer les projets IA

La popularité de l’intelligence artificielle est telle que son usage, désormais quotidien pour des millions de Français, conduit à une profusion d’initiatives.

Tout le monde a bien compris qu’on pouvait gagner du temps avec les IA. Pas toujours de manière éthique, ni de manière capitalisable pour l’entreprise. C’est bien le problème.

Laisser foisonner les initiatives, dans une approche d’innovation parfois destructrice, ne peut se faire sans arbitrage, au risque d’épuiser les ressources de l’entreprise. Sans parler des risques de fuite de données, de l’écrasement de serveurs, etc.

Votre priorité en tant que dirigeant est donc de créer les conditions favorables à un déploiement pérenne de l’IA dans l’entreprise, afin de prioriser les cas d’usage IA.

5 questions à se poser pour construire sa stratégie IA en entreprise

Pendant le webinaire, j’ai présenté cinq questions, chacune liée à un domaine particulier. Ces cinq questions font partie d’un ensemble. Elles ne sont qu’un échantillon de celles que je pose dans un diagnostic IA :

  1. Quelle place l’IA doit-elle prendre dans la stratégie de l’entreprise ?
  2. Le COMEX partage-t-il la même compréhension de l’IA ?
  3. Vos données permettent-elles réellement de développer les usages IA ?
  4. Savez-vous qualifier le niveau de risque d’un projet IA ?
  5. Quelles obligations réglementaires s’appliquent déjà à votre entreprise ?

Là aussi, je vous invite à y réfléchir. Il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse. Juste un état des lieux lucide sur la situation actuelle de l’entreprise au travers de ces cinq questions.

Quelle place pour l’IA dans la stratégie de l’entreprise ?

Êtes-vous capable d’exprimer votre stratégie IA comme une intention business, ou répondez-vous par une liste d’outils et de cas d’usage ?

Vous pourriez répondre par oui ou non à cette question et passer à autre chose.

Permettez-moi de vous garder ici quelques instants.

Car une stratégie IA doit au moins couvrir les dix points suivants :

  1. Alignement sur les objectifs
  2. Les données comme fondement
  3. La bonne pile technologique
  4. Développer les capacités internes
  5. Utilisation éthique et responsable
  6. Adoption et gestion du changement
  7. Se concentrer sur les cas d’usage à fort impact
  8. Écosystème de partenariat
  9. Suivi des performances
  10. Apprentissage itératif et mise à l’échelle

Oui, ça fait beaucoup. Car ne l’oublions pas, l’IA est transformative et transversale. Voilà pourquoi une stratégie IA mérite d’y consacrer quelques instants.

À ce sujet, je vous invite à visionner ma conférence intitulée Tirer profit de l’IA.

Le COMEX partage-t-il la même compréhension ?

Le COMEX ou le codir, bref, l’instance dirigeante de l’entreprise, est composé de femmes et d’hommes qui ont chacun une acception différente de l’IA. Je vous en parlais plus haut au sujet du vocabulaire.

Mais l’IA ne demande pas aux dirigeants que de comprendre des notions.

Elle leur demande aussi de les mettre en pratique.

C’est cette dualité qui permet de poser les bases d’une gouvernance IA saine et pérenne.

Vos données sont-elles prêtes pour l’IA ?

La transformation numérique des entreprises est un long processus, lancé il y a plusieurs décennies.

En 2026, pléthore d’outils regorgeant de données existent dans les entreprises.

Mais ces données sont-elles pour autant prêtes pour l’IA ?

Sont-elles accessibles aux modèles ?

Sont-elles conformes au regard des réglementations ?

Que ce soit les données utilisées ou produites par les IA, vous devez absolument être vigilant à ce sujet. De bonnes données donnent de bons résultats avec les IA.

Savez-vous qualifier les risques liés à l’IA ?

La notion de risque avec les IA est au cœur de l’AI Act. Bien sûr, on ne gérera pas de la même manière les risques posés par un assistant IA qui produit une transcription et des comptes-rendus de réunion de projet, par un outil qui analyse les CV des candidats ou encore par une IA de scoring de risque financier.

Quelles obligations réglementaires s’appliquent ?

J’évoque ci-dessous l’AI Act, mais ce n’est pas le seul règlement à respecter. Surtout si vous commercialisez vos produits à l’international, en dehors de l’Europe. Comme l’indique le Stanford HAI, AI Index Report 2025, en 2024, il y avait 40 lois publiées dans le monde au sujet de l’IA, contre 30 en 2023. C’est dire l’intensité dans ce domaine.

Il convient donc d’assurer une veille permanente sur l’évolution réglementaire sur l’IA, et de vérifier régulièrement la conformité de l’entreprise, d’autant que le législateur est particulièrement créatif dans le domaine.

De la maturité IA à une véritable feuille de route

À ce stade de votre lecture, vous êtes en droit de vous demander : « Très bien, mais une fois que j’ai fait ce constat, que dois-je faire ? »

Une feuille de route IA ne commence pas nécessairement par une liste de projets. Elle commence par des choix : ce qu’il faut poursuivre, ce qu’il faut arrêter et ce qu’il faut structurer en priorité.

Ce qu’il faut continuer

Faites l’inventaire des initiatives IA déjà engagées dans votre entreprise.

Certaines se font sous le manteau et ne seront pas faciles à débusquer. Faute au fameux Shadow AI. Mais elles cachent peut-être de véritables pépites.

Identifiez les équipes les plus engagées dans l’IA. Les champions les plus avant-gardistes. Les usages les plus utiles à déployer plus largement.

Ce qu’il faut arrêter ou différer

Cherchez les POC sans objectif business.

Identifiez les abonnements souscrits à des services IA. À coup de 30 euros par-ci, 100 euros par-là, la facture monte vite.

Prenez un peu de recul sur les projets IA déjà engagés et qui peuvent s’avérer disproportionnés. Auquel cas, prenez la décision courageuse de les différer. Les technologies IA évoluent tellement vite que des conditions plus favorables peuvent émerger beaucoup plus rapidement que vous ne l’imaginez.

Ce qu’il faut structurer en priorité

Comme évoqué ci-dessus au travers des cinq questions à se poser pour structurer votre stratégie IA, ce n’est paradoxalement pas une liste d’outils ou de projets qu’il convient d’élaborer.

A minima, vous devez creuser les cinq questions et ainsi poser un cadre pérenne pour vos initiatives IA. Le reste suivra.

Les 23 clés IA : un diagnostic pour aider les dirigeants à décider

En fait, les cinq questions évoquées plus haut font partie d’un ensemble de 23 questions donnant aux cadres dirigeants une appréhension à 360 degrés de l’IA dans leur entreprise.

Les 23 clés IA, c’est une séance stratégique d’une heure, hors de l’opérationnel, pour prendre du recul sur l’IA dans votre entreprise.

L’objectif n’est pas de réaliser un état des lieux technique, mais de vous donner une vision claire pour décider, arbitrer et investir : identifier vos forces, mettre au jour vos risques et angles morts, déterminer vos priorités d’action et faire émerger de premières recommandations.

À l’issue de cet entretien individuel de haute intensité, vous recevez un rapport et un compte-rendu détaillé. Vous disposez d’une note de maturité de 0 à 5 pour chacune des 23 clés, ainsi que d’un score global. Si les données sont disponibles, un benchmark vous permet également de vous positionner par rapport à des entreprises comparables.

Vous disposez ainsi d’une base structurée pour décider des actions à engager ensuite avec vos équipes.

Vous l’aurez compris, l’objectif n’est pas de déterminer si votre entreprise « fait assez d’IA », mais si elle dispose des fondations lui permettant de décider sereinement où l’utiliser, où accélérer et où renoncer.

Questions fréquentes sur la stratégie IA en entreprise

Qu’est-ce qu’une stratégie IA en entreprise ?

Faites un test simple.

Si je vous demande de m’expliquer votre stratégie IA en 30 secondes, est-ce que vous me parlez de vos objectifs business ou est-ce que vous me citez ChatGPT, Copilot, quelques agents IA et trois POC en cours ?

Dans le deuxième cas, vous n’avez probablement pas encore de stratégie IA. Vous avez des initiatives.

Une stratégie IA consiste d’abord à décider quelle place l’intelligence artificielle doit prendre dans la trajectoire de l’entreprise. Et, question tout aussi importante, quelle place vous refusez qu’elle prenne.

Car le problème n’est plus de trouver des technologies. Il en existe des millions. Le problème est de savoir pourquoi les utiliser, où concentrer les investissements et dans quels domaines il vaut mieux dire non.

Chez DIMM.UP, nous regardons donc l’IA comme un sujet de transformation de l’entreprise, pas comme un sujet technique isolé. Une stratégie IA doit être connectée à la stratégie globale, mais aussi tenir compte de l’organisation, des collaborateurs, de l’offre, des technologies et de l’environnement dans lequel l’entreprise évolue.

C’est précisément cette vision à 360 degrés qui structure les 23 clés IA.

Comment évaluer la maturité IA de son entreprise ?

Certainement pas en comptant le nombre d’IA utilisées.

Une entreprise qui utilise cinquante outils IA n’est pas forcément plus mature qu’une autre qui en utilise trois. Elle peut simplement dépenser davantage en abonnements.

La maturité IA traduit autre chose : la capacité de l’entreprise à utiliser l’intelligence artificielle de manière cohérente, maîtrisée et créatrice de valeur.

Chez DIMM.UP, nous l’évaluons à travers six leviers : la stratégie, l’organisation, le personnel, l’offre, la technologie et l’innovation, et enfin l’environnement de l’entreprise.

Ces six leviers sont déclinés dans les 23 clés IA. Pour chacune d’elles, un niveau de maturité de 0 à 5 permet de situer l’entreprise.

Mais attention : une note n’est pas là pour distribuer les bons et les mauvais points. Elle photographie une situation à un instant donné. Elle donne un repère.

Le diagnostic permet ainsi de faire ressortir les forces, les zones de fragilité, les risques et surtout les leviers d’action prioritaires.

Car c’est en sachant où l’on est que l’on peut décider où aller.

Comment prioriser les cas d’usage IA ?

Je commencerais presque par poser la question inverse : savez-vous dire non à un cas d’usage IA ?

Car des idées, vous allez en avoir beaucoup. Vos collaborateurs aussi. Vos fournisseurs également. LinkedIn se chargera de vous en proposer quelques dizaines supplémentaires avant la fin de la semaine.

La difficulté n’est donc pas de trouver des cas d’usage. Elle est d’arbitrer.

Un cas d’usage IA doit être regardé à la lumière de votre stratégie, de la valeur qu’il peut réellement créer, de vos données, de votre capacité à le déployer, des compétences disponibles et du niveau de risque qu’il fait courir.

Un assistant qui reformule un texte et une IA qui intervient dans une décision RH ou financière ne se pilotent évidemment pas de la même manière.

Et surtout, un bon arbitrage n’aboutit pas systématiquement à « oui ».

La maturité commence aussi lorsque le dirigeant peut dire : « Non, pas maintenant », « Non, pas avec ces données », ou « Non, le risque est disproportionné », et expliquer pourquoi.

C’est aussi l’intérêt d’un diagnostic structuré : sortir du cas d’usage pris isolément pour le replacer dans le contexte réel de l’entreprise. Les 23 clés IA servent précisément à identifier où accélérer, où consolider, où réorienter et parfois où renoncer.

Qui doit piloter la stratégie IA dans l’entreprise ?

Si personne ne sait répondre à cette question, vous avez déjà identifié une faiblesse de votre gouvernance.

L’IA avance de toute façon. Vos collaborateurs utilisent probablement déjà des outils grand public, parfois sans vous en parler. Certains expérimentent, d’autres automatisent. C’est ainsi que le Shadow AI s’installe tranquillement dans l’entreprise.

Faut-il pour autant tout interdire ? Je ne le pense pas.

Il faut donner une direction et un cadre. Une charte IA, par exemple, n’a pas vocation à tuer l’initiative. Elle doit permettre aux collaborateurs d’expérimenter dans un garde-fou qui protège l’entreprise.

Quant au pilotage opérationnel, il peut être confié à l’IT, à une direction de l’innovation, à une direction numérique ou à un responsable IA. Peu importe finalement le titre sur la carte de visite.

En revanche, les arbitrages structurants ne peuvent pas être abandonnés à la technologie.

Lorsque l’IA touche à la stratégie, aux clients, aux collaborateurs, aux données, aux risques ou à la conformité, le COMEX est concerné. Il doit comprendre suffisamment le sujet pour décider.

Pas pour devenir expert en modèles de langage. Pour exercer son métier de dirigeant.

C’est également pour cette raison que les 23 clés IA sont conçues comme un diagnostic stratégique pour dirigeants, et non comme un audit technique. L’objectif n’est pas de vérifier la configuration de vos outils. Il est de vous donner une vision suffisamment claire pour décider, arbitrer, investir et piloter.

Faut-il définir une stratégie IA avant de lancer des POC ?

Non. Et surtout, n’attendez pas d’avoir écrit une stratégie IA de cinquante pages avant d’autoriser qui que ce soit à tester un outil.

L’expérimentation est utile. Elle permet aux collaborateurs de découvrir des usages auxquels la direction n’aurait parfois jamais pensé. Elle peut faire émerger de nouveaux processus, de nouveaux produits ou simplement faire gagner beaucoup de temps sur des tâches quotidiennes.

Le problème apparaît lorsque l’expérimentation devient une fin en soi.

J’observe beaucoup d’entreprises qui accumulent les POC, les abonnements et les initiatives locales. Puis le stagiaire qui avait construit le prototype s’en va, le POC prend la poussière et l’entreprise passe au suivant.

Cela donne l’impression d’avancer. Mais vitesse d’adoption et maturité IA ne sont pas synonymes.

Expérimentez donc. Mais donnez-vous rapidement un cadre permettant de savoir ce qui mérite de passer à l’échelle, ce qui doit être corrigé, ce qui doit attendre et ce qu’il faut arrêter.

C’est exactement là qu’un diagnostic devient utile. En une heure, les 23 clés IA permettent de sortir la tête de l’opérationnel, de passer en revue les dimensions structurantes de l’entreprise et d’identifier vos forces, vos risques et vos priorités d’action. Vous repartez ensuite avec un score de maturité, un rapport, un compte-rendu détaillé et un premier niveau de recommandations.

La stratégie IA ne doit pas empêcher d’agir.

Elle doit vous permettre de savoir où agir en priorité et pourquoi.

Avant d’accélérer avec l’IA, assurez-vous de savoir où vous allez

Vous l’avez compris, le risque avec l’IA n’est désormais plus de ne rien faire.
Le risque est de confondre mouvement et progrès, vitesse et maturité, expérimentation et stratégie.

Vous dirigez une entreprise et vous souhaitez savoir où vous en êtes ? Découvrez les 23 clés IA.

L’antidote de l’échec de l’IA dans l’industrie

Moins de 25% des entreprises industrielles tirent un bénéfice de leurs initiatives IA. Pourtant il n’y a pas de fatalité. Avec méthode, on peut améliorer grandement ce taux. C’est l’objet de l’article que j’ai publié sur Techniques de l’Ingénieur. Un article de fond accessible en libre accès jusqu’au 24 juillet 2026 intitulé : « Audit de maturité IA : Check-list pour lancer un projet d’IA industrielle ».

L’article est découpé en six grandes parties :

  1. Pourquoi l’IA en industrie n’est pas un long fleuve tranquille
  2. Risques invisibles d’un projet IA dans l’industrie
  3. Six leviers pour préparer le terrain à l’IA
  4. Construire sa check-list : les bonnes questions à se poser
  5. Illustrations sectorielles : l’IA transposable mais contextuelle
  6. De la prise de conscience à l’action : réaliser son diagnostic

Si vous voulez découvrir le fond de l’article, vous pouvez visionner le replay du webinaire au cours duquel je l’ai présenté le 2 juillet 2026 :

Je ne vais pas détailler ici l’article, mais revenir plutôt sur le processus de rédaction et de promotion. Car en effet, si le sujet traité dans l’article vous intéresse, j’imagine que vous avez déjà téléchargé votre copie et que vous êtes en train de la lire, ayant abandonné la lecture du présent article.

Un travail de longue haleine

Honnêtement, je n’ai pas eu autant de difficulté à écrire un texte depuis plusieurs années. Même mon dernier livre co-écrit avec mon ami David Fayon, La transformation digitale pour tous !, paru en 2022, m’a semblé plus facile à écrire. Ce qui n’était pas le cas du premier livre que nous avions écrit ensemble en 2014, mais c’est une autre histoire.

Grâce à l’IA, rédiger le plan initial était assez facile. D’autant que je savais où je voulais emmener le lecteur. En effet, l’objectif de l’article est de livrer un cadre d’analyse et surtout de donner envie d’appliquer ce cadre en réalisant un diagnostic sur la plateforme Dimmup.

Recherche documentaire… avec l’IA bien-sûr !

Une fois le plan validé avec l’éditeur, j’ai pu m’atteler à l’ascension de la face nord en plein hiver. Ce qui a commencé par une recherche bibliographique pléthorique. Là aussi, les IA sont d’un secours incroyable. Mais elles ne lisent pas les études et autres rapports de cabinets de conseil à votre place.

Après avoir recueilli des dizaines de documents sur le sujet de l’IA dans le milieu industriel, j’ai pu commencer à alimenter les différentes parties de mon plan. Une des grandes difficultés, à la demande de l’éditeur, était d’illustrer l’IA dans différents secteurs de l’industrie. J’ai choisi l’automobile, l’agroalimentaire, l’énergie, la sidérurgie et l’aéronautique. Cette contrainte m’a donné plus de travail, mais donne une profondeur très intéressante au propos.

Car il ne s’agissait pas de parler uniquement d’IA générative dans le marketing ou pour résumer des documents. Il s’agissait d’investiguer les processus industriels, d’aller au cœur des usines, de faire émerger des cas d’usage apportant des bénéfices opérationnels par exemple sur l’impact carbone d’un four, sur la diminution des arrêts non programmés d’une usine, ou encore sur la maintenance prédictive de moteurs.

Et je dois vous l’avouer, c’est passionnant !

Merci aux équipes de l’éditeur

Plus j’avançais dans mon travail, plus je percevais sa valeur ajoutée. Je sais, dit comme ça, on peut dire que la modestie ne m’étouffe pas. Et pourtant je confirme : il y a de très belles initiatives IA dans le monde industriel, mais il y a surtout beaucoup de gâchis. Donner un cadre permettant d’éviter ce gâchis, me semble d’une grande utilité.

Je tiens à souligner ici le travail remarquable des équipes de l’éditeur, Techniques de l’Ingénieur. Dès les premiers échanges, j’ai senti une rigueur, une volonté de tirer le meilleur. J’ai plusieurs fois été challengé sur le fond. Tel exemple manquait de profondeur. Tel chiffre manquait de référence. Tel chapitre méritait un tableau de synthèse. Sur le fond comme sur la forme, et pendant plusieurs mois, les échanges ont été nourris et la qualité du résultat s’en ressent.

La promotion, aussi lourde que la rédaction

Comme je l’ai appris en écrivant trois livres, il faut consacrer le même effort à la promotion qu’à la rédaction. Je me suis donc impliqué pour faire connaître l’article, à coup de posts LinkedIn, de vidéos et même d’un webinaire. Je ne fais pas la sortie des usines, mais après tout, pourquoi pas ?

Là aussi, je dois vous l’avouer, les efforts de promotion sont lourds et peu gratifiants. En tout cas c’est comme ça que je le ressens, notamment sur le faible volume d’impressions LinkedIn. Finis le temps où j’obtenais sans problèmes plusieurs milliers d’impressions sur un post annonçant la publication d’un document de fond. Voilà mes posts noyés dans un flot, espérant trouver lecteur, surtout les décideurs du secteur industriel.

Ainsi le post que j’ai publié le 19 juin 2026 pour annoncer la sortie de l’article atteint la pitoyable performance de 299 impressions au 14 juillet 2026.

Pourtant le texte me semble correct, l’heure de publication aussi et l’illustration attire l’œil. Un expert de la communication sur LinkedIn pourra apporter son regard critique.

Le post d’annonce publié le 29 juin 2026 de ma participation au webinaire Techniques de l’Ingénieur du 2 juillet 2026, ne fait guère mieux, avec 287 impressions au moment de l’écriture de ces lignes. Là aussi, performance dramatiquement faible.

Même le post publié le 10 juillet 2026 annonçant l’accès gratuit de l’article jusqu’au 24 juillet 2026, n’a fait jusqu’ici que 187 impressions. Pourtant celui-ci est accompagné d’une jolie vidéo de six minutes, embarquée nativement dans le post, donc sans lien extérieur, et avec un fichier de sous-titrage a priori utile pour le référencement.

Heureusement j’ai pu faire la promotion de l’article auprès de quelques 2500 personnes (mes contacts personnels, les abonnés à Dimmup, les inscrits aux webinaires que j’ai organisés avec DIMM.UP et les participants la série de webinaires).

Et bien-sûr, de son côté Techniques de l’Ingénieur assure la promotion de l’article.

Mais honnêtement, au-delà des vanity metrics, on se demande si tout ça en vaut bien la peine. Tous ces efforts pour faire connaître un texte qui devrait avoir un impact sur les projets IA en milieu industriel, sont-ils récompensés à leur juste prix ?

L’IA pour créer des contenus additionnels à l’article

Néanmoins, je suis allé au bout de l’exercice, y compris en créant, là encore grâce à l’IA, une vidéo dont j’ai déjà parlé plus haut. Là aussi, le travail de conception n’a rien d’évident. Vous pouvez penser qu’en donnant votre texte à une IA, elle vous générera une jolie présentation sans effort. Détrompez-vous ! Vous devez vous transformer en directeur artistique et lui donner toutes les directives que vous attendez. Plus vous êtes précis, plus elle livrera un résultat conforme à vos attentes. Cela dit, la bonne nouvelle est que là aussi l’IA est d’une grande aide pour produire les instructions détaillées. Vous pouvez visionner le résultat ci-dessous :

Aidez-moi à faire connaître cet article

En conclusion, je souhaite de tout cœur que cet article de fond rencontre son lectorat et surtout qu’il soit utile. Je serai ravi de lire ici ou ailleurs un commentaire, un retour d’expérience d’un lecteur, dans une usine, qui aura pris les précautions que je propose et aura investi à bon escient dans l’IA pour améliorer un processus industriel. Ne soyez pas timides !

PS : bien-sûr, vous qui arrivez au bout du présent « papier », je vous remercie d’avance de toute l’aide que vous pourrez m’apporter, et surtout apporter à vos connaissances dans le secteur de l’industrie, qui pourrait bénéficier de l’article. Je vous le rappelle, il est disponible en accès libre jusqu’au 24 juillet 2026. Ensuite il restera accessible aux abonnés Techniques de l’Ingénieur.

73 agents IA : de la technique à l’opérationnel

Le 9 juin 2026, j’intervenais lors d’un webinaire organisé par DIMM.UP en partenariat avec DIRUPT, aux côtés de Philippe Desplats, sur le thème : « 73 agents IA : de la technique à l’opérationnel. »

Et pour aller à l’encontre de la mode du moment, plutôt que de montrer un agent OpenClaw, CoWork ou Codex en train de dérouler du code et de cliquer sur des pages Web, nous avons choisi d’aller dans le dur, d’aborder ce qu’on n’a pas envie de voir, mais qui fait qu’on fait de l’IA agentique pour créer de la valeur, et non juste pour briller dans les salons.

Les meilleurs moments

L’abstract ci-dessous revient sur les meilleurs moments du webinaire (5 minutes sur les 47 du webinaire) :

Pour participer aux prochains webinaires, je vous invite à suivre attentivement la page LinkedIn de DIMM.UP et à vous abonner à notre newsletter.

Les points clés du webinaire

En synthèse (merci à mon assistant IA préféré – lien d’affiliation) :

  • Diagnostic AI Readiness : Outil proposé par Dimmup pour évaluer 6 leviers (stratégie, organisation, personnel, offre, technologie, environnement) via 12 indicateurs fondamentaux.
  • Retour d’expérience de DIRUPT : 73 agents IA déployés en production, gains de productivité (x2), génération de revenus (ex. : 5 000 € par un agent de bout en bout), et réduction des tâches internes (ex. : comptes-rendus de réunion automatisés).
  • 4 couches critiques pour un déploiement durable : orchestration, mémoire (avec contrôles d’accès), sécurité (masquage des données sensibles), et observabilité (coûts, métriques, erreurs). Lire l’article détaillé de Philippe.
  • Erreurs à éviter : Déployer l’IA par effet de mode (sans problème métier clair), négliger les process humains, ou sous-estimer la veille technologique.
  • RGPD et souveraineté : Hébergement des agents en France (DIRUPT), anonymisation des données (outils comme Agilotext Shield), et respect des 40+ lois IA sorties au niveau mondial en 2024.
  • Feuille de route : Le diagnostic génère automatiquement des tâches prioritaires (ex. : 50 tâches pour DIRUPT sur 1 an), avec un focus sur l’adoption interne et l’alignement stratégique.

Les principaux chiffres partagés pendant le webinaire :

  • 90 % des entreprises estiment que leurs retours financiers ne sont pas à la hauteur de leurs investissements IA (lire l’étude Roland Berger The AI value gap).
  • 54 % des participants du webinaire en sont au stade où « chacun reste dans son coin » pour l’IA.
  • DIRUPT a progressé de 2,7 à 3,2/5 en 1 an grâce au diagnostic et à une feuille de route ciblée.

Diagnostic AI Readiness : Un outil pour éviter les 90 % d’échecs

90 % des entreprises estiment que leurs retours financiers ne sont pas à la hauteur de leurs investissements IA. Pour éviter d’en faire partie, il faut absolument vérifier la maturité de l’entreprise sur les fondamentaux à l’IA. C’est la raison d’être du diagnostic AI Readiness à faire sur la plateforme Dimmup, en évaluant les 12 indicateurs ci-dessous dans un diagnostic Détaillé :

12 indicateurs pour comprendre si votre entreprise est prête pour l’IA

Retour d’expérience DIRUPT : 73 agents IA en production

DIRUPT est une agence spécialisée notamment dans l’IA agentique, qui propose aussi sa propre infrastructure souveraine (hébergement en France).

Philippe Desplats a exposé en toute franchise les difficultés qu’il a rencontrées pour mettre en place les agents IA actuellement en production. Comme souvent, c’est le voyage qui est passionnant, plus que la destination.

Il a notamment exposé cinq cas d’usage (il a fallu faire un choix) avec des résultats stupéfiants :

Cas d’usageAgent IAImpact
Support client (niveau 1)Léa70 % des tickets traités sans humain (ex. : réinitialisation de mots de passe).
Comptes-rendus de réunionAgent « Moulinette »Extraction automatique des décisions, actions, et prochaines étapes (version client vs. interne).
Génération de devisAgent commercialDevis jusqu’à 6 chiffres générés et validés par l’IA (gain de temps : 1h → 5min).
Pilotage interneAgent « John » (orchestrateur)Alertes de dérapage sur les projets, synthèses hebdomadaires automatisées.
Vente de bout en boutMulti-agents5 000 € générés par un processus 100% IA (prospection → signature →livraison).

Le schéma ci-dessous (demandé par un des participants), montre la cartographie des agents actuellement en place chez DIRUPT :

Cartographie des 73 agents IA en production chez DIRUPT

Mais pour que cette belle mécanique fonctionne, il a fallu à DIRUPT découvrir et mettre en place une architecture en quatre couches (lire l’article détaillé de Philippe) :

  1. Orchestration : Un agent central (John) distribue les tâches aux autres agents pour éviter les doublons.
  2. Mémoire : Mémoire long terme avec contrôles d’accès (ex. : l’agent financier Jade a accès aux données sensibles, mais pas l’ingénieur Bob).
  3. Sécurité : Masquage automatique des données sensibles (ex. : emails remplacés par des place holders avant envoi aux LLM externes).
  4. Observabilité : Suivi des coûts (éviter les factures surprises à 12 000 € !), métriques de performance, et détection des erreurs.

Chemin faisant sur cette démarche agentique, DIRUPT a tiré de précieux enseignements pour les entreprises qui voudraient s’engager dans cette démarche et surtout éviter quelques erreurs :

  • 50 % des cas d’usage initiaux abandonnés : Priorisation de la qualité sur la quantité (ex. : gestion des tickets complexes reportée).
  • Process humains non adaptés : Réingénierie des process pour les rendre « IA-compatibles ».
  • Shadow AI : Accompagnement des collaborateurs pour éviter les usages cachés (ex. : formation obligatoire).

Au sujet du Shadow AI, je vous invite à découvrir le webinaire que j’ai eu le plaisir d’organiser le 14 octobre 2025 en partenariat avec Jaydai.

L’impact financier de l’IA agentique

Un des participants nous a demandé : « Compliqué de mesurer directement les conséquences financières de la digitalisation. Comment faire ? »

Oui, c’est compliqué, mais pas infaisable pour autant.

Et il est vivement conseillé de se pencher sur la question tant la digitalisation de manière générale, dont l’intelligence artificielle et plus spécifiquement l’IA agentique, s’accompagnent de dépenses certaines, pour des gains pas toujours garantis.

Ce qui m’a amené à inviter les participants à lire le Checkup Numérique-Performance qui relie l’investissement dans le numérique avec la performance financière. Le livre blanc propose une démarche d’analyse, presque ludique, et une grille d’analyse permettant à l’entreprise de se situer.

Conclusion

Le mot de la fin, est une phrase de Philippe Desplats prononcée pendant le webinaire :

« L’IA agentique n’est pas une révolution technologique, mais une évolution organisationnelle. Son succès dépend à 80 % des fondamentaux (stratégie, personnel, process) et à 20 % de la technologie. » (Philippe Desplats)

Ce qui s’accompagne de trois prises de conscience :

  1. L’IA n’est pas magique : Les gains annoncés (ex. : x10 productivité) sont souvent surévalués. DIRUPT a obtenu une amélioration réaliste de x2, mais avec un impact concret (ex. : 5 000 € générés par un agent).
  2. Le diagnostic est un accélérateur : Il permet de passer de l’intuition (« on est à 4,5/5 ») à la réalité (« 2,7/5 »), et de mobiliser les équipes autour d’une feuille de route claire.
  3. La souveraineté est un choix stratégique : Héberger ses agents en France (DIRUPT) ou utiliser des outils comme Agilotext Shield n’est pas une contrainte, mais un avantage concurrentiel (confiance clients, conformité RGPD).

Pour conclure, voici le plan d’action que je vous propose (tiens, pour être plus précis, c’est mon assistant IA qui m’accompagne dans tous mes rendez-vous, webinaires, conférence, etc. – lien d’affiliation, qui me l’a soufflé, et je n’aurais pas mieux dit) :

  1. Évaluer sa maturité sur les fondamentaux de l’IA avec le diagnostic AI Readiness Dimmup.
  2. Prioriser 1-2 leviers (ex. : « Personnel » et « Offre ») pour des quick wins.
  3. S’inspirer des cas DIRUPT pour déployer ses premiers agents (ex. : support niveau 1).
  4. Intégrer la veille technologique et réglementaire dans sa gouvernance.

« La maturité digitale, c’est comme une plante : ça se mesure, ça se cultive, et ça pousse avec le temps. Mais il faut commencer par planter la graine. » — Michaël Tartar

Encyclique Magnifica Humanitas, note de lecture

Le Pape Léon XIV a pris la plume et a publié le lundi de Pentecôte, l’Encyclique Magnifica Humanitas sur l’intelligence artificielle.

En observateur avisé du monde, porteur d’une pensée pluriséculaire, son texte mérite l’attention.

Il interroge le lecteur sur le devenir de la magnifique humanité à l’ère de l’IA.

  1. Préambule
  2. Les principaux messages du texte
  3. Quelques digressions
  4. Dans les grandes lignes 
  5. Quelques extraits
  6. Conclusion : faut-il lire l’Encyclique Magnifica Humanitas ?

Préambule

C’est la première fois que je lis une Encyclique. Selon le Petit Robert, il s’agit d’une « Lettre envoyée par le pape à tous les évêques. » Ladite lettre étant librement consultable, rien n’interdit de la lire.

La liste des Encycliques montre que l’exercice est courant au fil des siècles. À ce titre, Magnifica Humanitas est la première du Pape Léon XIV, mais elle s’inscrit dans une longue tradition. La précédente a été publiée en 2024 par le Pape François. Comme toutes publications, certaines Encycliques ont fortement marqué leur époque. Vu l’importance de l’IA en 2026 et l’angle choisi par le Pape pour traiter du sujet, nous pouvons gager que son texte fera date.

Note au lecteur : dans le texte qui suit, les chiffres entre parenthèses font référence aux numéros de paragraphes de l’Encyclique Magnifica Humanitas.

J’ai téléchargé le texte en français sur le site de La Croix.

Le texte est disponible en format papier, par exemple sur Amazon. C’est d’ailleurs la couverture de ce livre que j’ai choisie comme illustration du présent article.

De nombreuses réactions ont suivi la publication de ce texte, par exemple ce post LinkedIn de Thierry Breton, cet édito politique de Patrick Cohen, ou encore cette analyse de David Fayon.

Les principaux messages du texte

Dans ce texte de 134 pages découpées en 245 paragraphes et 5 chapitres, le Pape Léon XIV livre un message à ses contemporains et en priorité bien-sûr aux Chrétiens :

  • Il partage un message d’union entre toutes les diversités.
  • Il invite à rechercher le chemin de la dignité humaine dans le développement technique.
  • Il s’inscrit ainsi dans la tradition de ses prédécesseurs, et plus spécifiquement de la Doctrine sociale de l’Église. (28)
  • Il appelle à « faire progresser la technique sans faire régresser le cœur. » (126)
  • Il formule une critique sévère du transhumanisme et du posthumanisme.
  • Il met en garde sur « deux façons de construire : un progrès au service de la personne et des peuples, ou un progrès qui les soumet à des logiques de pouvoir. » (129)
  • Il milite pour la paix, tandis que les technologies créent des armes déshumanisantes.
  • Il appelle chacun à prendre ses responsabilités à l’ère de l’IA, en conscience.

Au final, l’Encyclique Magnifica Humanitas aborde les dimensions sociales, économiques, écologiques, politiques, d’éducation, de formation, liées à l’IA, au service de la dignité et de la grandeur de l’être humain.

Pour les Chrétiens, il indique la voie à suivre pour faire de l’IA une technologie au service du bien.

Quelques digressions

Le Pape profite de publier cette Encyclique pour s’étendre sur des sujets qui ne sont pas directement liés à l’intelligence artificielle.

Il profite ainsi de l’occasion pour demander pardon au nom de l’Eglise, sur le retard qu’elle a pris pour prendre position contre l’esclavage. (176)

Sans nommer les puissances nucléaires (dont la France), il déplore leur rôle dans l’accélération du recours à la guerre. (194)

Le Pape cite très peu d’œuvres profanes, ce qui met en exergue celles qu’il met en avant, comme la Neuvième Symphonie de Beethoven, Guernica de Picasso ou encore La Liste De Schindler de Steven Spielberg (122) ou encore John Ronald Reuel Tolkien (213). En revanche le texte abonde de références d’autres textes publiés par l’Église.

Dans les grandes lignes 

Léon XIV constate de prime abord qu’aujourd’hui « les principaux moteurs du développement sont des acteurs privés, souvent transnationaux, dotés de ressources et de capacités d’intervention supérieures à celles de nombreux gouvernements. » (5)

Le chapitre 1 met en perspective historique de la fin du XIXe siècle à nos jours, les différentes Encycliques publiées par les Papes au fil des décennies. On ressent, à la lecture de cet inventaire, la profondeur de la vision de l’Église. Ce qui lui confère une prise de recul bienvenue pour apprécier la transformation que nous vivons actuellement.

Le chapitre 2 est probablement le plus délicat pour le profane. Le Pape y expose la Doctrine sociale de l’Église, concept qui justifie de son rôle dans l’analyse des sociétés. En quelque sorte, ce chapitre justifie de la légitimité de l’Église à se saisir de l’IA, sous l’angle de son impact social.

Le chapitre 3 entre vraiment dans le cœur du sujet. On est même surpris par la lucidité du Pape sur l’IA, sur sa compréhension de cette technique et son recul sur son impact sur l’humain. Un chapitre qui amène le lecteur à réfléchir à son tour et se conclue par cette invitation : « L’ère de l’IA n’échappe pas à cette règle : la construction de Babel ou celle de Jérusalem commence en chacun de nous. » (130)

Le chapitre 4 est le plus dense en termes de réflexion sur l’impact de l’IA sur nos sociétés, en particulier sur le monde du travail. Le Pape met en garde sur les perspectives qui s’offrent à nous si nous ne respectons pas certains principes. Par exemple : « Si une technologie promet l’émancipation mais produit de nouvelles formes de subordination mondiale, elle contredit le principe fondamental de la dignité de la personne. » (173)

Le chapitre 5 est l’occasion d’un long exposé sur la guerre, ce qui pourrait apparaître comme une digression par rapport au cœur du sujet de cette Encyclique. Cependant, le Pape fait preuve de clairvoyance sur l’IA comme arme : « Il n’existe aucun algorithme capable de rendre la guerre moralement acceptable. » (198)

La conclusion est le chapitre le plus religieux, donnant aux Chrétiens une grille de lecture spirituelle : « Il est important de garder un cœur qui aime la vérité et désire ce qui est juste plutôt que les contenus les plus attrayants, un cœur qui recherche la sagesse plutôt que les effets immédiats. » (237)

Quelques extraits

Au fil des pages, certaines phrases m’ont plus marqué que d’autres.

« C’est pourquoi le premier choix ne se situe pas entre un “oui” ou un “non” à la technologie, mais entre bâtir Babel ou reconstruire Jérusalem ; entre un pouvoir qui prétend dominer le ciel et un peuple qui, en présence de Dieu, se met à travailler de manière unie pour relever les murs de la cohabitation fraternelle. » (9)

« À l’ère de l’intelligence artificielle où la dignité humaine risque d’être éclipsée par de nouvelles formes de déshumanisation, nous avons le devoir urgent de rester profondément humains, en préservant avec amour cette magnifique humanité qui nous a été donnée et manifestée dans sa plénitude dans le Christ, mais qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer dans sa splendeur. » (15)

« Et, avec l’âme d’un pasteur et d’un père, je demande à tous d’arrêter le chantier d’une énième Babel et d’unir nos forces pour édifier le bien, afin que l’humanité ne perde jamais sa beauté et que le monde puisse reconnaître une fois encore au cœur de l’être humain, le lieu où Dieu désire habiter. » (16)

« J’estime qu’aujourd’hui, pour préserver la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle, nous devons revenir à une réflexion sur le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarité, la solidarité et la justice sociale. » (46)

Certains passages apparaissent parfois comme des digressions. Par exemple lorsque Léon XIV par le bien commun :

« Lorsque la politique renonce à une vision à long terme et se réduit à des calculs à court terme ou à des logiques d’opposition, le langage du bien commun perd en crédibilité et les inégalités comme les fractures sociales augmentent. » (63)

« Toute tentative ou tout projet visant à éliminer ou à soumettre une nation est gravement immoral et donc inacceptable. » (64)

« Aujourd’hui, parmi les biens universellement destinés à tous, nous devons également compter les nouvelles formes de propriété : brevets, algorithmes, plateformes numériques, infrastructures technologiques, données. Dans un contexte où la richesse des nations dépend de plus en plus des connaissances et des technologies, quand ces biens restent concentrés entre les mains de quelques-uns, sans formes adéquates de partage et d’accès, il se crée un nouveau déséquilibre contredisant la destination universelle des biens et alimentant le fossé entre les inclus et les exclus, entre ceux qui peuvent participer à la révolution numérique et ceux qui en restent à l’écart. De plus, le soin de la Maison commune comme la responsabilité envers les pauvres et les générations futures requièrent que l’usage des biens de la création et des nouvelles possibilités offertes par la technique soit réglementé de manière à respecter l’environnement, à éviter le gaspillage et les nouvelles formes de pillage. » (67)

« La subsidiarité exige que ces processus ne soient pas imposés d’en haut de façon opaque et unilatérale, mais qu’ils soient orientés vers le bien commun à travers la transparence, la responsabilité et des formes réelles de participation (contrôles indépendants, transparence sur les algorithmes, accès équitable aux données, dispositifs de recours). » (71)

« Dans les choix relatifs aux flux économiques et aux plateformes numériques, dans la gouvernance des données et des algorithmes, on ne peut permettre que seuls quelques acteurs orientent les processus, il faut au contraire construire des formes de coopération qui respectent les différents niveaux de la communauté mondiale et les rendent co-responsables du bien commun. » (72)

« À l’ère du numérique, un ordre social juste est celui qui garantit à tous un accès équitable aux opportunités, protège les plus petits et les plus fragiles, lutte contre la haine et la désinformation, et soumet l’utilisation des données et des technologies à un contrôle public, afin que le critère ne soit pas uniquement le profit, mais la dignité de chaque personne et le bien des peuples. » (80)

« Lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre quelques mains, il tend à devenir opaque et à échapper au contrôle public, et augmente le risque d’un développement faussé qui engendre de nouvelles dépendances, des exclusions, des manipulations et des inégalités. » (95)

« Les prétendues intelligences artificielles ne vivent pas d’expérience, ne possèdent pas de corps, ne connaissent ni la joie ni la douleur, ne mûrissent pas dans la relation, ne savent pas de l’intérieur ce que signifient l’amour, le travail, l’amitié, la responsabilité. Elles n’ont pas de conscience morale : elles ne jugent pas le bien et le mal, ne saisissent pas le sens ultime des situations, n’assument pas le poids des conséquences. Elles peuvent imiter des langages, des comportements, des évaluations, elles peuvent simuler de l’empathie ou de la compréhension, mais elles ne comprennent pas ce qu’elles produisent, car elles n’habitent pas l’horizon affectif, relationnel et spirituel dans lequel l’humain devient sage. » (99)

On pourra être surpris de lire des phrases d’une lucidité étonnante sur ce que sont les IA. Par exemple :

« L’impression d’objectivité que les réponses et les propositions de ces systèmes peuvent susciter risque de nous faire oublier qu’elles reflètent les paramètres culturels de ceux qui les ont conçus et formés, avec toutes leurs qualités et leurs défauts. » (100)

Ou encore :

« Lorsque la parole est simulée, elle ne construit pas une relation, mais son apparence. » (100)

« Nous ne pouvons pas considérer l’IA comme moralement neutre » (104)

« Une IA plus morale ne sert à rien si cette morale est décidée par une poignée de personnes. » (107)

« Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. » (110)

« Faire progresser la technique sans faire régresser le cœur. » (126)

À propos du pouvoir de ceux qui contrôlent les plateformes numériques :

« C’est un pouvoir qui doit être constamment éclairé par la recherche de la vérité et le respect de la dignité humaine, afin que la culture qui se développe sur internet ne devienne pas un instrument de distraction excessive, d’uniformisation et de domination, mais un espace où puissent s’épanouir la liberté intérieure et la pensée critique. » (136)

« L’omniprésence des médias numériques engendre une culture de l’immédiateté et de l’hyperstimulation, qui alimente la fatigue, l’ennui et l’apathie face à l’effort nécessaire pour rechercher la vérité. » (139)

« Nous devons nous éduquer à jeûner de l’IA et protéger nos jeunes de la promesse de la machine parfaite, de cette séduction subtile qui fait paraître inutile la pensée humaine précisément au moment où elle est la plus nécessaire. » (140)

« Il faut promouvoir une véritable hygiène de l’attention : des rythmes qui prévoient le silence, l’étude approfondie, la lecture, la confrontation mesurée; sans ces éléments, la liberté intérieure risque d’être compromise. » (146)

« L’école n’est pas appelée à courir après la rapidité du monde numérique, mais à offrir ce que le numérique seul ne peut donner : du temps partagé pour apprendre et des relations de confiance. » (147)

« Toute mise en place de l’automatisation et de l’IA devrait s’accompagner de mesures vérifiables en matière de protection de l’emploi, de reconversion professionnelle et de participation des travailleurs, afin que la technologie vise à libérer du temps et des capacités humaines, et non à générer de l’exclusion. » (156)

« À l’ère de l’IA et de la robotique, il n’est plus possible de se fier uniquement à la “main invisible” du marché. » (163)

« Concrètement, orienter l’économie vers la dignité signifie adopter certains critères d’action stables, même à l’ère de l’IA. Tout d’abord, la transparence et la responsabilité : lorsque les données et les algorithmes influencent l’octroi de crédits, la sélection du personnel, l’accès aux services ou aux opportunités, il est nécessaire que les décisions soient compréhensibles, contestables et soumises à un contrôle, afin que la personne ne soit pas réduite à un simple profil. En second lieu, l’inclusion et l’accès : les bénéfices de l’innovation doivent s’accompagner d’investissements dans les compétences, les infrastructures et les services essentiels, afin que la technologie ne creuse pas davantage le fossé entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas. Enfin, des mesures d’équité : la fiscalité, la protection sociale et les politiques industrielles doivent corriger les déséquilibres créés par la concentration de la richesse et du pouvoir. Ces critères ne sont pas un frein à l’innovation : ils la rendent, en réalité, viable et humaine. » (164)

« À court terme, il peut sembler avantageux de réduire le coût du travail ou de maximiser l’efficacité financière, mais à long terme, cela sape les fondements mêmes de la vie en société : tandis que l’on célèbre les succès technologiques, la structure sociale s’érode progressivement, comme sous l’effet d’un virus silencieux. » (166)

« Lorsque des modèles commerciaux prospèrent sur la faiblesse humaine, la personne est traitée comme un moyen et non comme une fin, et ceux qui conçoivent ou financent ces systèmes assument une responsabilité morale à laquelle ils ne peuvent se soustraire. » (170)

« Rien, dans le monde de l’IA, n’est immatériel ou magique. » (173)

« Si une technologie promet l’émancipation mais produit de nouvelles formes de subordination mondiale, elle contredit le principe fondamental de la dignité de la personne. » (173)

« Il n’existe aucun algorithme capable de rendre la guerre moralement acceptable. » (198) 

« Nous vivons une époque de grande cécité spirituelle et culturelle. » (204)

« Dans les pays marqués par de graves tensions sociales, nous ne pouvons pas exclure que certains finissent par considérer le conflit armé comme un moyen efficace de détourner l’attention des problèmes internes et comme un instrument de gestion cynique des difficultés. » (209)

« Aucun système de calcul, aussi sophistiqué soit-il, ne génère un cœur qui se donne, ni une conscience qui discerne le bien. » (233)

« Il est important de garder un cœur qui aime la vérité et désire ce qui est juste plutôt que les contenus les plus attrayants, un cœur qui recherche la sagesse plutôt que les effets immédiats. » (237)

« La culture numérique multiplie les connexions et offre de nouvelles possibilités de rencontre ; pourtant, le cœur humain conserve un besoin irremplaçable de proximité. » (239)

Conclusion : faut-il lire l’Encyclique Magnifica Humanitas ?

Assurément oui, en tout cas au minimum le chapitre 3 et 4 pour les lecteurs profanes. Surtout pour tous ceux qui, comme moi, développent des technologies et promeuvent leurs usages. La critique de l’IA, ses dérives, les risques qu’elle fait porter à l’humanité, sont bien réels. Certes le Pape agrège sous le vocable « intelligence artificielle » de nombreuses activités en ligne qui n’ont pas de rapport avec l’IA au sens strict. Mais son texte a le mérite de donner au lecteur une mise en perspective à long terme, au service du bien et du développement sain de l’humanité. On s’étonne même que les philosophes et les politiques soient peu capables d’une pensée d’une telle ampleur. Ce qui mérite bien quelques heures de lecture.

IA : 23 clés en action. Le témoignage d’un dirigeant.

Le 14 avril 2026, j’intervenais lors d’un webinaire organisé par DIMM.UP, sur le thème : « IA : 23 clés en action. Le témoignage d’un dirigeant. »

Comme le titre l’indique, tout l’intérêt résidait dans le partage d’expérience d’un dirigeant qui a fait les 23 clés IA.

Vous êtes pressé ? Allez directement découvrir les 23 clés IA.

Claude Duhamel a partagé en toute transparence son expérience :

  • Pourquoi il a ressenti le besoin de faire les 23 clés IA
  • Son ressenti lorsqu’il a découvert la note de maturité IA de son entreprise
  • Les bénéfices qu’il a tirés de l’entretien, du rapport et du compte-rendu

Les meilleurs moments

L’abstract ci-dessous revient sur les meilleurs moments du webinaire (3 minutes sur les 47 du webinaire) :

Pour participer aux prochains webinaires, je vous invite à suivre attentivement la page LinkedIn de DIMM.UP et à vous abonner à notre newsletter.

Les points clés du webinaire

En introduction, j’ai mis en exergue les points suivants :

  • Statistiques clés :
    • Seulement 40% des entreprises françaises ont adopté l’IA (contre 54% en Europe).
    • L’IA est souvent utilisée de manière tactique et non stratégique, avec un risque d’amplification des dysfonctionnements existants.
  • Risques identifiés :
    • Manque de vision claire : Absence de trajectoire IA alignée avec la stratégie d’entreprise.
  • Effet « loupe » de l’IA :
    • L’IA amplifie les forces et les faiblesses numériques de l’entreprise.
    • Exemple : Une approche vertueuse de l’IA renforce la création de valeur, tandis qu’une approche désorganisée aggrave les problèmes existants.

« Le vrai risque en 2026 n’est plus de ne pas faire d’IA, mais de faire n’importe quoi avec l’IA. Parce que l’IA, c’est une loupe : elle amplifie ce que vous faites déjà, le meilleur comme le pire. »

— Michaël, DIMM.UP

Le témoignage de Claude Duhamel

Claude Duhamel a partagé les principales problématiques de son entreprise liées à l’IA :

  • Temps excessif passé sur des tâches répétitives (ex : 2-3h/jour sur ChatGPT pour optimiser des messages).
  • Manque de structure et de priorisation : « On produisait de l’effort, pas un système ».
  • Décisions prises sans cadre clair.

Le passage des 23 clés IA, a fourni à Claude un éclairage précis :

  • Score initial de maturité : 1,9/5 (révélateur d’un manque de maturité malgré une utilisation avancée de certains outils).
  • Bénéfices des 23 clés IA :
    • Identification des angles morts (ex : absence de vision stratégique malgré une bonne maîtrise opérationnelle de ChatGPT).
    • Réduction du « bruit » : Moins de dispersion, plus de précision dans les actions.
    • Arrêt de projets non alignés avec la stratégie (ex : développement international non prioritaire).
    • Gain de temps estimé : Passage de 60h à 30-35h/semaine pour Claude, avec une ambition de tripler le chiffre d’affaires en 18 mois sans embauche.
  • Outils IA déployés post-diagnostic :
    • Automatisation de la gestion client et comptable.
    • Optimisation du copywriting (remplacement d’un copywriter à temps plein par des outils d’IA, économie de 4 000-5 000€/mois).
    • Utilisation d’agents IA spécialisés pour des tâches répétitives (ex : enrichissement de bases de données).

Claude a attiré l’attention des participants :

« L’IA ne remplace pas la stratégie, elle l’amplifie. Si votre stratégie est floue, vous irez plus vite… mais dans la mauvaise direction. Le diagnostic ne vous donne pas des idées, il enlève ce qui vous ralentit. »

— Claude, BNL

Les 23 clés IA, de quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une approche structurée pour évaluer et améliorer la maturité IA des entreprises, basée sur trois piliers :

  • Langage commun :
    • Alignement des termes entre métiers, IT et direction (ex : distinguer « automatisation » et « IA générative »).
    • Éviter les malentendus liés à l’usage imprécis des mots (ex : « agent IA », « LLM »).
  • Repères partagés :
    • Évaluation objective de la maturité IA (ex : score sur 5 comme pour BNL).
    • Identification des angles morts (ex : gouvernance, compétences des équipes).
  • Capacité à arbitrer :
    • Priorisation des cas d’usage sans partir de la technologie.
    • Savoir dire « non » aux initiatives non alignées avec la stratégie.
    • Clarification des rôles : Qui teste ? Qui décide ? Qui investit ?

Exemple de clés analysées :

  • Compétences des cadres dirigeants en IA (ex : maîtrise du « prompting » vs vision stratégique).
  • Intégration de l’IA dans les processus métiers (ventes, production, support).
  • Gouvernance et responsabilité (éviter le « Shadow AI »).
  • Formation et sensibilisation des équipes (distinguer les deux).

💡 Enseignement : La maturité IA ne se mesure pas à l’aune des outils utilisés, mais à la capacité à aligner l’IA avec la stratégie et à gouverner son déploiement.

Quelques recommandations

Le webinaire a été l’occasion de proposer aux participants, surtout aux dirigeants, plusieurs points d’attention :

  1. Ne pas confondre vitesse et maturité :
    • L’adoption rapide d’outils d’IA sans cadre stratégique peut aggraver les problèmes existants.
    • Exemple : BNL utilisait ChatGPT 2-3h/jour sans gain stratégique avant le diagnostic.
  2. Commencer par un diagnostic :
    • Évaluer sa maturité IA via des outils comme les 23 clés IA de DIMM.UP.
    • Identifier les angles morts (ex : gouvernance, compétences).
  3. Prioriser la stratégie sur la technologie :
    • Ne pas partir des outils (ex : « On veut un LLM »), mais des besoins métiers.
    • Question majeure : « Quel problème business l’IA doit-elle résoudre ? »
  4. Impliquer les équipes :
    • Sensibiliser avant de former pour démystifier l’IA et réduire les résistances.
    • Clarifier comment l’IA augmente (et ne remplace pas) les rôles existants.
  5. Mesurer l’impact :
    • Définir des KPIs clairs (ex : réduction du temps passé sur les tâches répétitives, augmentation du CA).
    • Exemple BNL : Objectif de tripler le CA en 18 mois sans embauche.

L’échange avec les participants a fait aussi émerger plusieurs points à éviter absolument :

  • Adopter l’IA par peur de rater le train : Sans vision claire, l’IA devient un coût, pas un levier.
  • Laisser proliférer le « Shadow AI » : Risque de perte de contrôle et de sécurité des données.
  • Former sans sensibiliser : Les équipes résisteront si elles ne comprennent pas l’intérêt de l’IA.
  • Négliger l’humain : L’IA amplifie les forces et les faiblesses des processus existants.

Deux minutes convaincantes

Claude a aussi témoigné en deux minutes de son expérience, à découvrir ici :

Conclusion

Ce webinaire a mis en lumière l’importance d’une approche structurée et stratégique de l’IA pour les dirigeants. Les enseignements clés incluent :

  • L’IA n’est pas une fin en soi, mais un levier pour amplifier la stratégie de l’entreprise.
  • Un diagnostic de maturité (comme les 23 clés IA de DIMM.UP) est essentiel pour éviter les pièges du « Shadow AI » et des initiatives désordonnées.
  • Le témoignage de Claude Duhamel montre que même une entreprise déjà utilisatrice d’IA peut gagner en efficacité et en ambition grâce à un cadre clair.
  • La sensibilisation et la formation doivent être ciblées et adaptées aux cas d’usage pour maximiser l’adoption par les équipes.

Faites comme Claude Duhamel, passez les 23 clés IA pour prendre du recul sur l’IA et éclairer vos prochaines décisions.

IA : comprendre avant d’agir

Le 10 février 2026, j’intervenais lors d’un webinaire organisé par DIMM.UP, sur le thème : « IA : comprendre avant d’agir ».

Mon objectif était d’aider les participants dirigeants à :

  • clarifier les enjeux de l’IA,
  • éviter les initiatives non structurées,
  • fournir un cadre de décision via les 23 clés de l’IA.

Pour les lecteurs pressés : allez directement découvrir les 23 clés IA.

Je remercie Agilotext, mon assistant IA préféré pour rédiger ce type d’article : transcription de l’intégralité du webinaire, génération de résumé, analyse, synthèse et messages clés. Le gain de temps est considérable !

Les meilleurs moments

L’abstract ci-dessous revient sur les meilleurs moments du webinaire (5 minutes sur les 49 du webinaire) :

Pour participer aux prochains webinaires, je vous invite à suivre attentivement la page LinkedIn de DIMM.UP et à vous abonner à notre newsletter.

Les points clés du webinaire

En introduction, j’ai mis en exergue les points suivants :

  • L’IA en 2026 n’est plus une option mais un risque de faire n’importe quoi sans cadre clair.
  • Les entreprises testent des outils et lancent des POC (Proof of Concept) sans trajectoire cohérente, souvent par peur de rater une opportunité (FOMO pour « Fear Of Missing Out »).
  • L’IA a un effet amplificateur : les mauvaises décisions sont exacerbées par son adoption désordonnée.

J’ai posé ces trois questions clés aux participants pour évaluer leur maturité (essayez d’y répondre) :

Trois questions sur l’IA pour dirigeant, pour retrouver de la clarté sur l’IA

La majorité des dirigeants hésitent sur au moins une de ces questions, révélant un manque de cadre décisionnel.

Constats principaux sur l’adoption de l’IA

J’ai partagé ce que j’ai pu observer lors de mes entretiens avec les cadres dirigeants au sujet de l’IA dans leur entreprise :

  • Absence de trajectoire : multiplication d’initiatives non coordonnées, sans ligne directrice.
  • La technologie précède la décision : les outils sont adoptés avant de définir leur utilité métier.
  • Responsabilité diffuse : personne n’assume les arbitrages structurants, conduisant à une perte de maîtrise.

Ces problèmes ne sont pas liés à un manque de compétence ou de volonté, mais à un manque de cadre commun. Ce qui crée une grande confusion sur l’IA.

Les causes de la confusion autour de l’IA

J’observe trois facteurs qui conduisent à une grande confusion sur l’IA :

  1. Problème d’angle de vue :
    • Les métiers parlent d’efficacité.
    • Les DSI parlent de faisabilité.
    • La direction parle de valeur.
    • Les consultants parlent de solutions.
  2. Problème de vocabulaire : les termes « IA », « automatisation », « agents » sont utilisés sans consensus sur leur signification.
  3. Absence de référentiel partagé : pas de modèle commun pour évaluer la maturité IA de l’entreprise.

La diversité des angles de vue génère des priorités différentes et des attentes contradictoires.

Les problèmes de vocabulaire compliquent les échanges entre décideurs.

L’absence de référentiel partagé rend impossible le pilotage de la trajectoire IA.

Résultat : confusion entre vitesse (adoption rapide d’outils) et maturité (usage profond et vertueux).

Les 23 clés IA, le cadre qui manquait

En s’appuyant sur plus de 600 diagnostics réalisés dans plus de 20 pays, DIMM.UP a créé un cadre de réflexion sur l’IA pour les dirigeants : les 23 clés IA.

L’objectif est de donner aux dirigeants un langage commun, des repères partagés, et une capacité à arbitrer sur l’IA.

Après une session intensive d’une heure en tête-à-tête, ils reçoivent :

  • Un rapport structuré avec la maturité de l’entreprise sur les 23 clés.
  • Un compte-rendu détaillé avec insights, arbitrages et points de vigilance.

Au cours du webinaire, j’ai présenté succinctement 5 clés parmi les 23, histoire de donner un avant-goût des sujets abordés :

Chaque clé est une question majeure à laquelle le dirigeant doit apporter une réponse claire, au risque d’entretenir la confusion sur l’IA

Vous êtes dirigeant (DG, CEO) et vous souhaitez prendre du recul sur l’IA pour votre entreprise ? Prenez rendez-vous maintenant pour cet entretien privilégié :

Témoignage client

Comme souvent, il est utile d’écouter les pionniers qui ont bénéficié d’une offre de service en avant-première. C’est le cas de Claude Duhamel, responsable de la stratégie marketing chez Brand New Leads (BNL) :

Conclusion

En synthèse, voici les points à retenir de ce webinaire :

  • L’IA n’est pas d’abord un sujet technologique, mais un sujet de décision, priorisation et responsabilité.
  • Les outils (ex : ChatGPT) sont utiles, mais insuffisants sans une vision stratégique.
  • Le vrai risque en 2026 n’est pas de ne pas faire d’IA, mais de faire n’importe quoi sans cadre.
  • Les 23 clés de l’IA offrent un référentiel actionnable pour éviter les pièges et mobiliser les équipes.

Un taylorisme augmenté, note de lecture

J’ai lu Un taylorisme augmenté, sorti aux Editions Amsterdam en septembre 2025, pour écouter d’autres sons de cloches que ce qui alimente mes journées au sujet de l’intelligence artificielle. Il est toujours utile de prêter attention (raisonnablement) aux contradicteurs. En l’occurrence avec cet essai, Juan Sebastián Carbonell, tente sans convaincre, une critique de l’intelligence artificielle. J’ai même eu du mal à arriver au bout tant le propos est laborieux. À force de vouloir démontrer sa thèse, l’auteur en oublie l’antithèse, affaiblissant sa démonstration. On en ressort perplexe tout en saluant l’effort d’alerte qui reste trop théorique, trop teinté fin XIXe siècle pour qu’il soit audible en ce début de XXIe siècle.

Au fond pour l’auteur, le capitalisme est un combat dont l’enjeu est le pouvoir lié à la connaissance des savoir-faire. D’un côté les ouvriers avec leurs tours de mains, de l’autre les patrons avec leur capital. Partant de ce postulat, celui qui possède la connaissance détient le pouvoir sur l’autre. Il oppose la direction de l’entreprise aux ouvriers. Les seconds détenant un savoir que les premiers s’approprient à leurs dépens. C’est du marxisme à la sauce IA.

Au fil des pages, une conviction profonde apparaît : le monde se porterait mieux si chacun pouvait garder jalousement son expertise pour lui. Le partage du savoir, le travail à distance et l’émancipation grâce au numérique, l’efficacité et l’efficience industrielles, sont de dangereux dérives de la société capitaliste.

Sauf qu’aujourd’hui, les plus avancés en IA ne sont pas que des capitalistes. Les Russes et les Chinois, sont de bons exemples.

« La perspective défendue ici est une invitation à repolitiser la technologie. » (Page 19)

Je lis cette phrase le 9 octobre 2025, quelques jours après la démission du gouvernement de Sébastien Lecornu, le lendemain de sa création. Et je me dis : politiser l’IA ? Vu l’instabilité politique en France, surtout pas !

« Les machines, robots, logiciels, IA, etc., sont des technologies complexes qui doivent être intégrées minutieusement dans les procès afin d’être efficaces. » (Page 71)

Amusant lapsus que de parler ici de procès au lieu de processus, comme si l’auteur anticipait une vague d’actions juridiques liées à l’IA. Le mot procès est utilisé plusieurs fois dans les pages suivantes en lieu et place de processus. C’est un pli à prendre.

« Comme je le montrerai par la suite, cela ne signifie pas qu’ils seront remplacés, mais qu’ils seront taylorisés, c’est-à-dire simplifiés standardisés ou parcellisés : les travailleurs perdront en autonomie, voire seront purement et simplement dépossédés de la dimension créative de leur travail. » (Page 83)

De mon point de vue, cela n’est valable que toutes choses égales par ailleurs. En l’occurrence, bien utilisée, l’IA apporte aux métiers qualifiés un regain de créativité. L’IA permet de se consacrer à des tâches à plus haute valeur ajoutée, voire à déléguer à la machine les tâches jugées rébarbatives par ces profils. C’est une libération.

« Par sa connaissance du travail, un travailleur a plus à dire sur comment l’organiser que quiconque. » (Page 91)

Le fait de connaitre un travail, une manière de faire, ne garantit en rien l’expertise sur l’organisation. Prendre du recul, capitaliser sur des organisations adaptées dans d’autres secteurs, aide à revisiter l’organisation en place pour plus d’efficacité.

« Une technologie s’impose surtout en raison de la supériorité des acteurs qui la promeuvent. Inversement, une technologie échoue non parce qu’elle n’est pas performante ou meilleure que d’autres, mais plutôt parce qu’elle n’est pas performante ou supérieure aux yeux de ceux qui détiennent le pouvoir. » (Page 98)

Alors que je m’efforce de développer DIMM.UP depuis plus de cinq ans. Ces deux phrases m’interpellent. Faudrait-il donc que ceux au pouvoir perçoivent la performance et la supériorité de la plateforme Dimmup ? Cela mérite réflexion…

« Le deuxième enjeu relatif aux relations de travail concerne le fait que l’usage de l’IA déresponsabilise les patrons. » (Page 163)

Alors là, je suis surpris. Vu les questions que se posent les dirigeants que je rencontre. Je le perçois en particulier lorsque je les passe au crible des 23 clés IA. Les entretiens démontrent au contraire une grande responsabilité des patrons sur l’usage de l’IA par eux-mêmes et par les salariés de l’entreprise.

Au final, j’ai terminé la lecture d’Un taylorisme augmenté en ayant eu le sentiment de lire un livre de commande. Comme si l’éditeur avait demandé à l’auteur d’écrire un essai visant à démontrer les méfaits de l’IA sur nos sociétés. Le propos est tellement rabâché qu’il en devient fatigant au fil des pages. Pire, on n’en retire pas grand-chose, ayant le sentiment d’appliquer des grilles de lecture surannées à notre époque.

Ne faites plus d’études, note de lecture

Ne faites plus d'études

Comme d’habitude avec Laurent Alexandre (je suis moins habitué aux prises de position d’Olivier Babeau), le propos est sombre, catastrophistes, parsemé de prédictions invérifiables (il faudra attendre), mais qui font peur. Mais ça marche. On a envie de lire, comme on regarde un thriller en espérant que le héros trouvera une solution.

Et honnêtement, si j’avais 15 à 20 ans aujourd’hui, j’aimerais lire Ne faites plus d’études, sorti aux éditions Buchet-Chastel. Pas pour avoir peur, mais pour réfléchir à mon avenir.

S’abonner à ChatGPT ou mourir

Depuis la sortie de ChatGPT le 30 novembre 2022, Laurent Alexandre le répète à l’envi, en VRP de luxe de l’éditeur : il faut s’abonner à l’IA d’OpenAI ou mourir. J’ai beau aimer la technologie, à chaque fois je ressens comme une gène à cette idée. Être totalement dépendant de la technologie et donc de ceux qui la contrôlent ? Non merci.

Le postulat de départ du livre est que la société dans son ensemble doit courir au rythme des IA. Dans ce modèle, nous sommes tous concurrencés par des machines. Nos cerveaux deviennent nos pires handicap (chapitre 3). Nos enfants doivent être équipés de puces IA à la naissance. Quelle horreur !

Perspectives d’avenir avec l’IA

Mais la deuxième partie tente une approche plus positive. Les auteurs y décrivent des perspectives d’avenir amenées par les IA. Non sans énumérer les inévitables chutes de bastions qu’on croyait éternels. L’emploi des jeunes, les syndicats et même les patrons, tout le monde prend cher !

Le style est acide, les propos acerbes, parfois irrévérencieux. Le texte ne manquera pas de faire grincer des dents. Technique efficace pour exister médiatiquement. Par exemple page 82, les étudiants en université apprécieront cette phrase : « En phase terminale, paradoxe ultime, l’université est devenue trop souvent une garderie pour beaucoup de postadolescents inadaptés aux études. » Les enseignants pourront se délecter de ce titre page 120 : « Professeur : de figure d’autorité à figurant. » Un partout, balle au centre.

L’approche systémique et économique adoptée par les auteurs, a le mérite de hauteur de vue.

Quelques paradoxes

Au fil de ma lecture, je me suis aussi interrogé. N’y-a-t-il pas un paradoxe à envisager doter nos enfants de puces IA dans leurs cerveaux dès leur naissance, et à constater le déclin cognitif de nos étudiants utilisateurs de l’IA (Page 91) ?

Autre paradoxe : ce livre s’adresse avant tout aux étudiants, à ces jeunes de 15 à 20 ans, qui s’apprêtent à envisager des études supérieures ou ont déjà commencé leur cursus. Or, la lecture d’un livre est devenue une tâche fastidieuse pour la plupart des personnes de cette tranche d’âge, plus habitués à utiliser des IA pour faire leurs devoirs. Ce qui les prive de l’accès à une information qui leur serait très utile. Leurs parents pourraient aussi le lire cela dit…

14 conseils pour les étudiants

Les auteurs livrent aux étudiants quatorze conseils. Ils sont utiles aux étudiants et à toute personne qui veut continuer d’évoluer dans ce monde où l’IA est omniprésente. Il y a de quoi alimenter les coachs en programme de développement personnel pour mettre ces conseils en pratique. Et si on n’a pas de coach, demander à son IA préférée d’agir comme tel.

8 nouveaux droits (dont un qui me révulse)

Les auteurs livrent aussi huit nouveaux droits. Ils sont intéressants et amènent à réflexion. Tous m’inspirent, sauf le dernier qui me révulse : le droit à la neuro-augmentation. C’est à mon sens la ligne rouge à ne pas franchir, celle qui ferait des humains des machines biologiques. Je préfère laisser ça à la fiction comme dans la série que je regardais enfant, L’Homme Qui Valait Trois Milliards.

2 podcasts pour découvrir le livre

Pour se faire une idée de la pensée de Laurent Alexandre, rien ne vaut de l’écouter. Invité par Matthieu Stefani dans l’épisode #507 du podcast Generation Do It Yourself, il revient sur les principaux messages de Ne faites plus d’études. Une écoute attentive qui ne remplacera pas la lecture du livre, car comme le rappellent les auteurs, la lecture reste un exercice indispensable pour entretenir nos cerveaux.

D’ailleurs, en écrivant ces lignes je me rappelle soudain que c’est par un autre podcast, Monde numérique, de l’excellent Jérôme Colombain, que j’ai découvert le livre Ne faites plus d’études. Le hasard a fait que j’ai écouté l’épisode L’hebdo du 08/11/2025 alors que je préparais une conférence sur l’IA pour le Club vudailleurs.com. Le thème : « L’emploi en péril face au rouleau compresseur de l’IA : les Français sont-ils prêts à la guerre technologique ? » Ce livre ne pouvait pas mieux tomber ! Pour en savoir plus sur cette conférence que j’ai donnée le 14 novembre 2025, voir ce post LinkedIn.

Conclusion

Je recommande la lecture de Ne faites plus d’études. Car oui, le monde change et très vite, sous l’impulsion de l’IA. Nos politiques ne l’ont pas compris, s’étripant sur les bancs de l’Assemblée autour des miettes d’un monde qui se meurt. Notre jeunesse vivra dans un monde différent. Les adultes ont la mission de les y préparer. Ce livre, malgré certains passages qui pourront paraître brutaux, a le mérite de décrire la vérité crue. Se préparer aux décennies à venir mérite bien quelques heures de lecture aujourd’hui.

En complément de cette note de lecture, je vous partage ci-dessous quelques citations qui vous donneront une idée de la tonalité de l’ouvrage. Si elles vous dérangent, pensez qu’il y a probablement un fond de vérité. Et comme le suggèrent les auteurs, inutile de taper sur les Cassandre. Concentrez-vous sur ce que leur texte vous inspire et acceptez-le sans a priori.

Citations

« Dans le monde qui se dessine, ce diplôme ne vaut plus rien. Ou plutôt, il ne garantit plus rien. Pire, il peut signifier une regrettable perte de temps, si l’on apprend des savoirs techniques devenus obsolètes. » (Emplacements du Kindle 36-38).

« Les études supérieures, telles qu’elles existent aujourd’hui, ne préparent plus au monde qui existera dans le futur. » (Page 9, Emplacements du Kindle 74-75).

« Cette abondance et cette gratuité nouvelle de l’intelligence provoquent une rupture. Ce n’est pas seulement le travail qui vacille, ni l’université qui s’effondre. C’est toute la structure mentale de nos sociétés et l’organisation de notre économie qui se fissurent. » (Page 12, Emplacements du Kindle 110-112).

« Nous sommes dans la situation absurde d’un pays qui verrait débarquer chaque jour des millions de travailleurs hypercompétents et infatigables, sans poser la question des conséquences sur le tissu social, l’identité collective et l’économie politique. » (Page 16, Emplacements du Kindle 181-182).

« La vérité est brutale : les Européens ont déjà perdu la bataille. Pendant que Bruxelles s’enlise dans des règlements abscons, les géants du logiciel façonnent les cerveaux numériques de demain. » (Page 20, Emplacement du Kindle 246).

« Le pouvoir glisse en silence entre les mains de machines pensantes et de leurs propriétaires. » (Page 21, Emplacements du Kindle 263-264).

« Les médecins passent encore dix ans à apprendre un diagnostic que les IA font mieux qu’eux, en une seconde, sans fatigue, sans ego et sans insertion de carte Vitale. » (Page 22, Emplacements du Kindle 281-282).

« Les robots ne vireront pas les humains, ils prendront surtout la place de ceux qui manquent. » (Page 26, Emplacement du Kindle 351).

« Le cerveau évolue lentement. L’intelligence humaine est figée dans une temporalité biologique, alors que le monde bascule dans l’exponentielle technologique. » (Page 33, Emplacements du Kindle 448-449).

« Les enfants connectés très tôt intégreront l’IA comme un sixième sens. » (Page 34, Emplacements du Kindle 470-471).

« Dans les entreprises, les premières embauches que l’on coupe sont celles des juniors. » (Page 49, Emplacements du Kindle 718-719).

Le comble, il a fallu que j’utilise ChatGPT pour comprendre cette phrase. Voici sa réponse : « Plutôt que d’essayer de protéger tous les emplois menacés par la technologie, il faut investir dans la formation continue et la capacité d’adaptation des individus. En misant sur une société ouverte et agile, on peut éviter un avenir où la technologie détruirait massivement les emplois. »

« Ce qui meurt, ce n’est pas le travail humain. C’est l’exécution standardisée, le modèle rigide de l’emploi à vie. Ce qui naît, c’est un travail augmenté, mobile, hybride, appuyé sur des outils puissants mais dépendant plus que jamais de la qualité des esprits qui les mobilisent. » (Page 53, Emplacements du Kindle 793-795).

« Si l’intelligence devient gratuite et quasiment infiniment disponible, que vaut un consultant ? Que vaut un master ? Que vaut un avocat, un analyste, un correcteur, un directeur de thèse, un thésard ? » (Page 61, Emplacements du Kindle 907-909).

« En 2030, si on ne change pas de cap, le CEO sera un eunuque cognitif. » (Page 65, Emplacement du Kindle 978).

« Si nous ne possédons pas nos propres IA, nous déléguerons notre imaginaire, notre puissance de réflexion, notre souveraineté cognitive. » (Page 66, Emplacements du Kindle 1008-1009).

« L’absence de valeur ajoutée d’un travail risque de devenir de plus en plus évidente, exactement comme cela s’était passé lorsque les entreprises avaient dû basculer en télétravail durant l’épidémie du Covid. » (Page 73, Emplacements du Kindle 1123-1124).

Qui sera protégé le plus longtemps ? (Page 74) :

  • Les métiers de la main
  • Les métiers du soin et du lien
  • Les métiers du spectacle vivant
  • Les métiers de la prise en charge de la responsabilité

« En phase terminale, paradoxe ultime, l’université est devenue trop souvent une garderie pour beaucoup de postadolescents inadaptés aux études. » (Page 82, Emplacements du Kindle 1271-1272).

« L’obsolescence des diplômes n’est pas une anecdote mais le symptôme avant-coureur d’un monde qui n’a plus besoin que nous soyons formés, parce qu’il n’a plus besoin que nous soyons aux commandes. » (Page 97, Emplacements du Kindle 1523-1524).

« L’IA aura cet effet sur les individus : les meilleurs en bénéficieront formidablement, les moins bons seront plus largués que jamais. » (Page 98, Emplacements du Kindle 1535-1536).

« Tel est le paradoxe : malgré (ou à cause) de l’Intelligence Artificielle, le monde n’est pas plus facile à vivre. Il est au contraire plus exigeant et impitoyable pour les paresseux. » (Page 103, Emplacements du Kindle 1650-1651).

« Le futur n’appartient pas à ceux qui appuient sur un bouton. Il appartient à ceux qui savent réfléchir avec la machine, c’est-à-dire réfléchir même si la machine s’éteint. » (Page 105, Emplacements du Kindle 1674-1675).

« Les compétences les plus utiles sont aujourd’hui la plasticité cognitive, la capacité à se former en continu, l’autonomie et la créativité. » (Page 109, Emplacements du Kindle 1732-1733).

À propos des étudiants qui commencent leur cursus en 2025, les auteurs promettent une perspective effroyable :

« Ils feront face, dans quelques décennies à une jeunesse génétiquement sélectionnée, plus rapide, plus résistante et plus adaptable. » (Page 123, Emplacements du Kindle 1992-1993).

« Ils devront se reconvertir cognitivement tous les trois ans. » (Page 123, Emplacements du Kindle 2004-2005). Prévision totalement invérifiable. Rendez-vous en 2040.

« Dans un monde où la connaissance se périme plus vite qu’un yaourt, la seule stratégie gagnante, c’est de devenir apprenant à vie. » (Page 135, Emplacements du Kindle 2189-2190).

À propos de la formation en entreprise :

« Il s’agit de préparer les équipes à une ère où leur valeur ne viendra plus seulement de ce qu’elles savent, mais de la manière dont elles se branchent aux IA. » (Page 140, Emplacements du Kindle 2283-2284).

« Nous faisons face à un effondrement invisible mais profond : celui de l’attention, de l’exigence, du goût de l’effort intellectuel. » (Page 143, Emplacements du Kindle 2327-2328).

« 2025-2030 est une brèche historique. L’émergence des super IA, le coût marginal faible du prototypage, l’open-sourcing des modèles, l’ubérisation de l’expertise cognitive bouleversent l’économie du savoir. Une nouvelle ère commence : celle du sur-mesure automatisé, des agents intelligents, des API entrepreneuriales, de l’individu-plateforme. » (Page 147, Emplacements du Kindle 2369-2372).

« L’actif de demain possédera un flux d’attention ou un agent qui travaille pendant son sommeil. » (Page 148, Emplacements du Kindle 2398-2399).

Comme je suis heureux d’avoir développé mon audience LinkedIn et d’avoir créé la plateforme Dimmup !

« Lire sans résumer, c’est comme manger sans digérer. » (Page 156, Emplacement du Kindle 2524).

« La curatocratie inaugure le règne de ceux qui trient et le pouvoir passe de la production à la sélection, du penseur vers l’éditeur algorithmique. » (Page 165, Emplacements du Kindle 2681-2682).

« On ne connaît bien que ce qu’on partage. » (Page 169, Emplacement du Kindle 2751).

Bel aphorisme qui résume bien ce conseil.

À propos de ChatGPT : « Si vous en faites une prothèse plutôt qu’un tremplin, vous êtes perdus. » (Page 172, Emplacements du Kindle 2793-2794).

En d’autres termes « Si vous faites de ChatGPT une prothèse plutôt qu’un tremplin, vous êtes perdus. »

Du Shadow AI au Smart AI

Le 14 octobre 2025, j’intervenais lors d’un webinaire organisé par DIMM.UP en partenariat avec Jaydai, sur le thème : « Du Shadow AI au Smart AI ».

Ce webinaire a commencé par un constat alarmant :

  • 45% des collaborateurs utilisent l’IA générative au travail, mais seules 9% des entreprises ont une stratégie IA claire.
  • 53% le font sans en informer leur hiérarchie.
  • Résultats : qualité inégale, fuites de données (4 salariés sur 10), ROI difficile à mesurer.

La bonne nouvelle étant que le Shadow AI est aussi une source d’innovation.

Ces usages spontanés révèlent ce qui fonctionne sur le terrain — encore faut-il savoir les identifier, encadrer et diffuser.

Les meilleurs moments

L’abstract ci-dessous revient sur les meilleurs moments du webinaire (5 minutes sur les 49 du webinaire) :

Pour participer aux prochains webinaires, je vous invite à suivre attentivement la page LinkedIn de DIMM.UP et à vous abonner à notre newsletter.

Les points clés du webinaire

En synthèse, le webinaire a mis en exergue les points suivants :

  1. Enjeux du shadow AI : les chiffres rappelés en introduction ont des conséquences que l’entreprise doit absolument traiter :
    1. Baisse de qualité des livrables (ex. : slides, rapports) en raison d’une mauvaise maîtrise des techniques de rédaction de prompts.
    1. Difficulté à mesurer le ROI : seulement 1 projet IA sur 8 dépasse le stade de POC (Proof of Concept).
    1. Risques de fuites de données : 4 employés sur 10 ont déjà partagé des données sensibles dans des outils d’IA non sécurisés.
  2. Opportunités du Shadow AI : Le Shadow AI révèle des cas d’usage spontanés qui fonctionnent et peuvent être capitalisés par l’entreprise. Par exemple, un commercial utilise l’IA pour préparer des fiches prospects. Cet usage peut être industrialisé et partagé avec toute l’équipe. Jaydai permet d’identifier, valider et partager ces bonnes pratiques via une bibliothèque de prompts et un suivi des usages.
  3. Stratégies pour transformer le Shadow AI en Smart AI : au cours du webinaire nous avons démontré que tout commence par une prise de conscience. C’est l’intérêt du diagnostic AI Readiness avec Dimmup. Au travers de 10 indicateurs clés, l’entreprise matérialise ses fondamentaux à l’IA. L’implémentation d’outils de gouvernance de l’IA est essentielle. C’est là que Jaydai entre en jeu. Les cas d’usages IA identifiés, mis à disposition dans la bibliothèque sont les briques de base d’une culture collaborative autour de l’IA.

Votre entreprise est-elle prête pour l’IA ?

Pour savoir si votre entreprise est prête pour l’IA, il est utile de faire un diagnostic AI readiness. C’est même le minimum que vous puissiez faire, en une vingtaine de minutes.

Ce format de diagnostic peut être facilement réalisé sur Dimmup :

  • Créez votre compte avec votre adresse email professionnelle
  • Créez l’entité économique qui représente votre cabinet
  • Créez un diagnostic Détaillé
  • Choisissez les 10 indicateurs ci-dessous
  • Lancez votre diagnostic
  • Consultez le rapport

Pour plus d’explications sur le mode opératoire, visionnez le tutoriel de diagnostic Détaillé.

Les dix indicateurs ci-dessous ont été sélectionnés parmi les 115 indicateurs mesurés via la plateforme Dimmup. Si vous avez déjà du mal sur ces dix indicateurs, cela signifie que les fondamentaux pour l’IA ne sont pas en place :

Le diagnostic AI readiness repose sur dix indicateurs clés pour l’IA.

Les aspects sociaux du Shadow AI

L’INRIA, a publié en juillet 2025 un excellent rapport intitulé « L’intelligence artificielle au travail ». Coordonné par Yann Ferguson, le rapport révèle les aspects sociaux de l’usage caché de l’IA. Les nombreux verbatim tirés d’interviews sont autant de sources d’inspiration sur ce qui se passe vraiment dans chaque entreprise.

Car le Shadow AI, n’est pas qu’une pratique honteuse. Elle entraine des risques bien réels :

  • Fuite de données confidentielles
  • Fuite de procédés industriels
  • Manque de confiance (dans les outils, dans l’entreprise)
  • Fracture du collectif

Le rapport propose un cadre méthodologique pour sortir du Shadow AI.

Des scripts d’ateliers sont même documentés.

Un cadre de réflexion pour construire une charte IA est proposé.

J’ai demandé à une IA de présenter le rapport dans cette vidéo de cinq minutes (démonstration de l’intérêt de l’IA) :

Conclusion

Ce webinaire était le septième en 2025 d’une série de webinaires organisés par DIMM.UP avec ses partenaires.

Vous l’aurez compris, notre objectif était cette fois-ci de montrer aux entreprises l’existence du Shadow AI et comment tourner ce phénomène à leur avantage. Et vous, observez-vous que le Shadow AI s’est développé au sein de votre entreprise ? Comment l’abordez-vous ?

IA : accélérez vos process, pas votre stress

Le 1er juillet 2025, j’intervenais lors d’un webinaire organisé par DIMM.UP en partenariat avec Zenbaia, sur le thème : « IA : accélérez vos process, pas votre stress ».

Selon l’IA qui m’a assisté pendant cet événement :

Ce webinaire a permis de mettre en lumière les enjeux et opportunités liés à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les cabinets de conseil. Grâce à des démonstrations concrètes d’agents IA personnalisables et sécurisés, Hervé Gonay et Michaël Tartar ont offert aux participants des outils pratiques pour évaluer leur maturité digitale, améliorer leurs processus métiers et accompagner leurs clients dans la transformation digitale.

Les échanges ont également souligné la nécessité d’une démarche structurée, d’une gouvernance adaptée et d’une prise de conscience collective pour tirer pleinement parti des bénéfices de l’IA dans le secteur du conseil.

Les participants sont invités à poursuivre leur exploration via les plateformes présentées et à se préparer pour les prochaines sessions de formation et d’échange.

Les meilleurs moments

L’abstract ci-dessous revient sur les meilleurs moments du webinaire (5 minutes sur les 49 du webinaire) :

Pour participer aux prochains webinaires, je vous invite à suivre attentivement la page LinkedIn de DIMM.UP et à vous abonner à notre newsletter.

Les points clés du webinaire

En synthèse, le webinaire a mis en exergue les points suivants :

  1. Compréhension des enjeux : 33% des PME/ETI françaises ont adopté l’IA, mais 57% n’ont pas de stratégie IA malgré une prise de conscience de son importance. C’est une situation paradoxale que révèle l’étude BPI France – Les entreprises françaises et l’IA : l’aube d’une révolution.
  2. Retard des cabinets de conseil : 68% seulement des cabinets de conseil ont adopté l’IA, contre 89% des spécialistes de la finance et 73% dans la comptabilité. Ce qui démontre le retard des cabinets de conseil dans l’adoption de l’IA, en comparaison avec d’autres métiers de services aux entreprises. Ajoutons que 50% des professionnels utilisent des outils IA non autorisés. Ce qui met les cabinets de conseil doublement à risque, comme le révèle l’étude Intapp – How AI is reshaping the way professionals work and win.
  3. Maturité digitale & IA : j’ai démontré en séance sur la plateforme dimmup.com les 10 points clés pour évaluer le IA readiness de votre cabinet de conseil. L’exercice est salutaire est donne aux dirigeants un état des lieux objectifs mesuré d’un score sur 5.
  4. Agents IA : Hervé Gonay a fait la démonstration de la plateforme Zenbaia et la réalisation en live d’un audit stratégique et de l’analyse rapide du profil LinkedIn d’une personne avec synthèse, intérêts, personnalité (analyse DISC), conseils de communication, propositions d’introduction LinkedIn ou email personnalisées.
  5. Session de questions réponses : le dernier quart d’heure d’échange avec les nombreux participants a permis d’aborder la gestion des biais et hallucinations IA, la qualité des données sources, les différences avec les GPTs (voir Compléments ci-dessous), la réaction des consultants face à la transformation digitale & IA de leur métier, l’adaptation aux nouveaux modèles IA, la gestion de la maturité digitale & IA dans les groupes multi-entreprises.

Votre cabinet de conseil est-il prêt pour l’IA ?

Les chiffres de l’étude Intapp le démontrent, les cabinets de conseil tardent à adopter l’IA. Ce qui se traduira rapidement par de grandes difficultés, pour recruter, pour produire des jobs à un coût compétitif, pour fiabiliser les jobs, etc.

Mais comment savoir si votre cabinet est prêt pour l’IA ? C’est là qu’il est utile de faire un diagnostic IA readiness. C’est même le minimum que vous puissiez faire, en une vingtaine de minutes.

Ce format de diagnostic peut être facilement réalisé sur dimmup.com :

  • Créez votre compte avec votre adresse email professionnelle
  • Créez l’entité économique qui représente votre cabinet
  • Créez un diagnostic Détaillé
  • Choisissez les 10 indicateurs ci-dessous
  • Lancez votre diagnostic
  • Consultez le rapport

Pour plus d’explications sur le mode opératoire, visionnez le tutoriel de diagnostic Détaillé.

Les dix indicateurs ci-dessous ont été sélectionnés parmi les 115 indicateurs mesurés via la plateforme dimmup.com. Si vous avez déjà du mal sur ces dix indicateurs, cela signifie que les fondamentaux pour l’IA ne sont pas en place :

Le diagnostic AI readiness repose sur dix indicateurs clés pour l’IA.

Assistant IA et agent IA

Pour un cabinet de conseil, s’approprier l’IA en profondeur est transformateur. La difficulté est de définir une stratégie, choisir les outils IA, puis les mettre en œuvre pour qu’ils s’intègrent dans le quotidien des consultants.

Pour ma part, en tant que CEO de DIMM.UP, je suis amené à rencontrer de nombreux prospects ou de futurs partenaires, et bien-sûr des clients. J’organise aussi des webinaires et j’aide les abonnés de la plateforme dimmup.com à tirer la meilleure valeur de leur abonnement. C’est pour m’assister dans ces tâches que je me suis tourné vers Zenbaia.

Zenbaia propose une plateforme de publication et aussi un studio de création d’assistants IA et d’agents IA. Comme je l’ai expliqué pendant le webinaire, je me sers quotidiennement de plusieurs agents fournis en standard, pour accéder à plusieurs LLM, préparer mes webinaires, étudier le profil d’un prospect au travers de son LinkedIn.

Et pour assister les utilisateurs de la plateforme dimmup.com, j’ai même pu créer un agent conversationnel. Disponible depuis quelques semaines, il est encore en apprentissage. Au sens littéral du terme. Allez sur la plateforme, vous verrez que parfois il vous pose des questions, et peut même vous aider, vous apporter des compléments et bien-sûr répondre à vos questions :

Un nouvel assistant IA créé sur la technologie Zenbaia est disponible sur dimmup.com.

Compléments

Comme évoqué plus haut, nous avons expliqué comment Zenbaia se différencie des GPTs. Pour en savoir plus, consultez ce post LinkedIn.

Conclusion

Ce webinaire était le sixième d’une série de webinaires organisés par DIMM.UP avec ses partenaires.

Vous l’aurez compris, notre objectif était cette fois-ci de montrer aux cabinets de conseil comment mettre en œuvre l’IA pour mieux servir leurs clients. Et vous, quelles problématiques rencontrez-vous qui pourraient être solutionnées par ce type d’approche ?