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La transformation numérique, note de lecture


La transformation numérique des entreprises, tout un roman ! Bien-sûr le sujet est complexe, technologique, social, politique, organisationnel… On ne sait par quel bout le prendre. Pour avoir une petite idée du chemin à parcourir pour numériser (ou digitaliser) une entreprise, Philippe Colin (@phicolin) raconte une histoire. Une histoire qu’un DG pourra lire en quelques heures. Un DRH, un DSI, un directeur marketing, un directeur commercial pourra également être intéressé par ce propos simple et qui a le mérite de ne pas noyer le lecteur. Un roman professionnel en somme, racontant l’histoire d’une entreprise soumise à de fortes tensions sur son marché et qui doit se réinventer avec le numérique.

Ce que j’ai aimé

Le côté vivant de l’ouvrage est son principal atout et son originalité. Les personnages sont quelques peu caricaturaux, et aident à la compréhension du propos. Le découpage dynamise la lecture (un chapitre se lit bien entre deux stations de RER). Le scénario est facile à suivre et il est ainsi aisé de le projeter dans l’environnement de son entreprise.

Pour le néophyte qui se demande « mon entreprise a-t-elle vraiment besoin de se transformer avec le numérique ? », le propos est facile d’accès, sans jargon technique ou mot du moment à la mode. L’effort de pédagogie est ainsi à souligner. C’est donc un livre qui se lit vite (moins de 150 pages) et qui permet d’appréhender la problématique.

Chaque chapitre distille au travers d’une histoire, quelques bonnes pratiques à retenir. Une sorte de pense-bête sur lequel revenir si vous vous lancez dans la transformation numérique de votre entreprise.

Au-delà du livre, le lecteur est invité à approfondir sa lecture sur le site dédié à l’ouvrage. L’idée est bonne, mais pour une raison que j’ignore, lorsque je m’y suis rendu, le site ne contenait qu’une seule page rappelant les 7 clés de la transformation numérique, sans donner plus de détails.

Ce que j’ai moins aimé

Le propos me semble donner trop d’importance à l’intranet 2.0. Bien que le sujet me semble essentiel pour une entreprise digitale, d’autres aspects auraient mérité d’être développés plus en détails, tels que la mise en place d’écosystèmes numériques, les techniques d’acquisition de trafic et de fidélisation d’audience, l’innovation collaborative, l’impact du digital sur les budgets, etc.

Autant l’histoire romancée rend le propos facile d’accès, autant ce procédé littéraire a l’inconvénient de ne pas suffisamment ancrer le propos dans la réalité. J’aurais apprécié de trouver des retours d’expériences réels, des témoignages d’entreprises, des guides méthodologiques.

Autre inconvénient de l’angle de traitement choisi par l’auteur et son éditeur, l’ouvrage m’a parfois semblé manquer de profondeur. C’est malheureusement logique compte-tenu du parti pris éditorial. Le lecteur qui cherche des outils approfondis sera déçu. Celui qui veut une vision d’ensemble de la problématique y trouvera son compte.

Enfin, j’ai été surpris par le positionnement prix de l’ouvrage, trop élevé à mon goût pour un roman, même s’il est destiné à un public de professionnels.

Conclusion

Je recommande la lecture de « La transformation numérique » à un public néophyte qui veut comprendre en quelques heures les enjeux business du digital. Comprendre comment des certitudes et les jeux politiques des organisations conduisent à des impasses. Comprendre comment une organisation oppose des résistances à sa digitalisation, pourtant inéluctable.

Temps de travail et médias sociaux font-ils bon ménage ?

Relayant une étude de la société Sciforma, Cadremploi posait la question : « Pas plus de 12 minutes de concentration au bureau : est-ce grave ? ». L’annonce est péremptoire et sans appel : nous serions donc désormais dans une époque où il n’est plus possible de travailler sans être interrompu toutes les 12 minutes en moyenne. Et on se prête à regretter le temps bénis qui précéda l’invention du téléphone, cet affreux moyen de communication qui perturbe la quiétude de nos journées.

Et comme les réseaux sociaux sont à la mode, ils sont évidemment montrés du doigt comme étant un des agents générateurs de perturbation. Car c’est bien connu, les salariés des entreprises sont excessivement attentifs à l’arrivée d’un message provenant de leur réseau social favori. A croire que les tâches qui leur sont confiées sont d’un tel ennui, que l’émergence des réseaux sociaux dans leur poste de travail a pu leur sembler libératoire.

Le communiqué de presse de Sciforma donne plus de précisions : en recevant en moyenne 40 messages par jour, sur une durée moyenne de temps de travail journalier de 8 heures, chacun reçoit un message toutes les 12 minutes. Conclusion, je cite, « Il est impossible de travailler plus de 12 minutes sans être interrompu ». CQFD. Et encore, l’étude ne prend pas en compte les interruptions dues aux conversations des collègues de bureau. Dommage.

Toutes ces interruptions sont-elles réellement subies par les français ? Seraient-ils à ce point incapables de désactiver les notifications automatiques d’arrivées d’emails, les notifications de publications sur les réseaux sociaux auxquels ils sont abonnés, la sonnerie de leur téléphone, etc, jusqu’à désormais être dans l’impossibilité de travailler plus de 12 minutes sans être interrompus ?! Si c’est effectivement le cas, il est urgent que les entreprises aident leurs collaborateurs à mieux utiliser les outils qui leurs sont mis à disposition, mais aussi les outils et services qu’ils apportent avec eux au sein de l’entreprise.

Il est également nécessaire d’étudier objectivement l’apport de ces outils à la création de valeur. Et si pour créer plus de valeur, travailler plus efficacement, il s’avérait préférable de favoriser la fluidité des interactions en développant massivement l’usage des médias sociaux, et en acceptant la part d’utilisation personnelle qui peut en être faite ? De la même manière que dans le passé, les machines à café se sont progressivement imposées dans les locaux des entreprises, contribuant ainsi au lien social qui unit les collaborateurs au-delà des liens fonctionnels entre les postes qu’ils occupent, les médias sociaux sont un formidable accélérateur de collaboration. Pour s’en convaincre, il peut être utile de prendre connaissance des nombreux exemples qui sont détaillés dans « Les médias sociaux expliqués à mon boss ».

Se priver du potentiel des médias sociaux, sous prétexte que les collaborateurs risquent d’être distraits dans leur travail, revient à éluder un sujet bien plus important : l’intérêt des tâches confiées, et la motivation des collaborateurs à les réaliser avec la meilleure efficacité possible. C’est en réfléchissant à ces aspects qu’il sera possible de mettre en perspective le temps de travail avec la manière d’interagir avec son entourage professionnel et personnel, au profit du collaborateur et de l’entreprise, et non en comptant les messages qu’ils reçoivent sans mettre en relief la pertinence de ces messages.

Présentation de l’opportunité Web 2.0

Mardi 11 janvier 2011, j’ai eu l’occasion de présenter l’opportunité Web 2.0 au sein du Club des Maîtres d’Ouvrage. Les participants présents étaient tous responsables de maîtrises d’ouvrages dans diverses entreprises et administrations. Un panel éclectique, réuni dans le cadre d’une matinée consacrée au poste de travail. L’objet de mon intervention étant de planter le décors du poste de travail collaboratif, de manière la plus interactive possible avec les participants.

En synthèse, voici les principaux points qui se sont dégagés des discussions. Il ne s’agit évidemment pas de restituer ici l’intégralité des débats, mais simplement de rappeler les échanges saillants :

  • Les projets collaboratifs souffrent d’une absence de sponsor au plus haut niveau des organisations
  • Les technologies et usages Web 2.0 sont bien connus, mais pas forcément répandus
  • Les technologies sont omniprésentes, mais il faut faire attention à ne pas en devenir esclaves, accepter de couper son smartphone, par exemple pendant la présentation : être ici et maintenant en symbiose avec les participants
  • L’email est hégémonique tant et si bien qu’il a pu paraître choquant que j’explique ne plus y répondre (ou plus exactement : ne plus être en mesure de répondre à tous les emais professionnels que je reçois. Voir mon post à ce sujet)
  • Les usages externes (ceux mis en œuvre dans la sphère personnelle) s’infiltrent / s’immiscent au sein de l’entreprise et la DSI peut encore reprendre le leadership à condition de proposer des solutions et d’aider à l’appropriation par l’ensemble des collaborateurs
  • Le poste de travail nécessite encore une réflexion approfondie, pour qu’il apporte les services et contenus utiles au quotidien, et ne soit pas seulement un moyen d’y accéder
  • Les média sociaux nécessitent l’implication du marketing (au sens large), des RH, de l’IT, et du juridique

J’avais enfin prévu (au cas où le dialogue ne prendrait pas avec l’assistance), de traiter d’autres points que je n’ai pas pu aborder faute de temps (et au profit d’une interaction très vivante avec les participants) :

  • L’évolution des usages IT au sein des entreprises
  • Les réseaux sociaux : valeur pour l’entreprise et usages au quotidien pour les collaborateurs
  • Maturité des technologies Web 2.0
  • Structures de coûts du Web 2.0
  • Enjeux actuels du Web 2.0
  • Exemples d’usages et fonctionnalités à expérimenter

Bref, il y avait de quoi passer la matinée à parler uniquement de Web 2.0 ! J’aurais sûrement l’occasion de revenir plus en détail dans ce blog sur l’ensemble des points évoqués lors de cette présentation. Et vous, pensez-vous que vos entreprises ont saisie l’opportunité Web 2.0 ?

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