Adobe Digital Summit EMEA : lancement du Digital Marketing Think Tank

Adobe a profité de son Summit EMEA de Londres les 14 et 15 mai 2014 pour lancer un think tank d’hommes de l’art et d’experts du marketing digital. Un groupe de réflexion ayant vocation à prendre de la hauteur de vue sur les transformations de la fonction marketing à l’heure du digital, les grands enjeux auquel elle fait face, les innovations de technologies, de pratiques et d’usage. La première réunion publique de ce groupe avait lieu devant la presse et les blogueurs (dont je faisais partie).

Adobe Summit_Digital Marketing Think TankJerry Silfwer (@doktorspinn), Martin Meyer-Gossner (@thestrategyweb), Frédéric Cavazza (@fredcavazza), Doug Kessler (@dougkessler), Cor Molenaar (@cormolenaar), en plein débat animé par John Watton (@jwatton).

Quelles sont les grandes tendances d’évolution du marketing ?

Le marketing se focalise historiquement sur le produit, sa promotion et sur sa distribution. Or, le digital contraint le marketing à se focaliser sur le consommateur, en s’appuyant sur les systèmes d’information qui collectent des données sur eux. Directeurs marketing : vous haïssiez les systèmes d’information ? Vous allez devoir vous y faire !

Le problème : les directeurs marketing ont construit leur carrière et obtenu de beaux succès avec d’anciennes méthodes qui ont fonctionnées. Ils doivent pourtant changer et adopter de nouvelles méthodes s’appuyant sur les technologies.

Les directions marketing sont confrontées à un problème de rythme : il y a 5 ans, la préoccupation était d’avoir toujours plus de fans, d’utilisateurs sur mobile, etc. Aujourd’hui cette course n’a plus de sens et les directions marketing doivent se concentrer davantage sur le consommateur.

Nouveaux sujets : focalisation sur les communautés, attention à la culture, création de nouvelles fonctions (Chief Content Officer, Chief Digital Transformation Officer, etc).

Les directions marketing veulent bien lancer des initiatives digitales, du moment qu’elles ne remettent pas en cause ce qu’elles ont bâti : relations presse, achats média, etc. Renoncer aux anciennes pratiques ne veut pourtant pas dire qu’elles ont été mauvaises. Simplement qu’elles ne sont plus adaptées au monde dans lequel nous vivons.

Le marketing du test & learn devient la norme : tenter de proposer des contenus, voir s’ils répondent aux attentes d’une audience, prendre en compte les feedbacks, ajuster, élargir, recommencer. Approche qui peut sembler risquée et qui pourtant a déjà démontré de bons résultats.

Quelle organisation mettre en place ?

Malheureusement il n’y a pas d’organisation type. Les basics doivent être assurés et le marketing doit éduquer, expliquer ses actions en interne. Des nouveaux rôles apparaissent : Chief Digital Officier, Chief Data Officer, Chief Social Officer…

Les directeurs marketing les plus avancés créent des équipes trans-fonctionnels. Ce qui suppose de favoriser la collaboration entre les équipes. Ce qui repose sur des outils de collaboration qui facilitent les relations entre les intervenants d’un projet, quel que soit leur attachement organisationnel.

Prenant l’exemple de l’industrie des médias, comment les journaux peuvent se réinventer alors que leurs sources de revenus issus des tirages papier s’effondrent et que les publicités online rapportent moins ? Peut-être qu’il n’y a tout simplement plus besoin de journaux ! En revanche, les données collectées par un journal en ligne sont une source de revenu potentiel à exploiter.

Quelle suite à ce think tank du marketing digital ?

Les 5 membres du think tank seront amenés à se retrouver régulièrement, donner des conférences et publier leurs analyses sur CMO.com. Chacun étant présent sur Twitter, je ne saurais trop recommander de les suivre, interagir avec eux, enrichir la réflexion collective sur le marketing digital. Une belle initiative d’Adobe.

Plus de détails (en anglais) sur le Digital Marketing think tank sur le blog d’Adobe.

Cet article fait partie d’une série d’articles publiés à l’occasion du Summit :

Adobe Digital Summit EMEA : la réinvention de soi à l’heure du digital

Après une journée axée sur la transformation des organisations marketing, la deuxième journée du Adobe Summit se consacrait à la réinvention personnelle de chacun d’entre nous, maintenant que le digital s’est invité dans notre quotidien. Comment le consommateur ou le professionnel que nous sommes, s’adapte à la nouvelle donne du digital ? La session plénière d’ouverture de cette deuxième journée a réuni un public toujours aussi nombreux. Un public toujours aussi attentif et finalement assez peu marqué par les excès de la fête de la veille au soir et le concert de Rudemental.

En guise d’introduction, John Mellor (@MellorTime), VP Strategy & Business Development, a invité l’assistance à se rappeler du siècle des Lumières. Une période de réinvention, marquée par l’adoption de nouvelles habitudes de consommations, de nouveaux modes de communication, de nouvelles idées ayant entrainé de profonds changements sociaux. Le parallèle avec la révolution digitale que nous vivons en ce moment saute aux yeux. Notre époque est confrontée à une question de fond : comment se réinventer comme au siècle des Lumières ?

La nouveauté cette fois-ci est l’omniprésence de la technologie. Elle fait le lien entre le consommateur et la marque. Elle s’immisce dans notre quotidien. Elle nous apporte quantité de services. Elle nous conduit parfois à quelques excès. Nous sommes collectivement en apprentissage. Sur le plan économique, le digital a déjà profondément transformé des industries entière. On pense par exemple à l’industrie du disque ou encore à l’industrie des médias. Cette transformation n’en est qu’à ses débuts. Pourtant, les entreprises les plus avancées savent déjà exploiter les traces laissées sur le net par les consommateurs pour améliorer leurs ventes. C’est ainsi qu’en Angleterre, les sites de détaillants ont doublé les taux de conversion par rapport aux autres industries. En d’autres termes, grâce à un usage adapté des technologies, un consommateur qui visite le site e-commerce d’un détaillant conclue sa visite par un achat, beaucoup plus fréquemment que sur les sites e-commerce d’autres secteurs. On se demande ce que les autres secteurs attendent pour adopter ces technologies…

Les technologies sont importantes, mais elles ne sont pas l’unique aspect de la digitalisation du marketing. Ainsi, Adobe propose un modèle permettant d’évaluer la maturité du marketing digital d’une entreprise. Ce modèle repose sur les trois P du marketing digital, Adobe proposant ici une nouvelle formule des légendaires quatre P du marketing traditionnel : Produit, Processus, Personnes (traduction de l’anglais Product, Process, People). Un modèle de maturité assorti d’un outil, le Adobe Digital Marketing Maturity Assessment. Cet outil propose, en 44 questions, non seulement d’estimer la maturité du marketing digital sur les trois P, mais aussi de positionner l’entreprise par rapport à ses concurrents et d’identifier les actions à mener pour l’améliorer. Cet outil repose sur le Digital Index, sur lequel j’aurai l’occasion de revenir.

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Comment se réinventer personnellement à l’heure du digital, disais-je ? Par exemple en suivant l’exemple échevelé de Michael Acton Smith (@acton), fondateur de Moshi Monsters, expliquant avec enthousiasme comment il a créé tout un univers engageant pour les enfants sur le digital, comment il a du changer pour s’adapter aux nouveaux comportements des enfants. Trois messages à retenir de son intervention :

  1. Restez simples
  2. N’ayez pas peur de vous réinventer
  3. Evitez de vous frotter à Lady Gaga

Acteur d’industries traditionnelles, loin de l’univers acidulé et ludique des Moshi Monsters, vous pouvez penser que le message de Michael Acton Smith ne vous concerne pas. Réfléchissez-y à deux fois. Dans l’industrie de la télévision par exemple, le témoignage de Aldo Agostinelli (@Aldo70), Digital & Web Executive de Sky Italia, montre à quel point une industrie pourtant bien huilée, bien installée sur son marché, a du se réinventer pour conquérir et fidéliser un spectateur toujours plus insaisissable. Une réinvention qui a nécessité la création du poste occupé par Aldo Agistinelli. Un poste de directeur des activités digitales, chargé d’inspirer ses alter-égo du comité de direction, d’insuffler de nouvelles initiatives, et de transformer progressivement le quotidien des collaborateurs de la chaîne. Un poste qui nécessite des qualités de négociation, de leadership et de curiosité. Un triptyque qui peut servir de critère de recrutement d’un directeur des activités digitales.

Curiosité de la matinée, l’intervention de Paolo Yuvienco, Global Chief Technology Officer de DigitasLBi. Une intervention au cours de laquelle il a mis en avant la mission menée par son agence pour réinventer un service postal jugé obsolète dans un monde où le courrier papier n’existe (presque) plus. En réponse à cette obsolescence programmée, l’agence a proposé un service de tweet papier : plus chaleureux, plus humain, plus impliquant que les 140 caractères éphémères (mais qui laissent des traces) froidement publiés à l’attention de lecteurs inattentifs et oublieux. Curiosité disais-je, de voir un intervenant d’une agence digitale vanter les mérites du tweet papier, alors que lui-même n’a pas de compte Twitter…

Dans un autre registre David Cox (@drdavidtcox), Chief Medical Officer de Headspace, proposait de se préparer personnellement à se réinventer avec la méditation. Et pour accompagner ce travail sur soi, Headspace propose bien-sûr… des outils digitaux, forcément ludiques et sociaux. Logique !

La réinvention de soi, c’est aussi l’apprentissage d’un regard neuf sur des sujets anciens, c’est aussi oser aborder des sujets tabous. Pour cela, le digital s’avère un formidable levier d’action. Justin (JC) Coghlan (@movemberuk), Co-founder de Movember a ainsi eu une idée toute simple pour lutter contre le cancer des testicules, d’inciter les hommes à se laisser pousser la moustache pour attirer l’attention sur ce cancer dont on parlait peu. En mettant à disposition des hommes un moyen de partager leur expérience de manière ludique, il a ainsi généré 174 millions de dollars de dons en quelques semaines.

Une matinée particulièrement inspirante, donnant à chacun dans l’assistance l’opportunité de quelques minutes d’introspection, d’ouverture, de curiosité, pour embrasser le changement qu’apporte le digital.

Cet article fait partie d’une série d’articles publiés à l’occasion du Summit :

Adobe Digital Summit EMEA : quelle vision de l’évolution du marketing ?

Adobe Summit EMEA 2014 - The Digital Marketing ConferenceEn tant que blogueur invité, j’ai la chance de pouvoir participer à une session bien particulière en marge de la centaine de sessions du Adobe Digital Summit EMEA 2014. Les dirigeants d’Adobe se sont prêtés aux questions des journalistes et blogueurs réunis devant eux. Dans une ambiance forcément plus informelle que sur scène devant près de 4 000 personnes, l’équipe dirigeante a pu confier sa vision de l’évolution de la fonction marketing. Evolution à laquelle bien-sûr, son offre vise à répondre.

Trois dirigeants d’Adobe ont répondu aux questions :

  • Brad Rencher (@bradrencher), Senior Vice President et General Manager Digital Marketing
  • Ann Lewnes (@alewnes), Chief Marketing Officer
  • Shantanu Narayen, Chief Executive Officer

Je n’ai pas la prétention de restituer ici l’intégralité des débats. Juste quelques messages qui ont attiré mon attention et amène à réflexion.

Tout d’abord, comme charité bien ordonnée commence par soi-même, Adobe utilise ses propres outils pour son marketing digital. Le digital représente d’ailleurs 74% du budget marketing de l’éditeur. Un budget optimisé avec les solutions qu’il propose à ses clients. Un démonstrateur à grande échelle de son offre.

Sur le plan organisationnel, les dirigeants d’Adobe constatent que le fait d’avoir un responsable du site Web, un responsable des médias sociaux, etc., empêche d’avoir une vue complète du client, ce qui impacte directement les résultats de l’entreprise. Ils prêchent donc pour la mise en place d’un référentiel unique permettant de consolider les actions de tous les intervenants du marketing digital.

Plus largement, ils observent que les entreprises les plus en avance sur le digital ont une hiérarchie plate, des collaborateurs engagés, tournés vers la satisfaction du client. La définition du marketing est en train de changer, s’étendant désormais à l’expérience vécue par les clients, quels que soient les points de contacts. Le client contacte le centre d’appel ? C’est du marketing. Le client regarde sur une tablette la fiche d’un produit dans un point de vente ? C’est du marketing. Le client regarde une vidéo du PDG de l’entreprise ? C’est du marketing. Sur ce plan, la vision hégémonique de la fonction marketing peut inquiéter. La question étant de savoir si cette approche qui vise à étendre le périmètre du marketing, n’est pas à terme contre-productive, de par la moindre spécialisation des rôles. Après tout, si tout devient marketing, le CMO devient le CEO !

Enfin on l’aura compris, Adobe que tout le monde connaît avec ses produits grand public (PDF, Flash), se positionne désormais comme un incontournable du marketing en offrant des outils support à la créativité, à la distribution des contenus et à la mesure des résultats (Analytics).

En d’autres termes, Adobe se positionne comme le fournisseur de solution d’une fonction marketing qui s’industrialise. Industrialisation faisant disparaître toute une gamme de tâches devenues inutiles : les contenus sont créés en interne ou par des agences, ils sont stockés et référencés en un seul endroit, ils sont automatiquement adaptés aux différents formats de terminaux, les sites web et applications sont personnalisées en tenant compte du contexte d’usage et bien-sûr de l’utilisateur, l’audience est suivie, les tests peuvent être déployés sur des segments de population cible, les campagnes de communication peuvent être ajustées en fonction des résultats, en utilisant les canaux de communication les plus adaptés à la cible. Le marketing industrialisé devient fluide, capable de monter en charge au gré de la croissance de l’entreprise sur ses marchés, affranchi des contraintes classiques imposées par l’informatique, et surtout, les résultats du marketing deviennent mesurables et donc les investissements optimisables. Mieux, comme tout est dans le cloud, les opérationnels peuvent travailler de n’importe où, pour peu qu’ils disposent d’une connexion Internet. Rien que ça !

Dans cette belle histoire pour la fonction marketing, j’ai le sentiment que le DSI est le grand perdant. Court-circuité par l’offre Marketing Cloud d’Adobe, comme Salesforce l’a fait dans le CRM il y a quelques années, le DSI se retrouve cantonné à la fourniture du réseau informatique, des postes de travail et d’une intégration avec les applications métier de l’entreprise lorsque des flux de données sont nécessaires. Une guerre de pouvoir qui ne doit pas masquer la question ultime : quelle est la valeur de ce système d’information marketing pour l’entreprise ? Vu le succès grandissant d’Adobe dans ce domaine, il semble que ses commerciaux ont su convaincre ses clients de la valeur apportée par leurs solutions !

Cet article fait partie d’une série d’articles publiés à l’occasion du Summit :

Adobe Digital Summit EMEA : retour sur les sessions du premier jour

Adobe Summit EMEA 2014 - The Digital Marketing ConferenceAvec près de 100 sessions programmées sur les deux jours du Adobe Summit, il m’a fallu faire un choix. J’avais retenu les thématiques du social marketing, de l’innovation dans le marketing et de l’analyse de données. Lors de la première journée, j’ai ainsi assisté à deux sessions (en plus des sessions générales et de la session réservée à la presse et aux blogeurs) :

  • Restructuring your organisation for the digital age, David Edelman (@davidedelman), Principal, McKinsey & Company
  • Digital Transformation: Re-imagine from the outside-in, Anatoly Roytman (@AccentureSocial), Managing Director, EMEA, Accenture Interactive

Restructuring your organisation for the digital age

Une session de 20 minutes, finalement beaucoup trop courte pour pouvoir aborder le sujet comme il le mérite. Quelques messages clés :

  • Etre une entreprise digitale ne veut pas dire offrir seulement des trucs digitaux.
  • Repenser le concept de segmentation client dans une logique de propagation supposant un positionnement adapté au comportement du consommateur : étendre, conquérir, embarquer, stimuler, recouvrir.
  • Suivre une approche « test and learn » pour les initiatives marketing, en s’appuyant sur les données collectées pour adapter les actions aux réponses de la cible.
  • La question n’est pas de savoir comment être plus digital, mais comment être plus agile.

Digital Transformation: Re-imagine from the outside-in

Dans la même veine que la session précédente, cette session avait vocation à expliquer comment l’entreprise se transforme pour s’adapter au digital. Sans véritablement répondre à la question (existe-t-il une seule réponse à cette question d’ailleurs ?), quelques messages clés sont intéressants à retenir :

  • Selon une étude de Watermark Consulting, les entreprises qui se concentrent sur l’expérience client sont plus performantes que les autres.
  • Les entreprises qui s’engagent dans une transformation digitale de leurs activités suivant 3 stades d’évolution : centré produit, au sein d’un écosystème, centré client.
  • La question clé à laquelle peu d’entreprises savent répondre : qui est responsable de l’expérience client ?

On voit bien ici l’importance accordée au client. Mais pour que la transformation digitale soit possible, une architecture applicative adaptée doit être mise en place. Pour illustrer le propos, le conférencier a projeté un slide rare dans une conférence réunissant des responsables marketing. Un slide montrant une architecture front to back, depuis l’ERP jusqu’aux front ends (je sens confusément avoir perdu quelques lecteurs avec cette phrase…). Un slide que l’on voit couramment dans les conférences ciblant les responsables informatiques, confrontés à l’urbanisation de leur système d’information. Un slide pourtant issu d’une mission de transformation portée par le directeur financier, et engageant le directeur des opérations dont le nombre de ressources impliquées dans la transformation était le plus important. Il est donc possible de parler d’urbanisme de système d’information devant des responsables marketing, financier et des opérations, du moment que l’approche est vulgarisée et sert les objectifs de l’entreprise.

Pour terminer la session, le conférencier a inversé les rôles et engagé un dialogue avec la salle en posant des questions à l’assistance :

  • Quelles industries sont confrontées à des enjeux de transformation digitale ? La banque et les télécoms, tous les deux en train de devenir des commodités, le tourisme (secteur compétitif dans lequel il est difficile de se différencier), et plus généralement toutes les industries.
  • Comment convaincre les cadres dirigeants d’investir sur le digital ? Deux approches possibles : 1- Leur faire peur en leur montrant que leurs concurrents sont en avance. 2- Commencer petit en montrant des résultats rassurants sur des pilotes (quick wins, proof of concept).
  • Comment collecter toujours plus de données personnelles sur les consommateurs soucieux de confidentialité ? Les recherches menées par Accenture ont montré que les consommateurs sont prêts à partager leurs données pour peu qu’ils reçoivent un service à valeur ajoutée en réponse.

En synthèse

Deux sessions montrant à quel point, au-delà de la fonction marketing, la transformation digitale touche l’entreprise en profondeur pour :

  • Orienter l’entreprise vers le client (véritablement)
  • Adopter de nouvelles approches en interprétant les données collectées (test & learn)
  • Libérer la créativité sur les frontaux en s’appuyant sur une architecture SI adaptée

Cet article fait partie d’une série d’articles publiés à l’occasion du Summit :

Adobe Digital Summit EMEA : compte-rendu commenté de la première session plénière

Adobe Summit EMEA 2014 - The Digital Marketing ConferenceQuand Adobe organise une conférence dédiée au marketing digital, l’événement est vraiment impressionnant. Réunis à Londres pendant deux jours, 3800 personnes issues de 47 pays se passionnent pour un sujet : la transformation digitale, ou comment devenir une entreprise temps-réel en commençant par réinventer la fonction marketing.

Pour lancer la conférence, Brad Rencher (Senior VP et General Manager de la BU Digital Business) et Shantanu Narayen (CEO) ont campé le décor en insistant sur un point : à l’ère du digital, une entreprise moderne doit absolument tenir compte des nouveaux comportements des consommateurs. Comment ces nouveaux comportements changent l’entreprise ? Elle la contraint à adapter ses produits, adapter son modèle de distribution etc. L’adaptation de la fonction marketing la conduit-elle à changer en profondeur l’entreprise, ses processus, sa manière de recruter ? Plus que ça : la fonction marketing déborde largement de son périmètre traditionnel et tend à devenir hégémonique.

Comment transformer au rythme du digital ?

Les intervenants se succèdent sur scène, les démonstrations de produits s’enchaînent. En filigrane, un enjeu majeur : comment transformer l’entreprise au rythme du digital, pour la centrer (vraiment) sur le client ?

Avec son offre Adobe Marketing Cloud, l’éditeur a l’ambition d’aider les entreprises à adresser cet enjeu et devenir de véritables entreprises temps-réel… en s’affranchissant des systèmes informatiques hérités. Une offre architecturée sur six produits : Analytics, Campaign, Experience Manager, Media Optimizer, Social, Target. Une offre totalement dans le cloud avec la promesse de rapidité de déploiement qui l’accompagne. Une offre qui supporte déjà 18 mille milliards de transactions par jour (en écrivant ce chiffre énorme, j’ai soudain un doute : ai-je bien entendu ?). Les volumes supportés, la capacité de l’architecture à monter en charge, sont autant d’arguments au service de l’indispensable qualité de service exigée par le consommateur connecté. Tout ce qu’il faut pour aller vite et surtout concentrer les ressources sur l’essentiel : la créativité et l’exécution des campagnes marketing. La créativité pour attirer l’attention du consommateur au moment le plus propice, au travers du média le mieux adapté. L’exécution pour transformer le prospect en client, le client en promoteur de la marque.

Comment adapter l’organisation marketing ?

Le digital permet de collecter des quantités considérables de données. En les mettant dans le cloud, il n’est même plus nécessaire de se préoccuper de monter des data centers. Cependant, stocker les données sur une personne, c’est bien, exploiter les données pour prédire son comportement, orienter les actions marketing, c’est mieux.

Les responsables marketing imaginent des produits, construisent des campagnes de promotion ou de fidélisation de ces produits pour stimuler l’achat. Ils se préoccupent de tous les points de contacts de l’entreprise avec le consommateur, que ce soit au travers des sites web, applications mobiles, tablettes en point de vente et même via le centre d’appels. Les directions marketing ont donc à s’approprier les solutions logicielles qui leur fournissent en temps-réel les informations dont ils ont besoin pour orienter leurs actions. Plus de technologie, plus d’immédiateté, plus de dialogue instantané avec le consommateur. Préparer les campagnes, anticiper les réactions, tester sur un segment de clients, utiliser la technologie pour prévoir l’impact, ajuster le tir, recommencer : un enchaînement d’activités non seulement plus rapide qu’auparavant, mais aussi rendu plus complexe par la multitude des points de contacts que l’entreprise propose au consommateur, points de contacts qu’elle maîtrise parfois partiellement (site web de distributeur, page Facebook, etc). Un enchainement qui demande aux responsables marketing de désapprendre leur métier, comme un conducteur Français conduisant en Angleterre : une nouvelle approche de la conduite est nécessaire et il ne suffit pas de s’installer à droite en entrant dans le véhicule.

Quels impacts pour les acteurs du marketing digital ?

En interne à l’entreprise, le flot de technologie qui se déverse pour supporter le marketing digital pose la question du rôle du DSI. Réduit à fournir l’infrastructure réseau qui permet aux équipes marketing d’accéder aux consoles d’administration de la suite logicielle fournie par Adobe, le DSI n’a même plus à se soucier de développer des solutions spécifiques, forcément moins robustes, moins aptes à supporter la montée en charge, moins compatibles avec la multitude de terminaux. Au mieux ses équipes peuvent être impliquées dans l’intégration de la suite logicielle avec les autres systèmes applicatifs de l’entreprise : l’ERP et le CRM en particulier. Et voilà que nous voyons réapparaître des slides que l’on voyait il y a une quinzaine d’années dans les conférences d’éditeurs de solutions d’intégration d’applications d’entreprises (EAI pour « Enterprise Application Integration »). Sauf que le public n’est plus composé d’informaticiens mais de « marketeux ». Profond changement.

En externe, les solutions proposées par Adobe promettent une rapidité de distribution des contenus sur tout type de terminal qui rendent immédiatement inutiles les tâches manuelles (même si elles sont réalisées sur des outils informatiques) d’adaptation des applications et des contenus aux formats attendus par les différents terminaux du marché. A ce titre, la démonstration sur scène est imparable : un banc d’une quinzaine de terminaux (tablettes et smartphones de différentes marques sous iOS, Adroid ou Windows), une console d’administration. L’opérateur veut changer une image. Un simple « drag and drop » lui suffit, et voilà toutes les applications à jour en quelques secondes, juste le temps de propagation au travers du réseau Wifi saturé de la salle de conférence. L’impact pour les agences digitales est énorme. A grande échelle, la disparition de ce type de tâches manuelles détruit les emplois occupés par les personnes qui les réalisent. Elles devront s’adapter et concentrer leur attention sur la créativité, et non sur la reproduction ou l’adaptation à une multitude de terminaux.

Quels exemples à suivre ?

Pour illustrer sa démonstration, Adobe a fait appel à ses clients les plus innovants. En particulier L’Occitane, Danone et My Flash Trash.

L’Occitane a ainsi mis en place les solutions Adobe permettant d’attirer l’attention du consommateur au moment où il est le plus susceptible de s’intéresser à un produit, par exemple en attendant son bus. L’exemple se déroule, jusqu’à ce qu’un email soit automatiquement envoyé après l’achat d’un produit sur le site e-commerce de la marque. Le cas est idéal pour la besoin de l’expérience. Reste à savoir s’il est possible lorsqu’il y a une rupture dans ce parcours client idéal, par exemple si le consommateur achète le produit sur un site de distributeur.

Au-delà de l’exemple d’un consommateur désormais cerné par L’Occitane, Mathieu Staat, CWE Digital and International CRM Director met l’accent sur la révolution digitale du marketing chez L’Occitane qui s’avère surtout organisationnelle. Pour créer une expérience client multicanale homogène, il faut en effet mettre le client au centre de l’entreprise et casser les silos entre les équipes (marketing, IT, CRM, communication). Ce qui suppose d’abord de convaincre les collaborateurs, les faire rêver, leur montrer comment la technologie les aide à mieux faire leur métier (plus de campagnes pour le marketeux, plus de ventes pour le détaillant). Le directeur digital est donc un homme de consensus, capable d’aider chacun dans son métier à se projeter dans un futur.

Du côté de Danone, le message de Michael Aidan, Head of Digital, est similaire. Il note que les entreprises sont en silos : divisions, fonctions, régions. Ce faisant, elles ont perdu le cœur de leur raison d’être : le consommateur. Le directeur digital est donc transverse par nature, s’appuyant sur toutes les expertises.

Amber Atherton, Founder and CEO, My Flash Trash, illustre parfaitement la rapidité offerte par les technologies désormais. Une bonne idée, de l’audace, peut-être une dose d’inconscience et de prise de risque permise par sa jeunesse, l’utilisation avisée de plateformes (Tumblr, Instagram, YouTube, Facebook) et une attention particulière sur le contenu, lui ont permis de développer son entreprise à l’internationale à une vitesse ahurissante. Pour se réinventer les grandes entreprises figées dans leur modèle organisationnel pourront s’inspirer de ce bel esprit d’entreprendre.

Et sur la forme ?

L’impression qui se dégage au terme de cette première session générale, est l’importance du marketing digital (par le nombre de participants à l’événement) et la capacité d’Adobe à adresser les besoins des hommes et des femmes de marketing (par la complétude et la maturité de l’offre).

Petite fierté de voir en session plénière le témoignage de deux marques françaises (L’Occitane et Danone). La France a donc au moins deux exemples à suivre.

A noter une initiative intéressante, Adobe donnant deux livres (2£) par tweet contenant le hashtag #AdobeSummit pendant une des conférences. Une belle idée pour stimuler le live tweet et promouvoir la marque au travers des participants.

Cet article fait partie d’une série d’articles publiés à l’occasion du Summit :

Adobe Digital Summit EMEA : deux jours pour faire le plein d’idées sur le marketing digital

Adobe Summit EMEA 2014 - The Digital Marketing ConferenceLa question n’est plus de savoir si une marque doit être digitale, mais comment l’être pour conquérir des marchés et fidéliser les consommateurs avec le digital. Certaines industries (médias, presse, édition musicale en particulier) ont déjà été profondément transformées et continuent de l’être. Les autres industries suivent le mouvement sous l’impulsion du marketing. La question est donc plutôt de savoir si le marketing d’une entreprise est à l’état de l’art à l’heure du digital ?

Pour y répondre, Adobe organise à Londres les 14 et 15 mai 2014 la plus grande conférence européenne du marketing digital. Deux jours pour échanger avec les entreprises les plus en avance, comprendre comment les solutions technologiques viennent soutenir les efforts marketing, bénéficier de l’expérience des entreprises en train de changer leur organisation pour s’adapter au digital.

J’ai la chance d’être invité par Adobe pour assister à l’événement, ainsi que plusieurs centaines de Français qui traverseront la Manche pour échanger avec les praticiens du marketing et les experts européens du digital. Une belle occasion de faire le point sur les bonnes pratiques du maketing digital, identifier les tendances du moment, comprendre les freins à la digitalisation des entreprises et bien-sûr découvrir comment Adobe accompagne ses clients.

Parmi les 80 ateliers proposés, je m’intéresserai particulièrement à ceux liés au social marketing, à l’innovation dans le marketing et à l’analyse de données. J’espère y trouver la réponse à des questions telles que :

  • Comment placer une marque là où elle n’a pas a priori sa place, c’est-à-dire sur des médias sociaux fondés sur les relations entre individus partageant une histoire ou des intérêts communs ?
  • Quelles sont les nouvelles techniques marketing pour acquérir et transformer ?
  • Comment attirer l’attention d’un consommateur toujours plus volatile et multi-écran ?
  • Comment attraper un consommateur toujours plus fugace ?
  • Comment se préparer au marketing au travers des objets connectés ?
  • Comment collecter et traiter les gigantesques volumes de données générées par le digital, qu’elles soient personnelles ou anonymes, pour mieux cibler le consommateur, adapter ses produits et anticiper ?
  • Le marketing prédictif existe-t-il ?
  • Comment développer le chiffre d’affaires tout en réduisant les coûts marketing ?
  • Comment se transforment les budgets et les opérations marketing sous l’impulsion du digital ?

Les responsables marketing qui se posent ces questions et bien d’autres encore, ont tout intérêt à participer à l’événement. Sortir, s’inspirer, échanger, comprendre, pour revenir au bureau avec des idées de projets, de méthodes à mettre en place, de solutions pour répondre aux enjeux business de l’entreprise, est absolument indispensable ! Les benchmarks ne se font pas qu’en lisant les rapports d’études des cabinets d’analystes, et encore moins les synthèses qui en sont publiés par les journalistes et les blogueurs. Ils se font aussi et surtout en rencontrant celles et ceux qui ont un peu d’avance. Le Adobe Digital Summit EMEA en est une belle occasion.

Cet article fait partie d’une série d’articles publiés à l’occasion du Summit :

Réseaux sociaux pour le recrutement : pas brillant !

RegionsJob Etat des lieux du recrutement sur les réseaux sociauxRegionsJob a récemment publié une étude sur le recrutement au travers des réseaux sociaux. L’étude apporte quelques informations intéressantes sur les pratiques des recruteurs, peu enclins à utiliser les réseaux sociaux pour recruter, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer. Cependant, la méthodologie de l’étude sème le doute sur les résultats.

Parlons tout d’abord des chiffres. Seules 56% des personnes interrogées déclarent utiliser les réseaux sociaux pour recruter. Curieusement du côté des candidats, sachant qu’en France LinkedIn compte plus de 6 millions d’utilisateurs et Viadeo 8 millions, on peut se demander à quoi peut bien servir de mettre à jour son profil sur ces réseaux sociaux, si les recruteurs s’en servent aussi peu. Or, l’expérience montre (au moins pour certaines populations, notamment les cadres et les commerciaux, comme l’indique l’étude) que ces réseaux sociaux professionnels sont prisés par les chasseurs de tête pour entrer en contact avec des candidats. Les chasseurs sont peut-être plus habitués à utiliser les réseaux sociaux ?

Autre chiffre étonnant, 48% des personnes interrogées font des recherches en ligne pour se renseigner sur des candidats. Cela n’a pas grand-chose à voir avec les réseaux sociaux, mais il est quand même surprenant que si peu de recruteurs fassent des recherches en ligne sur un candidat. Est-ce la conséquence d’une restriction imposée par le management (« interdiction de googliser un candidat ! ») ? Les chargés de recrutements en 2014 n’ont-ils pas encore le réflexe d’exploiter toutes les informations disponibles sur Internet ? Les informations disponibles en ligne sont-elles de si piètre qualité, que les chargés de recrutement renoncent à les consulter ?

Sur le plan de la méthodologie, l’échantillon interrogé est-il représentatif de la population RH ? Que ce soit en termes d’entreprises, de répartition sur le territoire, de rôle au sein de la DRH, de profil sociodémographique des personnes interrogées, le rapport de l’étude ne précise pas si l’échantillon est représentatif de la population RH en France. Dommage.

Le rapport ne précise pas non plus si les réponses ont été retraitées, par exemple pour éviter les doublons de personnes travaillant dans la même entreprise.

Autre curiosité, 35% des personnes interrogées déclarent avoir déjà écarté un candidat suite à des traces négatives trouvées en ligne. Proportion énorme si l’on tient compte du fait que seules 48% des personnes interrogées font des recherches en ligne sur un candidat.

Bref, comme souvent avec ce type d’études, beaucoup de chiffres et finalement peu de certitudes sur les enseignements qu’on peut en tirer. La tendance semble néanmoins être que le recrutement peine à se moderniser, s’appuyant surtout sur des outils classiques (sites d’emploi, salons, etc), et que les médias sociaux restent marginaux dans le recrutement (LinkedIn et Viadéo ont encore du pain sur la planche !). Pour le candidat, le bon vieux CV, les jobs boards et le réseau relationnel doivent donc être privilégiés. Le score Klout d’un candidat n’est pas prêt d’être pris en compte dans le recrutement !

Au final, l’étude n’aborde pas une question pourtant clé : quelle est la source des candidats que vous recrutez ? Cela permettrait aux candidats d’orienter leurs efforts sur les endroits prisés par les recruteurs. Peut-être pour une prochaine édition de l’étude ?

La portée des publications sur Facebook s’effondre, mais il y a moyen de la soutenir

Une étude de social@Ogilvy a récemment démontré que le reach organique d’une page Facebook s’effondre. Une chute vertigineuse qui inquiète les Community Managers et surtout les marques qui ont investi sur Facebook. Faut-il y voir pour autant une action malveillante ? Que peut faire une marque pour soutenir la visibilité de ses publications Facebook ?

Techcrunch explique de manière simple et limpide le caractère inéluctable de la chute de visibilité des pages Facebook. Tout tient en une équation qui rappellera aux plus littéraires les heures sombres de leurs cours de maths. La logique est implacable : il y a toujours plus de contenus à afficher à un utilisateur de Facebook dans son News Feed, alors que ledit utilisateur consacre un temps limité à Facebook. C’est une question d’économie de l’attention :

Why Is Facebook Page Reach Decreasing? More Competition And Limited AttentionL’algorithme de Facebook reste secret, aussi secret que l’algorithme de Google. Certains trouveront ce secret très ennuyeux. D’autres argumenteront que le fait de payer pour augmenter la visibilité d’un post, fait de Facebook un média de plus financé par la publicité. Rien de nouveau sous le soleil. Il faut juste admettre que tous les contenus ne peuvent pas être lus par tout le monde. Pas plus que toutes les publicités et publications qui remplissent nos boîtes aux lettres et nos boîtes email. Les premières campagnes d’affichage publicitaire au commencement de la publicité, ont toujours eu un succès retentissant lorsqu’elles ont débarqué dans un média. Puis, avec l’augmentation du nombre d’annonceurs, le succès de chaque publicité sur ledit média décline. Certains profitent même de la publicité à la télévision pour aller aux toilettes ! Facebook n’échappe pas à la règle. Face à cette chute inéluctable, comment une marque peut-elle soutenir le reach de sa page Facebook ?

Wisemetrics révèle qu’il y a un espoir et livre une astuce pour augmenter le reach des posts Facebook. Il s’agit tout simplement de publier plusieurs fois le même post. Au risque de lasser les fans exposés plusieurs fois au même contenu ? Pas tant que ça. Pour les pages ayant un reach bas (par exemple 2,5%), la répétition de la publication d’un post ne touche que 30% des fans exposés à la première publication. En d’autres termes, 70% de fans supplémentaires sont atteints grâce à cette répétition. Ce phénomène est cependant moins important pour les pages ayant un reach élevé.

Facebook Page Reach : there’s hope and here is a trick to increase your posts’ reachLa question est maintenant de savoir : qui osera tenter l’expérience, et prendre le risque de lasser une partie de ses fans exposés plusieurs fois au même message ? Autre question : les marques ayant intérêt à attirer et fidéliser leurs fans sur leurs pages, la qualité du contenu ne prime-t-elle pas sur la répétition des posts ? En d’autres termes, une publication moins fréquente et d’excellente qualité, répondant aux attentes des fans, suscitant leur engagement, n’est-elle finalement pas préférable pour émerger du brouhaha ? Les études ci-dessus ne se penchent pas sur l’impact de la qualité des posts sur le reach. Intuitivement, c’est pourtant probablement le meilleur atout pour atteindre et fidéliser une audience sur un média social.

6,15% seulement des fans d’une page Facebook voient ses publications

social@Ogilvy_Facebook organic reach demiseVous pensiez que Facebook est un formidable allié vous permettant d’atteindre le consommateur dans son intimité, à tout moment et en douceur ? Mauvaise nouvelle : ce que votre marque publie sur sa page Facebook, de moins en moins de consommateurs le voient. Pour démontrer ce phénomène, social@Ogilvy a étudié une centaine de pages Facebook et recommande de mener quelques actions de Social CRM. Etude intéressante mais dont la méthodologie est discutable.

La chute constatée du reach sur Facebook est certes vertigineuse (6,15% en moyenne en février 2014 alors qu’on était à 16% en 2012), mais l’étude ne le compare pas avec le reach sur d’autres médias. Il serait pourtant intéressant de comparer le reach d’un contenu publié sur Facebook avec le reach d’un message publicitaire diffusé à la radio, la télévision ou dans la presse. Comparaison qui serait d’autant plus utile si elle était ramenée aux coûts de production et de gestion de ces contenus. En d’autres termes, une marque doit-elle investir sur Facebook (production de contenu et animation de page) ou en publicité sur un média traditionnel pour optimiser son reach ?

La chute est vertigineuse et social@Ogilvy accuse clairement Facebook d’en être responsable. Je me demande si les consommateurs ne sont pas également responsables de cette chute : ceux qui voient un contenu, sont-ils toujours aussi enclins à l’aimer, le commenter, le partager, ou une lassitude s’est-elle installée, doublée d’une inquiétude du consommateur prenant conscience que toutes ses actions au travers de Facebook sont scrutées et révèlent sa vie privée ? Ce manque d’engagement entrainant mécaniquement la considération par Facebook que les contenus sont de moindre intérêt, il peut être un facteur d’explication de la chute du reach.

L’annexe de l’étude définit le reach organique comme le nombre de personnes qui voient un post, que ce soit dans leur News Feed, dans la Timeline de la Page qui publie le post, ou dans le Ticker. Le reach s’exprimant en pourcentage, j’imagine que la définition exacte est plutôt : nombre de personnes qui voient un post, divisé par le nombre de fans de la Page au moment où le post est publié. L’étude ne précise pas à quel moment le nombre de personnes qui voient un post, est mesuré : 24h après publication, 48h, une semaine ?

L’étude ne précise pas non plus l’échantillon de pages retenu, mais assure que les 106 pages étudiées, représentent 48 millions de fans d’une gamme étendue d’industries, de produits, de verticaux et d’un mix global et local. Le lecteur est donc contraint de faire confiance à Social@Ogilvy quant à la qualité de l’échantillon.

L’étude n’indique pas non plus si on observe des phénomènes régionaux : les Français subissent-ils une baisse de la portée des posts Facebook comme les Américains ?

Social@Ogilvy conclue sur la nécessité pour les marques de faire évoluer leurs actions sur leur page Facebook : des actions plus ciblées, des investissements publicitaires par petites touches précises, des ajustements en temps-réel, des contenus publiés moins fréquemment.

Cibler une audience pour lui apporter un contenu vraiment engageant (comprenez : qui l’intéresse), nécessite de passer par les outils payants de Facebook, comme Custom Audience. En d’autres termes, là où il y a quelques années, les marques passaient par des emailing ciblés, elles passeront désormais par des campagnes sur des audiences ciblées… maîtrisées par Facebook. En prenant un peu de recul, cela revient à confier à un tiers la connaissance de sa clientèle, et donc d’en devenir dépendant. Attention, danger !

Cibler une audience, c’est aussi fabriquer un contenu qui répond aux attentes de petits groupes de consommateurs, fortement affinitaires. J’ai pu observer ce phénomène avec la page Facebook de mon groupe de reprises pop/rock (les Salt & Pépères) : une toute petite communauté (150 fans, essentiellement des amis des membres du groupe), avec un taux de portée (reach) des posts rarement en dessous de 50%, donc très au-dessus de la moyenne de 6,15% constatée en février 2014 sur l’échantillon de l’étude. En ce sens, l’étude de social@Ogilvy fait passer un message au lecteur : achetez-nous du contenu ! Une bonne façon d’attirer les budgets. Curieusement, le contenu produit par les fans n’est pas évoqué. C’est pourtant probablement la meilleure manière de proposer un contenu ciblé, à grande échelle.

Pour s’affranchir de la dépendance à Facebook, social@Ogilvy évoque la possibilité d’investir dans Google+, en prévenant aussitôt que l’effort serait énorme. Cependant, je n’ai pas bien compris comment les Google+ Circles pouvaient permettre de cibler une audience aussi finement que Custom Audience de Facebook. De manière générale, les marques ont tout intérêt à développer leurs propres communautés, en dehors des plateformes dont elles ne maîtrisent pas la gestion et utiliser les plateformes propriétaires pour ce qu’elles sont : des outils d’acquisition d’audience.

Au final, l’étude a le mérite de mettre l’accent sur la visibilité des contenus publiés sur une page Facebook. En ce sens, elle invite les marques à se poser la question de l’efficacité de leurs investissements sur ce média, et surtout à prendre conscience que c’est Facebook qui mène la danse. Une prise de conscience qui doit amener à revisiter la stratégie Social CRM de la marque, dans le cadre général de la stratégie marketing, commerciale et de relation client.

Pour plus de détails, voir l’article publié sur le Blog du modérateur et le rapport de l’étude publié par social@Ogilvy sur SlideShare :

 

2 places pour le concert des Rolling Stones au Stade de France le 13 juin 2014 : gros stress !

Rolling StonesLes Rolling Stones passeront le 13 juin 2014 au Stade de France. Impossible, pour le fan que je suis depuis l’âge de 8 ans, de louper cet événement. Dès l’annonce de la mise en vente des places, je savais que la matinée du 28 mars 2014 serait stressante ! Une expérience e-commerce émotionnelle, relationnelle, profondément humaine et réenchantée (normal me direz-vous, puisqu’on parle-là de musique).

Ce matin, carte bleue sortie, ordinateur fraîchement redémarré, navigateur Web ouvert sur fnac.com, ticketnet.fr, stadedefrance.com et bien sûr Facebook et Twitter pour partager l’instant, je m’apprêtais à dégainer dès l’ouverture de la vente.

Quelques minutes avant le coup d’envoi, je vois apparaître sur Facebook une publicité pour une fois bien ciblée, au bon moment, avec le bon message.

Facebook_Pub_FNAC_Rolling Stones
Les puristes argumenteront que les places ne sont certainement pas vendues à 0.00 €, et que le reste du message n’a pas grand intérêt, mais j’apprécie l’attention : merci à la FNAC de me rappeler que c’est le moment de me tenir prêt pour acheter mes précieux sésames, plutôt que de virevolter sur mon newsfeed. Je partage néanmoins la publicité sur mon mur Facebook, ce qui ne manque pas de faire réagir mes amis connectés à ce moment-là.

10h, lancement des hostilités ! Nous sommes des milliers sans doute à tenter notre chance au même moment, et il y aura peu d’élus ! Alors il faut être rapide et multiplier les points d’accès. Les 3 sites que j’ai retenus me présentent tous une page d’attente, me demandant de patienter. Patienter ??? Vous plaisantez ? Ca fait des années que je patiente ! Déjà que j’ai raté leur retour sur scène au O2 Arena à Londres, les places étant parties en moins de deux minutes, il n’est pas question que je patiente plus longtemps !

Le site du Stade de France opte pour une ergonomie qui me rappelle l’installation d’un logiciel. La barre de défilement défile, lentement, très lentement. La tentation d’appuyer sur F5 est forte. Peut-être que ça aidera la barre à avancer ? A moins qu’au contraire ça la fasse revenir à son point de départ ?

Rolling Stones_Stade de France_2
Vite, un coup d’œil sur Ticketnet. C’est encore pire !!! Le sablier tourne, tourne, tourne. Il m’hypnotise ! Surtout ne pas se laisser endormir, rester vigilant et sur le coup, prompt à choisir mes places et saisir mes coordonnées bancaires !

Rolling Stones_Ticketnet_2

Côté FNAC, je suis passé en quelques secondes de l’angoisse absolue, à la joie ! Tout ça à cause d’un compteur qui indique mon ordre d’arrivée : 3366 sur 4724 au moment où j’ai fait cette capture d’écran. Quoi ??? Je suis 3366e ?! Mais je n’aurai jamais de place ! Puis l’affichage change, vite, très vite, pour afficher enfin un rang raisonnable : encore quelques secondes et je vais pouvoir réserver mes places !

Rolling Stones_FNAC_2

Soudain, me voilà autorisé à sélectionner mes places. Je tente le carré or, en oubliant de regarder le prix (il ne s’agit pas d’être raisonnable pour aller voir le plus grand groupe de rock du monde !) : déjà plus aucune place dans cette catégorie pourtant exorbitante ! Je tente alors la catégorie 1, le site, qui ne prend plus la peine de mettre les formes, me demande mes références bancaires que je tape à toute allure ! Un clic sur le bouton « Valider », et c’est parti ! Apparaît alors une nouvelle page angoissante, d’un graphisme à faire peur à un Gremlins. Page qui prend le soin de ne pas afficher de publicité (ce n’est pas le moment !), mais de m’indiquer qu’un emplacement est d’ores et déjà prévu à cet effet… Vous excuserez la capture d’écran prise un peu vite, mais qui n’handicape pas la compréhension de mon propos :

Rolling Stones_FNAC_validation_2

Les 5% deviennent vite 10%, puis 23%, puis je ne sais plus quel pourcentage, jusqu’à ce qu’apparaisse une page que j’ai d’abord interprétée comme une confirmation d’achat, alors qu’il s’agissait d’une erreur. Mais comment est-ce possible ?! Notez qu’en la revoyant à froid, je me demande comment j’ai pu un seul instant penser qu’il s’agissait d’une page de confirmation d’achat. Comme quoi, le cerveau n’enregistre que ce qu’il veut, surtout le cerveau d’un fan qui ne peut imaginer rater le groupe qu’il suit depuis 35 ans :

Rolling Stones_FNAC_validation_erreurParallèlement, j’apprends au même instant via mon mur Facebook que le chanteur de mon groupe (les Salt & Pépères, pour ceux qui ignoraient cette information de la plus grande importance !) vient juste d’obtenir deux places pour le concert, alors que le deuxième guitariste n’a pas pu en obtenir. Un copain, encore plus fan des Stones que moi (il se reconnaîtra), m’apprend qu’il a pu obtenir des places pour aller au concert en famille, et m’encourage à persévérer !

Je retente alors ma chance sur le site du Stade de France, pour rapidement déchanter (un peu d’humour ne fait pas de mal…). Toutes les places sont vendues, alors qu’il n’est que 10h12 !

Rolling Stones_Stade de France_reservationRefusant d’admettre que ma transaction bancaire ait pu faire l’objet d’un bug (quelle injustice, moi qui ai passé tant de temps à fiabiliser les sites e-commerce et de selfcare de tant de marques !), je décroche mon téléphone pour appeler le service billetterie de la FNAC. C’est sûr, eux auront trace de ma réservation, le problème ne peut venir que du site Web qui aura mal compris un message du système bancaire (dit le fan qui décidément ne veut pas entendre qu’il n’aura pas de place…) :

Rolling Stones_FNAC_Service billetterieAprès un petite vingtaine de minutes d’attente, bercée par une douce mélopée très éloignée des mélodies de mon groupe de rock préféré, une charmante hôtesse, qui doit sans doute ressembler à la jeune femme présentée sur la page d’accueil du service téléphonique de la FNAC, m’annonce ne pas trouver trace de ma transaction dans son système. Mais, alors que le désespoir me gagnait, je l’entends se démener, demander à ses collègues s’ils ont des places, chercher dans son outil. Sa voix reflète un véritable engagement pour ma cause. A travers elle, j’ai le sentiment que c’est la FNAC toute entière qui se mobilise pour m’obtenir les précieux tickets. Soudain, une de ses collègues l’informe qu’elle a deux places. Pas le temps de se dire au revoir, elle transmet l’appel à sa collègue qui se présente en une seconde, et me demande mon numéro de carte bancaire. Le cœur battant, je commence l’énumération des 16 chiffres… brutalement coupé dans mon élan par un message mécanique d’une froideur absolue en cet instant : « la communication a été coupée suite à un dépassement de délai ». Message répété en boucle, pour bien s’assurer que j’ai compris, et qu’il est inutile de rester collé au bout du fil…

En parallèle, je partage mon désarroi sur Twitter, en rebondissant sur le tweet d’une personne que je suis. Rebondissant sur ma réponse, il intègre @fnacspectacles à la discussion, qui m’encourage à persévérer. Ce n’est donc pas perdu ?

En désespoir de cause (dit le fan qui ne veut vraiment pas admettre qu’il n’aura pas de place), je retente un appel au service billetterie de la FNAC. Après tout, l’hôtesse avait réussi à trouver des places, elle était gentille, elle a du me les garder ! Encore de trop longues minutes bercé par cette musique d’attente que je commence à avoir sérieusement du mal à supporter. Encore qu’à la réflexion, Brown Sugar ou quelques notes de Miss You auraient eu un effet désastreux sur mon état mental à cet instant !

Un homme décroche. Mince, je ne connais même pas le nom de l’hôtesse qui m’avait trouvé les places, ni même de sa collègue qui s’est pourtant démenée pour moi ! Contre toute attente, il m’annonce avoir réussi à trouver deux places, l’une derrière l’autre. Certes, ce n’est pas l’idéal, mais franchement, c’est déjà génial ! Me voilà désormais avec un numéro de dossier qu’il me faudra présenter dans une FNAC pour retirer mes billets… et patienter jusqu’au 13 juin en espérant que Mick, Keith, Charlie et Ronnie soient en pleine forme. It’s only rock’n roll, but I like it !

Cette expérience d’achat, fortement émotionnelle et sociale, fait passer la transaction au second plan. Si vous vous rappelez le début de l’histoire, une pub sur Facebook de FNAC Spectacles me rappelait que les billets pour le concert du 13 juin 2014 au Stade de France étaient mis en vente aujourd’hui même. Comment cette publicité est-elle arrivée dans Facebook ? Probablement en exploitant toutes les informations que j’y publie, mes « j’aime » sur les publications des Rolling Stones, les clips que je partage, mes discussions avec d’autres passionnés. Au-delà du plaisir d’avoir obtenu le droit d’assister à ce concert, les dialogues que j’ai eus au téléphone ou au travers de Twitter avec FNAC Spectacles est le reflet d’une tendance à l’humanisation du e-commerce. En étant présente à mes côtés, en m’encourageant à persévérer, l’enseigne m’a transformé. Je ne suis plus qu’un client qui donne son numéro de carte bancaire, je suis un fan heureux qui partage son histoire. Merci aux personnes de FNAC Spectacles qui ont dialogué avec moi ce matin. Si vous lisez cet article, laissez-moi un commentaire en souvenir, ça me fera plaisir :).

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