Diagnostic digital : L’avenir de l’IA

IA 4 Business, le nouveau média qui donne la parole aux acteurs de l’IA pour créer de la valeur, m’a posé 7 questions :

❓Qu’est-ce qui m’a incité à fonder DIMM.UP et quelle est ma vision de la transformation digitale et de l’IA ?

❓Quelles sont les principales tendances ou défis que j’ai identifiés récemment en matière de maturité digitale et IA dans les entreprises ?

❓Comment la compréhension du public envers la transformation digitale et l’intelligence artificielle a évolué, et quel rôle je vois pour moi-même dans cette évolution ?

❓Comment le modèle DIMM.UP est-il adapté à l’IA et comment se distingue-t-il des autres approches en matière de transformation digitale ?

❓Quelles sont les compétences clés ou les mentalités que je pense essentielles pour réussir une transformation digitale avec l’IA au niveau exécutif ?

❓Quelle est l’importance de l’écoute active et de l’approche collaborative dans la conduite de projets de transformation digitale réussis ?

❓Comment j’envisage l’évolution des technologies de l’IA et leur impact sur la transformation digitale

Une interview dense à découvrir sur ia4business.info. En la relisant, je note en particulier deux extraits marquants :

« En ce début 2025, nous ne sommes qu’au début de la révolution IA. Ainsi, piloter la transformation digitale est plus nécessaire que jamais. »

« Si les bases fondamentales de digitalisation sont fragiles, l’adoption de l’IA apportera peu de valeur. Ce qui suppose pour l’entreprise d’être lucide sur ses capacités digitales actuelles, afin de se construire une feuille de route réaliste d’adoption de l’IA génératrice de valeur pérenne. »

Au terme de la lecture de l’interview, il ressort une importance urgente pour les entreprises à prendre conscience de leur maturité digitale & IA pour profiter pleinement de l’intelligence artificielle. D’où le titre de l’interview, Diagnostic digital : L’avenir de l’IA. Vous sentez une certaine fébrilité sur le sujet ? Parlons-en !

IA 4 Business est un média qui parle de l’IA et qui la met aussi en œuvre. Je vous invite à jeter un œil sur la droite de l’interview. Un petit bouton vous permet de dialoguer avec la base documentaire. L’assistant IA propulsé par Zenbaia répond à vos questions, profitez-en !

Capture d'écran de l'interview de Michaël Tartar pour IA 4 Business avec assistant IA ouvert.
IA 4 Business propose un assistant IA à droite pour approfondir la lecture

L’IA au service du marketing, note de lecture

L’IA au service du marketing, de Sylvain Montmory, aux éditions Dunod, est une saine lecture pour tout marketeur. L’auteur propose un tour d’horizon des technologies d’intelligence artificielle qu’un responsable marketing doit absolument comprendre, à défaut de les maîtriser.

Il s’agit là d’une invitation à réfléchir, tandis que l’IA titille notre paresse dans ce domaine (en d’autres termes, on a tendance à moins réfléchir…). Or, comme l’écrit Sylvain Montmory en conclusion de son livre : « Le danger ne réside pas tant dans l’iA elle-même, mais dans notre propension à déléguer aveuglément notre intelligence, nos responsabilités, nos décisions. » (Page 220)

  1. Un livre pratique et sans fioritures sur l’IA
  2. Découvrez votre rapport personnel à l’IA
  3. Se former, se former, se former
  4. ChatGPT pour analyser un marché, vraiment ?
  5. De l’importance de l’humain dans la production de contenu
  6. L’IA et ses promesses d’efficacité
  7. L’IA est les obligations qu’elle nous impose
  8. Les clés de la réussite du marketeur du XXIe siècle
  9. Ce que j’ai aimé
  10. Ce que j’ai moins aimé
  11. Contributeurs que je connais (et qui méritent votre attention)
  12. Conclusion
  13. Mise en pratique

Un livre pratique et sans fioritures sur l’IA

Le livre présente un juste équilibre entre guide (vision macro), bonnes pratiques, inventaire (léger) d’outils, et recommandations (face aux risques propres à l’usage de l’IA dans le marketing). Il évite de tomber dans l’écueil des livres de technologie à durée de vie très courte, en se focalisant plus sur la place des outils dans le métier des marketeurs, que sur le mode opératoire de tel ou tel outil. Il fait d’ailleurs le choix délibéré de se concentrer sur quelques outils, plutôt que de se lancer dans une énumération qui aurait peu d’intérêt.

Découvrez votre rapport personnel à l’IA

Sur la forme, Sylvain Montmory crée d’emblée un dialogue avec son lecteur. Ainsi page 20 il propose un quizz pour se positionner personnellement face à l’IA. Pour ma part, avec cinq réponses C et cinq réponses D, me voilà une entité hybride, à mi-chemin entre le Centaure et Iron Man ! Je me reconnais bien dans la description du Centaure cependant.

Ainsi le marketeur / lecteur découvre l’étendu de l’usage de l’IA dans son métier, tout en étant amené à réfléchir à son évolution :

« Chaque hallucination nous rappelle notre rôle d’êtres pensants et critiques. » (Page 36)

Se former, se former, se former

« Face au TGV de l’IA, les organisations doivent mettre en place une stratégie de formation agile et complète, en commençant par le top management. L’apprentissage continu est le corollaire du changement et aide à reprogrammer l’état d’esprit des équipes. » (Page 50)

Ce qui est vrai avec le digital, l’est encore plus avec l’IA, du fait de l’accélération. Je souscris totalement à cette recommandation et, en application du devoir d’exemplarité, je me l’applique à moi-même. Mieux, je partage sur LinkedIn tous les mois depuis début 2023 les connaissances nouvelles que j’ai acquises le mois précédent. En commençant par demander à mes abonnés : quelles connaissances nouvelles avez-vous acquises en [Mois] ?

Post LinkedIn publié le 6 novembre 2024, interrogeant mes abonnés sur les connaissances qu’ils ont acquises en octobre.

Ainsi début novembre 2024, je partageais ma découverte d’Expandi.io, outil d’automatisation des messages LinkedIn, intégrant l’IA (mais qui pourrait déplaire à Sylvain, j’en parle plus loin). Vous pouvez d’ailleurs avoir envie de découvrir cet outil.

ChatGPT pour analyser un marché, vraiment ?

« ChatGPT analyse les tendances du marché et les performances de contenus similaires pour formuler des objectifs mesurables et pertinents. » (Page 100)

J’avoue une certaine perplexité en lisant cette phrase. Car ChatGPT n’analyse rien du tout. Dans le meilleur des cas il a été entraîné avec des rapports d’études de marché sur des contenus similaires à ceux que la marque produit.

De l’importance de l’humain dans la production de contenu

Comme le suggère l’auteur, je suis allé lire le texte généré par l’IA sur « La curation de contenu avec l’IA. » (Page 106) Il m’a semblé long, parfois répétitif et trop plat pour m’inviter à passer à l’action. C’est une bonne base, mais qui demande d’être affinée, d’y intégrer un peu plus d’humanité.

Juste en-dessous, j’ai eu le plaisir de découvrir la mention du collectif 100% humain, dont je vous parlais dans mon article ChatGPT, six mois de folie. Je vous invite d’ailleurs à visiter le site humansubstance.com où vous trouverez les dernières publications du collectif.

Sylvain Montmory le reconnaît, il aime la musique mais n’a pas de talent musical (Page 118). Le seul talent musical que j’ai est de savoir jouer de la guitare. Surtout du rock et ses dérivés. Et autant je m’amuse à générer toutes sortes de choses avec les IA, autant plus je monte sur scène, plus je m’aperçois de l’importance du live. Les IA ne savent pas générer des émotions que l’on partage entre êtres humains. Cette connexion unique entre un musicien et le public. Je suis convaincu que plus nous utiliserons les IA pour générer des contenus, plus les contenus authentiques, spontanés, créés devant nous pendant un concert, auront de valeur, du fait du partage de nos émotions.

L’IA et ses promesses d’efficacité

« Adoptons des principes simples pour une gestion efficace des réunions : exigence d’un ordre du jour, respect des horaires, durée maximale de 45 minutes, limitation à deux réunions par jour, et une conclusion précisant « qui fait quoi pour quand. » » (Page 162)

Et je serais tenté d’ajouter : utilisons les IA pour nous aider à rédiger efficacement les comptes rendus, voire alimenter les outils de suivi d’actions (voir page 175 avec le binôme Teams + ChatGPT, ou aussi Fireflies.ai ou Lexxi.ai).

L’IA est les obligations qu’elle nous impose

« Avec l’arrivée de l’IA, nous devons hausser d’un cran notre niveau de vigilance en vérifiant la source de la source. » (Page 165)

On le dit depuis l’arrivée de ChatGPT sur le marché grand public : il faut se méfier de ce qu’il raconte !

« La clé pour surmonter le FOBO (Fear Of Being Obsolete) réside encore et toujours dans l’édu- cation et la formation. » (Page 207)

On en revient là encore à l’importance de se former désormais en continu, comme je l’évoquais plus haut.

Les clés de la réussite du marketeur du XXIe siècle

Le témoignage d’Angélique Gérard (Page 211) est inspirant à bien des égards. Je me permets d’en reproduire ici une partie qui fait office de guide pour le marketeur du XXIe siècle :

« Dans ce contexte, le succès de l’opération « vivre-ensemble » passera par la compréhension de notre valeur humaine, impossible à recréer en IA. Nous serons ainsi mieux préparés à relever les défis, à saisir les opportunités et à être épanouis dans une sphère professionnelle en évolution permanente.

La réussite rime alors avec l’accès à certaine mentalité :

  • Adaptabilité, flexibilité, résilience et anticipation ; ajustements sans lesquels notre espèce n’aurait pu survivre aux changements les plus intenses.
  • Capacité d’apprentissage continu.
  • Réinvention professionnelle permanente.
  • Capacité à identifier et à saisir les opportunités.
  • Capacité à se projeter dans des solutions créatives et innovantes, véritable avantage concurrentiel.
  • Compétence numérique et culture des données, nécessaires pour la prise de décision, l’automatisation et l’innovation.
  • Ouverture d’esprit, pensée critique et résolution de problèmes.
  • Intelligence émotionnelle, clé d’un environnement de travail sain.
  • Communication non violente et collaboration : cultiver notre humanité, nos singularités et nous connecter aux autres dans une démarche d’intelligence collective constituent d’ores et déjà des axes essentiels pour faire équipe avec I’IA, afin qu’elle révèle tout son potentiel tout en préservant le nôtre. »

Ce que j’ai aimé

  • La posture réaliste face à l’IA, bien résumée dans la 4e de couverture.
  • Les nombreuses références, comme autant d’illustrations des réalisations faites avec l’IA.
  • L’équilibre entre une juste fascination face aux IA et la reconnaissance du rôle de l’humain. Par exemple :

« L’optimisation SEO n’est pas une quête ultime. Trop de prétendus experts préconisent d’écrire pour les algorithmes. Mais franchement, c’est le monde à l’envers ! Nous devrions avant tout écrire pour notre public, partager nos idées, notre expertise, notre opinion, notre humeur, et seulement ensuite optimiser ce contenu pour le SEO. » (Page 131)

  • La bonne idée d’avoir évité la tentation de la facilité en abreuvant le livre de prompts et des réponses apportées par les IA génératives.
  • La recommandation d’un usage équilibré de l’IA et des automates :

« Personnellement, nous postons [sur LinkedIn] quand nous avons quelque chose d’intéressant à dire, donc pas très souvent. » (Page145)

Je n’aurai pas mieux dit ! Cette approche me permet d’obtenir 100000 impressions par an auprès d’une cible privilégiée.

  • Les explications claires de l’application du droit d’auteur (Page 192).

Ce que j’ai moins aimé

La description du manager augmenté, pour laquelle l’auteur convoque Arthus de Longuemar, m’a laissé perplexe (Page 51). Je comprends les idées, mais le propos manque de pratique. Concrètement, on fait comment ?

J’aurais aimé voir le fameux logo décrit page 95. Où est-il ce centaure domptant une vague ? Un petit effort de réflexion et la saisie de « Sylvain Montmory » sur Google m’a guidé jusqu’au site où j’ai enfin pu voir le logo créé avec l’aide de l’IA : https://www.centaure-marketing-ia.fr.

Je suis en désaccord avec l’auteur sur l’interdiction de l’usage des automates sur LinkedIn. De la même manière qu’un outil d’emailing bien utilisé est efficace pour interagir avec son carnet d’adresse, les automates LinkedIn sont efficaces pour interagir avec sa communauté. À condition bien-sûr de ne pas tomber dans l’automatisme à outrance et débilisant. Il est vite démasqué par le manque flagrant d’authenticité dans la relation qui est sensée se nouer avec l’interlocuteur.

Contributeurs que je connais (et qui méritent votre attention)

Au fil de ma lecture, j’ai eu le plaisir de lire les contributions de personnes que j’ai eu la chance de rencontrer dans la vraie vie, comme Mick Levy (préface, page 9), Yann Gourvennec (Pages 107 et 165), Émilie Marquois (Page 140) et Frédéric Canévet (Page 142). Leurs contributions sont autant de pépites qui viennent renforcer le propos de l’ouvrage et ouvrent la voie à un approfondissement pour le lecteur.

Conclusion

Vous êtes responsable marketing ? Vous devez lire L’IA au service du marketing. Vous devez le lire d’une traite ou presque. Votre métier est en plein bouleversement. Vous devez vous frayer un chemin en comprenant les concepts clés de l’IA, pas uniquement en vous jetant tête baissée sur le dernier outil à la mode.

Ce livre vous guidera dans vos réflexions, vous aidera à assimiler des notions et d’éviter les pièges tendus. Il ne vous promet pas de miracles, mais des progrès tangibles. À commencer par comprendre si vous êtes un Robinson, un Astérix, un Centaure ou un Iron Man avec l’IA. Bonne lecture !

Mise en pratique

Rien de mieux que de mettre en pratique les bons conseils de ce livre… pour en faire la promotion !

En lisant le livre, une IA m’a aidé à récupérer les textes des citations que vous avez pu lire dans cette note de lecture (Google Lens).

Une autre IA m’a aidé à rédiger le script d’une courte vidéo à partir du texte de ma note de lecture (Google Gemini).

Une IA a généré les incrustations de texte au sein de la vidéo (BIGVU).

Enfin une dernière IA a généré le texte du post LinkedIn d’introduction à la note de lecture (ChatGPT).

J’ajoute que des techniques d’IA ont aussi été appliquées pour générer la vignette de cette vidéo.

Transformation digitale permanente : pourquoi l’accompagnement est nécessaire

Le 15 octobre 2024, j’intervenais lors d’un webinaire organisé par DIMM.UP en partenariat avec Zeebra, sur le thème de l’accompagnement à la transformation digitale.

Selon l’IA qui m’a assisté pendant cet événement :

Le webinaire a mis en lumière que la transformation digitale est un processus continu qui nécessite une attention constante aux besoins des collaborateurs et une adaptation aux évolutions technologiques. Les intervenants ont encouragé les entreprises à prendre des mesures proactives pour réussir cette transformation.

  1. Les meilleurs moments
  2. Les points clés du webinaire vus par une IA
  3. Actions recommandées
  4. Conclusion

Les meilleurs moments

Les meilleurs moments du webinaire sont ici (6 minutes sur les 49 du webinaire) :

Pour participer au prochain webinaire, je vous invite à suivre attentivement la page LinkedIn de DIMM.UP et à vous abonner à notre newsletter.

Les points clés du webinaire vus par une IA

Une IA m’a aidé à ressortir les points clés du webinaire. Il m’a suffi de lui donner la captation vidéo de l’intégralité du webinaire et d’attendre quelques secondes. Le résultat est tout à fait conforme à ce qui s’est dit. Il est même probablement plus objectif que si moi ou un autre intervenant l’aurait rédigé. En effet, nous aurions tendance à mettre l’accent sur les points qui nous arrangent, alors que l’IA est a priori plus objective. Une chose est sûre, j’ai gagné du temps en recourant à cette IA. J’estime avoir gagné environ une heure grâce à l’IA, temps nécessaire pour revisionner l’intégralité du webinaire et rédiger un texte synthétique.

Voici les points clés, tels que l’IA les a restitués :

  1. Importance de l’Accompagnement : La transformation digitale nécessite un investissement non seulement dans la technologie mais également dans l’accompagnement des équipes.
  2. Défaut de Prompting : Une formation insuffisante sur l’utilisation des outils numériques, notamment l’IA générative, peut entraîner une faible appropriation par les collaborateurs.
  3. Principes de Réussite : Quatre principes ont été identifiés pour réussir la transformation digitale :
  • Adhésion des équipes au projet de transformation.
  • Implication des managers intermédiaires.
  • Rendre la transformation virale à travers des témoignages de pairs.
  • Utilisation de bons outils pour faciliter le processus.
  1. Diagnostic de Maturité Digitale : Il est essentiel de réaliser un diagnostic pour comprendre la situation actuelle avant de définir des actions de progrès.
  2. Résistance au Changement : La résistance au changement est un obstacle majeur, et il est crucial de communiquer clairement sur les bénéfices de la transformation.

Actions recommandées

L’IA ne s’est pas contentée de me fournir les points clés. Elle m’a aussi proposé plusieurs actions distillées par les intervenants. Sans vraiment les énoncer exactement de cette manière, ces actions n’en restent pas moins pertinentes. Et je l’avoue, j’e n’aurais pas mieux écrit. Là encore, j’estime avoir gagné une demi-heure, car le plus difficile ici, est d’aller à l’essentiel.

Voici les actions recommandées par l’IA :

  • Réaliser un diagnostic de maturité digitale pour chaque entreprise.
  • Impliquer les managers intermédiaires dans le processus de transformation.
  • Former les collaborateurs sur l’utilisation des nouvelles technologies, notamment l’IA générative.
  • Encourager le partage d’expériences et de bonnes pratiques entre les équipes.
  • Évaluer régulièrement les progrès et ajuster les stratégies en fonction des résultats.

Conclusion

Enfin, en guise de conclusion, l’IA propose là encore un court texte tout à fait acceptable :

Le webinaire a mis en lumière que la transformation digitale est un processus continu qui nécessite une attention constante aux besoins des collaborateurs et une adaptation aux évolutions technologiques. Les intervenants ont encouragé les entreprises à prendre des mesures proactives pour réussir cette transformation.

Pour ma part, j’ajoute des éléments de suite, pour inviter les personnes qui visionnent le replay à poursuivre leur investigation. Ainsi j’invite le lecteur à réaliser le diagnostic digital de son entreprise sur dimmup.com et si besoin, de me contacter pour que je l’aide à le faire (prestation facturée).

IA, du moteur de recherche au moteur de réponse

Les IA génératives vont transformer les moteurs de recherche en moteurs de réponse. La chose peut paraître conceptuelle. Pour l’illustrer, voici un exemple d’usage simple et comparatif de Google Search comparé à Google Gemini, Microsoft Copilot et Le Chat de Mistral AI. J’ai voulu rédiger une critique de la série Dix Pour Cent. J’avais besoin de connaître la durée totale de la série, sur l’ensemble des quatre saisons. L’approche « classique » avec un moteur de recherche s’avère totalement dépassée grâce à l’IA générative. Mais attention, la réponse des IAGen n’est pas toujours pertinente. Il faut donc rester vigilent !

La méthode classique, laborieuse

Pour calculer la durée totale d’une série, il faut d’abord trouver la durée des épisodes. L’information est rarement disponible de manière brute sur le Web. Il faut donc rechercher différentes sources. Une requête dans un moteur de recherche revoie une liste de sites à visiter, dans lesquels on espère trouver l’information recherchée, à savoir la durée totale de la série.

Réponse de Google Search à la requête : « durée totale de la série dix pour cent »

Un coup d’œil rapide sur la liste de liens, fait comprendre que la tâche s’annonce ardue. L’idée d’ouvrir chaque lien, d’y trouver peut-être une partie de l’information recherchée (par exemple la durée de chaque épisode, sachant qu’il y en vingt-quatre !), de compiler les données dans un tableur, pour calculer finalement la durée totale (l’information qui m’intéresse, je vous le rappelle), me fait repenser aux travaux des moines bénédictins. Je renonce d’avance !

La méthode moderne, efficace

C’est alors que je me tourne vers les IA génératives en leur posant simplement cette question dans un prompt d’une simplicité enfantine : « Quelle est la durée totale de la série dix pour cent ? »

Réponse immédiate de Google Gemini : 22 heures et 48 minutes. En prime il exprime son raisonnement, exactement celui que j’aurais adopté :

Réponse de Google Gemini suite au prompt : « Quelle est la durée totale de la série dix pour cent ? »

Mais si on pose la même question à Microsoft Copilot, la réponse est tout autre. En clair il ne répond pas à la question et vous invite sans le dire, à vous débrouiller avec le peu d’informations qu’il a trouvées. Il n’applique aucun raisonnement, il se contente de restituer les données de base qui permettront de répondre à la question :

Réponse de Microsoft Copilot suite au prompt dicté oralement : « Quelle est la durée totale de la série 10% ? »

Quant à LeChat de Mistral AI, il apporte une réponse la plus efficace à cette question (20 heures 48 minutes), en donnant les données de base (sans citer ses sources), et en expliquant son raisonnement avec le mérite d’être synthétique :

Réponse de LeChat de Mistral AI suite au prompt : « Quelle est la durée totale de la série dix pour cent ? »

Conclusion

Le lecteur averti aura remarqué que les deux IA génératives ayant répondu à la question posée, n’ont pas donné la même réponse. Quelle est la durée totale de la série Dix Pour Cent ? 22 heures 48 minutes selon Google Gemini, 20 heures 48 minutes selon Mistral AI. La vérité est probablement entre les deux, même si je dois admettre une préférence pour le raisonnement suivi par Google Gemini qui a pris en compte des données de base plus précises. En effet, la durée d’un épisode varie de 47 à 67 minutes, ce qui fait une moyenne de 57 minutes, et non 52 minutes comme retenu par Mistral AI.

Dans les deux cas, l’efficacité des IAGen est incomparable par rapport à un moteur de recherche. Les IA génératives sont donc, pour ce type de cas d’usage, de bien meilleurs outils. À condition de rester vigilent sur leurs limites et de contrôler leur « raisonnement ». En d’autres termes, les IA génératives, comme on le voit au travers de ce cas d’usage, améliorent l’efficacité des utilisateurs, tout en les amenant à mieux réfléchir, tant à la question qu’ils posent (leur prompt), qu’à l’analyse de la réponse. Ce qui suppose de ne pas prendre pour argent comptant une réponse apportée par une IA générative, et de continuer de faire travailler son cerveau.

31 août 2024, journée mondiale du blog

J’ai lancé ce blog michaeltartar.com le 1er janvier 2010. En ce 31 août 2024, journée mondiale du blog, un mini bilan est le bienvenu.

Liberté d’expression

Ce blog est avant tout un lieu d’expression libre (dans le respect de la loi bien-sûr), comme je l’explique dans le premier article que j’ai publié le 1er janvier 2010. J’en maîtrise le contenu et le support. Autrement dit, je ne dépends de personne, à la grande différence d’un réseau social ou d’un média.

Autre avantage, même les articles que j’ai publiés il y a près de 15 ans restent accessibles. Ce contenu créé au fil du temps, est un actif qui représente ce que j’ai pu penser de tel ou tel sujet lié au digital. C’est une formidable source pour nourrir un avatar IA.

L’ensemble des 164 articles que j’ai publiés à ce jour, représente un document de 471 pages et 184000 mots.

Liberté de publication

Je n’ai jamais voulu être esclave de mon blog. Je publie quand l’actualité le justifie, que j’ai le temps de le faire, ou que je vois un intérêt business évident à m’exprimer sur ce support en toute liberté. Ce qui explique que mon assiduité a été variable au fil du temps :

Nombre d’articles publiés par année

Liberté d’audience

En conséquence, l’audience est irrégulière, même si on note une corrélation évidente entre le nombre d’articles publiés et le nombre de vues et de visiteurs :

Nombre de vues et de visiteurs par année

Top 3 des articles les plus lus

Voici le top 3 des articles les plus lus en 2024 :

ArticleVuesDate de publication
Pour un numérique humain, note de lecture13708/02/2024
Comment j’ai obtenu 100000 impressions sur LinkedIn en un an gratuitement et à quoi ça sert ?11712/03/2024
Green IA, note de lecture10819/04/2024

Le top 3 des articles les plus lus en 2023 est plus intrigants :

ArticleVuesDate de publication
ChatGPT, six mois de folie96616/06/2023
La FNAC cartonne sur les médias sociaux. Avec quelle stratégie ?29328/07/2014
La transformation digitale de votre entreprise vous préoccupe. Dirigeants, il vous faut d’abord savoir d’où vous partez.26513/01/2023

En effet, ce qui m’intrigue le plus dans ce top 3, c’est l’audience de l’article sur la FNAC, publié il y a dix ans !

Comme je ne fais pas beaucoup d’efforts pour promouvoir mes articles, l’audience reste faible en volume. Cependant mon blog est un formidable outil de promotion commerciale. Lors d’un échange avec un prospect, il m’arrive en effet souvent d’envoyer le lien vers un de mes articles. Le blog est ainsi une bonne façon de promouvoir mon expertise.

Conclusion

J’ai bien l’intention de continuer de bloguer. Depuis que j’ai lancé DIMM.UP, beaucoup d’articles que je publie touchent de près ou de loin mon entreprise. J’ai en effet tendance à traiter de sujets qui sont liés à la maturité digitale. Alors qu’auparavant mes propos étaient plus éclectiques. Reste à voir comment tout ça va évoluer dans les années à venir !

Attirer les talents et les fidéliser dans un monde digital

Le 24 juin 2021, entre deux confinements, j’ai été invité à intervenir lors de la conférence Digital RH sur le thème « Attirer les talents et les fidéliser dans un monde digital ».

Avec le recul, le thème de la conférence résonnait étonnamment avec l’actualité, puisqu’à ce moment-là, du fait du Covid-19, le digital était devenu le moyen privilégié pour continuer de faire fonctionner les entreprises, et donc aussi pour recruter.

Lors de cette conférence j’ai passé en revue toutes les qualités de l’acquisition et de la fidélisation de talents, sous un angle numérique. J’y défends une position simple : un candidat, est un client comme un autre. Ce qui oblige le responsable ressources humaines à devenir un marketeur.

Se posent alors une multitude de questions (j’en ai dénombré 31), dont on s’aperçoit qu’elles sont liées aux indicateurs de maturité digitale mesurés par DIMM.UP (les codes et pages font référence au livre La transformation digitale pour tous !) :

QuestionRéponseCodePage
Comment construire le plan stratégique ciblant les talents ?En combinant les besoins liés à la stratégie de l’entreprise avec le middle management et le terrainSP1
SP2
116
Comment identifier les talents ?En mettant en place un processus de veilleSV1117
Comment séduire les talents ?Avec une bonne e-réputationSV2118
Comment s’adapter aux talents ?En comprenant les comportements et usages digitauxSV3119
Comment être présent H24 ?En renforçant la part des canaux numériques dans l’acquisition de talentsSE5122
Comment distribuer les offres partout ?En favorisant l’interopérabilitéOFI3218
Comment donner accès aux services sur tout le parcours d’acquisition de talents ?En les rendant accessibles via les canaux numériquesOFC1220
Comment piloter les actions on line d’acquisition de talents ?En mesurant les taux de transformationOFC5223
Comment séduire partout ?En étant cohérentOFM3225
Comment atteindre les cibles ?En veillant à la notoriété de la marqueOFM6226
Comment interagir avec les cibles au travers des médias sociaux ?En veillant à l’audience de la marqueOFM7227
Comment proposer une expérience candidat attractive ?Par une relation omnicanale, y compris après la fin du processusOFE1
OFE2
227
228
Comment organiser les relations avec les candidats en impliquant les opérationnels ?En mettant en place un RACIORG5140
Comment garantir la qualité des relations au travers des outils numériques ?Par une charte d’usage bien appropriée par les collaborateurs et une bonne appropriation des outilsORG6
ORG7
140
141
Comment impliquer les managers dans le processus ?En favorisant un mode 2.0 plus ouvert, favorisant la circulation d’informationORM2144
Comment favoriser les échanges entre RH et opérationnels ?Par une culture collaborativeORM3144
Comment innover ?En favorisant la remontée des idées des collaborateursORS5148
Comment être sûr que les candidatures sont bien traitées ?Par la maîtrise des outils à tous les niveaux de l’organisation par une formation et une éthiquePF1
PF2
PF3
PF6
170
171
172
174
Comment préparer la fidélisation ?En attirant des talents en phase avec la culture d’entreprisePF7174
Comment garantir la disponibilité H24 des services de recrutement ?En partageant le savoir pour assurer la continuitéPI3176
Comment irriguer les supports de présence visant à attirer les candidats ?En favorisant les contributions des collaborateurs en interne comme en externePI5
PI6
177
178
Comment attirer et fidéliser dans la durée ?En construisant un parcours omnicanal couvrant l’avant et l’après recrutementPE1179
Comment diffuser les offres de manière fluide ?En ouvrant ses donnéesTIA4258
Comment bénéficier des dernières innovations sécurisées ?En utilisant les services cloudTIA5259
Comment traiter les gros volumes ?Avec le RPATIA8260
Comment accueillir en ligne quels que soit les terminaux utilisés ?En choisissant des solutions universelles, responsives (TIO1), accessibles (TIO2), visiblesTIO1
TIO2
TIO3
261
261
262
Comment garantir l’évolutivité des outils utilisés par les candidats ?En veillant à l’utilisations des standardsTIS1265
Comment garantir la possibilité pour les candidats d’interagir quand ils le souhaitent ?En veillant à la disponibilitéTIS2266
Comment convaincre les candidats de rejoindre l’entreprise ?En étant présent dans des lieux attractifsEE2297
Comment attirer les talents innovants ?En étant en proximité avec les écosystèmes innovantsEE6299
Comment donner confiance dans le processus ?Par le respect de la réglementation et du droit numériqueER1300

Pour savoir où en est la digitalisation de votre process de « talent acquisition », vous pouvez dès maintenant l’évaluer sur la plateforme dimmup.com.

Vous pouvez vous demander pourquoi j’ai mis trois ans pour publier cette vidéo et cet article. Tout simplement par manque de temps ! En la visionnant de nouveau, je m’aperçois que le propos reste aujourd’hui pertinent. Dans l’intervalle, j’ai sorti avec mon ami David Fayon le livre La transformation digitale pour tous !, qui est devenu best-seller 2022 chez l’éditeur Pearson. Et surtout plusieurs centaines de diagnostics de maturité digitale ont été lancés sur la plateforme dimmup.com. Qu’attendez-vous pour faire le diagnostic digital de votre dispositif d’acquisition et de fidélisation de talents ?

Tirer profit de l’IA, conférence du 6 juin 2024

Comment bénéficier de l’intelligence artificielle ? En comprenant que l’IA est la dernière vague de digitalisation. À ce titre, elle repose sur les mêmes fondamentaux que les précédentes (informatisation, dématérialisation, Web, Internet mobile, réseaux sociaux, etc.). Pour en tirer profit, il est donc essentiel de bien comprendre le niveau de maturité digitale de l’entreprise. De plus, il existe un lien entre le niveau de digitalisation et la performance financière.

C’est en tout cas la thèse que j’ai défendue lors de la conférence IA360 organisée par Antropomedia le 6 juin 2024 à Neuchâtel dans les locaux de Microcity. J’avais un petit quart d’heure pour m’exprimer, comme les autres intervenants que j’ai ensuite retrouvés en format table ronde.

Comme c’était la première fois que je me rendais en Suisse, j’ai placé mon intervention sur le thème du voyage. J’ai proposé aux participants trois étapes :

  1. La maturité digitale et comment la mesurer
  2. L’impact de la digitalisation sur la performance financière
  3. Une expérience en live avec l’IA

Vous préférez les vidéos aux textes ? Ma conférence est disponible à la fin du présent article.

  1. Introduction
  2. Qu’est-ce que la mesure de la maturité digitale ?
  3. Comment le digital impacte la performance financière ?
  4. Une expérience live avec l’IA
  5. La conférence comme si vous y étiez

Introduction

En guise d’introduction (« ice breaking » comme disent les anglo-saxons), j’ai invité les participants à évaluer spontanément la maturité digitale de leur entreprise, sur une échelle de 0 à 5. C’est un exercice intéressant, à la fois sur le fond (les gens se mettent à réfléchir), et sur la forme (je crée un dialogue avec l’audience). Au passage, je collecte les données dont j’ai besoin pour la troisième étape de mon voyage.

Qu’est-ce que la mesure de la maturité digitale ?

La mesure de la maturité digitale suppose de bien comprendre comment l’entreprise appréhende tout ce qui concours à sa digitalisation. Elle doit pour cela s’interroger sur les six leviers à sa disposition pour adopter le digital en profondeur, et donc bénéficier de l’intelligence artificielle, dernière vague de digitalisation :

Les six leviers de digitalisation à évaluer en profondeur pour déterminer la maturité digitale

Vous pouvez évaluez la maturité digitale de votre entreprise en autonomie sur dimmup.com. Je peux aussi vous aider à le faire. Pour les petites entreprises tout peut se passer en ligne. Pour les PME, ETI et grandes entreprises, prenons quelques minutes pour parler de votre problématique (fixez un rendez-vous à votre convenance pour un entretien découverte).

Comment le digital impacte la performance financière ?

Les efforts menés pour mettre en œuvre l’IA au sein de l’entreprise, supposent de nombreux investissements, et l’adoption d’une culture de l’essai-erreur (« test & learn » comme disent les anglo-saxons). La logique est la même que pour toutes les phases de digitalisation précédente. Il convient toutefois de bien choisir les efforts à mener, les ressources à consacrer, afin d’optimiser l’impact sur les performances financières de l’entreprise. Ce qui passe par le choix d’actions à mener pour agir avec le digital sur les trois piliers de la notation financière :

Les trois piliers de la notation financière (source : NOTA-PME).
Les trois piliers de la notation financière (source : NOTA-PME).

Ces aspects sont développés dans le livre blanc Check numérique performance dont vous pouvez faire la demande.

Une expérience live avec l’IA

En parallèle de mon exposé, les participants ont pu vivre une expérience mobilisant trois IA :

1️⃣Une première IA avait été lancée trois semaines auparavant, pour identifier sur LinkedIn quelques 250 personnes susceptibles d’être intéressées par la conférence.

2️⃣Une deuxième IA a analysé la personnalité des participants ayant répondu en séance à la question relative à la maturité digitale de leur entreprise, pour comprendre le ton le plus approprié à adopter lors d’une première prise de contact.

3️⃣Une troisième IA a généré le texte d’invitation LinkedIn envoyée automatiquement en mon nom, alors que j’étais sur scène.

L’objectif pour moi est ici de créer un dialogue avant et après la conférence, sans y passer des jours entiers. L’IA intervient comme un assistant qui m’aide à réaliser des tâches. Combinée avec une bonne dose d’automatisation en no-code, elle démultiplie mon action et augmente l’impact de mon intervention :

Huit étapes d'automatisation d'envoi d'invitations LinkedIn générées par l'IA.
Enchaînement de tâches automatisées réalisé sans une ligne de code !

La conférence comme si vous y étiez

Vous avez un petit quart d’heure devant vous ? Voici mon intervention in extenso. Je remercie au passage l’équipe Antropomedia pour le remarquable travail d’organisation, Experienciel, Lumind et AI Swiss pour le plaisir d’être intervenu à vos côté, et Côté Gauche pour la captation :

7 ans pour rentabiliser ma Kindle

Le 24 avril 2017 je passais commande à Amazon d’une liseuse Kindle. Je pensais à l’époque faire une bonne affaire en payant mes livres moins chers. Sauf qu’il m’aura fallu sept ans pour rentabiliser mon investissement. Je dresse ici le bilan économique et écologique de cet achat, et de son usage sur cette période.

  1. Pourquoi acheter une Kindle ?
  2. Des questions en suspens à l’usage
  3. Une Kindle est-elle rentable financièrement ?
  4. Quel est l’impact environnemental de la Kindle ?
  5. Qu’est-ce que je ne peux pas faire avec une Kindle ?
  6. Faut-il acheter une Kindle ?

Pourquoi acheter une Kindle ?

Au-delà de cette première intuition financière, au fil du temps, l’usage d’une liseuse Kindle m’a permis de prendre conscience des avantages et inconvénients de cet appareil :

AvantagesInconvénients
Livres moins chers.Investissement initial.
Moins lourde qu’un livre.Penser à recharger la batterie.
Obtention immédiate d’un livre.Absence de contact du papier, de son odeur, du son des pages qu’on tourne.
Plus agréable que de lire sur ordinateur.Risque de panne.
Lecture lumière éteinte pour ne pas déranger son conjoint.Impossible (ou presque) de prêter un livre.
Taille de police adaptable à la vue. 
Moteur de recherche. 
Annotations. 
Lecture synchronisée sur l’app PC. 
Lecture sans les mains. 
Tourner les pages en silence. 
La Kindle présente bien plus d’avantages que d’inconvénients.

Parmi les avantages que je ne cite pas, il y a des tas de fonctionnalités comme le dictionnaire intégré. Je ne m’en suis pratiquement jamais servi.

Des questions en suspens à l’usage

Au fil du temps, je me suis posé diverses questions dont certaines restent sans réponse :

  • Comment récupérer les annotations ?
  • Comment prêter un livre ?
  • Pourquoi le format Kindle est-il parfois plus cher que le format papier ?

Le prêt de livre semble être possible… par l’ouverture à l’accès de toute ma bibliothèque. Autant dire qu’il ne s’agit pas d’une fonctionnalité utile. Je serais d’ailleurs curieux d’en connaître les statistiques d’usage.

Une Kindle est-elle rentable financièrement ?

En sept ans, j’ai acheté 18 livres sur Kindle, pour un montant total de 188,26 € au lieu de 355,74 € si je les avais achetés au format papier, au prix où ils étaient au moment de l’achat. L’économie réalisée de 167,48 € compense donc les 164,98 € d’investissement initial lié à l’acquisition de la Kindle et de son joli étui protecteur.

Voici le détail :

TitreAuteurDate d’achatMontant papierMontant KindleÉconomie
Kindle + EtuiAmazon26/04/20170,00 €164,98 €-164,98 €
La Dernière des StanfieldMarc Levy29/04/201721,90 €14,99 €6,91 €
Une fille comme elleMarc Levy10/06/201821,50 €14,99 €6,51 €
OrigineDan Brown22/06/201823,00 €15,99 €7,01 €
Heartificial EmpathyMinter Dial27/11/201813,85 €6,99 €6,86 €
Exponential OrganizationsSalim Ismail04/01/201914,83 €7,99 €6,84 €
Ghost in loveMarc Levy02/08/201921,50 €14,99 €6,51 €
PassionsNicolas Sarkozy10/08/201919,50 €13,99 €5,51 €
Traffic SecretsRussel Brunson13/07/202020,62 €0,80 €19,82 €
C’est arrivé la nuitMarc Levy11/11/202021,90 €14,99 €6,91 €
Le temps des tempêtesNicolas Sarkozy23/11/202023,00 €15,99 €7,01 €
One Million FollowersBrendan Kane28/04/202124,81 €4,14 €20,67 €
Dotcom SecretsRussel Brunson20/08/202118,03 €1,74 €16,29 €
Hook PointBrendan Kane10/11/202125,53 €8,72 €16,81 €
L’apocalypse numérique n’aura pas lieuGuy Mamou-Mani09/11/202116,00 €11,99 €4,01 €
Les petites clefs du bonheurCédric Leboussi14/02/20227,90 €3,99 €3,91 €
Le crépuscule des fauvesMarc Levy30/07/202224,00 €9,99 €14,01 €
NOAMarc Levy08/08/202221,90 €14,99 €6,91 €
Losing My Virginity: The AutobiographyRichard Branson05/05/202415,97 €10,99 €4,98 €
18 livres pour rentabiliser l’achat de la Kindle.

Vous me direz : 18 livres en sept ans ? Voilà quelqu’un qui lit peu ! Il se trouve que j’ai lu 72 livres en sept ans, dont 54 en papier.

Vous pourrez alors me dire : mais pourquoi diable continuer d’acheter des livres en papier alors qu’on a une Kindle et qu’on peut les payer moins cher ? Il y a quatre raisons principales :

  1. Les prêts
  2. Les envois gracieux
  3. Les cadeaux
  4. Les autres raisons

J’ai fait le décompte : on m’a prêté 20 livres en sept ans. Ce sont autant de livres que je n’ai pas eu à acheter, quel que soit le format.

Les auteurs et les éditeurs m’ont aussi envoyé 13 livres. La plupart du temps en contrepartie de la publication d’une note de lecture. Je fais de même avec les livres dont je suis l’auteur. Là encore, ce sont des livres que je n’ai pas eu à acheter. Il m’aurait plu de les lire sur Kindle, mais sauf erreur de ma part, cette notion de don n’est pas possible.

Voici les 20 notes de lecture que j’ai publiées sur les livres que j’ai lus de 2017 à 2024 (de quoi vous inspirer) :

J’ai reçu aussi 7 livres en cadeau pendant cette période. Le livre papier garde à ce titre un avantage indéniable sur le livre numérique, par le rapport physique à l’ouvrage : le toucher, l’odorat et la vue sont mobilisés. Ce qui décuple l’émotion que l’on peut ressentir par rapport au téléchargement d’un fichier sur une machine. De plus certains de ces livres sont totalement inadaptés à la lecture sur liseuse, de par le travail artistique de composition.

Enfin, j’ai acheté 10 livres papier pour des raisons variables, renonçant au confort de la Kindle. Par exemple, j’ai été amené à faire dédicacer certains livres lors d’une rencontre avec l’auteur. Essayez de le faire avec une Kindle, vous verrez que ça fonctionne moyen. Certains livres n’étaient tout simplement pas disponibles. D’autres étaient liés à une collecte de fonds : en achetant une copie papier, je participais à une œuvre caritative.

Au final, l’obtention du retour sur investissement de ma Kindle a pris sept ans du fait d’une consommation de livres somme toute assez modeste (10 par an en moyenne) sachant que la plupart me sont offerts ou prêtés.

Notons au passage que je suis très en dessous de la moyenne, les Français lisant en moyenne 22 livres en 2023, selon le baromètre du Centre national du Livre. À ma décharge, je lis énormément de documents professionnels, études et rapports de toutes sortes sur le numérique.

Quel est l’impact environnemental de la Kindle ?

On le sait, le numérique a un impact écologique, surtout pour la fabrication des équipements. C’est en prolongeant leur durée de vie que l’on réduit leur impact sur l’environnement. C’est d’ailleurs un des indicateurs étudiés lors d’un diagnostic digital sur dimmup.com. En ayant déjà conservé ma Kindle sept ans, et tout porte à croire qu’elle va durer encore plusieurs années, je contribue à réduire l’impact environnemental de sa fabrication.

Cependant, le livre numérique, comme tout fichier informatique, peut être reproduit à l’infini pour un coût marginal quasi nul. Il est donc a priori plus vertueux pour l’environnement que de mettre au pilon des stocks de livres invendus.

Les études sur l’impact environnemental comparé du livre papier et du livre numérique sont à ce titre contradictoire, comme on peut le lire dans cet excellent article. Je note cependant dans cet article qu’il faut « 22 livres lus sur la liseuse pour qu’elle devienne plus écologique en terme d’émission de CO2. » En d’autres termes, il m’en reste 4 à lire sur la liseuse pour qu’elle passe le seuil de rentabilité écologique.

De manière anecdotique, les 18 livres que j’ai achetés sur Kindle représentent un poids de 9,378 kg. Une masse qui viendrait probablement encombrer ma bibliothèque, déjà bien remplie.

Qu’est-ce que je ne peux pas faire avec une Kindle ?

Je l’ai déjà évoqué plus haut : je ne peux pas prêter un livre acheté sur une Kindle. Sauf à quelqu’un qui possède déjà une Kindle. Ce qui réduit considérablement le potentiel de prêt.

Pour être plus précis, mais je n’ai jamais testé la manipulation, on peut seulement enregistrer un autre appareil Kindle pour qu’il accède à notre bibliothèque. Honnêtement, qui a envie de donner accès à toute sa bibliothèque pour prêter un seul livre ?!

Je ne peux pas non plus échanger mon livre contre un autre, comme on le fait dans des bourses d’échange.

C’est comme si le livre numérique était un produit sans vie, alors que le livre papier vit après l’achat et la lecture.

Je ne peux pas non plus revendre mon livre Kindle sur le marché de l’occasion. À ce titre, il y a un manque à gagner difficile à estimer, lié aux livres que j’ai achetés sur Kindle et que je n’ai pas forcément envie de garder.

Un livre numérique est donc acheté pour la vie. Si on veut s’en séparer, il ne bénéficie à personne.

Cependant toutes ces limitations sont théoriques. Dans la pratique, je n’ai pas souvenir d’avoir eu envie de prêter un livre que j’avais sur ma Kindle, ni d’avoir eu envie d’en échanger un, ou encore de le revendre.

Faut-il acheter une Kindle ?

Et si c’était à refaire ? Vu les avantages évoqués plus haut, et malgré le temps assez long qu’il m’aura fallu pour rentabiliser financièrement mon achat, je reprendrais une Kindle. D’autant que le produit est robuste, se comportant au bout de sept ans comme au premier jour.

En conclusion, j’ai démontré plus haut qu’une petite vingtaine de livres suffisent à rentabiliser l’investissement initial. Le ROI (Return On Investment) doit donc être atteint en France en moyenne en moins d’un an, compte-tenu du volume moyen de livres lus par an. Quant à l’impact écologique, une vingtaine de livres suffisent également. C’est donc une bonne affaire.

Crédit photo : générée par l’IA Adobe Firefly.

Impliquer vraiment les salariés, note de lecture

Impliquer vraiment les salariés, de Gaëlle Roudaut et Fabienne Ravassard, est sorti chez Vuibert en avril 2022. Ce livre post Covid met l’accent sur la zone de création de valeur au cœur de l’entreprise. Un livre qui invite à revisiter l’expérience entreprise à l’ère du digital et de l’intelligence artificielle. Car même si le livre est sorti avant la vague de l’IA générative, sa conclusion sous la forme d’un dialogue entre Joana (nouvelle recrue) et un chatbot, nous paraît presque banale aujourd’hui, vu la démocratisation de l’usage de ChatGPT, Copilot et consorts. C’était bien vu à l’époque de la sortie du livre, ce qui montre toute sa pertinence en matière d’anticipation pour accompagner la transformation de nos entreprises face aux multiples changements de nos sociétés.

Note de transparence : Gaëlle et Fabienne m’ont interviewé pour leur livre, pour le chapitre 6 dédié à la digitalisation. J’y reviens un peu plus bas.

Les autrices ne se contentent pas d’anticiper. Elles expliquent et guident. Les vingt pistes d’actions qu’elles proposent sont à mettre en place immédiatement. À ce titre, Impliquer vraiment les salariés est une mine d’or pour accompagner les dirigeants dans leurs réflexions.

Un livre dont vous êtes le héros

Dès la page 10, le lecteur devient le héros du livre. C’est assez rare pour être mentionné. Et c’est appréciable. On se sent embarqué vers un voyage qui nous concerne en tant que dirigeant. Avec une représentation non linéaire de l’entreprise, le lecteur aborde ainsi en premier ce qu’il préfère sans oublier le reste.

Mais à qui s’adresse le livre Impliquer vraiment les salariés, me direz-vous ? Le bas de la page 11 nous donne peut-être une indication sur les lecteurs qui tireront le plus d’intérêt à lire ce livre : les patrons et RH d’entités de plus de 200 personnes. Si c’est votre cas, foncez !

L’innovation commence avec les salariés

Avec la synthèse du livre de Vineet Nayar, Employees First, Clients Second, qu’elles dressent page 18, il y a quoi redorer le blason des consultants qui accompagnent les équipes RH, et remettre à leur place les consultants en relation client. Juste une question d’équilibre.

« Innover est devenu une obligation structurelle pour rester dans la compétition, dans un monde où l’accélération et l’incertitude jouent à armes égales. » (Page 69)

Avec cette phrase, on comprend que les autrices inscrivent leur propos dans le vaste mouvement de l’innovation. C’est une vision dynamique de l’entreprise qu’elles soutiennent. Une entreprise organique, vivante, en mouvement. Chaque collaborateur en est une cellule qui interagit avec les autres dans un écosystème complexe.

Le digital, au cœur de l’entreprise moderne

« En matière d’expérience digitale, l’écart de qualité entre vie personnelle et vie professionnelle s’est creusé, au détriment de la relation à l’entreprise. » (Page 112)

Ce qui était déjà vrai début 2022, l’est toujours deux ans plus tard. Entre temps, les IA génératives ont déferlé. Les intelligences artificielles sont devenues si omniprésentes qu’elles ont suscité de nouvelles angoisses, contraignant le législateur à agir. Pour les dirigeants, comprendre l’écart d’expérience digitale entre le perso et le pro, est plus que jamais indispensable.

Le digital, c’est déjà ce qui m’a amené à faire connaissance avec Gaëlle, en marge de mon intervention à Digital RH le 26 novembre 2019, sur le thème « Comment mettre l’humain au cœur de la transformation digitale ? »

Mes réponses aux questions des autrices

Près de deux ans plus tard, elle m’interviewait, accompagnée de Fabienne. Entre temps j’avais créé DIMM.UP et lancé la plateforme dimmup.com. L’aspect humain est un des six piliers de la maturité digitale d’une entreprise. Les visions que nous défendons se rejoignent ainsi parfaitement :

Témoignage de Michaël Tartar, page 113 du livre Impliquer vraiment les salariés.
Page 113 du livre Impliquer vraiment les salariés, Gaëlle et Fabienne restituent notre échange.

Je profite de cet article pour remercier Gaëlle et Fabienne de m’avoir permis de m’exprimer auprès de leurs lecteurs. Je suis aussi heureux de voir cité comme source d’inspiration page 219 mon deuxième livre, Transformation digitale 2.0, co-écrit avec David Fayon. Voilà qui est flatteur ! Depuis, notre troisième livre est sorti, La transformation digitale pour tous !, best-seller 2022 chez l’éditeur.

Ce que j’ai aimé

En synthèse, j’ai apprécié plusieurs points à la lecture de l’ouvrage :

  • L’idée d’une inversion des hiérarchies. Le siège devenant un support au terrain, et non une haute tour d’ivoire redoutée.
  • La prise en compte du réel des travailleurs de la zone de création de valeur.
  • Le digital un peu partout : intranet, questionnaires en ligne, chatbot RH…
  • Les illustrations de La Patate @Work, qui allègent le propos, apportent une respiration bienvenue dans un texte somme toute sérieux.
  • La structuration du texte, avec des éléments de petites histoires issues du terrain pour illustrer le propos (comme si on était au théâtre), des zooms sur des concepts, des pistes à mettre en pratique.
  • La présentation synthétique de travaux d’autres auteurs, de chercheurs, d’enseignants.

Ce que j’ai moins aimé

Il y a aussi quelques points que j’aurais aimé que les autrices développent un cran plus loin :

  • De nombreuses pistes évoquées chamboulent les relations salarié – employeur. Du coup je m’interroge sur le rôle des instances représentatives du personnel, sur la rémunération des innovations, etc.
  • Regard sur l’international : les pistes proposées sont-elles innovantes dans un contexte mondial ?
  • Essaimage et spin-off peuvent-ils être des modèles épanouissants pour les salariés et aussi au bénéfice de l’entreprise ?

Des points qui pourront être développés sur le site compagnon du livre : https://www.impliquervraimentlessalaries.com/.

Anecdote

Lire un livre, c’est prendre du recul, se laisser guider, réfléchir, se rappeler aussi. Ainsi la piste 2 « les personas internes », m’a remis en mémoire le souvenir d’une mission chez McDonald’s où j’intervenais en 2002. Les collaborateurs faisaient chaque année un passage en restaurant, lors du Founder’s Day. Une bonne façon pour les gens du siège de vivre le quotidien de la zone de création de valeur. À en voir l’analyse de l’UX des outils mis à disposition en restaurant McDonald’s menée par Patrick Avril de use.design, je me demande si cette journée d’immersion est encore en place.

Conclusion

Les autrices invitent finalement les fonctions RH, centrales, support, à plus d’empathie vis-à-vis de ceux qui créent la richesse de l’entreprise. Elles proposent des actions qui semblent relever du bon sens quand on prend du recul, mais qui se télescopent avec les impératifs économiques, la pression des actionnaires et les obligations réglementaires.

À la lecture du livre Impliquer vraiment les salariés, on a le sentiment que le monde est arrivé à un niveau de complexité difficilement soutenable, surtout dans les grandes entreprises. Le livre apparaît ainsi comme une fenêtre de prise de parole des salariés. Au XIXe siècle ils auraient été heureux d’avoir un travail à la chaîne dans l’entreprise d’un bourgeois du coin. Au XXIe siècle ils sont perdus dans d’immenses structures et aspirent à être écoutés. Ils auraient tout intérêt à se prendre en main et arrêter d’en demander toujours plus à l’entreprise.

Il y a aussi une forme d’indécence à demander autant d’efforts pour cajoler des salariés de grandes entreprises alors que l’écrasante majorité des salariés en France travaillent dans de petites entreprises où on est très loin d’avoir à se préoccuper de tout ça.

Il n’empêche que pour les dirigeants et RH d’entreprises de plus de 200 salariés, Impliquer vraiment les salariés, est une saine lecture.

Green IA, note de lecture

Une technologie (l’IA et plus généralement le numérique) qui consomme beaucoup d’énergie et dont l’empreinte carbone est devenue significative peut-elle nous aider à réduire l’impact des activités humaines sur l’environnement ? Oui, à condition de prendre en compte tous les aspects. Gilles Babinet le démontre avec brio dans Green IA, sorti en avril 2024 aux éditions Odile Jacob. Le sujet est complexe et l’auteur le rend accessible. Le livre demande de la concentration, et mérite l’effort concédé. En refermant l’ouvrage, le lecteur se sent plus intelligent, plus armé aussi pour comprendre comment l’intelligence artificielle peut changer notre monde, en mieux. En mêlant les aspects généraux de portée mondiale, et les aspects plus pratiques, accessibles par tout un chacun, l’auteur fait ainsi évoluer le lecteur. Je vous propose ci-dessous mes réflexions sur quelques extraits inspirants, qui je l’espère, vous donneront envie à votre tour de lire Green IA.

  1. Préambule
  2. Une argumentation équilibrée
  3. De la pédagogie
  4. L’État plateforme, une nécessité
  5. Oui, le numérique a un impact sur l’environnement, mais…
  6. L’indispensable évolution des usages
  7. L’évident intérêt de l’IA pour l’ESG
  8. Prendre conscience que chacun a un rôle (même sans IA)
  9. L’émergence des assistants IA
  10. L’indispensable adoption de nouveaux indicateurs
  11. L’IA pour alléger les tâches fastidieuses
  12. De l’importance d’aller en profondeur dans le numérique
  13. L’agriculture, domaine de prédilection pour l’IA
  14. Des changements pas toujours faciles à accepter
  15. La régulation, indispensable alliée de l’innovation
  16. Une journée en 2040
  17. Conclusion

Préambule

La dernière fois que j’ai croisé Gilles Babinet*, il intervenait à la conférence Trench Tech All Star du 19 octobre 2023. Gilles me faisait ce soir-là deux confidences : il avait donné quatre conférences dans la journée à Paris et il était en train de boucler un nouvel ouvrage. Le premier point l’avait amené à faire 25km à vélo ce jour-là, montrant sa pratique personnelle d’un moyen de transport décarboné. Le second est l’objet de la présente note de lecture.

Mick Levy, Cyrille Chaudoit, Françoise Soulie-Fogelman, Gilles Babinet, Laurence Devillers et Thibault le Masne, sur la scène de Cap Digital, le 19 octobre 2023.
Mick Levy, Cyrille Chaudoit, Françoise Soulie-Fogelman, Gilles Babinet, Laurence Devillers et Thibault le Masne, sur la scène de Cap Digital, le 19 octobre 2023.

* Gilles Babinet nous a fait l’amitié de signer la préface des trois livres que j’ai co-écrits avec David Fayon.

Dans La transformation digitale pour tous !, éditions Pearson, best-seller 2022 chez l’éditeur, Gilles fait le constat suivant des conséquences de la crise du Covid :

« Dans tous les cas, cela mit en exergue la nécessité d’une mutation vigoureuse de l’ensemble des organisations vers le modèle de demain. Un modèle plus numérique, plus résilient et, dans le contexte de réchauffement climatique que nous connaissons, évidemment plus respectueux de l’environnement également. »

Un peu plus loin il en tire les conclusions :

« L’entreprise plateforme, la mobilisation de la donnée, la mise en œuvre de l’intelligence artificielle continuent à représenter des défis pour une vaste majorité des entreprises françaises même si, incontestablement, quelques progrès ont été enregistrés. »

Comme on le voit, déjà à l’époque de la rédaction de cette préface (décembre 2021), Gilles mettait en avant les thèmes qu’il développe dans Green IA : la contribution du numérique à un modèle de société plus respectueux de l’environnement, et le rôle de l’intelligence artificielle. Deux ans et demi plus tard, son nouveau livre analyse en profondeur ces deux thèmes.

Une argumentation équilibrée

Dans Green IA, Gilles Babinet expose les arguments des pros et des antis, des pour et des contres sur le rôle de l’IA dans la réduction de l’impact de l’activité humaine sur l’environnement. Il rétablit des vérités. Il mobilise une quantité considérable de rapports, d’études, de publications. Il préconise un équilibre entre régulation et innovation en démontrant (par exemple dans les transports), comment l’absence de l’une arrive à nuire à l’autre.

L’auteur démontre de larges étendues d’application de l’IA, bien-delà de l’IA générative qui fait la une des journaux depuis la sortie publique de ChatGPT le 30 novembre 2022 (voir mon analyse six mois après).

Il balaie les évidences et les poncifs (du genre : l’IA consomme beaucoup de d’énergie, donc fin de la discussion sur son potentiel pour l’environnement). Il se veut ainsi équilibré dans son propos :

« Mais il y a d’autres voies, certaines aussi « pratiques » que de mettre tout ce qui ne nous sert plus à la poubelle. Essayer de décrire ces autres voies est l’un des objectifs de ce livre. Il ne s’agit donc pas nécessairement de se positionner dans l’un ou l’autre camp des fanatiques de la progression du PIB ou des ayatollahs de la décroissance, mais plutôt d’évaluer les perspectives qu’offrent les technologies numériques pour aider la transition environnementale et, dans la mesure où ces technologies induisent généralement de nouveaux usages, d’essayer d’évaluer s’ils sont acceptables et à quelles conditions. » (Page 30)

De la pédagogie

Les concepts manipulés, à moins d’être dans le secteur de l’économie verte, sont parfois difficiles à comprendre. Gilles Babinet les rend accessibles et fait preuve de pédagogie, par exemple pour expliquer le calcul du carbone émis par une entreprise :

« C’est d’ailleurs sur cette notion d’évidence du calcul du carbone qu’ont été définis les trois périmètres de mesure de l’entreprise : le scope 1, ce sont les émissions directes liées à la fabrication de ses produits ; le scope 2, qui recouvre les émissions résultant de la consommation d’électricité, de chaleur ou de vapeur achetées et consommées par l’entreprise ; et le scope 3, qui englobe les émissions indirectes qui se produisent dans sa chaîne de valeur, y compris à la fois les émissions en amont (comme la production de produits achetés) et en aval (comme l’utilisation des produits vendus par elle). » (Page 48)

Glissé en bas de page, un chiffre attire mon attention :

« Chaque individu émet environ 11,4 tonnes de CO2 par an. » (Page 50)

Aussitôt je me suis demandé : combien de carbone émets-je ? Sachant que, comme indiqué sur le site Nos Gestes Climat : « Les experts s’accordent pour dire que pour maintenir une Terre vivable pour tous, nous devons réduire cette empreinte à 2 tonnes de CO2e par an et par personne. » Je me suis donc précipité sur le test que propose ce site. Résultat : j’émets 5 tonnes de CO2 par an ! Ce chiffre très au-dessus de ce qui est supportable pour la planète, me place pourtant parmi les 6% de Français les plus sobres. Compte-tenu de mon mode de vie que je qualifierais de frugal sur le plan énergétique, ça me surprend beaucoup, mais c’est ainsi :

Mon bilan carbone calculé par le site Nos Gestes Climat.
Avec 5 tonnes de CO2, mon bilan carbone annuel calculé sur Nos Gestes Climat me place parmi les 6% de Français ayant la plus faible empreinte carbone.

Ainsi Gilles amène sans le dire le lecteur à s’interroger sur ses usages, comme je viens de le faire. Un peu plus loin (page 60), il évoque ainsi l’idée de prendre une photo de son repas pour en déterminer son poids carbone via une IA. Comment faire ? J’ai cherché (un petit peu), mais je n’ai pas trouvé d’app de ce type. N’hésitez pas à m’en indiquez une en commentaire.

L’État plateforme, une nécessité

L’auteur prend aussi de la hauteur sur nos institutions et nos dirigeants, et je ne peux qu’être d’accord :

« L’État plateforme reste, plus de dix ans après avoir été théorisé par Tim O’Reilly, un ovni pour beaucoup de hauts fonctionnaires qui pensent que seuls le droit, les décrets et la législation peuvent raisonnablement induire le cours du monde. » (Page 60)

Oui, le numérique a un impact sur l’environnement, mais…

Gilles reconnait aussi la consommation des IA, tout en évoquant les améliorations en cours pour optimiser les modèles :

« On estime ainsi que la facture énergétique de ChatGPT est de l’ordre de 700000 dollars par jour, ce qui se traduit par des émissions de CO2 quotidiennes de l’ordre de 2200 tonnes ! » (Page 69)

Il profite aussi de son livre pour rappeler certaines vérités :

« Certaines idées reçues ont cependant la vie dure : non, envoyer un e-mail avec pièce jointe ne génère pas 25 grammes de CO2 (des calculs récents convergent plutôt vers un chiffre six cents à mille fois inférieur), et non également, regarder un film en streaming ne consomme pas des kilos de CO2, mais plutôt quelques dizaines de grammes au pire. » (Page 69)

L’indispensable évolution des usages

Envisager l’usage de l’IA au service de l’environnement, c’est aussi envisager l’évolution des usages et donc lutter contre des habitudes (sans renoncer pour autant aux bienfaits d’une vie moderne) :

« En introduisant la dimension environnementale dans ces modèles d’IA dynamiques, il va devenir beaucoup plus simple de privilégier les solutions bas-carbone avec des incitations plus ou moins marquées. Il sera ainsi possible de faire évoluer les usages de façon progressive, sans trop heurter les habitudes, et sans créer des gênes individuelles insurmontables. » (Page 95)

L’évident intérêt de l’IA pour l’ESG

« L’intérêt de l’intelligence artificielle pour accroître l’efficacité de ces enjeux est tellement évident qu’on peut s’étonner à bon droit qu’elle n’ait pas été généralisée sur ce champ de qualification des fournisseurs et de validation des enjeux d’ESG. Non seulement elle peut être facilement mise en œuvre dans le cadre de services SaaS (software as a service), mais, de surcroît, ces derniers protègent directement l’entreprise en cas de défaillance d’un de ses fournisseurs du fait d’une insuffisante prise en compte de ces enjeux. » (Page 111)

Prendre conscience que chacun a un rôle (même sans IA)

« Dans les pays en développement, c’est essentiellement le dysfonctionnement des chaînes logistiques qui est en cause, mais dans les pays riches, plus de 60% de ces pertes se produisent dans nos réfrigérateurs : nous laissons tout simplement la nourriture se périmer sans la manger. » (Page 113)

Le chiffre m’interpelle. Après tout je sous un consommateur comme un autre. Cependant je jette très peu d’aliments que j’achète (j’estime moins de 5%). Les habitudes que j’ai prises de longue date semblent donc vertueuses. Et si on aidait les consommateurs à prendre conscience qu’ils jettent 60% de la nourriture qu’ils achètent ? Avant d’imaginer un recours massif à l’IA, une simple éducation au bon sens aurait un impact considérable.

L’émergence des assistants IA

« Ce qui était long et fastidieux, parce que nous n’avons généralement ni le temps ni l’envie de passer nos journées à négocier sur des sites de petites annonces, pourrait très bien être automatisé par des assistants personnels dans le futur. » (Page 122)

Gilles Babinet introduit là une notion qui relève de la science-fiction, mais à y bien réfléchir, pourquoi pas en effet imaginer des assistants intelligents aptes à négocier entre eux le prêt, la location, la vente de produits qui encombrent nos caves et nos placards ? Se pose aussi la question de nos états d’âme : accepterons-nous une transaction avec ce voisin qui nous ignore lorsqu’on le croise dans le hall de l’immeuble et qui ne prend même pas la peine de participer une heure par an à l’assemblée générale de la copropriété ?

L’indispensable adoption de nouveaux indicateurs

« Nous ne pouvons continuer à glorifier une société qui se concentre sur des indicateurs qui font l’apologie du gâchis ! » (Page 123)

L’IA pour alléger les tâches fastidieuses

« D’une façon générale, l’IA pourrait être utilisée pour automatiser les très nombreuses tâches administratives qui encombrent toute petite entreprise et qui sont actuellement effectuées manuellement. Elle pourrait également automatiser un certain nombre de tâches de service client, de marketing et de comptabilité. De même, elle pourrait plus facilement personnaliser les produits, cela à coût marginal. » (Page 133)

On se prête alors à imaginer un monde où toutes les tâches fastidieuses de coordination, de transport, d’administration, serait assurées par des intelligences artificielles collaborant ensemble.

De l’importance d’aller en profondeur dans le numérique

Cette note de bas de page que je reproduits ci-dessous, semble anodine. Pourtant elle a une grande valeur à mes yeux. Le lecteur moyen de cet ouvrage est probablement peu habitué à faire un tour sur GitHub. Il ne sait peut-être même pas de quoi il s’agit. Pourtant, comme je le répète souvent lors de diagnostics de maturité digitale ou de séances de coaching de comité de direction, au sujet du digital, la mise en pratique est indispensable. C’est en se confrontant aux technologies que l’on en perçoit leur valeur. Même les cadres dirigeants ont tout intérêt à se former et expérimenter par eux-mêmes, pourquoi pas en testant un logiciel open source disponible sur GitHub, qu’il s’agisse d’une IA ou d’un programme classique ?

« Sur GitHub, une plateforme de partage de code comprenant 90 millions de participants, une rapide recherche fait apparaître plus de 700 projets en utilisant des mots clés comme « plant disease classification » ou « crop disease AI ». Une évaluation sommaire permet d’avancer que des milliers de développeurs travaillent sur ces sujets. » (Page 138)

Il suffit en effet de se connecter à GitHub pour s’en rendre compte :

Page de recherche de GitHub sur "plant desease classification".
Plus de 1100 projets IA (Deep Learning, Machine Learning, etc.) sur GitHub en cherchant « plant disease classification ».

L’agriculture, domaine de prédilection pour l’IA

« L’agriculture est de ce fait un domaine d’expression de choix pour l’IA. Car l’une de ses caractéristiques bien connue consiste à traiter des environnements complexes. » (Page 140)

S’ensuit une liste de technologies d’IA applicables à différentes situations dans l’agriculture. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le potentiel est énorme !

Des changements pas toujours faciles à accepter

« La plupart de ces usages peuvent facilement être différés, une machine à laver qui serait lancée à 2 heures du matin plutôt qu’à 18 heures ne change pas grand-chose pourvu que celle-ci ne soit pas trop bruyante, ce qui est le cas des modèles récents. » (Page 160)

Bien que mon lave-linge soit assez récent, étant installé tout près de ma chambre, je n’imagine pas un instant lancer un programme de lavage en pleine nuit !

La régulation, indispensable alliée de l’innovation

« Si les dynamiques actuelles perdurent, l’Union européenne se trouvera confrontée à un dilemme celui d’être l’espace où les pratiques environnementales sont les plus en avance de la planète, et de loin, et en même temps d’être faiblement développé en matière de métaplateformes, ce qui donne le champ libre à cette extraction de valeur. Il y a donc nécessité d’une régulation exigeante de ces acteurs, pour s’assurer qu’ils continuent à servir l’intérêt général et que leurs marges ne deviennent pas disproportionnées. » (Page 179)

C’est le bon sens. Les Européens ne peuvent pas être les bons élèves sur le plan environnemental, qui deviendront les moutons tondus par les autres grands blocs (surtout États-Unis et Chine). À nous d’être vigilants, de choisir les outils qui servent nos intérêts, et pas seulement ceux qui nous paraissent les plus séduisants de prime abord et de faire confiance aux innovateurs de notre pays et de notre continent.

Une journée en 2040

Le chapitre 10 pourra surprendre dans un livre de cette nature. L’exercice de projection dans le futur facilite la compréhension de tout ce qui est exposé dans les neuf premiers chapitres. Cependant l’histoire de Sophie en 2040, pourra faire grincer des dents. Les miennes ont d’ailleurs grincé par moments, surtout dans la perspective pas si lointaine (dans une quinzaine d’année) de mener une existence mesurée et contrôlée à chaque instant, culpabilisante quand on n’est pas ultra vertueux. Mais clairement, cette histoire de Sophie montre à quel point l’IA peut nous apporter beaucoup dans nos quotidiens. Ce chapitre pourrait d’ailleurs être lu en premier, histoire de se projeter tout de suite à titre personnel, puis ensuite de comprendre comment nous pouvons arriver à cette projection.

Conclusion

Vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement de lire Green IA. Si vous êtes techno-solutionniste ou adepte de la décroissance, vous trouverez de quoi nuancer vos idées. Si vous pensez que l’IA se réduit à l’IA générative, vous comprendrez ses multiples autres domaines. Vous verrez surtout que le problème de l’environnement, du fait de sa complexité et de la durée de la transition, ne pourra être résolu sans recourt à l’intelligence artificielle.