L’apocalypse numérique n’aura pas lieu, note de lecture

Début 2019, Guy Mamou-Mani nous prévenait : l’apocalypse numérique n’aura pas lieu. À l’époque les fâcheux annonçaient la fin du monde d’avant, pour le pire. Les robots allaient remplacer les travailleurs. L’intelligence artificielle allait surpasser l’homme. Les réseaux sociaux allaient continuer d’abrutir des générations entières d’internautes. Les plateformes allaient saper les droits sociaux acquis de haute lutte. D’autres prédictions du même acabit attribuaient au numérique tous les maux de nos sociétés modernes. À contre-courant des Cassandre et autres marchands de peur, l’auteur se veut positif à l’endroit du numérique. Depuis, la crise du Covid-19 est passée par là et a montré à quel point son récit était prémonitoire : aucune apocalypse numérique à l’horizon. On peut même affirmer que le numérique nous a sauvé de la syncope sociale provoquée par les confinements et autres mesures sanitaires.

Pour les plus pressés, voici la version courte de cette note de lecture, en format vidéo :

Mes commentaires sur L’apocalypse numérique n’aura pas lieu

Ce que j’ai aimé

Tout d’abord, et c’est une grande qualité pour un livre qui cible un lectorat de haut niveau, de cadres dirigeants, Guy Mamou-Mani se veut pédagogue et rassurant. Au fil des pages, il sait se mettre à la portée du lecteur décideur bien que béotien de la chose numérique. Il propose aussi des concepts pour accompagner la transformation de notre société. Par exemple sur l’éducation, il propose d’emmener nos enfants en Numérie. Une terre où ils apprendraient à maîtriser le numérique, tout du moins à acquérir les connaissances de base du XXIe siècle : lire, écrire, compter, coder.

L’auteur n’hésite pas non plus à convoquer d’autres auteurs, comme Laurent Alexandre, bien connu pour ses positions alarmistes sur le devoir de l’humanité qui aurait déjà perdu la bataille face à l’IA. Le lecteur assiste ainsi à un dialogue entre experts par livres interposés. Un dialogue qui nourrit la réflexion du lecteur et l’invite à creuser les éventuelles contradictions.

L’ouvrage est truffé de références et d’exemples, qui peuvent étonner. Au détour de la page 53, j’ai ainsi été surpris d’apprendre que l’industrie extractive et minière est celle où le numérique est le plus fécond. Un secteur qui serait donc en tête de la maturité numérique ? Sûrement un point à vérifier en faisant une campagne de diagnostics de maturité digitale (mon activité professionnelle n’est jamais très loin…).

L’ouvrage invite aussi à l’action, à sortir de la simple contemplation d’un monde numérique qui nous échappe. L’auteur, s’adressant aux cadres dirigeants se veut vindicatif page 64 : « Le diagnostic est établi, incontestable. L’heure n’est plus à la production de rapports, qui tous convergent pour souligner l’impérieuse nécessité de la transformation numérique. Cessons de remplir les tiroirs ! Il est temps d’agir, désormais ! »

N’oublions pas aussi que l’auteur est également chef d’entreprise. Il ne se contente pas d’énoncer des théories et des principes. Il les met en œuvre. Comme par exemple avec le télétravail au sein du groupe Open. C’est aussi un homme engagé par exemple avec French Tech Diversité, avec l’opération « banlieues numériques » ou encore avec l’association Jamais Sans Elles. Difficile donc de le taxer d’être hors sol. Il est dans le réel.

Ce que j’aurais aimé

J’aurais aimé que tous les candidats à la présidentielle lisent L’apocalypse numérique n’aura pas lieu. On s’étonne d’ailleurs que la seule exigence pour se présenter à l’élection suprême soit d’avoir 500 parrainages d’élus. Pourquoi ne pas demander, comme c’est le cas dans de nombreux concours, un niveau de connaissance minimal des concurrents, notamment sur le numérique ? Un peu de culture générale, une compréhension des grands enjeux, nous aideraient grandement à traiter ce sujet au niveau qu’il mérite.

Comme j’ai lu le livre près de trois ans après sa sortie, je me suis interrogé sur les évolutions arrivées depuis et j’aurais aimé que Guy nous propose une mise à jour de son livre. Par exemple page 62 l’auteur évoque le rapport Croissance connectée de 2017 (mené par Amal Taleb), du Conseil National du Numérique (Mounir Mahjoubi était alors président du CNNum). Cinq ans plus tard, les PME ont-elles gagné en maturité numérique, toutes choses égales par ailleurs, hors impact Covid-19 ? Les 4,5 millions d’euros consacrés aux diagnostics de maturité numérique de 20000 entreprises a-t-il porté ses fruits ? Les 60 millions d’euros de chèque numérique distribué par France Num (donc hors programmes équivalents portés par les régions et les départements) ont-ils amélioré la maturité numérique des PME ? Que penser des Activateurs Numériques et des Médiateurs Numériques ? Autant de questions qui militent pour une mise à jour de l’ouvrage, sachant que les éléments de fond restent valables encore aujourd’hui.

Conclusion

Vous l’aurez compris, je recommande vivement la lecture de L’apocalypse numérique n’aura pas lieu, à commencer par les sceptiques du numérique, et plus largement par les dirigeants d’entreprises, et les hommes et les femmes politiques. Être au service des entités économiques qu’ils servent, c’est garder sa hauteur de vue notamment en 2022 en prenant en compte le monde numérique dans lequel nous vivons. Guy Mamou-Mani sait mieux que personne leur expliquer les profondes transformations en cours. Pour tous ceux qui sont en contact direct avec ces dirigeants, l’ouvrage fournit des éléments de langage pour convaincre les décideurs à aller de l’avant. Alors, qu’attendez-vous pour commencer votre lecture ?

Nouveau livre La transformation digitale pour tous !

La transformation digitale pour tous ! Évaluez votre potentiel numérique, éditions Pearson, avril 2022

La transformation digitale s’est accélérée avec la crise Covid-19 et pourtant il reste encore énormément à faire. Vous vous en rendez compte dans votre entreprise ou chez vos clients. D’ailleurs, la transformation digitale étant un processus permanent, il y aura toujours quelque chose à faire pour s’adapter aux nouvelles technologies et aux nouveaux usages, ou encore aux réglementations.

Alors comment votre entreprise peut-elle s’adapter dans ce mouvement permanent ? Que vous soyez dans une TPE, une PME, une grande entreprise, une structure privée comme publique ou même une association, vous avez désormais une obligation : qu’elle soit digitale.

Cette obligation n’est pas que technique, ni un enjeu de communication uniquement. Pour tirer profit du numérique, il faut comprendre en profondeur ce qu’est une entreprise digitale.

C’est l’objet de mon nouveau livre La transformation digitale pour tous !, paru aux éditions Pearson ce 8 avril 2022, que de vous aider à mener la transformation digitale des structures dont vous êtes responsable.

Ce nouveau livre capitalise sur mes deux précédents ouvrages et sur la plateforme dimmup.com que j’ai créée pour que chaque structure dispose d’un outil opérationnel de diagnostic de sa maturité digitale, à 360 degrés et de pilotage de la transformation numérique. En lisant le livre, vous serez ainsi embarqué dans une lecture augmentée. Vous serez invité à mettre en pratique le modèle DIMM (Digital Internet Maturity Model), en menant avec dimmup.com le diagnostic de maturité digitale de votre entreprise. Car seule l’action immédiate vous permettra de tirer pleinement profit du digital.

Fiche ouvrage

La transformation digitale pour tous !

Évaluez votre potentiel numérique

David Fayon et Michaël Tartar

Prix : Format broché 25 € / e-book : 19,99 €

ISBN : 978-2-7440-6802-7

Pages : 356 pages, couleur

Dépôt légal : avril 2022

Maturité digitale : où en est mon entreprise ?

La transformation digitale s’est accélérée dit-on avec la crise sanitaire liée au Covid-19. La visioconférence est devenue la norme. Le clic & collect a été la seule solution pour nombre de magasins dits « non essentiels ». Les plateformes de livraison de repas à domicile ont explosé. Pourtant dans le même temps des difficultés sociales sont apparues, les offreurs américains de solutions ont mieux bénéficié de la crise que leurs concurrents Français et Européens faisant émerger une préoccupation grandissante sur la souveraineté numérique de la France et de l’Europe.

A grande échelle, les ambitions européennes à l’horizon 2030 sont claires et les directions générales doivent les comprendre pour en tirer profit, bénéficier des aides : 75% des entreprises utiliseront le cloud, le bigdata et l’IA, 90% des PME seront au niveau basique d’intensité numérique, et le nombre de licornes sera multiplié par deux[1]. Le Digital Markets Act publié par la Commission Européenne le 15 décembre 2020 cadre le terrain de jeu des années à venir, que les marketeurs doivent anticiper[2]. A court terme, la nouvelle réglementation ePrivacy 2021 est déjà en grande partie une réalité en France depuis le 1er avril 2021 avec la récente directive de la CNIL sur les cookies et oblige les juristes à s’intéresser au sujet[3].

Les TPE sont en retard, à tel point que le gouvernement a prolongé jusqu’au 30 juin 2021 l’aide de 500€ à la numérisation pour toute entreprise victime des mesures sanitaires[4]. Ça parait peu, et pourtant avec 500€ dans le numérique, ont fait déjà beaucoup, comme par exemple souscrire un abonnement d’un an à une plateforme d’emailing ou de six mois à une plateforme de webinars équipés de tunnels de vente automatisés. Et si on ne sait pas quoi faire de cette aide, c’est que l’entreprise a un sérieux problème de maturité numérique, auquel cas elle serait bien inspirée de faire un diagnostic de maturité digitale immédiatement.

Adopter le numérique, c’est voir grand, agir pas à pas et ajuster en permanence. Voir grand en se posant pour réfléchir à une stratégie digitale. Car l’accumulation d’outils ne suffira pas. Il faut donner une cohérence à l’ensemble, au service de la stratégie de l’entreprise. Ainsi une étude récente établissait que 64% des échecs des projets digitaux étaient dus à un défaut d’alignement des métiers et de l’IT[5].

Dans le secteur du commerce 27% des TPE-PME vendaient en ligne en 2020 selon Eurostat tandis que 64% des internautes achetaient en ligne selon Médiamétrie. L’écart est saisissant ! Dans le secteur de la santé, le retard est tel que le gouvernement a mis deux milliards d’euros sur la table pour accompagner la transformation numérique du secteur. Il ne suffira pas pour les dirigeants de TPE-PME d’attendre des aides gouvernementales. Prendre les devants est indispensable. D’autant qu’avec le numérique, le concurrent est à un clic de souris, agissant parfois depuis l’autre bout du monde.

Prendre les devants, c’est commencer par savoir d’où l’on part. Pour cela, faire un exercice de diagnostic de maturité numérique. Comme un scan de la santé digitale de l’entreprise, le diagnostic de maturité dresse un bilan sans parti-pris sur tout ce qui concourt à la digitalisation, sans se perdre dans les détails. Et c’est là tout l’enjeu ! Car le numérique s’accompagne d’une multitude de solutions, d’offreurs, de technologies, de jargons, qu’il n’est pas toujours évident de comprendre.

Or le dirigeant n’a pas besoin de comprendre tout dans le détail. Il a besoin de savoir si son entreprise est adaptée au monde numérique dans lequel nous vivons. Il a besoin d’être rassuré sur le fait que son activité va pouvoir continuer de se développer et prospérer en profitant du numérique, et en évitant de se faire dépasser par un concurrent aux approches plus modernes, et très rapides.

Faire un tour d’horizon sur les capacités numériques d’une entreprise, c’est donc appréhender tous les aspects. Sa stratégie digitale, la structure organisationnelle qui la met en œuvre, ses équipes et l’appréhension des outils dans leur métier, son offre et comment elle est mise sur le marché en tirant profit du numérique, les technologies sur lesquelles elle s’appuie et l’environnement juridique, fiscal, réglementaire, économique, dans laquelle elle opère.

Ce tour d’horizon doit impérativement associer toutes les parties prenantes. Car le digital s’accompagne de transversalité. C’est à cette condition que l’entreprise gagne en agilité, en capacité d’adaptation. La direction générale, le marketing, le commercial, les RH, la DSI, la production, le juridique, tout le monde est concerné !

La bonne nouvelle étant qu’il existe des solutions pour y voir clair sans se perdre. C’est pour cela que DIMM.UP a été créée. Au travers de la plateforme dimmup.com, une entreprise peut très facilement réaliser un diagnostic de maturité numérique à 360 degrés, seule ou en étant accompagnée si elle préfère. Se positionner par rapport à l’état de l’art sur tous les aspects, de manière cohérente pour faciliter le dialogue entre tous les métiers de l’entreprise. Mieux, la plateforme fournit aux abonnés Premium des données de benchmark pour une comparaison de l’entreprise avec ses pairs : même secteur, même taille, même zone géographique. Une fois le diagnostic posé, la plateforme est même capable de prévenir les abonnés, sur tous les axes d’analyse, des impacts liés à une évolution des usages et des technologies.

Progresser, c’est mesurer. Attendre pour mesurer sa maturité numérique, c’est prendre le risque de subir le même sort que nombre de secteurs qui ont été bouleversés par la digitalisation, comme les médias, les taxis, le tourisme, ou encore la musique. Chacun dans l’entreprise est concerné. Se doter dès aujourd’hui d’une tour de contrôle, c’est prendre en main la santé numérique de l’entreprise. C’est se donner un point de départ qui sera suivi au fil du temps. De même que prendre en charge sa santé personnelle c’est mesurer ses paramètres vitaux, prendre en charge la digitalisation d’une entreprise, c’est mesurer sa maturité numérique. Pas uniquement faire un test sur tel ou tel aspect, mais bien mesurer en profondeur, sur tous les aspects. Ainsi le dirigeant dispose d’une vision d’ensemble du sujet et d’éléments de feuille de route pour conduire les actions d’amélioration et profiter pleinement du digital.


[1] Décennie numérique de l’Europe: la Commission trace la voie européenne vers davantage d’autonomie numérique à l’horizon 2030 , https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/IP_21_983

[2] Digital Markets Act : l’Union européenne prend-elle les devants ?, https://www.institutmontaigne.org/blog/digital-markets-act-lunion-europeenne-prend-elle-les-devants

[3] Cookies et autres traceurs : la CNIL publie des lignes directrices modificatives et sa recommandation, https://www.cnil.fr/fr/cookies-et-autres-traceurs-la-cnil-publie-des-lignes-directrices-modificatives-et-sa-recommandation

[4] TPE, comment obtenir l’aide numérique de 500 euros ?, https://www.cpme.fr/actualites/numerique/tpe-comment-obtenir-laide-numerique-de-500-euros

[5] La DSI face au défi du financement de la transformation digitale, https://www.info.devoteam.com/dsi-financement-transformation-digitale-dmc

Numérique en santé : évaluer la maturité pour se préparer à l’inéluctable

Article publié dans le n°104 de mai 2021 de Info Dispositifs Médicaux.

Avant même que le nouveau règlement européen n’entre en vigueur le 26 mai 2021, les dirigeants de dispositifs médicaux (DM) que nous avons interviewés ces derniers mois sont assez largement convaincus de la nécessité de lutter contre la vague des acteurs numériques qui s’affranchissent des barrières de par leur puissance financière.

Ainsi Monique Borel, secrétaire générale du Syndicat National de l’Industrie des Technologies Médicales (Snitem) estime que « L’état d’avancement de la transformation digitale dépend de la maturité des entreprises et de l’introduction avancée ou non de la digitalisation de leurs produits ». Faisant écho à son propos, nous pensons qu’il convient d’engager ou d’industrialiser une démarche d’évaluation de la maturité digitale, accompagnant la stratégie de votre entreprise afin de la valoriser sur le marché soit pour accélérer son développement soit en vue de partenariats stratégiques ou de cession d’actifs.

En effet, les marchés règlementés sont-ils protégés contre le digital ? Assurément non, si l’on en croit les multiples exemples de disruption dans les secteurs de l’hôtellerie, des transports ou de l’automobile. Un changement de paradigme lié à notre rapport quotidien avec le numérique et à un bouleversement majeur des technologies de rupture (IA, Big Data, Blockchain, etc) est en train de se produire là où l’environnement se transforme. Cela impose une véritable démarche à 360 degrés pour anticiper les tempêtes à venir et préparer demain avec la vision de la société à mettre en place dans un monde de plus en plus digitalisé autour des produits et services technologiques souvent eux-mêmes déjà d’excellence.

Ainsi, dans le domaine des taxis, fin 2018, les VTC représentaient déjà 42% des véhicules de transport public particulier de personnes (T3P). Dans le domaine de l’hébergement touristique, Airbnb et Abritel représentaient déjà 14% du marché de la location touristique en France en 2019.

De nombreux exemples peuvent être cités dans les secteurs de la banque, de l’assurance, ou encore de l’industrie du disque. A chaque fois les acteurs en place, se sentant protégés par la réglementation, ont vu apparaître des concurrents aux méthodes nouvelles, qui ont pris très rapidement des parts de marché, contraignant parfois le législateur, avec retard, à intervenir. Ces nouveaux entrants ont phagocyté une bonne part du marché de ces acteurs historiques, accru la concurrence dans un marché plus petit et ainsi diminué considérablement la valorisation de ces entreprises.

Le secteur de la santé doit se préparer maintenant

Le secteur de la santé, fût-il à la pointe de la technologie, aurait grand tort de se croire à l’abri d’une vague massive de digitalisation, ni d’ailleurs d’en avoir peur. Il lui faut donc se préparer et valoriser au mieux les actifs, entrer de plain-pied dans l’ère du digital. C’est seulement ainsi qu’il pourra surmonter les difficultés d’accès au marché et des adaptations règlementaires, à affronter les inévitables disruptions, tôt ou tard.

Pour cela, le dirigeant éclairé d’une entreprise de dispositifs médicaux sera bien inspiré de dresser un diagnostic de maturité digitale de son entreprise. Il ne s’agit pas simplement de savoir si l’entreprise dispose d’un site Internet, ou si elle a déjà commencé à investir dans des objets connectés. Il s’agit, comme on peut le faire lors d’un bilan de santé d’un individu, de faire un tour d’horizon à 360 degrés, en passant en revue tous les leviers de développement dont le dirigeant dispose aujourd’hui pour engager la transformation numérique de son entreprise.

Un écosystème de plus en plus complexe

Ainsi on étudiera en priorité la stratégie digitale de l’entreprise, comment cette stratégie est conçue, comment l’entreprise vise à mettre en place les conditions les plus favorables et à se positionner comme une plateforme respectant les cadres légaux (DM et digital) ; agissant au cœur d’un écosystème de plus en plus complexe. L’entreprise sera amenée demain à partager des flux de données et à élaborer des partenariats stratégiques, bref à dynamiser sa proposition de valeur dans un contexte hyper digitalisé et interconnecté.

On analysera ensuite l’organisation en place, afin de vérifier son adéquation avec le monde digital.

On veillera également à ce que les équipes disposent des formations, indispensables rendant chacune efficace dans son travail grâce aux technologies numériques.

On s’assurera que l’offre de produits et de services soit conçue de sorte à en faciliter la distribution via les plateformes digitales, que l’innovation exploite les nouvelles technologies, et que l’expérience patient proposée soit fluide et sans rupture dans un parcours de santé, demain de plus en plus connecté et intégré, entre les machines, les patients et les acteurs de santé (institutionnels, industriels et professionnels de santé).

On s’intéressera bien évidemment aux outils mis à disposition des collaborateurs, aux architectures techniques favorisant l’agilité informationnelle, à l’adoption de normes et de standards de communication facilitant l’interopérabilité ou encore à fluidifier les interfaces utilisateur en favorisant l’expérience client.

Enfin, on mesurera à quel point l’entreprise sait appréhender les changements de son environnement extérieur, comment elle s’interface avec les centres académiques et d’innovation technologique, comment elle influence son marché, comment elle prend connaissance et intègre dans ses processus les évolutions réglementaires du digital.

Prendre du recul

Se préparer à l’ère du numérique, c’est ainsi prendre conscience des forces et faiblesses digitales de l’entreprise. Les méthodes d’évaluation non seulement existent, mais doivent absolument être encouragées. Par exemple, la plateforme dimmup.com est un excellent moyen de poser ce diagnostic, point de départ d’une transformation pragmatique selon « votre » stratégie d’entreprise et « votre » business case. Au fil du temps, en prenant en compte les chantiers menés en interne et l’évolution du monde extérieur, de nouveaux diagnostics permettront de mesurer son évolution. Les indicateurs définis selon la priorisation de vos critères agissent alors comme autant de signaux d’alerte sur les actions à mener pour affronter l’inévitable vague de digitalisation et rester dans la course ces prochaines années.

Dirigeants de DM, il faut sans attendre engager et accélérer le diagnostic de maturité digitale à 360 degrés de votre entreprise, créer un nouveau label français, référence européenne garante de la qualité et de la confiance des DM du futur qui répondrait enfin à la valorisation des DM et aux risques humains, juridiques et économiques !

Guillaume Levavasseur
Expert e-santé et communication digitale
LEVAVASSEUR Consulting

Michaël Tartar
Fondateur & CEO de DIMM.UP
www.dimmup.com

La digitalisation est un processus de transformation long, profond, permanent, qui touche tous les métiers, tous les processus

Je me suis prêté aux questions de Bertrand Jouvenot. En cherchant à comprendre la genèse de mon livre co-écrit avec David Fayon, Bertrand m’a amené à révéler le chemin qui m’a conduit à fonder DIMM.UP. Une longue interview qui amène des éléments de réponse à une question clé en ce début de XXIe siècle : comment mener la transformation numérique ? Interview à retrouver sur LinkedIn où je vous invite à débattre.

Les questions auxquelles j’ai répondu :

  • Pourquoi avoir écrit ce livre… maintenant ?
  • Une page de votre livre, ou un passage, qui vous représente le mieux ?
  • Les tendances qui émergent à peine et auxquelles vous croyez le plus ?
  • Si vous deviez donner un seul conseil à un lecteur de cet article, quel serait-il ?
  • En un mot, quels sont les prochains sujets qui vous passionneront ?

Gafamus ou le destin du monde, note de lecture

Le monde change, vite et pas toujours pour le meilleur. Jean-Michel Moutot et Julien Bonnet ont choisi une manière originale d’illustrer ce changement dans Gafamus ou le destin du monde sorti le 22 janvier 2021 aux Editions Pearson. Dans le poulailler tout allait bien jusqu’à ce que Gafamus impose sa loi. Les poules, c’est vous et moi. Le coq c’est notre Président. Gafamus représente les GAFAM. En quelques pages de bande dessinée, agrémentées de chiffres clés et de nombreuses références, les auteurs démontrent comment les géants du digital ont pris le pouvoir, les risques que nous prenons pour nos démocraties et comment nous en sortir.

Ce que j’ai aimé

Le style narratif est déroutant au premier abord. Le sujet est sérieux et le traiter en mêlant une forme de poésie médiévale avec des dessins de poules, a le mérite de secouer le lecteur.

Les dessins projettent dans un univers enfantin, naïf. On se laisse porter dans un conte dont nous sommes acteurs, contemporains que nous sommes de la transformation digitale de nos sociétés, et de l’écrasante domination des GAFAM, BATX et autres NATU.

Derrière la forme naïve du propos se cache une réalité sombre. Le lecteur revient soudain à la dure réalité chiffrée et argumentée à coup de références. S’il y avait encore besoin d’être convaincu de la domination des géants du Web, le lecteur sérieux est invité à prolonger sa lecture en picorant les citations, articles, études, livres, référencés à la fin de chaque chapitre.

Le mix fonctionne bien et alerte le lecteur : nos démocraties sont en danger ! A chacun ensuite de prendre ses responsabilités.

Ce que j’aurais aimé

Vu la qualité des illustrations, il aurait été utile de les mettre à disposition au format numérique pour en faciliter la réutilisation. Montrer des poules, des coqs, des aigles, une basse-cour, des graphiques crayonnés, est un bon moyen de susciter l’attention en réunion et de réveiller les consciences.

Où l’acheter

Le livre est disponible dans un point de vente près de chez vous, ou a un clic de souris sur un des logos ci-dessous, vous avez le choix. Si vous souhaitez privilégier la distribution locale, préférez les Librairies indépendantes. Si vous préférez les circuits courts, commandez directement chez l’éditeur Pearson. Si vous avez vos habitudes, vous pouvez aussi choisir un grand distributeur comme la FNAC. Enfin si vous avez un abonnement Prime ou si vous êtes pressés, vous pouvez toujours commander votre exemplaire sur Amazon, peu rancunier pour le coup 😊.

Diagnostic de maturité digitale : comment faire avec DIMM.UP ?

Le livre Transformation digitale 2.0 décrit le modèle DIMM (Digital Internet Maturity Model) dans le détail. Il en explique la genèse et le met en perspective au travers de témoignages. Mais comment mettre en pratique DIMM pour évaluer la maturité digitale d’une entreprise, d’un service public ou encore d’une association ? C’est précisément pour répondre à cette question et rendre DIMM encore plus accessible que j’ai fondé DIMM.UP.

La plateforme dimmup.com met à disposition trois outils de diagnostic de maturité digitale s’appuyant sur DIMM. La rigueur de conception du modèle et la robustesse des méthodologies, optimisent les résultats des diagnostics, au service de la transformation digitale.

Comment réaliser un diagnostic de maturité digitale s’appuyant sur le modèle DIMM ?

Avec la plateforme dimmup.com, la réalisation d’un diagnostic de maturité digitale est encadrée, réalisable à son rythme. Les trois approches de diagnostic sont complémentaires. Avec un diagnostic Essentiel, on va chercher à formaliser rapidement le ressenti des cadres dirigeants sur la maturité digitale de la structure dont ils sont responsables. Avec un diagnostic Détaillé, on va passer au crible la structure au travers des 113 indicateurs du modèle DIMM. Avec un diagnostic Thématique, une interrogation rapide de 10-15 indicateurs cohérents au regard d’un thème, permet de sensibiliser sur une thématique.

Avant de commencer un diagnostic, la description de l’entité économique objet du diagnostic est clé. En effet, les caractéristiques de l’entité économique vont permettre à la plateforme de s’adapter en proposant les indicateurs pertinents, dans une formulation adaptée. Le secteur d’activité, le type d’entité et la zone géographique d’implantation, sont ainsi déterminants. D’autres caractéristiques permettent d’organiser les diagnostics, par exemple pour comparer des business units dans un grand groupe, des entreprises achetées récemment par rapport à la maison mère, différents métiers, etc.

Pour réaliser un diagnostic il suffit ensuite de se laisser guider. La plateforme prémâche le travail au maximum. La collecte des informations se fait à son rythme, selon la disponibilité des personnes interviewées. Le travail peut donc être interrompu à tout moment, et repris en un clic (ou un tap sur mobile).

Quelles sont les méthodologies de diagnostic proposées par DIMM.UP ?

Trois types de diagnostic sont proposés par la plateforme : Essentiel, Détaillé, Thématique.

Le diagnostic Essentiel propose, pour chacun des six leviers du modèle DIMM, de sélectionner un ou deux indicateurs de faible niveau de maturité, de bon niveau de maturité et révélateurs d’opportunités d’investissement. Seuls sont proposés les indicateurs pertinents pour l’entité économique objet du diagnostic. Ainsi le cadre dirigeant se concentre sur les éléments à sa portée. Il note ensuite son ressenti sur la maturité de chaque levier, sur une échelle de 0 à 5. La plateforme présente le rapport sous la forme d’un diagramme de Kiviat et calcule la moyenne arithmétique des notes.

Le diagnostic Détaillé présente une présélection des indicateurs. L’utilisateur peut affiner cette présélection pour qu’elle colle au mieux au contexte. Ensuite, pour chacun des indicateurs retenus, il lui faudra indiquer le niveau de pratique en place dans l’entité économique. Le rapport présente la note de maturité de chaque indicateur évalué, une note d’attention associée, et calcule la moyenne pondérée tenant compte des coefficients d’impact sur la digitalisation.

Le diagnostic Thématique présente un jeu d’indicateurs sous la forme de questionnaire, selon la thématique retenue. Le rapport final présente un tableau regroupant tous les indicateurs évalués, une note d’attention associée à chacun ainsi que la moyenne pondérée de maturité sur la thématique.

Que fait-on d’un rapport de diagnostic ?

L’objectif prioritaire d’un diagnostic de maturité digitale est de formaliser un constat, de la manière la plus objective possible, pour ensuite guider l’action.

Avec un diagnostic Essentiel on y voit beaucoup plus clair sur le ressenti des cadres dirigeants sur la maturité digitale. On fait aussi apparaître leur éventuelle méconnaissance de certains sujets, les zones d’ombres. Réalisé régulièrement, ou suite à un événement comme le recrutement d’un nouveau cadre dirigeant ou encore l’acquisition d’une entreprise, c’est un excellent moyen de visualiser comment la maturité digitale a évolué.

Avec un diagnostic Détaillé, l’utilisateur obtient, au cours du diagnostic, des pistes d’actions à réaliser pour améliorer la maturité sur les indicateurs les plus faibles. La plateforme met aussi en avant, au travers de notes d’attention, un premier de niveau de recommandation.

Enfin avec un diagnostic Thématique, on cherche en quelques minutes à tester un interlocuteur et dégager les points saillants. Charge ensuite de lancer les actions de correction, ou encore d’élargir l’analyse en réalisant par exemple un diagnostic Détaillé.

Quelles perspectives la plateforme dimmup.com apporte-t-elle au modèle DIMM ?

La plateforme dimmup.com est vivante, complémentaire du livre. Les retours d’usage permettront d’affiner le modèle DIMM, de mieux comprendre son impact sur la maîtrise du digital au sein des entités économiques évaluées. Et surtout les utilisateurs bénéficieront d’un modèle DIMM mis à jour au fil des évolutions des technologies et des usages du digital.

Par ailleurs, pour les abonnés Premium, les données de benchmark présentées permettent de positionner les entités économiques au regard de leurs pairs. C’est un complément très intéressant par rapport au positionnement au regard des meilleures pratiques mondiales décrites dans DIMM, pour se comparer aux entités similaires, de même secteur, de même type et de même zone géographique.

Comment commencer ?

Il suffit de se créer un compte sur dimmup.com, de choisir son abonnement et de se laisser guider. L’offre Découverte permet de tester gratuitement les fonctionnalités offertes. Autant commencer tout de suite !

https://www.dimmup.com

Développer son entreprise malgré le Covid-19, au-delà du télétravail

Jean Castex l’a confirmé hier soir, dimanche 1er novembre 2020, au JT de TF1 : les librairies resteront fermées pendant ce deuxième confinement, et les rayons livres des supermarchés également, par soucis d’équité. C’est un coup dur pour le secteur de la distribution du livre qui peut encore se rabattre sur la vente en ligne. Ainsi mon livre co-écrit avec David Fayon, Transformation digitale 2.0 est encore disponible sur (cliquez sur un logo pour accéder directement à la page de commande) :

Ce livre aidera les entreprises frappées de plein fouet par le Covid-19 à se développer malgré le confinement, le couvre-feu, et l’ensemble des règles sanitaires qui s’imposent pour lutter contre le virus. Je l’ai expliqué récemment dans le JT de de TV Finance, diffusé en direct sur La Tribune le 16 octobre 2020 :

JT de vudailleurs.com du 16 octobre 2020, diffusé en direct sur TV Finance et La Tribune

Pour aller plus en détail, je vous invite à lire l’article initialement publié sur vudailleurs.com, que je reprends ci-dessous.

Voyons le confinement comme une opportunité de repenser l’entreprise en profondeur avec le digital. Dresser un diagnostic de ses forces et faiblesses digitales, à 360 degrés, est un point de départ indispensable. Ce livre vous guidera dans vos réflexions.

Article publié sur vudailleurs.com le 27 septembre 2020

Le télétravail est devenu la norme, ou presque. Mis en place en urgence, les entreprises se sont adaptées tant bien que mal. Comment pérenniser cette nouvelle organisation du travail ? Comment continuer de développer l’entreprise malgré les contraintes imposées par la crise sanitaire ? Le digital apporte des réponses au-delà des outils de visioconférence, à condition de bien les comprendre et d’appréhender le numérique dans son ensemble.

Le télétravail à marche forcée

17 mars 2020, 12h : en France le confinement est imposé à tous. Quelques secteurs industriels prioritaires, à commencer par ceux de la santé et de l’alimentation, sont les seuls à continuer de travailler, dans des conditions difficiles. La plupart des autres se retrouvent brutalement à l’arrêt. Comment continuer de fonctionner alors que les salariés ne peuvent plus se rendre sur le lieu de travail ?

Depuis plus de vingt ans, les pionniers sont habitués à utiliser les outils de visioconférence. Certains métiers ont totalement dématérialisé leur activité. Ils deviennent des modèles à adopter au plus vite. Dans l’urgence, le télétravail s’organise donc. On a depuis fait le bilan de cette marche forcée. Certaines entreprises, mieux préparées, ont généralisé le télétravail du jour au lendemain. Les locaux se sont vidés, les DSI ont augmenté les capacités de traitement des réseaux et l’entreprise a continué de fonctionner, presque comme si de rien n’était. Pour d’autres, il a fallu accompagner au mieux des salariés sous stress, déjà angoissés par le risque d’attraper la maladie et pour les parents, de devoir assumer un rôle de professeur auquel ils ne sont pas habitués, tout en devant apprendre à travailler loin de leurs collègues. Ces entreprises ont souffert, souvent par manque de préparation. Non pas à la préparation au confinement, qui pouvait imaginer comment il se passerait ? Mais plutôt à la préparation à un fonctionnement digitalisé généralisé.

Six mois plus tard, les entreprises ont compris que le télétravail est en train de devenir une norme. Le patronat et les syndicats réfléchissent ensemble à l’adaptation du cadre du travail. Nous allons vers une société dans laquelle le télétravail ne sera plus une réponse tactique à une situation de crise, mais bien un nouveau mode de fonctionnement.

Cependant, en prenant un peu de recul, on s’aperçoit que la réponse tactique ne suffira pas. En effet, le télétravail n’est qu’une toute petite partie de la mutation digitale de nos sociétés, seule réponse pérenne aux nouvelles règles de vie que nous imposent une maladie dont on maîtrise mal les conséquences. Pour les entreprises qui ont su s’adapter, la question est donc maintenant de savoir généraliser la digitalisation. Pour les autres, il est plus que temps de s’y mettre. Dans les deux cas, il convient de bien comprendre ce que le mot « digitalisation » signifie. Et il ne s’agit pas seulement que de doter l’entreprise d’un site Web ou d’offrir aux collaborateurs un accès à une solution de visioconférence.

La digitalisation, de quoi s’agit-il ?

La digitalisation revient à adopter en profondeur des outils, des méthodes de travail, des techniques de management, des modes de conception de produit, des approches stratégiques, de logiques mêmes de fonctionnement en écosystème, des réflexes d’exploitation de la donnée, etc. Tout cela reposant sur des technologies numériques.

Pour une entreprise, un service public ou une association, aborder la digitalisation, c’est prendre le temps de se poser pour analyser les six leviers à la disposition du management :

  • Stratégie : Comment le plan stratégique digital est-il bâti pour créer de la valeur avec le numérique ? Comment de nouvelles sources de revenus ou services sont-ils développés en coopérant avec des start-up et les grands acteurs du numérique ?
  • Organisation : Quelles instances animent et pilotent les activités digitales ? Comment ces activités sont-elles opérées ? Quelle charte d’usage du numérique ? Quels usages des outils numériques ?
  • Personnel : Les collaborateurs maîtrisent-ils les outils du numérique ? Quel effort de formation aidée et personnelle à ces outils ? Comment les outils numériques sont-ils mis en œuvre par les métiers ?
  • Offre : La relation avec les clients est-elle omnicanale ? Comment est-elle assurée avec les outils numériques ? Comment la complémentarité entre physique et digital est-elle assurée ?
  • Technologie et Innovation : Comment sont effectués les choix de solutions techniques (architecture, matériels, logiciels et applications, stockage des données) ? Servent-elles la réactivité, l’agilité, l’évolutivité par rapport à l’évolution de l’offre ?
  • Environnement : Quels moyens humains sont consacrés aux normes et règlements ayant un impact sur l’activité ? Quel effort est consacré à l’élaboration des normes qui régissent le digital ?

C’est en passant en revue ces six leviers, et ce manière cohérente, qu’il est possible de bien comprendre les attendus d’une structure digitalisée, résiliente face aux changements brutaux comme celui de la crise sanitaire que nous traversons. Chaque levier doit être appréhendé sans parti pris, afin d’obtenir une vision à 360 degrés.

Un modèle de maturité numérique objectif

Afin d’aborder en profondeur chacun des six leviers de la digitalisation, le modèle DIMM (Digital Internet Maturity Model) guide la réflexion. Ce modèle, que je propose avec David Fayon dans notre livre Transformation digitale 2.0, éditions Pearson (https://bit.ly/transfo20), est le fruit d’une analyse approfondie des critères d’une structure digitale.

Une première version du modèle, sortie en 2014, a fait l’objet de nombreux retours de lecteurs, praticiens de la transformation digitale. Cette première proposition a par ailleurs été largement utilisée par David dans le cadre de la thèse qu’il a soutenue fin 2018, portant sur la maturité digitale des banques et des fintechs. Deux sources complétées des nombreuses publications sorties depuis, livres, études, conférences, visant à éclairer certains aspects de la digitalisation. Le modèle DIMM actuel est ainsi le plus abouti, le plus complet, le plus exhaustif, des modèles de maturité digitale disponibles sur le marché.

Le livre décrit pour chacun des six leviers de la digitalisation, les indicateurs de maturité applicables et les exigences attendues pour obtenir un niveau de maturité de 1 à 5. En tout 113 indicateurs sont ainsi décrits. Les PME, TME et petites associations se voient proposer d’en évaluer 60, les administrations 92. Le modèle DIMM indique pour chaque indicateur un coefficient d’impact sur la digitalisation, de 1 (faible impact) à 3 (fort impact).

Le modèle DIMM sert ainsi de base de réflexion pour une structure souhaitant faire le point sur sa maturité digitale, en toute objectivité et sans parti pris. Il suffit pour cela de passer en revue les indicateurs pertinents au regard du type de structure et de son secteur d’activité.

Réaliser un diagnostic de maturité digitale

Le livre en mains, la réalisation d’un diagnostic de maturité consiste à identifier pour chaque indicateur pertinent, le niveau de pratiques mises en œuvre au sein de la structure, au regard de l’état de l’art. Evidemment, l’objectivité appartient aussi à celui qui réalise le diagnostic. Dans cet exercice, il ne s’agit de pas de se faire plaisir en se donnant de bonnes notes, mais d’être lucide. D’autant plus qu’en matière de digital, il faut avoir regard mondial. La compétition est à un clic, dans tous les domaines. La comparaison est immédiate entre tous les compétiteurs. Par exemple pour attirer les talents, un bonne stratégie numérique permet de cibler les profils, une organisation pertinente permet d’être efficace dans le traitement des candidatures, un personnel bien formé assure la continuité entre les outils et les collaborateurs, une offre de postes bien présentée en facilite l’accessibilité par la cible, des technologies innovantes mettant en œuvre des systèmes d’information bien conçus au regard des meilleures exigences fluidifie la circulation de l’information, enfin le respect de l’environnement réglementaire, ne serait-ce que dans le traitement des données personnelles des candidats, contribue à donner confiance dans le processus. On le voit, les six leviers de digitalisation sont applicables aussi à des processus particuliers, comme ici à l’acquisition de talents.

L’intérêt de la démarche est donc de positionner l’entité économique (entreprise, administration, association, ou pourquoi pas un département, un pays, une business unit), au regard d’une grille d’analyse construite sans parti pris. De la même manière qu’un individu peut évaluer sa santé en mesurant plusieurs critères objectifs (poids, taille, taux de masse grasse, rythme cardiaque au repos et à l’effort, etc.), l’entité économique du 21e siècle se doit de mesurer sa santé digitale. Une fois le diagnostic posé, l’intérêt de DIMM est qu’il fournit automatiquement les pistes d’amélioration à suivre pur améliorer les capacités à opérer dans un monde digital. En effet, pour un indicateur donné, si par exemple on constate une maturité de 2 sur 5, les niveaux de maturité supérieurs décrivent les exigences attendues. Il ne reste plus qu’à choisir les chantiers prioritaires à lancer.

Le digital comme réponse à l’adaptation au Covid-19

Certes le digital n’est pas la réponse unique à l’adaptation des sociétés au Covid-19. Cependant il est désormais admis qu’il est un atout déterminant. Pourrions-nous imaginer les conséquences de la crise sanitaire dans un monde sans outils numériques maîtrisés ? Certes non, tant le digital est désormais intégrés à nos quotidiens. La démonstration a été faite que quelques outils pouvaient aider à traverser une crise dans l’urgence. Imaginons maintenant le potentiel de leur généralisation. Imaginons un monde dans lequel la crise sanitaire actuelle se prolonge. Quelle meilleure réponse qu’un usage profond du digital pour continuer de faire évoluer nos sociétés ?

Une fois le diagnostic de maturité digitale posé, des actions seront à mener en priorité pour améliorer les capacités à mieux tirer parti du digital. Le modèle DIMM donne un cadre, des étapes à atteindre, en vue d’améliorer le potentiel digital. Réaliser périodiquement un diagnostic, c’est s’assurer des progrès réalisés. Dans les grandes entités économiques (ETI, grandes administrations, entreprises multinationales), poser un diagnostic avec DIMM rend possible la comparaison objective entre chaque structure. Ainsi les meilleurs pratiques mises en place localement émergent, les raisons de leur efficacité sont mieux comprises, et elles peuvent être généralisées.

Qui plus est, la crise sanitaire étant mondiale, les meilleures réponses locales s’appuyant sur le digital sont ainsi plus faciles à identifier, à benchmarker et donc à propager, pour adapter plus vite nos sociétés à la nouvelle donne imposée par le Covid-19. Il convient pour cela d’avoir le courage de poser un regard objectif, socle d’une adaptation pérenne, tirant le meilleur des technologies et des usages, au service de la croissance. Le courage de positionner la société au regard de chaque indicateur de DIMM, pour découvrir les forces et faiblesses lui permettant de développer son potentiel avec le digital.

Où se procurer Transformation digitale 2.0 ?

Amazon : https://bit.ly/transfo20

FNAC : https://bit.ly/transfo20fnac

Pearson : https://bit.ly/transfo20pearson

Librairies indépendantes : https://bit.ly/transfo20librairies

La e-réputation des entreprises françaises

Connaissez-vous l’e-réputation de votre entreprise ? Que vous soyez une entreprise B2B ou B2C, que vous soyez une petite, une moyenne ou une grande entreprise, le sujet de l’e-réputation est essentiel en 2020. Pourquoi ? Parce que le client se renseigne partout où il peut avant de passer à l’achat.

L’étude réalisée par Visionary Marketing et AlterBuzz auprès de 285 répondants donne ainsi un éclairage sur cette notion complexe. La lire est un bon moyen de se sensibiliser au sujet, et pourquoi pas d’appliquer à son entreprise le questionnaire que le lecteur trouvera en annexe du rapport.

Elle sera dévoilée lundi 29 juin 2020 à 14h, en mode web conférence, comme nous y sommes habitués depuis la crise du Covid-19. Une web conférence à laquelle j’aurai le plaisir de participer et donc de vous retrouver.

[Mise à jour] La web conférence est disponible en replay :

La e-réputation, un sujet paradoxal

Bonne nouvelle, la e-réputation est un concept bien compris : 88% des répondants déclarent savoir de quoi il s’agit. Impressionnant !

Curieusement pourtant, 7% seulement des entreprises ayant répondu possèdent un outil pour surveiller leur e-réputation. On voit ici un paradoxe : le sujet est bien compris, mais le besoin de s’outiller pour le traiter est étonnamment faible. La lecture du rapport fait apparaître une situation contrastée au sujet de l’équipement en solution de surveillance de la e-réputation. Du fait du positionnement prix de ces solutions, les PME ont rarement les moyens de se les offrir (voir page 17).

D’ailleurs, 87% des répondants estiment que la qualité de la e-réputation de leur entreprise « plutôt bonne » voire « très bonne ». Mais sans outil pour la mesurer, comment estimer cette qualité ?

Un ressenti subjectif sur un sujet sensible

Le ressenti des répondants semble subjectif. Quand ils sont 75% à penser que les avis et commentaires sur leur entreprise sont « plutôt positifs » ou « très positifs », sachant qu’ils ne sont pas outillés, on peut douter de ce niveau de confiance. Comment en effet penser que les internautes sont positifs, surtout lorsque le volume d’avis et commentaires augmente et qu’il devient impossible de tous les lire ?

Une méthodologie originale

Un soin particulier a été apporté à la méthodologie de l’étude. Un questionnaire administré auprès de 285 répondants fournit les informations quantitatives. Les répondants sont aussi bien en B2B (55%) qu’en B2C (45%), de fonctions variées, avec une attention particulière sur les marketeurs dont il est légitime de penser a priori qu’ils sont plus sensibilisés à la e-réputation. Des a priori analysés à la loupe au travers de tris croisés sur les données.

Le regard des experts (dont votre serviteur) permet d’apporter de la nuance sur certains chiffres qui peuvent surprendre. Par exemple la qualité de la e-réputation, estimée par 87% des répondants comme « plutôt bonne » ou « très bonne », est en réalité surestimée, selon l’observation terrain des experts.

Au-delà du rapport de 55 pages, les auteurs donnent accès aux données à télécharger sur goodbuzz.fr ou badbuzz.fr. Une démarche originale qui mérite d’être soulignée, et qui permet d’approfondir le sujet.

Vers un modèle de maturité de la e-réputation

Pour l’entreprise soucieuse de son e-réputation, le rapport regorge de questions qu’il est intéressant de se poser. A défaut d’évaluer la maturité de l’entreprise dans la gestion de son e-réputation, il est aussi possible de s’appuyer sur un sous-ensemble des indicateurs du modèle DIMM décrit dans mon livre co-écrit avec David Fayon, Transformation digitale 2.0 (https://bit.ly/transfo20). Cette sélection d’indicateurs de maturité digitale permet justement d’y voir clair sur la e-réputation de l’entreprise, en prenant en compte tous les leviers à la main des dirigeants :

  • Stratégie
    • SV2       Organisation de l’e-réputation et prévention (page 104)
    • SV3       Veille sur les comportements et les usages (page 105)
    • SE1       Part des investissements réalisés dans le numérique (page 106)
    • SE2       Chiffre d’affaires réalisé sur les canaux numériques (page 107)
    • SE5       Part de marché des canaux numériques (page 108)
  • Organisation
    • ORG6   Charte d’usage du numérique (page 130)
  • Personnel
    • PI5        Degré de contribution sur une période donnée par collaborateur en interne (page 170)
  • Offre
    • OFM6   Notoriété numérique de l’organisation auprès du client (page 219)
    • OFM7   Audience de l’organisation sur les médias sociaux (page 220)
  • Technologie et Innovation
    • TIP6      Niveau de vigilance par rapport à une crise numérique (page 265)
  • Environnement
    • ER1       Niveau de maturité du droit du numérique (page 284)

Note de lecture – La transformation des entreprises

Pendant le confinement lié à l’épidémie de coronavirus Covid-19, je me suis discipliné pour lire un chapitre par jour ou presque de La transformation des entreprises, paru aux éditions Kawa juste avant le confinement. Un livre choral auquel j’ai eu le plaisir d’être associé sur invitation de Xavier Wargnier (merci encore Xavier, quel plaisir et quel honneur !). Un mode de lecture agréable, qui laisse le temps à chaque chapitre de percoler dans ma cervelle. Quelle étrange sensation que de lire des articles sur un monde de technologies et d’usages foisonnant d’innovations, bouillonnant d’idées, tout en m’accordant un rythme de lecture favorisé par le confinement, espacé dans le temps sur plusieurs semaines, invitant à une réflexion contemplative du monde qui se transforme, tandis qu’il fait face à la plus grave crise mondiale depuis 1945. Ce livre tombait au bon moment !

Au fil des pages, on a l’impression d’apercevoir le futur et de l’avoir à portée de mains. Les textes d’une grande qualité, montrent la variété des domaines d’application des innovations digitales, tout en étant accessibles aux non-spécialistes, alternant entre vision presque philosophique et conseils pratiques à mettre en place dès aujourd’hui.

Une variété de propos qui fait prendre conscience des fabuleuses opportunités que nous vivons, qu’elles soient technologiques (IA, blockchain, cryptomonnaies, etc.), sociales (Tech for Good, nouveaux métiers, nouvelles organisations du travail, etc.), fonctionnelles (vente, production, RH, etc.).

Au cours de ma lecture, j’ai apprécié la contribution de chaque auteur et j’ai partagé sur Twitter une citation tirée de leur texte. J’en dresse ci-dessous un recueil qui vous donnera, je l’espère, l’envie de lire l’ouvrage en entier, à présent que le confinement est terminé.

Angélique Gérard (@angelique75008) campe le décors en expliquant comment les technologies se sont invitées dans l’entreprise, pas toujours de manière équilibrée et comment elles poursuivront leurs avancées avec l’IA, les robots et  bien d’autres.

Jean-Michel Billaut (@Billaut) saisit le lecteur en montrant que l’Humanité est en train de vivre sa troisième grande révolution. Un lecteur prévenu, avisé, qui a tout intérêt à s’armer pour tirer profit des innovations nombreuses à sa disposition.

Philippe Cahen (@SignauxFaibles) recense les signaux faibles des révolutions que nous sommes en train de vivre et qui continueront de transformer nos sociétés dans les années 2021, 2022 et au-delà.

Votre serviteur (@michaeltartar) propose une démarche sur trois à axes pour préparer l’entreprise aux changements induits par la transformation digitale.

Olivier Bas (@olivierbas1) développe sa vision de nouveaux modèles managériaux tirant profit des technologies et usages largement déployés de nos jours.

Blaise Agresti (@BlaiseAgresti) propose un parallèle entre la transformation profonde de nos sociétés, source d’incertitudes, et les leçons des expéditions en haute montagne.

Yann Gourvennec (@ygourven) invite le lecteur au pragmatisme dans son appropriation des outils digitaux.

Pierre-Joseph Givre (@27bim) montre comment la digitalisation des armées se passe, en pointant les avancées de la 27e brigade l’infanterie de montagne.

Bruno Soubiès (@brunosoubies) invite le lecteur à se projeter en 2030, une bonne manière de regarder notre présent avec recul.

Jacques Froissant (@Altaide_JF) livre ses conseils pour recruter et fidéliser les talents à l’ère digitale.

Valérie Décamp (@valeriedecamp) met en avant la responsabilité sociale des entreprises dans leur communication, en illustrant son propos avec Mediatransports.

Fabienne Arata (@fabiennearata) expose le développement des réseaux sociaux professionnels en particulier via LinkedIn.

Pierre Blanc (@_pierreblanc) aide le lecteur à prendre de la hauteur sur l’intelligence artificielle.

Cyril Paglino (@cyrilpaglino) explique les applications de la blockchain en mettant en garde contre ses dérives potentielles.

Xavier Comtesse (@xaviercomtesse) explique comment l’IA et les objets connectés appliqués à la santé préfigurent l’émergence d’un nouveau courant de la médecine : le « Deep Health ».

Henri Pidault (@HenriPidault) montre comment la SNCF se transforme en profondeur avec le digital, en portant une attention particulière aux collaborateurs ces dernières années.

Nicolas Hazard (@nicolashazard) met en perspective les avancées technologiques au service du bien commun dans la « Tech for Good ».

Eneric Lopez (@NricL) passe en revue la contribution des solutions d’IA de Microsoft aux grands enjeux de notre temps (handicap, agriculture, qualité de l’eau, biodiversité, catastrophes naturelles, culture, etc.) dans le cadre du programme « AI for Good ».

Gérard Haas (@GerardHaas) plonge le lecteur dans les impacts de l’IA sur le droit.

Xavier Perret (@xavperret) présente les trois grands enjeux auxquels les acteurs de l’écosystème cloud ont à faire face.

Le cabinet Ogletree Deakins (@OgletreeDeakins) conseille sur le bon usage des données des candidats et salariés dans les processus RH dans le respect du RGPD.

Alexandre Kson (@alexandrekson) décortique le marketing au 21e siècle, mettant notamment en valeur l’empathie avec le consommateur.

Yan Claeyssen (@Yclaeyssen) milite pour une meilleure compréhension réciproque des responsables des technologies et du marketing, au service d’une personnalisation de masse.

Lionel Curt (@lionelcurt) dresse le paysage du brand storytelling, indispensable aux marques du 21e siècle.

Camille Jourdain (@camillejourdain) révèle les tendances du marché de l’influence marketing, ou comment les relations entre les marques et les influenceurs se professionnalisent en 2020.

Laurent Buanec (@laurentbuanec) remet en perspective le marketing d’influence et la popularité, dans un marché de 8,5 milliards de dollars qui se professionnalise.

Bruno Fridlansky (@brunofridl) insiste pour que les dirigeants prennent la parole, notamment sur LinkedIn.

Sylvie Lachkar (@sylswan) propose une méthode à suivre pour développer son influence au travers des réseaux sociaux.

Philipp Schmidt (@philthebill77) défend le rôle de la presse devenue éditeur augmenté et expérientiel dans un monde digitalisé, face aux GAFA gavés de données personnelles.

Marie-Laure Laville (@MLLaville) décrit la profonde mutation des relations presse dans un monde digitalisé.

Frank Rosenthal (@FrankRosenthal) se fait l’apôtre d’une expérience client réinventée avec le digital, et surtout prône pour en faire une priorité, en particulier dans le retail.

Pascal Fanton (@IamPascal) démontre comment l’humain reprend tout sa place avec l’adoption massive du digital.

Hervé Kabla (@HerveKabla) dresse l’inventaire du désenchantement du digital, de toutes ses promesses non tenues, de toutes ses déviances d’usage.

Philippe Dewost (@pdewost) attire l’attention du lecteur sur la privation de libertés, en particulier digitales, au profit d’une plus grande vélocité et sécurité, comme ça a été le cas dans les transports.

David Abiker (@DavidAbiker) signe un épilogue imbibé, conclusion déjantée d’un livre sérieux, reflet d’une manifestation annuelle (Les Sommets du Digital) de gens qui savent garder leur joie de vivre, tout en apportant leur expertise au digital.