Pendant trois ans, les entreprises ont entendu répéter que le principal risque avec l’IA était de ne rien faire. En 2026, je ne pense plus que ce soit vrai. La question n’est plus seulement d’adopter l’IA, mais de construire une véritable stratégie IA en entreprise.
Entre une frénésie de tests, une avalanche de cours pour apprendre à prompter et maintenant des agents IA qui font des miracles, les entreprises essaient beaucoup de choses.
Les collaborateurs utilisent l’IA sans en parler à leur hiérarchie. Les abonnements s’accumulent tandis que le prix des tokens s’affole. Les POC (Proof of Concept) prennent la poussière numérique dès que le stagiaire qui les a construits a quitté l’entreprise. Mais la trajectoire IA manque singulièrement de clarté.
Le risque IA a changé
Ce que l’on peut résumer en une question : Comment construire une stratégie IA en entreprise permettant de décider quoi faire, mais aussi quoi ne pas faire ?
J’avais déjà posé les bases de cette réflexion après mon webinaire de février dans IA : comprendre avant d’agir.
Je l’ai développée lors du webinaire DIMM.UP du 21 juillet 2026, dont cet article reprend les principaux enseignements.
Pour le lecteur pressé, en 4 minutes, comprenez pourquoi le risque IA a changé :
Pourquoi définir une stratégie IA en entreprise ?
Un prospect avec qui je m’entretenais au téléphone, me posait récemment cette question : « Une stratégie pour l’intelligence artificielle dans une entreprise, ça existe ? » Oui, une stratégie IA existe. Elle consiste à décider quelle place l’intelligence artificielle doit prendre dans la trajectoire de l’entreprise, et quelle place vous refusez qu’elle prenne.
Car autant les dirigeants sont au fait de la stratégie de leur entreprise, autant sur l’intelligence artificielle, rares sont ceux qui ont intégré qu’il leur serait très utile d’établir une stratégie IA. Ceci pour trois raisons principales :
- Il y a beaucoup (trop) d’initiatives IA, sans trajectoire claire
- La technologie prime souvent dans la décision d’investir
- Les responsabilités au sein de l’entreprise sur l’IA sont diffuses
Beaucoup d’initiatives, mais pas de trajectoire claire
LinkedIn et la presse professionnelle abreuvent de propositions en tout genre : catalogue de prompts, plateforme agentique qui prospecte à votre place, générateur de proposition commerciale, etc.
Autant de tentations qui finissent en tentatives d’implanter l’IA dans l’entreprise. Ces initiatives, le plus souvent locales, peinent à passer le stade du POC. On a dépensé l’argent pour souscrire un abonnement, pour faire travailler un collaborateur sur le sujet, mais on n’a pas mis en place les fondamentaux qui permettent de passer à l’échelle.
Résultat, on se berce d’illusion sans disposer d’une feuille de route claire pour mobiliser les équipes. On ne capitalise pas sur les cas d’usage IA qui apportent vraiment de la valeur.
Quand la technologie arrive avant la décision
Le principal problème de l’IA, surtout avec l’explosion de l’IAGen (intelligence artificielle générative) fin 2022 avec la sortie de ChatGPT, c’est son accessibilité.
Une ribambelle d’outils estampillés « AI inside » sort chaque jour. Hugging Face référence plus de deux millions de modèles d’IA, comme l’évoque Jeff Boudier au micro de Jérôme Colombain de Monde Numérique. Les entreprises chinoises inondent le marché avec des solutions open source / open weight telles que DeepSeek, Kimi K3 ou encore Qwen plus récemment avec la sortie de Qwen 3.8-Max début août 2026, aux performances remarquables pour un prix quasi nul (a priori).
Le pire est que pour faire moderne, il faut avoir quelque chose à raconter sur l’IA. Alors on teste tout et n’importe quoi, parfois en dépit du bon sens.
Une responsabilité IA encore trop diffuse
Au sein de l’entreprise, qui est responsable de la trajectoire donnée à l’adoption de l’IA ? Qui surveille l’évolution de la réglementation sur les marchés où elle commercialise ses produits et services ? Qui contrôle le bon usage, le respect du cadre ?
L’énergie dépensée à mettre en place les IA se fait souvent au détriment d’une gouvernance saine. Pendant ce temps, le Shadow AI se développe. Lire à ce sujet mon article sur le webinaire Du Shadow AI au Smart AI.
Oui, le mot gouvernance ennuie. Il est moins glamour qu’un modèle à la mode, qu’un générateur de vidéos ou autre. Mais c’est la gouvernance qui rassure et surtout crée les conditions d’un usage pérenne de l’intelligence artificielle.
Ce qui manque n’est généralement ni l’idée, ni la technologie, ni même la volonté. C’est un cadre commun pour décider.
Ce constat ne vient pas d’une étude de marché. Il vient des centaines de diagnostics réalisés avec DIMM.UP, dans des entreprises de tailles et de secteurs différents, et de mes échanges avec leurs dirigeants.
Évaluer sa maturité IA avant de définir sa feuille de route
Lors du webinaire, j’ai posé trois questions aux participants :
- Avez-vous une vision claire de ce que l’IA peut réellement transformer dans votre entreprise ?
- Êtes-vous capable de prioriser les cas d’usage IA autrement que par la technologie ?
- Savez-vous dire non à une initiative IA et expliquer pourquoi ?
Je vous invite à y réfléchir.
Faites une pause dans votre lecture, prenez quelques minutes pour répondre à ces questions. Et revenez me voir après.
Si vous répondez oui à ces trois questions, alors bravo, vous faites partie des rares dirigeants qui savent où va leur entreprise avec l’IA.
Mais soyons honnêtes, la plupart des entreprises répondront non à au moins une de ces questions. Ce qui révèle des problèmes :
- La confusion entre vitesse d’adoption et maturité IA
- Le manque de référentiel commun pour décider
Vitesse d’adoption et maturité IA ne sont pas synonymes
Une entreprise utilisant dix solutions IA n’est pas nécessairement plus mature qu’une entreprise qui en utilise deux avec une stratégie claire.
Je l’ai mentionné plus haut. Des solutions IA, il y a des millions. Donc se prévaloir d’en utiliser dix ou cent, ça n’a pas grand intérêt.
Ce qui compte c’est la maturité dans l’adoption de l’intelligence artificielle par l’entreprise. Ce qui repose sur des fondamentaux peu glamours mais indispensables.
On reparle enfin ici d’architecture de système d’information, de qualité de données, de formation permanente des collaborateurs, de culture d’innovation, de gestion de risques, etc.
Pourquoi un référentiel commun est nécessaire
Les initiatives IA ont une particularité : leur transversalité. Elles touchent tous les corps de métiers de l’entreprise. Mais là où les directions métier vont parler efficacité avec l’IA, l’IT parle faisabilité, tandis que la direction générale parle de valeur.
Chacun utilise un vocabulaire différent pour parler de la même chose. Ce qui crée la confusion et trouble la décision.
C’est à ce titre qu’un diagnostic de maturité IA est indispensable. Il donne au dirigeant une vision claire de l’état des lieux, sans se perdre dans les détails. Un cadre de décision pour éviter de se focaliser sur le cas d’usage IA à la mode, ou celui demandé par le dirigeant qu’on entend le plus au comité de direction.
Comment construire un cadre de décision pour sa stratégie IA ?
À ce stade de votre lecture, vous devez l’avoir compris. En tant que dirigeant, vous avez absolument besoin d’un cadre de décision pour l’IA. Ce qui repose sur trois piliers :
- Un vocabulaire commun compréhensible par tous
- Une bonne compréhension de la maturité IA
- Une capacité à décider les initiatives à lancer ou refuser
Donner un langage commun à l’entreprise
Regardez votre fil LinkedIn. Vous y voyez une accumulation de termes tels que IA Générative, automatisation, agents IA, cas d’usage IA, etc.
Sans une compréhension claire de ces notions, impossible de prendre des décisions.
On ne demande pas à chaque membre du comité de direction de devenir expert de ces sujets, mais d’en comprendre les principes et les limites.
Et pour éviter l’écueil de sombrer dans les détails, il convient de reprendre de la hauteur en ayant conscience de la transversalité des intelligences artificielles, comme de toute solution numérique.
Se situer avant d’agir
Comment savoir par où commencer si l’on ne sait pas d’où l’on part ?
Comment se fixer un objectif sans savoir comment mesurer ses progrès ?
Je le répète : il existe des millions de solutions IA. Vous devez absolument choisir les actions qui vous aideront à tirer profit de l’IA. Pas seulement choisir la dernière solution à la mode pour faire bien dans les salons.
Par exemple, il est probable que vos données soient aujourd’hui éclatées dans différents systèmes. Que certains outils bureautiques jouent un rôle critique dans certains processus. Pire, que certains collaborateurs soient en réalité les seuls à savoir comment fonctionne telle opération quotidienne.
Un diagnostic de maturité IA vous aidera à faire le point à 360 degrés, sans porter exagérément l’attention sur les sujets du moment qui font la une des journaux, mais en ayant une compréhension globale des qualités et défauts de votre entreprise pour tirer profit de l’IA.
Savoir arbitrer les projets IA
La popularité de l’intelligence artificielle est telle que son usage, désormais quotidien pour des millions de Français, conduit à une profusion d’initiatives.
Tout le monde a bien compris qu’on pouvait gagner du temps avec les IA. Pas toujours de manière éthique, ni de manière capitalisable pour l’entreprise. C’est bien le problème.
Laisser foisonner les initiatives, dans une approche d’innovation parfois destructrice, ne peut se faire sans arbitrage, au risque d’épuiser les ressources de l’entreprise. Sans parler des risques de fuite de données, de l’écrasement de serveurs, etc.
Votre priorité en tant que dirigeant est donc de créer les conditions favorables à un déploiement pérenne de l’IA dans l’entreprise, afin de prioriser les cas d’usage IA.
5 questions à se poser pour construire sa stratégie IA en entreprise
Pendant le webinaire, j’ai présenté cinq questions, chacune liée à un domaine particulier. Ces cinq questions font partie d’un ensemble. Elles ne sont qu’un échantillon de celles que je pose dans un diagnostic IA :
- Quelle place l’IA doit-elle prendre dans la stratégie de l’entreprise ?
- Le COMEX partage-t-il la même compréhension de l’IA ?
- Vos données permettent-elles réellement de développer les usages IA ?
- Savez-vous qualifier le niveau de risque d’un projet IA ?
- Quelles obligations réglementaires s’appliquent déjà à votre entreprise ?
Là aussi, je vous invite à y réfléchir. Il n’y a ni bonne ni mauvaise réponse. Juste un état des lieux lucide sur la situation actuelle de l’entreprise au travers de ces cinq questions.
Quelle place pour l’IA dans la stratégie de l’entreprise ?
Êtes-vous capable d’exprimer votre stratégie IA comme une intention business, ou répondez-vous par une liste d’outils et de cas d’usage ?
Vous pourriez répondre par oui ou non à cette question et passer à autre chose.
Permettez-moi de vous garder ici quelques instants.
Car une stratégie IA doit au moins couvrir les dix points suivants :
- Alignement sur les objectifs
- Les données comme fondement
- La bonne pile technologique
- Développer les capacités internes
- Utilisation éthique et responsable
- Adoption et gestion du changement
- Se concentrer sur les cas d’usage à fort impact
- Écosystème de partenariat
- Suivi des performances
- Apprentissage itératif et mise à l’échelle
Oui, ça fait beaucoup. Car ne l’oublions pas, l’IA est transformative et transversale. Voilà pourquoi une stratégie IA mérite d’y consacrer quelques instants.
À ce sujet, je vous invite à visionner ma conférence intitulée Tirer profit de l’IA.
Le COMEX partage-t-il la même compréhension ?
Le COMEX ou le codir, bref, l’instance dirigeante de l’entreprise, est composé de femmes et d’hommes qui ont chacun une acception différente de l’IA. Je vous en parlais plus haut au sujet du vocabulaire.
Mais l’IA ne demande pas aux dirigeants que de comprendre des notions.
Elle leur demande aussi de les mettre en pratique.
C’est cette dualité qui permet de poser les bases d’une gouvernance IA saine et pérenne.
Vos données sont-elles prêtes pour l’IA ?
La transformation numérique des entreprises est un long processus, lancé il y a plusieurs décennies.
En 2026, pléthore d’outils regorgeant de données existent dans les entreprises.
Mais ces données sont-elles pour autant prêtes pour l’IA ?
Sont-elles accessibles aux modèles ?
Sont-elles conformes au regard des réglementations ?
Que ce soit les données utilisées ou produites par les IA, vous devez absolument être vigilant à ce sujet. De bonnes données donnent de bons résultats avec les IA.
Savez-vous qualifier les risques liés à l’IA ?
La notion de risque avec les IA est au cœur de l’AI Act. Bien sûr, on ne gérera pas de la même manière les risques posés par un assistant IA qui produit une transcription et des comptes-rendus de réunion de projet, par un outil qui analyse les CV des candidats ou encore par une IA de scoring de risque financier.
Quelles obligations réglementaires s’appliquent ?
J’évoque ci-dessous l’AI Act, mais ce n’est pas le seul règlement à respecter. Surtout si vous commercialisez vos produits à l’international, en dehors de l’Europe. Comme l’indique le Stanford HAI, AI Index Report 2025, en 2024, il y avait 40 lois publiées dans le monde au sujet de l’IA, contre 30 en 2023. C’est dire l’intensité dans ce domaine.
Il convient donc d’assurer une veille permanente sur l’évolution réglementaire sur l’IA, et de vérifier régulièrement la conformité de l’entreprise, d’autant que le législateur est particulièrement créatif dans le domaine.
De la maturité IA à une véritable feuille de route
À ce stade de votre lecture, vous êtes en droit de vous demander : « Très bien, mais une fois que j’ai fait ce constat, que dois-je faire ? »
Une feuille de route IA ne commence pas nécessairement par une liste de projets. Elle commence par des choix : ce qu’il faut poursuivre, ce qu’il faut arrêter et ce qu’il faut structurer en priorité.
Ce qu’il faut continuer
Faites l’inventaire des initiatives IA déjà engagées dans votre entreprise.
Certaines se font sous le manteau et ne seront pas faciles à débusquer. Faute au fameux Shadow AI. Mais elles cachent peut-être de véritables pépites.
Identifiez les équipes les plus engagées dans l’IA. Les champions les plus avant-gardistes. Les usages les plus utiles à déployer plus largement.
Ce qu’il faut arrêter ou différer
Cherchez les POC sans objectif business.
Identifiez les abonnements souscrits à des services IA. À coup de 30 euros par-ci, 100 euros par-là, la facture monte vite.
Prenez un peu de recul sur les projets IA déjà engagés et qui peuvent s’avérer disproportionnés. Auquel cas, prenez la décision courageuse de les différer. Les technologies IA évoluent tellement vite que des conditions plus favorables peuvent émerger beaucoup plus rapidement que vous ne l’imaginez.
Ce qu’il faut structurer en priorité
Comme évoqué ci-dessus au travers des cinq questions à se poser pour structurer votre stratégie IA, ce n’est paradoxalement pas une liste d’outils ou de projets qu’il convient d’élaborer.
A minima, vous devez creuser les cinq questions et ainsi poser un cadre pérenne pour vos initiatives IA. Le reste suivra.
Les 23 clés IA : un diagnostic pour aider les dirigeants à décider
En fait, les cinq questions évoquées plus haut font partie d’un ensemble de 23 questions donnant aux cadres dirigeants une appréhension à 360 degrés de l’IA dans leur entreprise.
Les 23 clés IA, c’est une séance stratégique d’une heure, hors de l’opérationnel, pour prendre du recul sur l’IA dans votre entreprise.
L’objectif n’est pas de réaliser un état des lieux technique, mais de vous donner une vision claire pour décider, arbitrer et investir : identifier vos forces, mettre au jour vos risques et angles morts, déterminer vos priorités d’action et faire émerger de premières recommandations.
À l’issue de cet entretien individuel de haute intensité, vous recevez un rapport et un compte-rendu détaillé. Vous disposez d’une note de maturité de 0 à 5 pour chacune des 23 clés, ainsi que d’un score global. Si les données sont disponibles, un benchmark vous permet également de vous positionner par rapport à des entreprises comparables.
Vous disposez ainsi d’une base structurée pour décider des actions à engager ensuite avec vos équipes.
Vous l’aurez compris, l’objectif n’est pas de déterminer si votre entreprise « fait assez d’IA », mais si elle dispose des fondations lui permettant de décider sereinement où l’utiliser, où accélérer et où renoncer.
Questions fréquentes sur la stratégie IA en entreprise
Qu’est-ce qu’une stratégie IA en entreprise ?
Faites un test simple.
Si je vous demande de m’expliquer votre stratégie IA en 30 secondes, est-ce que vous me parlez de vos objectifs business ou est-ce que vous me citez ChatGPT, Copilot, quelques agents IA et trois POC en cours ?
Dans le deuxième cas, vous n’avez probablement pas encore de stratégie IA. Vous avez des initiatives.
Une stratégie IA consiste d’abord à décider quelle place l’intelligence artificielle doit prendre dans la trajectoire de l’entreprise. Et, question tout aussi importante, quelle place vous refusez qu’elle prenne.
Car le problème n’est plus de trouver des technologies. Il en existe des millions. Le problème est de savoir pourquoi les utiliser, où concentrer les investissements et dans quels domaines il vaut mieux dire non.
Chez DIMM.UP, nous regardons donc l’IA comme un sujet de transformation de l’entreprise, pas comme un sujet technique isolé. Une stratégie IA doit être connectée à la stratégie globale, mais aussi tenir compte de l’organisation, des collaborateurs, de l’offre, des technologies et de l’environnement dans lequel l’entreprise évolue.
C’est précisément cette vision à 360 degrés qui structure les 23 clés IA.
Comment évaluer la maturité IA de son entreprise ?
Certainement pas en comptant le nombre d’IA utilisées.
Une entreprise qui utilise cinquante outils IA n’est pas forcément plus mature qu’une autre qui en utilise trois. Elle peut simplement dépenser davantage en abonnements.
La maturité IA traduit autre chose : la capacité de l’entreprise à utiliser l’intelligence artificielle de manière cohérente, maîtrisée et créatrice de valeur.
Chez DIMM.UP, nous l’évaluons à travers six leviers : la stratégie, l’organisation, le personnel, l’offre, la technologie et l’innovation, et enfin l’environnement de l’entreprise.
Ces six leviers sont déclinés dans les 23 clés IA. Pour chacune d’elles, un niveau de maturité de 0 à 5 permet de situer l’entreprise.
Mais attention : une note n’est pas là pour distribuer les bons et les mauvais points. Elle photographie une situation à un instant donné. Elle donne un repère.
Le diagnostic permet ainsi de faire ressortir les forces, les zones de fragilité, les risques et surtout les leviers d’action prioritaires.
Car c’est en sachant où l’on est que l’on peut décider où aller.
Comment prioriser les cas d’usage IA ?
Je commencerais presque par poser la question inverse : savez-vous dire non à un cas d’usage IA ?
Car des idées, vous allez en avoir beaucoup. Vos collaborateurs aussi. Vos fournisseurs également. LinkedIn se chargera de vous en proposer quelques dizaines supplémentaires avant la fin de la semaine.
La difficulté n’est donc pas de trouver des cas d’usage. Elle est d’arbitrer.
Un cas d’usage IA doit être regardé à la lumière de votre stratégie, de la valeur qu’il peut réellement créer, de vos données, de votre capacité à le déployer, des compétences disponibles et du niveau de risque qu’il fait courir.
Un assistant qui reformule un texte et une IA qui intervient dans une décision RH ou financière ne se pilotent évidemment pas de la même manière.
Et surtout, un bon arbitrage n’aboutit pas systématiquement à « oui ».
La maturité commence aussi lorsque le dirigeant peut dire : « Non, pas maintenant », « Non, pas avec ces données », ou « Non, le risque est disproportionné », et expliquer pourquoi.
C’est aussi l’intérêt d’un diagnostic structuré : sortir du cas d’usage pris isolément pour le replacer dans le contexte réel de l’entreprise. Les 23 clés IA servent précisément à identifier où accélérer, où consolider, où réorienter et parfois où renoncer.
Qui doit piloter la stratégie IA dans l’entreprise ?
Si personne ne sait répondre à cette question, vous avez déjà identifié une faiblesse de votre gouvernance.
L’IA avance de toute façon. Vos collaborateurs utilisent probablement déjà des outils grand public, parfois sans vous en parler. Certains expérimentent, d’autres automatisent. C’est ainsi que le Shadow AI s’installe tranquillement dans l’entreprise.
Faut-il pour autant tout interdire ? Je ne le pense pas.
Il faut donner une direction et un cadre. Une charte IA, par exemple, n’a pas vocation à tuer l’initiative. Elle doit permettre aux collaborateurs d’expérimenter dans un garde-fou qui protège l’entreprise.
Quant au pilotage opérationnel, il peut être confié à l’IT, à une direction de l’innovation, à une direction numérique ou à un responsable IA. Peu importe finalement le titre sur la carte de visite.
En revanche, les arbitrages structurants ne peuvent pas être abandonnés à la technologie.
Lorsque l’IA touche à la stratégie, aux clients, aux collaborateurs, aux données, aux risques ou à la conformité, le COMEX est concerné. Il doit comprendre suffisamment le sujet pour décider.
Pas pour devenir expert en modèles de langage. Pour exercer son métier de dirigeant.
C’est également pour cette raison que les 23 clés IA sont conçues comme un diagnostic stratégique pour dirigeants, et non comme un audit technique. L’objectif n’est pas de vérifier la configuration de vos outils. Il est de vous donner une vision suffisamment claire pour décider, arbitrer, investir et piloter.
Faut-il définir une stratégie IA avant de lancer des POC ?
Non. Et surtout, n’attendez pas d’avoir écrit une stratégie IA de cinquante pages avant d’autoriser qui que ce soit à tester un outil.
L’expérimentation est utile. Elle permet aux collaborateurs de découvrir des usages auxquels la direction n’aurait parfois jamais pensé. Elle peut faire émerger de nouveaux processus, de nouveaux produits ou simplement faire gagner beaucoup de temps sur des tâches quotidiennes.
Le problème apparaît lorsque l’expérimentation devient une fin en soi.
J’observe beaucoup d’entreprises qui accumulent les POC, les abonnements et les initiatives locales. Puis le stagiaire qui avait construit le prototype s’en va, le POC prend la poussière et l’entreprise passe au suivant.
Cela donne l’impression d’avancer. Mais vitesse d’adoption et maturité IA ne sont pas synonymes.
Expérimentez donc. Mais donnez-vous rapidement un cadre permettant de savoir ce qui mérite de passer à l’échelle, ce qui doit être corrigé, ce qui doit attendre et ce qu’il faut arrêter.
C’est exactement là qu’un diagnostic devient utile. En une heure, les 23 clés IA permettent de sortir la tête de l’opérationnel, de passer en revue les dimensions structurantes de l’entreprise et d’identifier vos forces, vos risques et vos priorités d’action. Vous repartez ensuite avec un score de maturité, un rapport, un compte-rendu détaillé et un premier niveau de recommandations.
La stratégie IA ne doit pas empêcher d’agir.
Elle doit vous permettre de savoir où agir en priorité et pourquoi.
Avant d’accélérer avec l’IA, assurez-vous de savoir où vous allez
Vous l’avez compris, le risque avec l’IA n’est désormais plus de ne rien faire.
Le risque est de confondre mouvement et progrès, vitesse et maturité, expérimentation et stratégie.
Vous dirigez une entreprise et vous souhaitez savoir où vous en êtes ? Découvrez les 23 clés IA.







