J’ai lancé ce blog michaeltartar.com le 1er janvier 2010. En ce 31 août 2024, journée mondiale du blog, un mini bilan est le bienvenu.
Liberté d’expression
Ce blog est avant tout un lieu d’expression libre (dans le respect de la loi bien-sûr), comme je l’explique dans le premier article que j’ai publié le 1er janvier 2010. J’en maîtrise le contenu et le support. Autrement dit, je ne dépends de personne, à la grande différence d’un réseau social ou d’un média.
Autre avantage, même les articles que j’ai publiés il y a près de 15 ans restent accessibles. Ce contenu créé au fil du temps, est un actif qui représente ce que j’ai pu penser de tel ou tel sujet lié au digital. C’est une formidable source pour nourrir un avatar IA.
L’ensemble des 164 articles que j’ai publiés à ce jour, représente un document de 471 pages et 184000 mots.
Liberté de publication
Je n’ai jamais voulu être esclave de mon blog. Je publie quand l’actualité le justifie, que j’ai le temps de le faire, ou que je vois un intérêt business évident à m’exprimer sur ce support en toute liberté. Ce qui explique que mon assiduité a été variable au fil du temps :
Nombre d’articles publiés par année
Liberté d’audience
En conséquence, l’audience est irrégulière, même si on note une corrélation évidente entre le nombre d’articles publiés et le nombre de vues et de visiteurs :
Nombre de vues et de visiteurs par année
Top 3 des articles les plus lus
Voici le top 3 des articles les plus lus en 2024 :
En effet, ce qui m’intrigue le plus dans ce top 3, c’est l’audience de l’article sur la FNAC, publié il y a dix ans !
Comme je ne fais pas beaucoup d’efforts pour promouvoir mes articles, l’audience reste faible en volume. Cependant mon blog est un formidable outil de promotion commerciale. Lors d’un échange avec un prospect, il m’arrive en effet souvent d’envoyer le lien vers un de mes articles. Le blog est ainsi une bonne façon de promouvoir mon expertise.
Conclusion
J’ai bien l’intention de continuer de bloguer. Depuis que j’ai lancé DIMM.UP, beaucoup d’articles que je publie touchent de près ou de loin mon entreprise. J’ai en effet tendance à traiter de sujets qui sont liés à la maturité digitale. Alors qu’auparavant mes propos étaient plus éclectiques. Reste à voir comment tout ça va évoluer dans les années à venir !
Le 24 juin 2021, entre deux confinements, j’ai été invité à intervenir lors de la conférence Digital RH sur le thème « Attirer les talents et les fidéliser dans un monde digital ».
Avec le recul, le thème de la conférence résonnait étonnamment avec l’actualité, puisqu’à ce moment-là, du fait du Covid-19, le digital était devenu le moyen privilégié pour continuer de faire fonctionner les entreprises, et donc aussi pour recruter.
Lors de cette conférence j’ai passé en revue toutes les qualités de l’acquisition et de la fidélisation de talents, sous un angle numérique. J’y défends une position simple : un candidat, est un client comme un autre. Ce qui oblige le responsable ressources humaines à devenir un marketeur.
Se posent alors une multitude de questions (j’en ai dénombré 31), dont on s’aperçoit qu’elles sont liées aux indicateurs de maturité digitale mesurés par DIMM.UP (les codes et pages font référence au livre La transformation digitale pour tous !) :
Question
Réponse
Code
Page
Comment construire le plan stratégique ciblant les talents ?
En combinant les besoins liés à la stratégie de l’entreprise avec le middle management et le terrain
SP1 SP2
116
Comment identifier les talents ?
En mettant en place un processus de veille
SV1
117
Comment séduire les talents ?
Avec une bonne e-réputation
SV2
118
Comment s’adapter aux talents ?
En comprenant les comportements et usages digitaux
SV3
119
Comment être présent H24 ?
En renforçant la part des canaux numériques dans l’acquisition de talents
SE5
122
Comment distribuer les offres partout ?
En favorisant l’interopérabilité
OFI3
218
Comment donner accès aux services sur tout le parcours d’acquisition de talents ?
En les rendant accessibles via les canaux numériques
OFC1
220
Comment piloter les actions on line d’acquisition de talents ?
En mesurant les taux de transformation
OFC5
223
Comment séduire partout ?
En étant cohérent
OFM3
225
Comment atteindre les cibles ?
En veillant à la notoriété de la marque
OFM6
226
Comment interagir avec les cibles au travers des médias sociaux ?
En veillant à l’audience de la marque
OFM7
227
Comment proposer une expérience candidat attractive ?
Par une relation omnicanale, y compris après la fin du processus
OFE1 OFE2
227 228
Comment organiser les relations avec les candidats en impliquant les opérationnels ?
En mettant en place un RACI
ORG5
140
Comment garantir la qualité des relations au travers des outils numériques ?
Par une charte d’usage bien appropriée par les collaborateurs et une bonne appropriation des outils
ORG6 ORG7
140 141
Comment impliquer les managers dans le processus ?
En favorisant un mode 2.0 plus ouvert, favorisant la circulation d’information
ORM2
144
Comment favoriser les échanges entre RH et opérationnels ?
Par une culture collaborative
ORM3
144
Comment innover ?
En favorisant la remontée des idées des collaborateurs
ORS5
148
Comment être sûr que les candidatures sont bien traitées ?
Par la maîtrise des outils à tous les niveaux de l’organisation par une formation et une éthique
PF1 PF2 PF3 PF6
170 171 172 174
Comment préparer la fidélisation ?
En attirant des talents en phase avec la culture d’entreprise
PF7
174
Comment garantir la disponibilité H24 des services de recrutement ?
En partageant le savoir pour assurer la continuité
PI3
176
Comment irriguer les supports de présence visant à attirer les candidats ?
En favorisant les contributions des collaborateurs en interne comme en externe
PI5 PI6
177 178
Comment attirer et fidéliser dans la durée ?
En construisant un parcours omnicanal couvrant l’avant et l’après recrutement
PE1
179
Comment diffuser les offres de manière fluide ?
En ouvrant ses données
TIA4
258
Comment bénéficier des dernières innovations sécurisées ?
En utilisant les services cloud
TIA5
259
Comment traiter les gros volumes ?
Avec le RPA
TIA8
260
Comment accueillir en ligne quels que soit les terminaux utilisés ?
En choisissant des solutions universelles, responsives (TIO1), accessibles (TIO2), visibles
TIO1 TIO2 TIO3
261 261 262
Comment garantir l’évolutivité des outils utilisés par les candidats ?
En veillant à l’utilisations des standards
TIS1
265
Comment garantir la possibilité pour les candidats d’interagir quand ils le souhaitent ?
En veillant à la disponibilité
TIS2
266
Comment convaincre les candidats de rejoindre l’entreprise ?
En étant présent dans des lieux attractifs
EE2
297
Comment attirer les talents innovants ?
En étant en proximité avec les écosystèmes innovants
EE6
299
Comment donner confiance dans le processus ?
Par le respect de la réglementation et du droit numérique
ER1
300
Pour savoir où en est la digitalisation de votre process de « talent acquisition », vous pouvez dès maintenant l’évaluer sur la plateforme dimmup.com.
Vous pouvez vous demander pourquoi j’ai mis trois ans pour publier cette vidéo et cet article. Tout simplement par manque de temps ! En la visionnant de nouveau, je m’aperçois que le propos reste aujourd’hui pertinent. Dans l’intervalle, j’ai sorti avec mon ami David Fayon le livre La transformation digitale pour tous !, qui est devenu best-seller 2022 chez l’éditeur Pearson. Et surtout plusieurs centaines de diagnostics de maturité digitale ont été lancés sur la plateforme dimmup.com. Qu’attendez-vous pour faire le diagnostic digital de votre dispositif d’acquisition et de fidélisation de talents ?
Comment bénéficier de l’intelligence artificielle ? En comprenant que l’IA est la dernière vague de digitalisation. À ce titre, elle repose sur les mêmes fondamentaux que les précédentes (informatisation, dématérialisation, Web, Internet mobile, réseaux sociaux, etc.). Pour en tirer profit, il est donc essentiel de bien comprendre le niveau de maturité digitale de l’entreprise. De plus, il existe un lien entre le niveau de digitalisation et la performance financière.
C’est en tout cas la thèse que j’ai défendue lors de la conférence IA360 organisée par Antropomedia le 6 juin 2024 à Neuchâtel dans les locaux de Microcity. J’avais un petit quart d’heure pour m’exprimer, comme les autres intervenants que j’ai ensuite retrouvés en format table ronde.
Comme c’était la première fois que je me rendais en Suisse, j’ai placé mon intervention sur le thème du voyage. J’ai proposé aux participants trois étapes :
La maturité digitale et comment la mesurer
L’impact de la digitalisation sur la performance financière
Une expérience en live avec l’IA
Vous préférez les vidéos aux textes ? Ma conférence est disponible à la fin du présent article.
En guise d’introduction (« ice breaking » comme disent les anglo-saxons), j’ai invité les participants à évaluer spontanément la maturité digitale de leur entreprise, sur une échelle de 0 à 5. C’est un exercice intéressant, à la fois sur le fond (les gens se mettent à réfléchir), et sur la forme (je crée un dialogue avec l’audience). Au passage, je collecte les données dont j’ai besoin pour la troisième étape de mon voyage.
Qu’est-ce que la mesure de la maturité digitale ?
La mesure de la maturité digitale suppose de bien comprendre comment l’entreprise appréhende tout ce qui concours à sa digitalisation. Elle doit pour cela s’interroger sur les six leviers à sa disposition pour adopter le digital en profondeur, et donc bénéficier de l’intelligence artificielle, dernière vague de digitalisation :
Les six leviers de digitalisation à évaluer en profondeur pour déterminer la maturité digitale
Comment le digital impacte la performance financière ?
Les efforts menés pour mettre en œuvre l’IA au sein de l’entreprise, supposent de nombreux investissements, et l’adoption d’une culture de l’essai-erreur (« test & learn » comme disent les anglo-saxons). La logique est la même que pour toutes les phases de digitalisation précédente. Il convient toutefois de bien choisir les efforts à mener, les ressources à consacrer, afin d’optimiser l’impact sur les performances financières de l’entreprise. Ce qui passe par le choix d’actions à mener pour agir avec le digital sur les trois piliers de la notation financière :
Les trois piliers de la notation financière (source : NOTA-PME).
Ces aspects sont développés dans le livre blanc Check numérique performance dont vous pouvez faire la demande.
Une expérience live avec l’IA
En parallèle de mon exposé, les participants ont pu vivre une expérience mobilisant trois IA :
1️⃣Une première IA avait été lancée trois semaines auparavant, pour identifier sur LinkedIn quelques 250 personnes susceptibles d’être intéressées par la conférence.
2️⃣Une deuxième IA a analysé la personnalité des participants ayant répondu en séance à la question relative à la maturité digitale de leur entreprise, pour comprendre le ton le plus approprié à adopter lors d’une première prise de contact.
3️⃣Une troisième IA a généré le texte d’invitation LinkedIn envoyée automatiquement en mon nom, alors que j’étais sur scène.
L’objectif pour moi est ici de créer un dialogue avant et après la conférence, sans y passer des jours entiers. L’IA intervient comme un assistant qui m’aide à réaliser des tâches. Combinée avec une bonne dose d’automatisation en no-code, elle démultiplie mon action et augmente l’impact de mon intervention :
Enchaînement de tâches automatisées réalisé sans une ligne de code !
La conférence comme si vous y étiez
Vous avez un petit quart d’heure devant vous ? Voici mon intervention in extenso. Je remercie au passage l’équipe Antropomedia pour le remarquable travail d’organisation, Experienciel, Lumind et AI Swiss pour le plaisir d’être intervenu à vos côté, et Côté Gauche pour la captation :
Le 24 avril 2017 je passais commande à Amazon d’une liseuse Kindle. Je pensais à l’époque faire une bonne affaire en payant mes livres moins chers. Sauf qu’il m’aura fallu sept ans pour rentabiliser mon investissement. Je dresse ici le bilan économique et écologique de cet achat, et de son usage sur cette période.
Au-delà de cette première intuition financière, au fil du temps, l’usage d’une liseuse Kindle m’a permis de prendre conscience des avantages et inconvénients de cet appareil :
Avantages
Inconvénients
Livres moins chers.
Investissement initial.
Moins lourde qu’un livre.
Penser à recharger la batterie.
Obtention immédiate d’un livre.
Absence de contact du papier, de son odeur, du son des pages qu’on tourne.
Plus agréable que de lire sur ordinateur.
Risque de panne.
Lecture lumière éteinte pour ne pas déranger son conjoint.
Impossible (ou presque) de prêter un livre.
Taille de police adaptable à la vue.
Moteur de recherche.
Annotations.
Lecture synchronisée sur l’app PC.
Lecture sans les mains.
Tourner les pages en silence.
La Kindle présente bien plus d’avantages que d’inconvénients.
Parmi les avantages que je ne cite pas, il y a des tas de fonctionnalités comme le dictionnaire intégré. Je ne m’en suis pratiquement jamais servi.
Des questions en suspens à l’usage
Au fil du temps, je me suis posé diverses questions dont certaines restent sans réponse :
Comment récupérer les annotations ?
Comment prêter un livre ?
Pourquoi le format Kindle est-il parfois plus cher que le format papier ?
Le prêt de livre semble être possible… par l’ouverture à l’accès de toute ma bibliothèque. Autant dire qu’il ne s’agit pas d’une fonctionnalité utile. Je serais d’ailleurs curieux d’en connaître les statistiques d’usage.
Une Kindle est-elle rentable financièrement ?
En sept ans, j’ai acheté 18 livres sur Kindle, pour un montant total de 188,26 € au lieu de 355,74 € si je les avais achetés au format papier, au prix où ils étaient au moment de l’achat. L’économie réalisée de 167,48 € compense donc les 164,98 € d’investissement initial lié à l’acquisition de la Kindle et de son joli étui protecteur.
Voici le détail :
Titre
Auteur
Date d’achat
Montant papier
Montant Kindle
Économie
Kindle + Etui
Amazon
26/04/2017
0,00 €
164,98 €
-164,98 €
La Dernière des Stanfield
Marc Levy
29/04/2017
21,90 €
14,99 €
6,91 €
Une fille comme elle
Marc Levy
10/06/2018
21,50 €
14,99 €
6,51 €
Origine
Dan Brown
22/06/2018
23,00 €
15,99 €
7,01 €
Heartificial Empathy
Minter Dial
27/11/2018
13,85 €
6,99 €
6,86 €
Exponential Organizations
Salim Ismail
04/01/2019
14,83 €
7,99 €
6,84 €
Ghost in love
Marc Levy
02/08/2019
21,50 €
14,99 €
6,51 €
Passions
Nicolas Sarkozy
10/08/2019
19,50 €
13,99 €
5,51 €
Traffic Secrets
Russel Brunson
13/07/2020
20,62 €
0,80 €
19,82 €
C’est arrivé la nuit
Marc Levy
11/11/2020
21,90 €
14,99 €
6,91 €
Le temps des tempêtes
Nicolas Sarkozy
23/11/2020
23,00 €
15,99 €
7,01 €
One Million Followers
Brendan Kane
28/04/2021
24,81 €
4,14 €
20,67 €
Dotcom Secrets
Russel Brunson
20/08/2021
18,03 €
1,74 €
16,29 €
Hook Point
Brendan Kane
10/11/2021
25,53 €
8,72 €
16,81 €
L’apocalypse numérique n’aura pas lieu
Guy Mamou-Mani
09/11/2021
16,00 €
11,99 €
4,01 €
Les petites clefs du bonheur
Cédric Leboussi
14/02/2022
7,90 €
3,99 €
3,91 €
Le crépuscule des fauves
Marc Levy
30/07/2022
24,00 €
9,99 €
14,01 €
NOA
Marc Levy
08/08/2022
21,90 €
14,99 €
6,91 €
Losing My Virginity: The Autobiography
Richard Branson
05/05/2024
15,97 €
10,99 €
4,98 €
18 livres pour rentabiliser l’achat de la Kindle.
Vous me direz : 18 livres en sept ans ? Voilà quelqu’un qui lit peu ! Il se trouve que j’ai lu 72 livres en sept ans, dont 54 en papier.
Vous pourrez alors me dire : mais pourquoi diable continuer d’acheter des livres en papier alors qu’on a une Kindle et qu’on peut les payer moins cher ? Il y a quatre raisons principales :
Les prêts
Les envois gracieux
Les cadeaux
Les autres raisons
J’ai fait le décompte : on m’a prêté 20 livres en sept ans. Ce sont autant de livres que je n’ai pas eu à acheter, quel que soit le format.
Les auteurs et les éditeurs m’ont aussi envoyé 13 livres. La plupart du temps en contrepartie de la publication d’une note de lecture. Je fais de même avec les livres dont je suis l’auteur. Là encore, ce sont des livres que je n’ai pas eu à acheter. Il m’aurait plu de les lire sur Kindle, mais sauf erreur de ma part, cette notion de don n’est pas possible.
Voici les 20 notes de lecture que j’ai publiées sur les livres que j’ai lus de 2017 à 2024 (de quoi vous inspirer) :
J’ai reçu aussi 7 livres en cadeau pendant cette période. Le livre papier garde à ce titre un avantage indéniable sur le livre numérique, par le rapport physique à l’ouvrage : le toucher, l’odorat et la vue sont mobilisés. Ce qui décuple l’émotion que l’on peut ressentir par rapport au téléchargement d’un fichier sur une machine. De plus certains de ces livres sont totalement inadaptés à la lecture sur liseuse, de par le travail artistique de composition.
Enfin, j’ai acheté 10 livres papier pour des raisons variables, renonçant au confort de la Kindle. Par exemple, j’ai été amené à faire dédicacer certains livres lors d’une rencontre avec l’auteur. Essayez de le faire avec une Kindle, vous verrez que ça fonctionne moyen. Certains livres n’étaient tout simplement pas disponibles. D’autres étaient liés à une collecte de fonds : en achetant une copie papier, je participais à une œuvre caritative.
Au final, l’obtention du retour sur investissement de ma Kindle a pris sept ans du fait d’une consommation de livres somme toute assez modeste (10 par an en moyenne) sachant que la plupart me sont offerts ou prêtés.
Notons au passage que je suis très en dessous de la moyenne, les Français lisant en moyenne 22 livres en 2023, selon le baromètre du Centre national du Livre. À ma décharge, je lis énormément de documents professionnels, études et rapports de toutes sortes sur le numérique.
Quel est l’impact environnemental de la Kindle ?
On le sait, le numérique a un impact écologique, surtout pour la fabrication des équipements. C’est en prolongeant leur durée de vie que l’on réduit leur impact sur l’environnement. C’est d’ailleurs un des indicateurs étudiés lors d’un diagnostic digital sur dimmup.com. En ayant déjà conservé ma Kindle sept ans, et tout porte à croire qu’elle va durer encore plusieurs années, je contribue à réduire l’impact environnemental de sa fabrication.
Cependant, le livre numérique, comme tout fichier informatique, peut être reproduit à l’infini pour un coût marginal quasi nul. Il est donc a priori plus vertueux pour l’environnement que de mettre au pilon des stocks de livres invendus.
Les études sur l’impact environnemental comparé du livre papier et du livre numérique sont à ce titre contradictoire, comme on peut le lire dans cet excellent article. Je note cependant dans cet article qu’il faut « 22 livres lus sur la liseuse pour qu’elle devienne plus écologique en terme d’émission de CO2. » En d’autres termes, il m’en reste 4 à lire sur la liseuse pour qu’elle passe le seuil de rentabilité écologique.
De manière anecdotique, les 18 livres que j’ai achetés sur Kindle représentent un poids de 9,378 kg. Une masse qui viendrait probablement encombrer ma bibliothèque, déjà bien remplie.
Qu’est-ce que je ne peux pas faire avec une Kindle ?
Je l’ai déjà évoqué plus haut : je ne peux pas prêter un livre acheté sur une Kindle. Sauf à quelqu’un qui possède déjà une Kindle. Ce qui réduit considérablement le potentiel de prêt.
Pour être plus précis, mais je n’ai jamais testé la manipulation, on peut seulement enregistrer un autre appareil Kindle pour qu’il accède à notre bibliothèque. Honnêtement, qui a envie de donner accès à toute sa bibliothèque pour prêter un seul livre ?!
Je ne peux pas non plus échanger mon livre contre un autre, comme on le fait dans des bourses d’échange.
C’est comme si le livre numérique était un produit sans vie, alors que le livre papier vit après l’achat et la lecture.
Je ne peux pas non plus revendre mon livre Kindle sur le marché de l’occasion. À ce titre, il y a un manque à gagner difficile à estimer, lié aux livres que j’ai achetés sur Kindle et que je n’ai pas forcément envie de garder.
Un livre numérique est donc acheté pour la vie. Si on veut s’en séparer, il ne bénéficie à personne.
Cependant toutes ces limitations sont théoriques. Dans la pratique, je n’ai pas souvenir d’avoir eu envie de prêter un livre que j’avais sur ma Kindle, ni d’avoir eu envie d’en échanger un, ou encore de le revendre.
Faut-il acheter une Kindle ?
Et si c’était à refaire ? Vu les avantages évoqués plus haut, et malgré le temps assez long qu’il m’aura fallu pour rentabiliser financièrement mon achat, je reprendrais une Kindle. D’autant que le produit est robuste, se comportant au bout de sept ans comme au premier jour.
En conclusion, j’ai démontré plus haut qu’une petite vingtaine de livres suffisent à rentabiliser l’investissement initial. Le ROI (Return On Investment) doit donc être atteint en France en moyenne en moins d’un an, compte-tenu du volume moyen de livres lus par an. Quant à l’impact écologique, une vingtaine de livres suffisent également. C’est donc une bonne affaire.
Impliquer vraiment les salariés, de Gaëlle Roudaut et Fabienne Ravassard, est sorti chez Vuibert en avril 2022. Ce livre post Covid met l’accent sur la zone de création de valeur au cœur de l’entreprise. Un livre qui invite à revisiter l’expérience entreprise à l’ère du digital et de l’intelligence artificielle. Car même si le livre est sorti avant la vague de l’IA générative, sa conclusion sous la forme d’un dialogue entre Joana (nouvelle recrue) et un chatbot, nous paraît presque banale aujourd’hui, vu la démocratisation de l’usage de ChatGPT, Copilot et consorts. C’était bien vu à l’époque de la sortie du livre, ce qui montre toute sa pertinence en matière d’anticipation pour accompagner la transformation de nos entreprises face aux multiples changements de nos sociétés.
Note de transparence : Gaëlle et Fabienne m’ont interviewé pour leur livre, pour le chapitre 6 dédié à la digitalisation. J’y reviens un peu plus bas.
Les autrices ne se contentent pas d’anticiper. Elles expliquent et guident. Les vingt pistes d’actions qu’elles proposent sont à mettre en place immédiatement. À ce titre, Impliquer vraiment les salariés est une mine d’or pour accompagner les dirigeants dans leurs réflexions.
Un livre dont vous êtes le héros
Dès la page 10, le lecteur devient le héros du livre. C’est assez rare pour être mentionné. Et c’est appréciable. On se sent embarqué vers un voyage qui nous concerne en tant que dirigeant. Avec une représentation non linéaire de l’entreprise, le lecteur aborde ainsi en premier ce qu’il préfère sans oublier le reste.
Mais à qui s’adresse le livre Impliquer vraiment les salariés, me direz-vous ? Le bas de la page 11 nous donne peut-être une indication sur les lecteurs qui tireront le plus d’intérêt à lire ce livre : les patrons et RH d’entités de plus de 200 personnes. Si c’est votre cas, foncez !
L’innovation commence avec les salariés
Avec la synthèse du livre de Vineet Nayar, Employees First, Clients Second, qu’elles dressent page 18, il y a quoi redorer le blason des consultants qui accompagnent les équipes RH, et remettre à leur place les consultants en relation client. Juste une question d’équilibre.
« Innover est devenu une obligation structurelle pour rester dans la compétition, dans un monde où l’accélération et l’incertitude jouent à armes égales. » (Page 69)
Avec cette phrase, on comprend que les autrices inscrivent leur propos dans le vaste mouvement de l’innovation. C’est une vision dynamique de l’entreprise qu’elles soutiennent. Une entreprise organique, vivante, en mouvement. Chaque collaborateur en est une cellule qui interagit avec les autres dans un écosystème complexe.
Le digital, au cœur de l’entreprise moderne
« En matière d’expérience digitale, l’écart de qualité entre vie personnelle et vie professionnelle s’est creusé, au détriment de la relation à l’entreprise. » (Page 112)
Ce qui était déjà vrai début 2022, l’est toujours deux ans plus tard. Entre temps, les IA génératives ont déferlé. Les intelligences artificielles sont devenues si omniprésentes qu’elles ont suscité de nouvelles angoisses, contraignant le législateur à agir. Pour les dirigeants, comprendre l’écart d’expérience digitale entre le perso et le pro, est plus que jamais indispensable.
Le digital, c’est déjà ce qui m’a amené à faire connaissance avec Gaëlle, en marge de mon intervention à Digital RH le 26 novembre 2019, sur le thème « Comment mettre l’humain au cœur de la transformation digitale ? »
Mes réponses aux questions des autrices
Près de deux ans plus tard, elle m’interviewait, accompagnée de Fabienne. Entre temps j’avais créé DIMM.UP et lancé la plateforme dimmup.com. L’aspect humain est un des six piliers de la maturité digitale d’une entreprise. Les visions que nous défendons se rejoignent ainsi parfaitement :
Page 113 du livre Impliquer vraiment les salariés, Gaëlle et Fabienne restituent notre échange.
Je profite de cet article pour remercier Gaëlle et Fabienne de m’avoir permis de m’exprimer auprès de leurs lecteurs. Je suis aussi heureux de voir cité comme source d’inspiration page 219 mon deuxième livre, Transformation digitale 2.0, co-écrit avec David Fayon. Voilà qui est flatteur ! Depuis, notre troisième livre est sorti, La transformation digitale pour tous !, best-seller 2022 chez l’éditeur.
Ce que j’ai aimé
En synthèse, j’ai apprécié plusieurs points à la lecture de l’ouvrage :
L’idée d’une inversion des hiérarchies. Le siège devenant un support au terrain, et non une haute tour d’ivoire redoutée.
La prise en compte du réel des travailleurs de la zone de création de valeur.
Le digital un peu partout : intranet, questionnaires en ligne, chatbot RH…
Les illustrations de La Patate @Work, qui allègent le propos, apportent une respiration bienvenue dans un texte somme toute sérieux.
La structuration du texte, avec des éléments de petites histoires issues du terrain pour illustrer le propos (comme si on était au théâtre), des zooms sur des concepts, des pistes à mettre en pratique.
La présentation synthétique de travaux d’autres auteurs, de chercheurs, d’enseignants.
Ce que j’ai moins aimé
Il y a aussi quelques points que j’aurais aimé que les autrices développent un cran plus loin :
De nombreuses pistes évoquées chamboulent les relations salarié – employeur. Du coup je m’interroge sur le rôle des instances représentatives du personnel, sur la rémunération des innovations, etc.
Regard sur l’international : les pistes proposées sont-elles innovantes dans un contexte mondial ?
Essaimage et spin-off peuvent-ils être des modèles épanouissants pour les salariés et aussi au bénéfice de l’entreprise ?
Lire un livre, c’est prendre du recul, se laisser guider, réfléchir, se rappeler aussi. Ainsi la piste 2 « les personas internes », m’a remis en mémoire le souvenir d’une mission chez McDonald’s où j’intervenais en 2002. Les collaborateurs faisaient chaque année un passage en restaurant, lors du Founder’s Day. Une bonne façon pour les gens du siège de vivre le quotidien de la zone de création de valeur. À en voir l’analyse de l’UX des outils mis à disposition en restaurant McDonald’s menée par Patrick Avril de use.design, je me demande si cette journée d’immersion est encore en place.
Conclusion
Les autrices invitent finalement les fonctions RH, centrales, support, à plus d’empathie vis-à-vis de ceux qui créent la richesse de l’entreprise. Elles proposent des actions qui semblent relever du bon sens quand on prend du recul, mais qui se télescopent avec les impératifs économiques, la pression des actionnaires et les obligations réglementaires.
À la lecture du livre Impliquer vraiment les salariés, on a le sentiment que le monde est arrivé à un niveau de complexité difficilement soutenable, surtout dans les grandes entreprises. Le livre apparaît ainsi comme une fenêtre de prise de parole des salariés. Au XIXe siècle ils auraient été heureux d’avoir un travail à la chaîne dans l’entreprise d’un bourgeois du coin. Au XXIe siècle ils sont perdus dans d’immenses structures et aspirent à être écoutés. Ils auraient tout intérêt à se prendre en main et arrêter d’en demander toujours plus à l’entreprise.
Il y a aussi une forme d’indécence à demander autant d’efforts pour cajoler des salariés de grandes entreprises alors que l’écrasante majorité des salariés en France travaillent dans de petites entreprises où on est très loin d’avoir à se préoccuper de tout ça.
Il n’empêche que pour les dirigeants et RH d’entreprises de plus de 200 salariés, Impliquer vraiment les salariés, est une saine lecture.
Une technologie (l’IA et plus généralement le numérique) qui consomme beaucoup d’énergie et dont l’empreinte carbone est devenue significative peut-elle nous aider à réduire l’impact des activités humaines sur l’environnement ? Oui, à condition de prendre en compte tous les aspects. Gilles Babinet le démontre avec brio dans Green IA, sorti en avril 2024 aux éditions Odile Jacob. Le sujet est complexe et l’auteur le rend accessible. Le livre demande de la concentration, et mérite l’effort concédé. En refermant l’ouvrage, le lecteur se sent plus intelligent, plus armé aussi pour comprendre comment l’intelligence artificielle peut changer notre monde, en mieux. En mêlant les aspects généraux de portée mondiale, et les aspects plus pratiques, accessibles par tout un chacun, l’auteur fait ainsi évoluer le lecteur. Je vous propose ci-dessous mes réflexions sur quelques extraits inspirants, qui je l’espère, vous donneront envie à votre tour de lire Green IA.
La dernière fois que j’ai croisé Gilles Babinet*, il intervenait à la conférence Trench Tech All Star du 19 octobre 2023. Gilles me faisait ce soir-là deux confidences : il avait donné quatre conférences dans la journée à Paris et il était en train de boucler un nouvel ouvrage. Le premier point l’avait amené à faire 25km à vélo ce jour-là, montrant sa pratique personnelle d’un moyen de transport décarboné. Le second est l’objet de la présente note de lecture.
Mick Levy, Cyrille Chaudoit, Françoise Soulie-Fogelman, Gilles Babinet, Laurence Devillers et Thibault le Masne, sur la scène de Cap Digital, le 19 octobre 2023.
* Gilles Babinet nous a fait l’amitié de signer la préface des trois livres que j’ai co-écrits avec David Fayon.
Dans La transformation digitale pour tous !, éditions Pearson, best-seller 2022 chez l’éditeur, Gilles fait le constat suivant des conséquences de la crise du Covid :
« Dans tous les cas, cela mit en exergue la nécessité d’une mutation vigoureuse de l’ensemble des organisations vers le modèle de demain. Un modèle plus numérique, plus résilient et, dans le contexte de réchauffement climatique que nous connaissons, évidemment plus respectueux de l’environnement également. »
Un peu plus loin il en tire les conclusions :
« L’entreprise plateforme, la mobilisation de la donnée, la mise en œuvre de l’intelligence artificielle continuent à représenter des défis pour une vaste majorité des entreprises françaises même si, incontestablement, quelques progrès ont été enregistrés. »
Comme on le voit, déjà à l’époque de la rédaction de cette préface (décembre 2021), Gilles mettait en avant les thèmes qu’il développe dans Green IA : la contribution du numérique à un modèle de société plus respectueux de l’environnement, et le rôle de l’intelligence artificielle. Deux ans et demi plus tard, son nouveau livre analyse en profondeur ces deux thèmes.
Une argumentation équilibrée
Dans Green IA, Gilles Babinet expose les arguments des pros et des antis, des pour et des contres sur le rôle de l’IA dans la réduction de l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. Il rétablit des vérités. Il mobilise une quantité considérable de rapports, d’études, de publications. Il préconise un équilibre entre régulation et innovation en démontrant (par exemple dans les transports), comment l’absence de l’une arrive à nuire à l’autre.
L’auteur démontre de larges étendues d’application de l’IA, bien-delà de l’IA générative qui fait la une des journaux depuis la sortie publique de ChatGPT le 30 novembre 2022 (voir mon analyse six mois après).
Il balaie les évidences et les poncifs (du genre : l’IA consomme beaucoup de d’énergie, donc fin de la discussion sur son potentiel pour l’environnement). Il se veut ainsi équilibré dans son propos :
« Mais il y a d’autres voies, certaines aussi « pratiques » que de mettre tout ce qui ne nous sert plus à la poubelle. Essayer de décrire ces autres voies est l’un des objectifs de ce livre. Il ne s’agit donc pas nécessairement de se positionner dans l’un ou l’autre camp des fanatiques de la progression du PIB ou des ayatollahs de la décroissance, mais plutôt d’évaluer les perspectives qu’offrent les technologies numériques pour aider la transition environnementale et, dans la mesure où ces technologies induisent généralement de nouveaux usages, d’essayer d’évaluer s’ils sont acceptables et à quelles conditions. » (Page 30)
De la pédagogie
Les concepts manipulés, à moins d’être dans le secteur de l’économie verte, sont parfois difficiles à comprendre. Gilles Babinet les rend accessibles et fait preuve de pédagogie, par exemple pour expliquer le calcul du carbone émis par une entreprise :
« C’est d’ailleurs sur cette notion d’évidence du calcul du carbone qu’ont été définis les trois périmètres de mesure de l’entreprise : le scope 1, ce sont les émissions directes liées à la fabrication de ses produits ; le scope 2, qui recouvre les émissions résultant de la consommation d’électricité, de chaleur ou de vapeur achetées et consommées par l’entreprise ; et le scope 3, qui englobe les émissions indirectes qui se produisent dans sa chaîne de valeur, y compris à la fois les émissions en amont (comme la production de produits achetés) et en aval (comme l’utilisation des produits vendus par elle). » (Page 48)
Glissé en bas de page, un chiffre attire mon attention :
« Chaque individu émet environ 11,4 tonnes de CO2 par an. » (Page 50)
Aussitôt je me suis demandé : combien de carbone émets-je ? Sachant que, comme indiqué sur le site Nos Gestes Climat : « Les experts s’accordent pour dire que pour maintenir une Terre vivable pour tous, nous devons réduire cette empreinte à 2 tonnes de CO2e par an et par personne. » Je me suis donc précipité sur le test que propose ce site. Résultat : j’émets 5 tonnes de CO2 par an ! Ce chiffre très au-dessus de ce qui est supportable pour la planète, me place pourtant parmi les 6% de Français les plus sobres. Compte-tenu de mon mode de vie que je qualifierais de frugal sur le plan énergétique, ça me surprend beaucoup, mais c’est ainsi :
Avec 5 tonnes de CO2, mon bilan carbone annuel calculé sur Nos Gestes Climat me place parmi les 6% de Français ayant la plus faible empreinte carbone.
Ainsi Gilles amène sans le dire le lecteur à s’interroger sur ses usages, comme je viens de le faire. Un peu plus loin (page 60), il évoque ainsi l’idée de prendre une photo de son repas pour en déterminer son poids carbone via une IA. Comment faire ? J’ai cherché (un petit peu), mais je n’ai pas trouvé d’app de ce type. N’hésitez pas à m’en indiquez une en commentaire.
L’État plateforme, une nécessité
L’auteur prend aussi de la hauteur sur nos institutions et nos dirigeants, et je ne peux qu’être d’accord :
« L’État plateforme reste, plus de dix ans après avoir été théorisé par Tim O’Reilly, un ovni pour beaucoup de hauts fonctionnaires qui pensent que seuls le droit, les décrets et la législation peuvent raisonnablement induire le cours du monde. » (Page 60)
Oui, le numérique a un impact sur l’environnement, mais…
Gilles reconnait aussi la consommation des IA, tout en évoquant les améliorations en cours pour optimiser les modèles :
« On estime ainsi que la facture énergétique de ChatGPT est de l’ordre de 700000 dollars par jour, ce qui se traduit par des émissions de CO2 quotidiennes de l’ordre de 2200 tonnes ! » (Page 69)
Il profite aussi de son livre pour rappeler certaines vérités :
« Certaines idées reçues ont cependant la vie dure : non, envoyer un e-mail avec pièce jointe ne génère pas 25 grammes de CO2 (des calculs récents convergent plutôt vers un chiffre six cents à mille fois inférieur), et non également, regarder un film en streaming ne consomme pas des kilos de CO2, mais plutôt quelques dizaines de grammes au pire. » (Page 69)
L’indispensable évolution des usages
Envisager l’usage de l’IA au service de l’environnement, c’est aussi envisager l’évolution des usages et donc lutter contre des habitudes (sans renoncer pour autant aux bienfaits d’une vie moderne) :
« En introduisant la dimension environnementale dans ces modèles d’IA dynamiques, il va devenir beaucoup plus simple de privilégier les solutions bas-carbone avec des incitations plus ou moins marquées. Il sera ainsi possible de faire évoluer les usages de façon progressive, sans trop heurter les habitudes, et sans créer des gênes individuelles insurmontables. » (Page 95)
L’évident intérêt de l’IA pour l’ESG
« L’intérêt de l’intelligence artificielle pour accroître l’efficacité de ces enjeux est tellement évident qu’on peut s’étonner à bon droit qu’elle n’ait pas été généralisée sur ce champ de qualification des fournisseurs et de validation des enjeux d’ESG. Non seulement elle peut être facilement mise en œuvre dans le cadre de services SaaS (software as a service), mais, de surcroît, ces derniers protègent directement l’entreprise en cas de défaillance d’un de ses fournisseurs du fait d’une insuffisante prise en compte de ces enjeux. » (Page 111)
Prendre conscience que chacun a un rôle (même sans IA)
« Dans les pays en développement, c’est essentiellement le dysfonctionnement des chaînes logistiques qui est en cause, mais dans les pays riches, plus de 60% de ces pertes se produisent dans nos réfrigérateurs : nous laissons tout simplement la nourriture se périmer sans la manger. » (Page 113)
Le chiffre m’interpelle. Après tout je sous un consommateur comme un autre. Cependant je jette très peu d’aliments que j’achète (j’estime moins de 5%). Les habitudes que j’ai prises de longue date semblent donc vertueuses. Et si on aidait les consommateurs à prendre conscience qu’ils jettent 60% de la nourriture qu’ils achètent ? Avant d’imaginer un recours massif à l’IA, une simple éducation au bon sens aurait un impact considérable.
L’émergence des assistants IA
« Ce qui était long et fastidieux, parce que nous n’avons généralement ni le temps ni l’envie de passer nos journées à négocier sur des sites de petites annonces, pourrait très bien être automatisé par des assistants personnels dans le futur. » (Page 122)
Gilles Babinet introduit là une notion qui relève de la science-fiction, mais à y bien réfléchir, pourquoi pas en effet imaginer des assistants intelligents aptes à négocier entre eux le prêt, la location, la vente de produits qui encombrent nos caves et nos placards ? Se pose aussi la question de nos états d’âme : accepterons-nous une transaction avec ce voisin qui nous ignore lorsqu’on le croise dans le hall de l’immeuble et qui ne prend même pas la peine de participer une heure par an à l’assemblée générale de la copropriété ?
L’indispensable adoption de nouveaux indicateurs
« Nous ne pouvons continuer à glorifier une société qui se concentre sur des indicateurs qui font l’apologie du gâchis ! » (Page 123)
L’IA pour alléger les tâches fastidieuses
« D’une façon générale, l’IA pourrait être utilisée pour automatiser les très nombreuses tâches administratives qui encombrent toute petite entreprise et qui sont actuellement effectuées manuellement. Elle pourrait également automatiser un certain nombre de tâches de service client, de marketing et de comptabilité. De même, elle pourrait plus facilement personnaliser les produits, cela à coût marginal. » (Page 133)
On se prête alors à imaginer un monde où toutes les tâches fastidieuses de coordination, de transport, d’administration, serait assurées par des intelligences artificielles collaborant ensemble.
De l’importance d’aller en profondeur dans le numérique
Cette note de bas de page que je reproduits ci-dessous, semble anodine. Pourtant elle a une grande valeur à mes yeux. Le lecteur moyen de cet ouvrage est probablement peu habitué à faire un tour sur GitHub. Il ne sait peut-être même pas de quoi il s’agit. Pourtant, comme je le répète souvent lors de diagnostics de maturité digitale ou de séances de coaching de comité de direction, au sujet du digital, la mise en pratique est indispensable. C’est en se confrontant aux technologies que l’on en perçoit leur valeur. Même les cadres dirigeants ont tout intérêt à se former et expérimenter par eux-mêmes, pourquoi pas en testant un logiciel open source disponible sur GitHub, qu’il s’agisse d’une IA ou d’un programme classique ?
« Sur GitHub, une plateforme de partage de code comprenant 90 millions de participants, une rapide recherche fait apparaître plus de 700 projets en utilisant des mots clés comme « plant disease classification » ou « crop disease AI ». Une évaluation sommaire permet d’avancer que des milliers de développeurs travaillent sur ces sujets. » (Page 138)
Il suffit en effet de se connecter à GitHub pour s’en rendre compte :
Plus de 1100 projets IA (Deep Learning, Machine Learning, etc.) sur GitHub en cherchant « plant disease classification ».
L’agriculture, domaine de prédilection pour l’IA
« L’agriculture est de ce fait un domaine d’expression de choix pour l’IA. Car l’une de ses caractéristiques bien connue consiste à traiter des environnements complexes. » (Page 140)
S’ensuit une liste de technologies d’IA applicables à différentes situations dans l’agriculture. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le potentiel est énorme !
Des changements pas toujours faciles à accepter
« La plupart de ces usages peuvent facilement être différés, une machine à laver qui serait lancée à 2 heures du matin plutôt qu’à 18 heures ne change pas grand-chose pourvu que celle-ci ne soit pas trop bruyante, ce qui est le cas des modèles récents. » (Page 160)
Bien que mon lave-linge soit assez récent, étant installé tout près de ma chambre, je n’imagine pas un instant lancer un programme de lavage en pleine nuit !
La régulation, indispensable alliée de l’innovation
« Si les dynamiques actuelles perdurent, l’Union européenne se trouvera confrontée à un dilemme celui d’être l’espace où les pratiques environnementales sont les plus en avance de la planète, et de loin, et en même temps d’être faiblement développé en matière de métaplateformes, ce qui donne le champ libre à cette extraction de valeur. Il y a donc nécessité d’une régulation exigeante de ces acteurs, pour s’assurer qu’ils continuent à servir l’intérêt général et que leurs marges ne deviennent pas disproportionnées. » (Page 179)
C’est le bon sens. Les Européens ne peuvent pas être les bons élèves sur le plan environnemental, qui deviendront les moutons tondus par les autres grands blocs (surtout États-Unis et Chine). À nous d’être vigilants, de choisir les outils qui servent nos intérêts, et pas seulement ceux qui nous paraissent les plus séduisants de prime abord et de faire confiance aux innovateurs de notre pays et de notre continent.
Une journée en 2040
Le chapitre 10 pourra surprendre dans un livre de cette nature. L’exercice de projection dans le futur facilite la compréhension de tout ce qui est exposé dans les neuf premiers chapitres. Cependant l’histoire de Sophie en 2040, pourra faire grincer des dents. Les miennes ont d’ailleurs grincé par moments, surtout dans la perspective pas si lointaine (dans une quinzaine d’année) de mener une existence mesurée et contrôlée à chaque instant, culpabilisante quand on n’est pas ultra vertueux. Mais clairement, cette histoire de Sophie montre à quel point l’IA peut nous apporter beaucoup dans nos quotidiens. Ce chapitre pourrait d’ailleurs être lu en premier, histoire de se projeter tout de suite à titre personnel, puis ensuite de comprendre comment nous pouvons arriver à cette projection.
Conclusion
Vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement de lire Green IA. Si vous êtes techno-solutionniste ou adepte de la décroissance, vous trouverez de quoi nuancer vos idées. Si vous pensez que l’IA se réduit à l’IA générative, vous comprendrez ses multiples autres domaines. Vous verrez surtout que le problème de l’environnement, du fait de sa complexité et de la durée de la transition, ne pourra être résolu sans recourt à l’intelligence artificielle.
Le nouveau temps, de Rafik Smati, est à mi-chemin entre un essai, une vision prospective, une invitation à réfléchir au rythme auquel les technologies nous conduisent à vivre nos vies. Le livre se lit rapidement, avec quelques bons passages. Cependant, le sous-titre faisant référence à l’intelligence artificielle, m’a laissé penser que l’auteur traiterait ce sujet plus en profondeur. De plus, le style parfois poétique, a pu me plonger dans une certaine perplexité. Je reprends ci-dessous les principales citations qui ont attiré mon attention.
Avant même d’indiquer l’ISBN de l’ouvrage, l’éditeur, Eyrolles, prévient le lecteur (j’hésite même à reproduire ici cet extrait, ne lui ayant pas demandé l’autorisation de le faire) :
« En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sur quelque support que ce soit, sans l’autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris. »
Vu le sujet du livre et les polémiques récentes sur les droits d’auteur posées par les IA génératives, que ce soit sur leur entraînement ou sur la propriété intellectuelle des contenus générés, on ne peut qu’être perplexe sur cet avertissement d’un autre âge.
« Les sociétés de demain se diviseront entre ceux qui auront su dompter les différentes dimensions du temps que notre ère de vitesse offre, et ceux qui, parce qu’ils voudront résister à l’accélération, deviendront les esclaves du temps. » (Page 7)
« Lorsqu’on prend conscience que nous n’exploitons qu’une fraction infinitésimale de nos capacités cérébrales. » (Page 22)
Après avoir lu les deux premiers chapitres, je me suis demandé où Rafik Smati voulait emmener son lecteur.
Puis l’auteur se veut plus prospectif. Il voit l’IA comme le futur de nos sociétés (chapitre 3). Il préconise de retirer les technologies de l’école (chapitre 4). Sur ce point sa vision me semble diamétralement opposée à celle défendue par Guy Mamou-Mani dans son livre Pour un numérique humain. Il s’interroge sur le travail le dimanche, explique sacraliser deux demi-journées par semaine sans rendez-vous et se dit adepte de la sieste (chapitre 6). Il s’oppose à l’idée de surpopulation mondiale et invite l’Afrique à se saisir de l’IA (chapitre 7). Il recommande de rouvrir les mines et de se lancer dans l’exploration minière de la ceinture d’astéroïdes (chapitre 8).
Les derniers chapitres tendent vers la philosophie. Que ce soit sur l’avenir de la démocratie (chapitre 9), les risques liés à notre dépendance aux technologies (chapitre 10), ou encore le voyage dans le temps (chapitre 11) qui invite à nous rencontrer sur nous-mêmes.
« Qu’il s’agisse du secteur des services, du transport, du droit, de la santé ou des médias, les IA possèdent le potentiel de surpasser les performances humaines et de réinventer complètement la nature du travail. » (Page 33)
Il faut tester des IA, pour s’en rendre compte. Par exemple, le texte que vous êtes en train de lire, je l’ai dicté vocalement, à Word. L’intelligence artificielle s’invite ainsi dans mon traitement de texte. Elle ne réfléchit pas à ma place, elle ne fait que remplacer mes doigts sur le clavier. Il y a ainsi de nombreux usages entrés dans notre vie courante tel que la commande vocale de votre box ou encore la reconnaissance des panneaux par votre voiture.
« Comme le pouvoir des nations autrefois défini par leurs armées ou leurs réserves d’or, c’est désormais la maîtrise de l’IA qui forge les rois du monde moderne. » (Page 40)
En lisant cette phrase, je repense à ce programme de formation lancé par le gouvernement de Singapour, à l’échelle du pays. Son ambition est de former les plus de 40 ans à l’IA, tout en favorisant la coopération intergénérationnelle. Voilà comment on emmène un pays vers le futur ! La prise de parole du Dr Tan Wu Weng au parlement de Singapour est inspirante :
« L’école peut ainsi rester concentrée sur sa mission première : l’éducation. » (Page 51)
Bizarrement je préférerais que l’école se concentre sur l’instruction tandis que l’éducation serait de la responsabilité des parents. Les mots ont d’ailleurs un sens. Ainsi il est intéressant de voir qu’en Italie, il y a un Ministero dell’Istruzione, et non un Ministero dell’Educazione.
Parfois Rafik Smati se fait philosophe :
« La connaissance n’est pas une boussole figée, mais plutôt un phare flexible, dont le faisceau guide nos pas à travers les méandres de l’inconnu et éclaire nos voies dans les contrées obscures de l’ignorance. » (Page 53)
Parfois, les envolées lyriques de Rafik Smati me laissent perplexe. Par exemple lorsqu’il écrit page 60, cette phrase énigmatique : « Engendrant une symbiose entre le réel et le virtuel, les algorithmes de l’IA naviguent avec une aisance déconcertante au cœur de l’immensité des données. »
« Dans la splendeur luxuriante de nos sens, où les couleurs et les formes tissent ensemble un théâtre éblouissant de vie, nous sommes parfois aveuglés par la banalité du beau. » (Page 67)
Je ne sais que dire, ni que penser de cette phrase.
« L’IA, cette fidèle compagne du Nouveau Temps, en automatisant les tâches les plus répétitives, nous permet de porter notre attention avec une précision accrue sur les aspects les plus épanouissants de notre travail. » (Page 75)
Là je suis d’accord, à condition d’intégrer automatisation et intelligence artificielle, les deux étant pour moi différents et complémentaires.
« Si la fusion nucléaire devient un jour l’énergie dominante de l’humanité, une centaine de tonnes d’hélium 3 par an suffiraient à répondre aux besoins énergétiques de toute la planète. Le futur énergétique de la Terre pourrait bien être écrit dans les cratères de la Lune. » (Page 103)
Rafik Smati développe un propos limpide sur l’euro numérique (pages 111 à 114). On comprend les conséquences incroyables que cette cryptomonnaie aurait sur la vie des Européens.
« Gardez toujours à l’esprit que le seul présent réel et tangible est celui qui habite notre conscience. » (Page 133)
On frise là le développement personnel.
Au final, Le nouveau temps ne restera pas dans les annales. Il peut plaire à un lectorat qui se contentera de la surface. Il n’est en tout cas pas un livre qui aide à comprendre l’impact de l’intelligence artificielle sur nos sociétés. Ce n’est pas déplaisant à lire, mais ça n’apporte pas grand-chose.
Le 13 mars 2024, la Commission de l’Intelligence Artificielle a remis son rapport au Président de la République Française. Un rapport de 130 pages, proposant 25 recommandations chiffrées à 27Md€ sur 5 ans pour un impact sur le PIB entre 250 et 420Md€. Le sujet est d’importance aussi j’ai alloué une douzaine d’heures à la lecture intégrale du rapport. Certains points ont attiré mon attention. Pas seulement les recommandations en tant que tel, mais plutôt l’argumentation développée. Je les mets donc en exergue ci-dessous, en les faisant suivre d’un commentaire.
Quelques jours avant la remise du rapport, Singapour annonçait un programme de formation à l’IA pour les plus de 40 ans (20M$), dans le cadre d’un vaste programme (1Md$). D’un côté, un pays de 5454 millions d’habitants annonce en anglais au parlement un programme opérationnel, de l’autre, un pays de 67750 millions d’habitants produit un rapport. Ramené au PIB, l’un investit 0,25%, l’autre se voit recommandé par une commission d’investir 0,19%. Une question frappe l’esprit : combien d’années pour que ce rapport devienne en France une réalité sur le terrain tandis que pendant ce temps-là, Singapour aura formé ses seniors ?
Ce mois de mars 2024 a aussi vu la mise en application de l’AI Act au niveau européen. Il y a donc une forte actualité sur l’IA en ce début 2024. Elle mérite toute l’attention des dirigeants. J’espère de tout cœur que nos élites, politiques, haut-fonctionnaires, cadres, prendront le temps de se plonger dans ce rapport, vu les enjeux de l’IA.
J’ai lu le rapport en adoptant plusieurs casquettes : en tant que citoyen, en tant qu’entrepreneur, en tant que consultant en digitalisation. Un simple résumé n’aurait pas grand intérêt. J’ai privilégié le commentaire d’extraits qui ont attiré mon attention. Comme souvent avec une œuvre littéraire, la lecture par soi-même reste la meilleure manière de se faire un avis. Je vous invite donc à prendre le temps de lire le rapport.
Un rapport équilibré et pédagogique
Les auteurs ont le mérite de la pédagogie. En effet, il est toujours difficile pour des contemporains de comprendre l’impact d’une innovation sur l’économie, les sociétés, les modes de vie. Les auteurs de science-fiction nous aident. Les économistes aussi. La bonne nouvelle avec l’IA est que l’on dispose de bases de comparaison historiques et mondiales, notamment avec l’adoption massive de l’électricité au début du XXe siècle ou de l’informatique plus récemment. Ce qui facilite la compréhension et aide à se projeter, même si on ne connaît rien à l’IA.
Le rapport se veut aussi pragmatique, informant autant des opportunités que des risques liés à l’IA. Ainsi, comme présenté au chapitre 1.9, la recommandation de recourir à des modèles ouverts (open source) s’accompagne de propositions de contre-mesures visant à réduire les risques d’usage de ces modèles par des acteurs malveillants (cybersécurité, bactériologie).
Risques liés aux systèmes d’IA générative Source : Commission de l’IA
La vision dynamique qui sous-tend le rapport donne de la perspective sur les années à venir. Sans être une boule de cristal, le rapport articule les grandes composantes de l’écosystème IA, en présentant de manière succincte leurs évolutions probables : baisse des coûts des puissances de calcul, externalités positives de l’IA sur l’impact environnemental, foisonnement de données fournies par les objets connectés, évolution des tâches et des emplois, etc.
Au-delà de la qualité du rapport, au terme de sa lecture, une question me taraude. La France peut-elle faire autre chose que de produire des rapports qui viennent s’entasser sur le bureau du Président de la République ? L’avenir nos dira si le gouvernement se saisit du sujet et met en œuvre tout ou partie des recommandations proposées par la Commission.
Ce qui m’étonne le plus au final, c’est que moins de deux ans après l’élection présidentielle de 2022, et moins d’un an après la « réforme » des retraites, notre pays montre clairement qu’il n’a pas saisi l’ampleur du sujet. Qui se souvient d’avoir entendu les candidats à la fonction suprême se positionner sur le sujet de l’IA et plus généralement de la digitalisation de notre société ? J’ai évoqué ce point lors d’un bilan six mois après la sortie de ChatGPT.
Les 25 propositions sont de grande qualité. Je suis juste perplexe sur la proposition de gouvernance mondiale de l’IA dans un rapport visant la France. J’aurais la même perplexité en lisant, dans la convocation à l’assemblée générale de ma co-propriété, une proposition concernant toute la ville où j’habite. Cela me semblerait hors sujet, malgré l’intérêt que cela peut avoir sur le plan collectif. Je crois malheureusement que nous n’avons plus les moyens de s’occuper du monde. Concentrons notre attention sur nos forces et investissons pour compenser nos faiblesses.
La France est en retard
« Depuis plusieurs décennies, la tendance est celle d’un déclassement technologique et économique de notre continent, qui hypothèque sa prospérité et son indépendance. » (Page 4)
Le lecteur est prévenu : nous (la France) sommes en retard. Notamment en termes de formation à l’IA. Mais on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif. Il existe déjà pléthore de cours gratuits sur l’IA. J’ai d’ailleurs parlé récemment de celui proposé par IBM pour présenter les fondamentaux à l’IA. Certes il nécessite de maîtriser l’anglais. Pour ceux qui ne parlent pas cette langue, la Finlande met à leur disposition une formation à l’IA disponible dans 30 langues dont le français ! Le problème de fond n’est pas l’offre de formation, mais l’envie d’y accéder. Préférez-vous regarder le JT ou visionner un cours qui vous expliquera les fondamentaux de l’IA ?
« Partout, les sociétés sont mises au défi par la diffusion des technologies numériques. […] L’intelligence artificielle prolonge et approfondit ce mouvement. » (Page 6)
Le rapport se veut réaliste affirmant autant les gains (entre 250 et 420Md€ de hausse de PIB, page 8), que le fait que ces gains seront temporaires (une fois l’IA massivement déployée), ou encore que l’IA aura un impact sur l’emploi. Pas de langue de bois donc.
Le rapport embrasse le sujet de l’IA dans sa globalité, montrant qu’il touche la société dans de nombreux aspects : service public, financement de l’innovation, formation, contrôle de l’usage des données, souveraineté, etc.
« Seuls les États qui se donneront les moyens de maîtriser l’IA en obtiendront les principaux bénéfices. Or, à ce jour, la France et l’Europe sont en retard. » (Page 8)
Un chiffre frappe : à richesse comparable, les États-Unis investissent trois à quatre fois plus que la France sur l’IA.
« L’impact des précédentes innovations majeures sur la productivité française est souvent considéré comme modéré. Le retard à l’adoption de ces technologies par rapport aux autres pays, notamment les États-Unis, constitue une des raisons principales. » (Page 110)
On l’observe en particulier dans les TPE/PME. Le baromètre France Num 2023 sur la numérisation des entreprises de moins de 250 salariés est à cet égard instructif. On y apprend d’ailleurs que seuls 5% des entreprises de cette taille ont une solution IA.
Entre optimisme et réalisme
La Commission se veut optimiste en affirmant que malgré notre retard, il n’est pas trop tard pour réagir. Son principal argument étant que la chaîne de valeur de l’IA n’est pas encore arrivée à maturité. Encore faut-il qu’on se mobilise vite et fort.
« Oui, il faut se préparer à ce que l’automatisation permise par l’IA supprime certains emplois et accélère l’obsolescence de certaines compétences. » (Page 8)
C’est une certitude, comme ça a été le cas dans le passé avec toute innovation de grande ampleur. Avec l’imprimerie, les copistes ont disparu. Avec l’électricité, le charbon est devenu secondaire. Avec le numérique, les opératrices des réseaux télécom ont laissé la place à des commutateurs. Avec l’IA, certains métiers disparaîtront, mais moins qu’on le croit a priori.
« L’IA peut être mise au profit de la réduction des inégalités sociales, de la prospérité collective et de la qualité du travail. » (Page 12)
Je n’ai de cesse de le répéter depuis plusieurs dizaines d’années. Oui, j’ai conscience que cette phrase fait vieux con. Mais c’est une réalité. Les rapports et les études s’enchaînent malheureusement avec le même constat : la France perd depuis les années 1980 l’avance technologique qu’elle avait acquise avec les plans pour le nucléaire, pour l’aéronautique et pour le calcul. Le baromètre France Num sur la digitalisation des TPE/PME françaises est à ce titre édifiant.
L’IA et le numérique, vecteurs de prospérité
« Le développement et le déploiement d’une nouvelle technologie aussi déterminante que le numérique sont le principal facteur explicatif des écarts de prospérité entre les États-Unis et la France sur cette période. » (Page 36)
Est-il encore possible de douter de l’impact du numérique sur la compétitivité ? Ces chiffres le démontrent encore. Je cite d’ailleurs souvent une étude de 2012 réalisée par le MIT et Cap Gemini, qui démontrait que les entreprises les plus digitalisées sont 26% plus performantes que la moyenne des entreprises de leur secteur. Investir dans le numérique est une question de bon sens pour tout dirigeant d’entreprise.
L’IA impactera l’emploi (en bien)
« Concernant le contenu du travail, il est certain que la majorité des métiers va évoluer. La plupart des tâches seront transformées, d’autres seront supprimées, et de nouvelles tâches apparaîtront. » (Page 48)
Nous voilà prévenus : nous sommes tous touchés par la déferlante de l’IA. La bonne nouvelle est qu’il existe un moyen simple et gratuit de s’auto-former : le Web !
« Au sein d’une même profession, les gains de productivité semblent à ce jour bénéficier aux travailleurs les moins productifs. » (Page 48)
En gros, les mauvais deviennent meilleurs grâce à l’IA.
Effet attendu de l’IA sur les métiers en France. Source : Bergeaud (2024)
Une tentative de définition de l’IA
« D’une certaine manière, là où les machines industrielles et les programmes informatiques « classiques » sont un condensé de savoir explicite, un système d’IA peut être un condensé de savoir implicite. » (Page 49)
Voilà probablement la phrase la plus synthétique et inspirante que j’ai pu lire sur les diverses tentatives de définir l’IA.
« Les modèles d’IA sont effectivement imprégnés des données qui servent à les entraîner, et des référentiels culturels présents dans ces données. » (Page 56)
C’est un des points les plus délicats à comprendre lorsqu’on utilise une IA générative. Fasciné par l’outil, on en oublie le référentiel de données sur lequel il s’appuie. Ainsi, comme l’indique le rapport « 93 % des données d’entraînement de GPT-3 proviennent de textes en langue anglaise. » Il est donc essentiel, à moins que nous souhaitions tirer un trait sur la France et sa culture, de disposer d’IA souveraines.
On n’en est qu’au début de l’IA…
« Avec l’intelligence artificielle générative, une étape importante dans l’histoire de l’innovation a été franchie. Cette étape est loin d’être la dernière. » (Page 65)
Ce qui milite pour une évaluation régulière de la maturité digitale des entreprises et des administrations. C’est d’ailleurs une saine gouvernance que d’évaluer périodiquement la maturité digitale d’une entité économique, qu’elle soit privée ou publique. Tous les ans est un minimum compte tenu de l’évolution rapide du monde numérique. Plus rapidement lorsque l’entité est en phase d’accélération, de transformation profonde de son modèle.
« D’ici la fin de la décennie, il est vraisemblable que les systèmes d’IA accompagnent les humains en continu et dans toutes les tâches, personnelles ou professionnelles. » (Page 65)
Il est donc urgent de s’approprier l’IA, à tous les niveaux de l’organisation. Ne refaisons pas l’erreur d’une adoption lente du numérique par nos classes dirigeantes.
… et un avenir dystopique est à craindre
« Ces bénéfices ne seront pas spontanément obtenus. Seuls un projet politique et un engagement collectif permettront de les obtenir. Car, à l’inverse des gains présentés précédemment, un avenir dystopique peut aussi se dessiner. Un avenir où les bulles informationnelles et les influences cognitives affaiblissent notre démocratie. Un avenir où de nombreux travailleurs ne trouvent pas leur place vis-à-vis de machines toujours plus compétentes. Un avenir où la concentration des technologies les plus avancées entre les mains de quelques acteurs altère notre souveraineté et absorbe la majeure partie de la valeur produite par notre économie. » (Page 66)
Une seule option s’ouvre à nous : prendre le sujet de l’IA à bras le corps et passer à l’action !
Un besoin colossal de formation à l’IA
Les auteurs du rapport chiffrent les besoins de formation à horizon 2034, soit un horizon de temps de dix ans (page 71) :
• 56000 postes par an pour le développement de l’IA
• 25000 postes par an pour le déploiement de l’IA
Notre capacité actuelle de formation de bac+3 était estimé en 2021 par la Cour des comptes à 16687 (c’est précis !). Il faut donc plus que tripler notre capacité de formation rien que pour couvrir le besoin de postes pour le développement de l’IA. Vu l’inertie dans le secteur de l’éducation, et le manque de compétences disponibles pour enseigner, on peut déjà craindre que nous n’atteindrons pas cette ambition.
Je m’attendais à voir dans le chapitre 2.1.2.2 La formation continue, une proposition de dispositif pour former massivement nos concitoyens à l’IA. Le modèle des Activateurs France Num pourrait d’ailleurs être mobilisé. En ce mois de mars 2024, près de 2800 Activateurs sont référencés. Ils pourraient être un relais, moyennant une formation préalable, et bien-sûr un budget pour financer leurs actions, car ils ne sont pas bénévoles.
La transformation numérique des administrations avec l’IA
« Trop souvent, la transformation numérique s’est arrêtée à la dématérialisation des démarches, sans transformer en profondeur la circulation de l’information, ou le traitement des demandes. » (Page 76)
Les administrations, quelle que soit leur taille, qu’elles soient nationales ou locales, seraient bien inspirées de faire un diagnostic digital sur dimmup.com.
Mobiliser l’investissement privé pour l’IA
« Un objectif d’investissements annuels de 15 Md$ pourrait être visé. Le changement d’échelle suppose de réorienter une partie de l’épargne privée, en mobilisant entre 0,1 % (démarche de rattrapage) à 0,3 % (démarche pionnière) de l’épargne des ménages français. » (Page 90)
La fourchette d’investissement recommandé paraît tellement minuscule au regard du bénéfice pour notre pays en termes de PIB (entre 250 et 420Md€), qu’on se demande s’il est vraiment besoin de réfléchir plus longtemps à la question : allons de l’avant et faisons de la France une terre d’IA !
Notre point fort : une masse considérable de données culturelles
« La qualité, la diversité et la profondeur des données issues de la culture européenne sont à l’évidence un atout pour les éditeurs d’intelligence artificielle. » (Page 106)
Voilà une bonne nouvelle pour l’Europe dans son ensemble et pour la France en particulier. À nous de saisir cet atout et d’en faire une force !
Le rôle majeur de la commande publique pour l’IA
« L’État doit davantage jouer un rôle de primo-adoptant de la technologie, c’est-à-dire contractualiser avec des entreprises, notamment petites, qui développent des solutions innovantes, capables d’avoir un impact majeur, mais qui ne sont pas encore stabilisées, faute de clients. » (Page 111)
En tant que fondateur d’une start-up, j’applaudis cette recommandation des deux mains. L’État et plus généralement la commande publique, peut avoir un rôle majeur dans le développement de l’écosystème de start-up. Il suffit de leur faire confiance et d’éviter de les noyer dans des procédures qu’elles peuvent difficilement supporter. Par exemple j’ai répondu à un appel d’offres en 2023 pour une région. Il m’a fallu 15 jours homme pour remplir le dossier, ce qui est colossal pour une petite entreprise. Les concurrents d’entreprises plus grandes ont consommé peu ou prou la même charge de travail. Mais diluée sur une ressource plus importante, la charge de cet investissement est bien moindre en proportion. Ce qui contraint les start-up à être très prudent avant de se lancer dans ce type d’appel d’offres.
Une gouvernance mondiale de l’IA, oui, mais pourquoi menée par la France ?
« Recommandation n° 22 : Structurer une initiative diplomatique cohérente et concrète visant la fondation d’une gouvernance mondiale de l’IA. »
Le volet qui m’intrigue le plus dans ce rapport, est lié à la gouvernance mondiale de l’IA (chapitre 2.3.1). J’en comprends l’intérêt, en revanche je vois moins la pertinence de ce sujet dans ce rapport remis au gouvernement. La France n’a-t-elle pas déjà assez à faire pour mettre en œuvre toutes les autres recommandations de ce rapport ?
En conclusion
Qu’est-ce que chacun peut tirer de ce rapport ? Bien-sûr, vu son contenu, rares seront nos concitoyens à lire ce rapport dans son intégralité. Cependant, chacun est concerné par l’IA. Il est par exemple utile de comprendre l’impact de l’IA sur son métier (page 46). Si vous exercez un métier impacté par l’IA, vous devez rapidement vous former. N’attendez pas que l’État, vos syndicats ou encore les chambres consulaires vous accompagnent. Il existe pléthore de cours d’initiation, de nombreux sont gratuits. Choisissez un cours et découvrez l’IA maintenant !
En terminant la lecture de ce rapport, je m’interroge sur le mode de fonctionnement de notre pays. D’autres pays ont-ils produits des rapports similaires ? Les pays les plus en avance sur l’IA (États-Unis, Chine) ont-ils procédé de la même manière ? Adoptons-nous les bonnes méthodes pour rattraper notre retard ?
J’avoue un certain pessimisme quant à l’hypothèse de voir notre pays embrasser l’IA avec enthousiasme. Le retard pris dans l’adoption du numérique, voire la méfiance paradoxale qu’il inspire chez une partie de nos concitoyens, sont de mauvais signaux.
Je souhaite de tout cœur que le gouvernement se saisisse maintenant des 25 recommandations qui lui sont proposées. Le rapport fourmille de références (une centaine) pour approfondir. Autant d’arguments convaincants pour investir sans attendre notre pays dans la course à l’IA. Aussi il sera intéressant de suivre les annonces du gouvernement sur l’IA ainsi que les prises de position des partis politiques dans les prochaines échéances électorales.
LinkedIn compte 29 millions d’abonnés en France en ce début 2024. Le réseau social est devenu incontournable pour les professionnels en activité. Plus qu’un CV augmenté, il est pour ses abonnés un avatar, une page personnelle présente en permanence, un représentant infatigable de son activité professionnelle. C’est aussi une source de grande qualité pour suivre des personnes intéressantes dans tous les domaines, interagir avec la communauté et entrer en contact avec des prospects. La course à la notoriété sur LinkedIn est ainsi devenue un sport numérique avec ses champions, ses Top Voices et ses métriques. La plus visible est le nombre d’abonnés qui suivent une personne. Une autre, plus discrète, est le nombre d’impressions.
Une « impression » est un affichage de contenu dans le terminal (ordinateur, tablette, smartphone) d’un utilisateur. Cela ne garantit en rien que le contenu est lu, ni qu’il a fait réagir le lecteur et encore moins qu’il suscite un engagement business (une commande, la souscription à un abonnement, une proposition d’intervention dans une conférence, etc.). Cependant, un volume important d’impressions offre plus d’opportunités de conversions. Nous verrons donc comment j’ai obtenu 100000 impressions sans dépenser de budget pub, et quels résultats j’ai pu en tirer.
Notez que LinkedIn ne voit pas tout. Autant le réseau peut mesurer ce qui se passe au travers de son site et ses apps, autant il ne peut pas mesurer la popularité que l’on apprécie dans les échanges directs, avec ces personnes qui vous disent au hasard d’une rencontre : « j’ai vu ton post sur LinkedIn ».
Avant d’aller plus loin, quelques mots d’introduction :
21 octobre 2022, 16h : mon compte LinkedIn vient de dépasser les 100000 impressions sur un an ayant généré près de 1900 interactions. Autrement dit, LinkedIn a montré 100000 fois les contenus que j’y ai publiés.
Étant peu sensible aux fameuses Vanity metrics, je n’ai pas cherché à obtenir ce score. Mon objectif sur cette période était de développer la notoriété de mon entreprise DIMM.UP. Les volumes d’impression sont plutôt une conséquence de mes actions.
LinkedIn est un média social. En tant que média, il est intéressant de l’utiliser pour développer sa notoriété personnelle (personal branding) ou celle d’une marque.
Je me suis donc plongé dans les posts publiés dans l’année écoulée avant le 21 octobre 2022 pour comprendre ce qui avait fonctionné, ce qui au contraire avait planté, et en déduire des enseignements pour l’avenir.
Cet article est utile pour toutes les personnes qui cherchent à faire connaître une marque nouvelle en s’appuyant sur leur compte LinkedIn, ou encore aux consultants, freelances ou responsables marketing ou commercial, dirigeants qui cherchent à développer leur notoriété.
Ce que vous allez découvrir dans cet article :
Pourquoi est-il intéressant d’obtenir des milliers d’impressions sur LinkedIn ?
Comment savoir combien d’impressions génèrent vos posts LinkedIn ?
Comment accélérer le recrutement de nouveaux abonnés ?
Comment recruter des abonnés sur une page LinkedIn ?
Avant d’entrer dans le détail, quelques considérations d’ordre général vous aideront à faire le parallèle avec votre propre usage de LinkedIn :
À la fin de la période étudiée (21/10/2022), j’avais 3388 abonnés (+24%) et la page de DIMM.UP affichait 545 abonnés (+329%).
J’ai publié 143 posts LinkedIn pendant cette période d’un an.
Mon audience est essentiellement composée de cadres de la région parisienne.
Démographie de mon audience LinkedIn par lieuDémographie de mon audience LinkedIn par intitulé de poste
À quoi ça sert d’obtenir des milliers d’impressions ?
Au-delà de la satisfaction égotique, obtenir un grand volume d’impressions c’est :
Faire connaître son expertise auprès de sa communauté (c’est-à-dire ceux qui sont abonnés à votre compte et même rayonner au-delà), et aussi à ceux qui les suivent.
Développer la notoriété d’une marque naissante, sans débourser en achats d’espaces publicitaires et autres posts sponsorisés.
Susciter la curiosité de prospects qui réagissent aux posts, et avec lesquels il était ainsi plus naturel d’entamer un dialogue pour leur présenter notre offre.
Stimuler la croissance organique d’un réseau professionnel fortement affinitaire avec ce qu’on propose.
6511 impressions de la page LinkedIn de DIMM.UP sur un an. C’est modeste, mais c’est un début. Les visites proviennent le plus souvent des partages des posts depuis mon compte personnel.
Un volume d’impression modeste sur la page entreprise naissante
Quel est le coût de production de ces 100000 impressions ?
Comme je n’ai eu recours à aucune publicité, le coût est limité au temps de travail consacré à la création des contenus et à l’animation de la communauté.
J’estime avoir passé 28h20 pour produire les 143 posts sur la période étudiée. Soit moins de 4 jours ouvrés sur un an.
À cela s’ajoute le temps passé à répondre aux commentaires, à commenter les posts d’autres abonnés. Des actions difficiles à quantifier, réalisées au fil de l’eau dans la journée.
Combien ça vaut 100000 impressions ?
La valeur de 100000 impressions est très difficile à estimer. L’objectif étant de développer la notoriété de DIMM.UP, comment quantifier financièrement l’impact de ces impressions sur la notoriété de la marque ?
Une autre approche pourrait être de se rapporter au coût d’une campagne de publicité sur LinkedIn permettant d’obtenir 100000 impressions, essentiellement sur des cadres supérieurs de la région parisienne. Là encore, pas évident de chiffrer car cela repose sur un système d’enchères.
Un expert pourrait sûrement nous éclairer sur ce sujet. J’aurai plaisir à compléter le présent article avec des explications claires.
Qu’est-ce qui marche le mieux ?
Les questionnaires ont le meilleur rapport nombre d’impression / charge. En d’autres termes, c’est le média qui obtient le plus d’impressions et demandant une charge de travail assez faible pour le produire (00:07:30 en moyenne). Voir par exemple les différents titres que j’ai proposés pour mon dernier livre, La transformation digitale pour tous !.
Les vidéos, qu’elles soient embarquées (c’est-à-dire publiées sur LinkedIn) ou sur YouTube, demandent beaucoup de travail (respectivement 00:23:51 et 00:13:45 en moyenne) avec le bénéfice de susciter de gros volumes d’impression. Ce format est probablement privilégié par LinkedIn, l’abonné restant plus longtemps pour visionner la vidéo. Voir par exemple l’annonce du pitch que j’ai fait dans un concours de start-up organisé par l’IE-Club en partenariat avec Business France, demandant le soutien de ma communauté. Ça a tellement bien marché que DIMM.UP a gagné un prix ! L’annonce du prix a d’ailleurs généré près de 4000 impressions.
Un travail combiné sur la qualité des posts et sur la sollicitation des abonnés et des prospects, stimule l’audience. J’y reviendrai plus bas.
La qualité des posts, impliquant une charge de travail plus importante, est récompensée. Les 35 posts générant chacun plus de 1000 impressions, sur les 143 publiés sur la période étudiée (soit 24% du volume), ont généré à eux seuls 66% des impressions. Ils ont nécessité une charge de travail de 15:27:30 soit 55% de la charge totale de 28:20:00.
L’heure de publication influence-t-elle le succès du post ?
Comparaison du nombre de posts et des impressions par tranche horaire
Comme le montre ce graphique, j’ai eu tendance au cours de la période étudiée, à privilégier le début de journée, de 7h à 9h. J’avais lu quelque part que c’était le moment privilégié pour publier et être vu.
Or, il semble que mon audience soit plus réceptive à 17h et 18h. En tout cas le nombre moyen d’impressions des posts que je publie sur ce créneau, est nettement supérieur.
Il serait intéressant que je poste aussi à 19h et 20h pour voir si ce créneau peu convenir à mon audience, tandis que de mon côté à l’évidence, je ne m’en sers jamais !
Le pic à 10h s’explique par une seule publication, laquelle a bien fonctionné. Je ne peux donc pas tirer de conclusion sur le succès de ce créneau horaire.
Les vacances scolaires impactent-elles l’engagement ?
Mon audience étant principalement composée de cadres supérieurs de la région parisienne, j’ai comparé avec le calendrier scolaire de l’Ile-de-France. Il s’avère que les volumes d’impressions générés sont légèrement supérieurs hors vacances scolaires, sans que l’écart soit significatif (6% de plus par rapport aux vacances). J’en déduits donc que contre toute attente, publier pendant les vacances scolaires n’handicape pas la performance d’un post. De là à dire que les cadres de la région parisienne sont accrocs à LinkedIn, il n’y a qu’un pas 😁.
Comparaison des volumes d’impressions de posts publiés hors ou pendant les vacances scolaires
Quel est l’impact de la régularité de publication ?
Souvent mise en avant comme indispensable au succès d’un compte LinkedIn, je n’ai observé aucune corrélation entre régularité de publication et volume d’impressions. Au contraire, partager tous les jours ouvrés pendant plusieurs semaines (de janvier à mars 2022) les posts de la page LinkedIn de DIMM.UP, a entrainé très peu d’impressions. C’est donc encore une fois plutôt la qualité du post, l’usage de la vidéo et des questionnaires, et le fait de taguer les personnes les plus intéressées par le sujet, qui stimule l’audience.
100000 impressions, est-ce beaucoup, relativement au nombre d’abonnés ?
J’ai comparé mon compte avec celui de personnes que je connais et dont l’activité est similaire :
Le premier affiche 4607 abonnés, et a généré 34190 impressions en un an. En adoptant les enseignements tirés de la période étudiée et en rapportant à l’activité de mon compte, il pourrait passer à 135900 impressions, soit 400% de plus !
Le second, 22512 abonnés, a généré un peu plus de 300000 impressions. En appliquant ma méthode, il pourrait générer 664000 impressions par an, soit 220% de plus !
J’invite les lecteurs à partager le nombre d’impressions qu’ils génèrent sur un an (voir ci-dessous la marche à suivre), et à partager leurs astuces s’ils obtiennent de meilleurs résultats !
Les trucs qu’on ne voit pas dans LinkedIn et qu’on aimerait connaître
LinkedIn est un outil puissant et il nous cache encore certaines choses qui nous seraient bien utiles telles que :
La part d’audience hors relations de niveau 1, pour savoir si un contenu arrive à rayonner au-delà de sa sphère d’influence.
Les statistiques antérieures à un an.
Les trucs à savoir
Mon expérience sur la période étudiée, m’a permis de tirer quelques enseignements qui pourront vous être utiles :
Quand on publie une vidéo YouTube, LinkedIn affiche la vignette, d’où l’importance de soigner ladite vignette.
On n’arrive pas toujours à ses fins. Par exemple lorsque j’ai publié la première vidéo produit de DIMM.UP, j’aurais aimé atteindre beaucoup de monde alors que je n’ai obtenu que 1000 impressions.
Un message direct dans LinkedIn ou ailleurs (email, SMS, etc.), peut aider à stimuler l’audience d’un post. Mais attention à ne pas en abuser. D’une part c’est chronophage. D’autre part ça peut agacer les destinataires, sauf à ce qu’il y ait pour eux un intérêt réel dans le post. Faire preuve d’empathie.
On dit souvent que LinkedIn n’aime pas qu’on insère des liens dans les posts, car l’audience sort alors de LinkedIn. Dans le doute, j’évite de mettre des liens externes dans mes posts et je propose les liens en commentaire.
Publier une photo avec une personnalité booste l’audience. Exemple avec la photo de moi aux côtés de Jean-Noël Barrot (alors ministre du numérique). Le post n’annonce rien de particulier, mais il a suscité beaucoup de réactions.
Il n’est pas toujours aisé de faire réagir les personnes qu’on tague dans un post. Tout le monde n’est pas connecté en permanence à LinkedIn. Tout le monde n’a pas forcément envie de montrer son soutien à un post (car toute action sur LinkedIn est publique).
Même publié depuis plusieurs mois, un post continue à recevoir une audience. Certes moins que dans les jours qui suivent sa publication, mais ce n’est pas négligeable. Il faut donc penser à écrire pour l’instant et aussi pour le futur.
Un visuel montrant un plateau TV ou une scène (ex : Stade de France) attire l’attention, quel que soit le contenu du post.
Au terme de cette période d’étude, je m’interroge sur plusieurs points sans avoir obtenu de réponse empirique :
Une publication qui suscite l’engagement (à savoir avec beaucoup de likes et de commentaires), entraine-t-elle beaucoup d’impressions ?
Qu’est-ce qui stimule l’action de l’abonné ? Dans une vidéo intégrée, lui dire d’aller commenter ? Indiquer dans le texte du post un call to action ? Cela dit l’expérience montre que lorsqu’on demande aux gens leur avis, ils réagissent. Voir l’exemple avec les questionnaires déjà mentionné plus haut.
Est-ce que parler des autres stimule l’audience ? A minima ça les fait venir sur votre fil. Mais la question est surtout de savoir si le sujet apporte une valeur ajoutée à votre communauté.
Si vous avez des réponses à ces questions, contactez-moi !
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
L’expérience a montré que les tentatives suivantes n’ont pas atteint les résultats escomptés :
Publier tous les jours ouvrés en relayant les posts de la page LinkedIn de DIMM.UP. Ça n’a apporté aucun trafic à mon compte LinkedIn ni à la page DIMM.UP !
Ajouter une longue liste de hashtags dans l’espoir d’attirer l’attention en dehors de sa communauté, ne sert à rien. Soit les abonnés LinkedIn utilisent peu la recherche par hashtag, soit LinkedIn restreint l’affichage de posts qui en abusent.
Ce que je vais changer à la lumière des enseignements tirés
Je publierai aussi sur LinkedIn entre 17h et 19h.
Je publierai moins souvent, mais en travaillant la qualité de mes posts.
J’accompagnerai la publication d’un post de messages (via la messagerie LinkedIn, par SMS, WhatsApp, email ou même, soyons fou, en direct par la voix) à l’attention d’une communauté susceptible d’être intéressée.
En revanche je me refuse à publier des titres « putaclics » et de surfer artificiellement sur l’actualité dans l’espoir d’attirer de l’audience, comme je l’ai toujours fait sur mon LinkedIn.
Évolution du nombre d’abonnés LinkedIn sur la période étudiée
Le graphique ci-dessous montre la progression du nombre d’abonnés LinkedIn de mon compte personnel (échelle de gauche) et de la page DIMM.UP francophone (échelle de droite) du 25/10/2021 au 24/10/2022 :
Progression du nombre d’abonnés à mon compte personnel et à la page LinkedIn de l’entreprise
Jusqu’à mi-juin 2022, l’évolution du nombre d’abonnés à mon compte LinkedIn personnel est linéaire. Et pour cause, elle était directement liée aux rendez-vous commerciaux que je faisais. À chaque nouvelle rencontre, un nouvel abonné. Un modèle clairement peu efficace, avec une croissance de 176 abonnés en 8 mois, contre 483 les 4 mois suivants, soit une multiplication par 5 du rythme d’abonnements.
Comment cette accélération a été possible ? Comment toucher plus de monde, tout en conservant un haut niveau de qualité de contacts qualifiés ? C’est en mettant en place Waalaxy mi-juin 2022 que tout s’est accéléré. Si vous ne connaissez pas cet outil de marketing automation, je vous invite à le découvrir.
C’est en combinant le format des posts et des campagnes sur Waalaxy que je stimule les impressions. En effet, les nouveaux abonnés recrutés, se voient proposer automatiquement par LinkedIn les nouveaux posts que vous publiés. Meilleure est la qualité de ces nouveaux posts, meilleure est l’impression pour ces nouveaux abonnés, lesquels réagissent plus positivement. C’est un cercle vertueux.
Impact sur mon Social Selling Index
Cette activité consolide mon Social Selling Index (obtenez le vôtre sur https://www.linkedin.com/sales/ssi) à savoir mon « efficacité à imposer ma marque professionnelle, à trouver les bonnes personnes, à communiquer avec les bonnes infos et à construire des relations. » Au terme de la période d’analyse, j’étais ainsi dans les 2% meilleurs de mon secteur (conseil) et dans les 8% meilleurs de mon réseau.
Mon Social Selling Index au 15 novembre 2022
Concernant la page LinkedIn de DIMM.UP, je lance des campagnes d’invitation en début de mois. Jusqu’à l’été 2022, LinkedIn offrait un crédit de 100 invitations. Le crédit est rechargé dès qu’une invitation est acceptée. Les envoyer en début de mois me permet d’en envoyer d’autres en fin de mois, juste avant de recevoir un nouveau crédit de 100 invitations. Le seuil est passé à 250 à l’été 2022, ce qui permet des campagnes plus importantes. Néanmoins, le processus est laborieux, sauf à faire de l’envoi en masse sans cible une population particulière. Pour l’instant je préfère cibler, ce qui me demande un petit effort pour sélectionner parmi mes abonnés, ceux à qui j’envoie une invitation à suivre la page LinkedIn de DIMM.UP. J’ai pris l’habitude aussi d’envoyer une invitation systématiquement à mes abonnés les plus récents. Je pars du principe qu’ils seront plus enclins à l’accepter sachant que notre entrée en relation est encore fraîche dans leur souvenir.
Quels sont les posts qui ont le mieux performé ?
Les 143 posts publiés sur la période étudiée se répartissent de manière manifestement inégale, montrant une tentative d’accélérer le rythme de publication (janvier à avril 2022), que je n’ai pas réussi à tenir dans la durée :
Distribution mensuelle des 143 posts que j’ai publiés pendant un an
Parmi ces 143 posts, voici le top 5 des posts ayant généré le plus d’impressions (plus de 3000 chacun) :
Ce qui prime avant tout, ce sont donc les événements majeurs : la sortie d’un livre, un concours de start-up, un prix gagné, un concert au Stade de France, ou encore un partenariat qui fait le buzz.
Ensuite solliciter l’avis de sa communauté est un bon moyen d’obtenir des réactions et donc des impressions.
Enfin, inutile de s’épuiser à produire des posts tous les jours, ça ne sert à rien.
Comment aller plus loin ?
Pour aller plus loin et comprendre il est intéressant de lire le rapport 2022 Algorithm Research de Just Connecting, publié par Richard van der Blom sur son profil. Il décortique le fonctionnement de l’algorithme de LinkedIn. J’ai noté page 6 une synthèse de l’impact du comportement de l’utilisateur que nous sommes, sur les posts que LinkedIn nous propose. En effet, on oublie souvent qu’un réseau social nous présente les contenus qu’il pense que nous aimerons le plus. Nos actions le guident. Pensez-y !
Les informations générales de ce rapport sont intéressantes pour comprendre les tendances. Cependant une analyse plus fine, liée à la cible que l’on vise à atteindre (les cadres dirigeants, principalement en France dans mon cas), est utile pour optimiser l’usage de LinkedIn. Par exemple le rapport indique page 18 que le format vidéo pénalise le reach, en comparaison d’un post de texte avec une seule image, alors que j’ai au contraire observé une excellente performance de mes posts intégrant une vidéo.
Conclusion, à quoi ça sert de faire 100000 impressions sur LinkedIn ?
Vous l’avez remarqué, la période étudiée est déjà ancienne, puisque principalement sur l’année 2022. J’ai tardé à publier le présent article, tout en mettant en pratique les enseignements tirés de cette étude. Ainsi en 2023 j’ai mis en pratique plusieurs ajustements. Ce qui mériterait en soit un autre article !
L’important, au-delà du nombre d’impressions, c’est bien-sûr comment LinkedIn vous aide à gagner votre vie. Mes deux plus gros contrats de 2023 viennent directement de mon activité sur LinkedIn. J’ai aussi été invité à plusieurs webinaires, podcasts et conférences suite à des posts que j’ai publiés sur LinkedIn. La notoriété de la marque que j’ai créée, DIMM.UP, continue de se développer, avec plus de 1500 abonnés depuis février 2024, tandis que mon compte personnel comptait plus de 6000 abonnés. Chiffres à comparer à ceux en début de la période étudiée en octobre 2021, soit respectivement 127 et 2729. Et tout ça sans débourser un euro et en y consacrant un temps raisonnable.
La course aux nombres d’impressions n’est pas une fin en soi, mais un indicateur de l’impact de vos publications LinkedIn. C’est une source à analyser pour faire de votre LinkedIn un allier dans votre activité professionnelle. Et vous, comment valorisez-vous vos posts LinkedIn ?
Vous prétendez faire du marketing ? Alors vous devez être un full stack marketer. Comment faire ? En lisant Le marketing digital de @ à Z, de Yann Gourvennec et Hubert Kratiroff, aux éditions Eyrolles.
Le livre s’adresse aux responsables marketing d’entreprises de taille significative. Je dirais de plus de 100 employés. Les plus petites entreprises y trouveront aussi beaucoup d’informations utiles, mais elles pourront faire l’impasse sur certains chapitres plus théoriques (c’est aussi une question de goût).
On n’a pas forcément besoin de tout ce qui est décrit dans le livre, mais il est utile de savoir que ça existe et d’en comprendre les grandes lignes. Les auteurs ont pour cela facilité le travail du lecteur pressé grâce à des encarts en début (comprendre ce chapitre en 5 secondes) et en fin (ce chapitre résumé en une seule phrase), de chaque chapitre.
Le découpage en chapitres courts. Ainsi j’ai lu Le marketing digital de @ à Z en un mois à raison d’un chapitre par jour. Soit 20 à 30 minutes de lecture par jour pour acquérir une vision complète du marketing digital en 2024. Honnêtement, c’est un bon investissement.
Les nombreuses références vers des contenus additionnels pour approfondir le sujet. Le livre regorge de pointeurs offrant au lecteur le loisir d’aller plus loin.
La structure de chaque chapitre. Le découpage en facilite l’appropriation des concepts développés dans le chapitre. Les exercices proposés invitent à la mise en pratique. Essentiel pour les étudiants. Toujours utile pour les opérationnels en poste.
« Ce livre a une fonction vitale pour tous ceux qui souhaitent mettre les stratégies et les technologies numériques au service de leur métier. » (page 19)
Un bon équilibre entre théorie et pratique
Tout au long du livre, les auteurs ont eu à cœur de partager leur vision du marketing digital en apportant aux lecteurs à la fois le recul nécessaire et des éléments pratiques. Ainsi on se retrouve avec une vision d’ensemble du sujet tout en ayant des outils opérationnels à mettre en œuvre maintenant. Le livre se veut ainsi à la fois une bible et un guide opérationnel. Les auteurs ont réussi le tour de force de ne pas tomber dans la présentation détaillée d’outils tout en présentant les concepts importants dont la compréhension est nécessaire à leur mise en œuvre.
Un recul sur l’expérience donnant une vision de l’avenir
« Les nouveaux règlements sur les données sont là pour mettre fin à ces utilisations abusives, mais les marques qui ont pris les devants pour travailler sur les données avec le consentement des clients seront en avance sur les autres pour mettre en place cette personnalisation à grande échelle. Les retardataires seront de toute façon obligés d’y venir afin d’éviter de subir les foudres des gardiens de ces réglementations. » (page 59)
Je ne peux qu’être d’accord, tant la cohérence est importante en matière de digital : les outils, la veille réglementaire, les processus opérationnels, la formation continue des collaborateurs. Tout ce que l’on doit couvrir dans un diagnostic digital digne de ce nom.
« Il n’y a plus de marketing ni de marketing digital, le marketing digital est désormais inclus d’office dans le marketing. » (page 74)
« le marketing sans marketing digital aujourd’hui n’existe plus. » (page 89)
Un livre pour progresser
Ne vous attendez pas à lire Le marketing digital de @ à Z sur la plage. Voyez-le plutôt comme un support à votre réflexion. Ainsi de nombreuses questions sont posées au lecteur. Ces questions vous amènent à réfléchir sur vos pratiques et sur vos connaissances en matière de marketing digital. Je me suis prêté à l’exercice et me suis ainsi lancé dans de longs moments de réflexion. J’ai même découvert des outils que j’ignorais comme par exemple la fonction Dicter de Office disponible dans Word comme dans Outlook ou OneNote. Un outil fort pratique pour développer les contenus et suivre ainsi les recommandations des auteurs.
Zoom sur la maturité digitale
Page 94, dimmup.com (la plateforme que j’ai créée) est mentionnée comme outil de calcul du score de maturité digitale, aux côtés de France Num et Digiscore. Je ne peux qu’être heureux de cette mention ! Je me suis donc prêté à l’exercice de répondre aux deux questions qui suivent cette liste d’outils :
Quelle place ces calculs font-ils aux jemelapete.com ? Les jemelapete.com, comme expliqué en haut de la page 94, désignent les équipes digitales, planquées dans leur tour d’ivoire. Un outil de mesure de la maturité digitale donne à ces équipes une vision holistique du digital dans l’entreprise, en profondeur. Il permet à l’équipe chargée du digital d’appréhender le sujet de manière cohérente et transverse. C’est ainsi qu’avec dimmup.com, un diagnostic est posé sur la stratégie digitale, l’organisation qui la supporte, le personnel qui la met en œuvre, l’offre distribuée au travers du digital, les technologies mobilisées et l’environnement extérieur à l’entreprise. Ce genre d’outil est donc indispensable à toute direction du digital qui se respecte. Elle lui donne le moyen de formaliser la contribution du digital à tous les métiers de l’entreprise et inversement.
Quelles sont à votre [avis] les choses à faire et ne pas faire pour éviter d’en arriver là ? La direction du digital est un pont entre le monde extérieur et l’intérieur de l’entreprise. Elle doit absolument être incarnée de manière visible par tout un chacun. C’est d’ailleurs un gage de maturité digitale. Être auprès des équipes terrain, de tous les métiers, est nécessaire pour apporter les solutions numériques qui les aideront dans leur quotidien. Mesurer régulièrement la maturité digitale de l’entreprise donne à tous une vision claire des bénéfices apportés par les efforts de digitalisation. C’est une véritable tour de contrôle dont les équipes du digital sont maîtres d’ouvrage.
Un peu plus loin, page 205, petit moment de plaisir personnel en voyant l’encart tiré des données fournies par DIMM.UP aux auteurs. Je tiens d’ailleurs à remercier ici encore Yann Gourvennec et Hubert Kratiroff d’avoir ouvert les pages de leur livre pour évoquer l’entreprise que j’ai créée. C’est une belle reconnaissance qui me touche.
Page 206, la figure 54 reprend les données d’ateliers d’évaluation de maturité digitale animés par DIMM.UP.
Zoom sur les métiers du marketing
« Tout le marketing d’aujourd’hui est transformé par le digital, il n’est plus possible de travailler sans. » (page 101)
Page 114, les auteurs proposent cette intéressante cartographie des métiers du marketing digital. Utile pour les étudiants qui veulent se lancer dans ce domaine, comme aux recruteurs. Je m’interroge cependant sur l’absence de la mention de la vidéo dans la partie 4. Contenu & Multimédia.
Page 114, la figure 31 propose une grille des métiers du marketing digital.
De nombreuses recommandations
Les auteurs cumulent à eux deux soixante ans d’expérience dans le marketing digital, peut-être même plus. Ils ont vu passer des modes, des technologies qui allaient tout révolutionner, et d’autres qui ont mis plus de dix ans à s’implanter. Ce qui leur donne le recul nécessaire pour prodiguer recommandations et conseils avisés.
« Les entreprises qui attendent la prochaine invention pour monter dans le train de l’innovation sont probablement déjà perdues dans le métavers. » (page 118)
« La transformation doit être impulsée par le haut de la pyramide. Tant que la diversité totale ne sera pas adoptée chez les leaders avec l’exemplarité de l’utilisation des nouvelles technologies, les salariés et les clients ne se transformeront pas. » (page 139)
« Les géants du Web, qu’on nomme souvent GAFAM en France, nous rendent chaque jour des services trop bien faits en échange d’une liberté. Nous troquons notre propriété intellectuelle, nos secrets, notre identité, nos préférences, notre temps et nos loisirs contre des facilités apportées par les plateformes systémiques. » (page 165)
Qualité d’écriture et de mise en page
Je n’ai trouvé quasiment aucune erreur, faute d’orthographe ou oubli. Ce qui pour un livre de 400 pages, relève de la gageure !
Un des rares contre-exemples se niche page 171, où il est fait mention d’un outil que je n’ai pas trouvé. Un oubli ?
« Pour rendre compte des technologies de cryptographie, nous proposons en fin de chapitre un outil de «hachage » avec une fonction SHA256. »
« Une recommandation importante : ne parlez pas de transformation ! La première recommandation que nous aurions pour vous qui essayez de mettre en œuvre une transformation digitale dans votre entreprise serait définitivement de garder ce terme pour vous et d’éviter à tout prix de le répandre dans l’entreprise. » (page 229)
Quand je pense que j’ai co-écrit trois livres avec David Fayon avec le titre « transformation digitale » !
Une ode au full stack marketeur
Le marketing digital est devenu trop riche trop complexe pour qu’il soit appréhendé de manière complète par une seule personne. Aussi les auteurs invitent bien-sûr à comprendre les tenants et aboutissants de tous les aspects du marketing digital, tout en gardant l’humilité de faire appel à des experts.
« Cela ne veut pas dire que le full-stack marketeur sait tout faire, mais a minima qu’il est capable de diriger des experts de tous les domaines et de ne jamais perdre le fil de son projet. » (page 304)
Page 305, les auteurs proposent un étrange exercice pour les full stack marketeur en herbe : « Choisissez un livre au hasard, ouvrez une page au hasard, et lisez la première phrase située en haut à droite (le tirage au sort dans Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline donne «c’est pas le tout d’être rentré dans l’autre monde!»). Partant de la phrase que vous aurez identifiée, rédigez un article parlant de votre marque en maximisant les chances de référencement. »
Zoom sur l’intelligence artificielle
Les auteurs appréhendent l’intelligence artificielle avec le recul que leur confère leur expérience. Ainsi ils partagent leurs usages de ces « nouveaux » outils, qu’il s’agisse d’IA (reconnaissance vocale, vocalisation de textes, etc.) ou d’IA générative. J’ai ainsi découvert que Adobe Firefly, que je croyait réservé à des abonnés payants, propose une version gratuite d’excellente facture. Je me suis amusé à lui demander de générer les images dont les prompts sont proposés dans le livre page 331 :
1. Précis et « scientifique » : une formule 1, en ville, New York, un jour pluvieux, une foule regarde depuis les balcons, image hyper réaliste, caméra embarquée, compteur bloqué à 300km/h, gens affolés traversant les passages piétons, feu rouge, format photographique, couleurs vives (-ar 3:2 -chaos 10-v 5.2-iw 0.99].
2. Simple et direct: formule 1 compteur à 300km/h dans New York, affolant les piétons un jour de pluie [-ar 4:3-chaos 10-v5.2 – iw 0.99].
3. Abstrait et surréaliste (pour laisser l’IA délirer): impression de vitesse extrême, New York, pluie [–ar 3:2-chaos 10-v5.2-iw 0.99).
Un livre qui pousse à l’action
En lisant le chapitre 28 (Conseils en stratégie de contenu pour le B2B), je me suis dit que je devrais lancer un blog pour DIMM.UP. Nous pourrions y parler de maturité digitale, partager nos commentaires sur des études sur le sujet, développer des sujets liés à certains indicateurs de maturité digitale, parler des événements professionnels auxquels nous assistons (conseil #6), inviter des partenaires à s’exprimer pour donner des conseils pratiques. Bref, il y aurait de quoi faire ! Une simple rubrique « Blog » accessible depuis la home page de dimmup.com aurait sa place. Ça me semble d’ailleurs préférable dans une logique de SEO à un blog avec son propre nom de domaine. Chaque auteur aurait sa page de présentation (conseil #7), avec des liens vers ses réseaux sociaux (surtout LinkedIn). Mais publier tous les deux jours (conseil #15), me semble excessif. Cela dit ce sont des experts qui parlent. S’ils recommandent cette fréquence, c’est que leur expérience leur a montré que c’est une condition de succès du blog d’entreprise. Après tout, c’est une question d’organisation et d’allocation de ressources. Ce blog devra être a minima bilingue (français, anglais) et pouvoir accueillir d’autres langues dans le futur (je rêve de l’italien !).
« En 2022, 77 % des consommateurs affirment consulter les avis des sociétés de leur région de manière systématique ou régulière. 86 %soit environ 9 Français sur 10 lisent « toujours » ou « parfois » les avis consommateurs sur Internet, et une proportion légèrement supérieure (90%) les trouvent utiles ou très utiles. » (page 360)
Là encore, en lisant ce genre de chiffres, on ne peut qu’être stimulé à passer à l’action et vite donner un coup de polish à la page Google My Business de son entreprise !
Des outils à appréhender
Le livre fourmille aussi de tout un tas d’outils à appréhender, notamment pour gagner en productivité. Par exemple page 340, je n’avais jamais pensé à faire lire par Microsoft Word un texte que j’ai écrit. À expérimenter. Il suffit d’aller dans le menu Révision, et de cliquer sur Lecture à voix haute. La voix est un peu robotique, et ne sait pas prononcer certains mots techniques, mais elle permet d’entendre la musique d’un texte et ainsi d’en vérifier la lisibilité.
Inversement, dicter son texte à Word est une expérience étonnante. Il suffit d’aller dans le bandeau Accueil et de cliquer sur Dicter. Word se met alors à écrire ce que vous dîtes. Magique ! Je m’en suis d’ailleurs servi pour certaines parties de cette note de lecture.
De manière très égocentrique, il m’est clairement apparu que prendre en main la Google Search Console, mentionnée page 255, est une priorité. Le SEO est en effet un axe de progression pour DIMM.UP en 2024, comme identifié lors du diagnostic digital de fin 2023. Il faut vraiment que je m’y mette ! Une visite sur https://vismktg.info/livretg s’impose !
Un livre généreux
Les auteurs ont inséré dans leur livre une foule de liens, d’études, de vidéos, de visuels, de graphiques qui viennent compléter leur propos. Ce qui fait du livre Le marketing digital de @ à Z un livre généreux complété du site https://marketingdigitalaz.com/ qui l’accompagne, dans lequel on retrouve les nombreux compléments du livre.
Parmi les nombreuses astuces proposées, je retiens en particulier celles-ci :
La fonction dictaphone de Word (pour rédiger plus vite)
La fonction lecture de Word (pour vérifier la lisibilité de mes textes)
Adobe Firefly (que je pensais payant uniquement)
L’importance des avis sur la page Google My Business
Ce que j’aurais aimé trouver (on n’en a jamais assez)
Yann Gourvennec et Hubert Kratiroff ont fait un travail remarquable et pourtant j’aurais aimé trouver quelques points qu’ils détailleront certainement sur le site qui accompagne leur livre :
Le rôle des pages LinkedIn d’entreprise : pourquoi et comment les développer ?
Une vision d’ensemble des actifs digitaux pour vendre (façon « échelle de valeur » de Russel Brunson)
Une démarche macro pour faire connaître un produit à partir de zéro
Une explication de pourquoi la campagne que j’ai lancée en marge des 95 ans de Tintin n’a pas marché (oui, je sais, j’abuse 😁)
Le chapitre 12 est le seul qui m’a laissé pensif. En particulier la Figure 38 sur les trois stades de maturité digitale des entreprises. J’avoue ne pas comprendre.
Le chapitre 14, est pour moi le chapitre prise de tête. Une phrase résume à lui seul l’apothéose du gloubiboulga du Web3 : « Pour résumer toutes ces informations en une phrase: votre navigation naturelle du Web sur Brave vous fait gagner des BAT, qui vous servent à liker des publications, à écouter des musiques, à suivre des influenceurs; en retour, vos followers rapporteront des BAT en vous suivant et en vous plébiscitant, et vos marques préférées (artistes, influenceurs, fabricants) pourront directement vous remercier de votre fidélité en créditant votre wallet d’un cadeau. Bienvenue dans le WRM, le Wallet Relationship Management! » Aucune chance que le Web3 devienne la norme avec une telle complexité. J’avais déjà souffert en lisant le chapitre consacré au Web3 du livre de Guy Mamou-Mani, Pour un numérique humain. Voir ma note de lecture sur ce livre. Un domaine qui décidément ne m’attire pas !
Je suis aussi resté sur ma faim avec le chapitre 15. Je m’attendais à trouver un court guide pour élaborer sa stratégie marketing digitale. Le propos tourne surtout autour de Business Model Canva qui de mon point de vue, est plus large que le seul marketing digital. Peut-être là aussi un sujet pour une publication sur le site complément du livre.
Enfin page 363, la position des auteurs par rapport au Growth Hacking mériterait plus qu’en encart d’une demi-page. Ne peut-on pas utiliser les techniques de Growth Hacking de manière éthique ? Par exemple en quoi le Web Scraping pour récupérer une liste de comptes LinkedIn d’adhérents (à une fédération, un groupe de professionnels d’un secteur, etc.) démarchés ensuite automatiquement via LinkedIn (en y mettant les formes), est-il condamnable ? Quelle différence avec la même action menée à la main, compte par compte ?
Conclusion
Un livre qui inclue les mots panégyrique, zélote, cornucopianiste, ouroboros et idiolecte, mérite toute l’attention. Je vous révèle à quel endroit ils se trouvent si vous m’offrez une bière en contrepartie 😁.
Plus sérieusement, si vous dirigez une entreprise, vous ne pouvez pas faire l’impasse sur le marketing digital. Donc vous devez en comprendre les tenants et aboutissants, pour mieux piloter les équipes qui en ont la charge opérationnelle au quotidien. Si vous êtes un professionnel du marketing vous avez tout intérêt à comprendre l’ensemble des obligations que vous avez aujourd’hui à remplir. Si vous êtes un étudiant et souhaitez vous orienter vers le marketing digital, vous devez comprendre de quoi il en retourne avant de vous engager. Dans les trois cas, la lecture du livre Le marketing digital de @ à Z est fortement recommandée.
Bien-sûr si cette note de lecture vous a inspiré je vous remercie d’avance de revenir ici ou sur LinkedIn me faire part de vos commentaires. J’en serai ravi. Bonne lecture !