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Réseaux sociaux pour le recrutement : pas brillant !

RegionsJob Etat des lieux du recrutement sur les réseaux sociauxRegionsJob a récemment publié une étude sur le recrutement au travers des réseaux sociaux. L’étude apporte quelques informations intéressantes sur les pratiques des recruteurs, peu enclins à utiliser les réseaux sociaux pour recruter, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer. Cependant, la méthodologie de l’étude sème le doute sur les résultats.

Parlons tout d’abord des chiffres. Seules 56% des personnes interrogées déclarent utiliser les réseaux sociaux pour recruter. Curieusement du côté des candidats, sachant qu’en France LinkedIn compte plus de 6 millions d’utilisateurs et Viadeo 8 millions, on peut se demander à quoi peut bien servir de mettre à jour son profil sur ces réseaux sociaux, si les recruteurs s’en servent aussi peu. Or, l’expérience montre (au moins pour certaines populations, notamment les cadres et les commerciaux, comme l’indique l’étude) que ces réseaux sociaux professionnels sont prisés par les chasseurs de tête pour entrer en contact avec des candidats. Les chasseurs sont peut-être plus habitués à utiliser les réseaux sociaux ?

Autre chiffre étonnant, 48% des personnes interrogées font des recherches en ligne pour se renseigner sur des candidats. Cela n’a pas grand-chose à voir avec les réseaux sociaux, mais il est quand même surprenant que si peu de recruteurs fassent des recherches en ligne sur un candidat. Est-ce la conséquence d’une restriction imposée par le management (« interdiction de googliser un candidat ! ») ? Les chargés de recrutements en 2014 n’ont-ils pas encore le réflexe d’exploiter toutes les informations disponibles sur Internet ? Les informations disponibles en ligne sont-elles de si piètre qualité, que les chargés de recrutement renoncent à les consulter ?

Sur le plan de la méthodologie, l’échantillon interrogé est-il représentatif de la population RH ? Que ce soit en termes d’entreprises, de répartition sur le territoire, de rôle au sein de la DRH, de profil sociodémographique des personnes interrogées, le rapport de l’étude ne précise pas si l’échantillon est représentatif de la population RH en France. Dommage.

Le rapport ne précise pas non plus si les réponses ont été retraitées, par exemple pour éviter les doublons de personnes travaillant dans la même entreprise.

Autre curiosité, 35% des personnes interrogées déclarent avoir déjà écarté un candidat suite à des traces négatives trouvées en ligne. Proportion énorme si l’on tient compte du fait que seules 48% des personnes interrogées font des recherches en ligne sur un candidat.

Bref, comme souvent avec ce type d’études, beaucoup de chiffres et finalement peu de certitudes sur les enseignements qu’on peut en tirer. La tendance semble néanmoins être que le recrutement peine à se moderniser, s’appuyant surtout sur des outils classiques (sites d’emploi, salons, etc), et que les médias sociaux restent marginaux dans le recrutement (LinkedIn et Viadéo ont encore du pain sur la planche !). Pour le candidat, le bon vieux CV, les jobs boards et le réseau relationnel doivent donc être privilégiés. Le score Klout d’un candidat n’est pas prêt d’être pris en compte dans le recrutement !

Au final, l’étude n’aborde pas une question pourtant clé : quelle est la source des candidats que vous recrutez ? Cela permettrait aux candidats d’orienter leurs efforts sur les endroits prisés par les recruteurs. Peut-être pour une prochaine édition de l’étude ?

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  1. 10/04/2014 à 10:35

    « 35% des personnes interrogées déclarent avoir déjà écarté un candidat suite à des traces négatives trouvées en ligne. Proportion énorme si l’on tient compte du fait que seules 48% des personnes interrogées font des recherches en ligne sur un candidat. »

    Le chiffre se base bien sûr sur ceux qui font des recherches en ligne (et pas sur la population totale).

    Pour l’échantillon, il n’existe pas à notre connaissance de chiffres sur le portrait-type du recruteur en France ou l’entreprise dans laquelle il travaille. Impossible de corriger l’échantillon donc, qui de toutes façons nous parait suffisant pour une population aussi ciblée.

    Pour le reste de vos interrogations, si les résultats ne correspondent pas à l’idée que vous vous faites du recrutement en France, nous n’y pouvons rien 😉 Mais 8 millions d’inscrits sur le réseau social pro numéro 1, pour 30 millions d’actifs en France, la proportion est bien moindre que celle des recruteurs inscrits sur ces mêmes réseaux. Rien d’étonnant donc, le recrutement sur les réseaux sociaux (pros ou pas) reste anecdotique, ce n’est pas une surprise.

    • 10/04/2014 à 11:04

      Merci de votre réponse. Ce qui me surprend le plus, c’est que la proportion de recruteurs qui recrutent des cadres et des commerciaux, est probablement très élevée. Cette population de candidat est largement présente sur les réseaux sociaux professionnels. Il serait donc logique que les recruteurs utilisent ces mêmes réseaux pour a minima, se renseigner sur cette population de candidats.

  2. Franck
    10/04/2014 à 11:02

    A noter également que l’étude est publiée dans un contexte de frilosité sur le recrutement externe. Nombre de grandes entreprises privilégient le « recrutement interne » (mobilité, promotion, formation) pour renouveler des compétences à iso-effectif

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