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La transformation numérique, note de lecture


La transformation numérique des entreprises, tout un roman ! Bien-sûr le sujet est complexe, technologique, social, politique, organisationnel… On ne sait par quel bout le prendre. Pour avoir une petite idée du chemin à parcourir pour numériser (ou digitaliser) une entreprise, Philippe Colin (@phicolin) raconte une histoire. Une histoire qu’un DG pourra lire en quelques heures. Un DRH, un DSI, un directeur marketing, un directeur commercial pourra également être intéressé par ce propos simple et qui a le mérite de ne pas noyer le lecteur. Un roman professionnel en somme, racontant l’histoire d’une entreprise soumise à de fortes tensions sur son marché et qui doit se réinventer avec le numérique.

Ce que j’ai aimé

Le côté vivant de l’ouvrage est son principal atout et son originalité. Les personnages sont quelques peu caricaturaux, et aident à la compréhension du propos. Le découpage dynamise la lecture (un chapitre se lit bien entre deux stations de RER). Le scénario est facile à suivre et il est ainsi aisé de le projeter dans l’environnement de son entreprise.

Pour le néophyte qui se demande « mon entreprise a-t-elle vraiment besoin de se transformer avec le numérique ? », le propos est facile d’accès, sans jargon technique ou mot du moment à la mode. L’effort de pédagogie est ainsi à souligner. C’est donc un livre qui se lit vite (moins de 150 pages) et qui permet d’appréhender la problématique.

Chaque chapitre distille au travers d’une histoire, quelques bonnes pratiques à retenir. Une sorte de pense-bête sur lequel revenir si vous vous lancez dans la transformation numérique de votre entreprise.

Au-delà du livre, le lecteur est invité à approfondir sa lecture sur le site dédié à l’ouvrage. L’idée est bonne, mais pour une raison que j’ignore, lorsque je m’y suis rendu, le site ne contenait qu’une seule page rappelant les 7 clés de la transformation numérique, sans donner plus de détails.

Ce que j’ai moins aimé

Le propos me semble donner trop d’importance à l’intranet 2.0. Bien que le sujet me semble essentiel pour une entreprise digitale, d’autres aspects auraient mérité d’être développés plus en détails, tels que la mise en place d’écosystèmes numériques, les techniques d’acquisition de trafic et de fidélisation d’audience, l’innovation collaborative, l’impact du digital sur les budgets, etc.

Autant l’histoire romancée rend le propos facile d’accès, autant ce procédé littéraire a l’inconvénient de ne pas suffisamment ancrer le propos dans la réalité. J’aurais apprécié de trouver des retours d’expériences réels, des témoignages d’entreprises, des guides méthodologiques.

Autre inconvénient de l’angle de traitement choisi par l’auteur et son éditeur, l’ouvrage m’a parfois semblé manquer de profondeur. C’est malheureusement logique compte-tenu du parti pris éditorial. Le lecteur qui cherche des outils approfondis sera déçu. Celui qui veut une vision d’ensemble de la problématique y trouvera son compte.

Enfin, j’ai été surpris par le positionnement prix de l’ouvrage, trop élevé à mon goût pour un roman, même s’il est destiné à un public de professionnels.

Conclusion

Je recommande la lecture de « La transformation numérique » à un public néophyte qui veut comprendre en quelques heures les enjeux business du digital. Comprendre comment des certitudes et les jeux politiques des organisations conduisent à des impasses. Comprendre comment une organisation oppose des résistances à sa digitalisation, pourtant inéluctable.

Club Digital : le magasin est mort, vive le magasin… connecté !

Club Digital_Magasin connecteSalle comble pour cette nouvelle édition du Club Digital, sur le thème très à la mode du magasin connecté. Alors que le consommateur se tourne de plus en plus vers le e-commerce, qu’il prend la mauvaise habitude de considérer les points de vente comme des showrooms, qu’il arrive sur-informé devant le vendeur, la question de la transformation du point de vente à l’ère du digital mérite bien un débat. Une soirée marquée par les retours d’expérience de Leroy Merlin, Darty et Yves Rocher, complétés de belles histoires américaines.

En guise d’introduction, Laurent Moisson (@LaurentMoisson) revient sur le modèle fordiste qui prévaut depuis un siècle : organisé autour du produit, d’une production de masse, et donc d’une distribution et d’une publicité de masse. Modèle qui a permis aux enseignes traditionnelles de gagner la première bataille du e-commerce. Tant et si bien qu’en 2013, 60% des commerçants ne se sentent pas menacés par le e-commerce (étude Novedia – Mappy septembre 2013). Pourtant, ignorer une menace n’est pas une garantie de s’en prémunir.

Catherine Barba (@cathbarba) revient avec sa verve habituelle sur les cinq points qui ont changé :

  1. On est tout le temps connecté : pour une marque, la question est donc de savoir si elle est accueillante, en particulier sur le mobile ?
  2. On est infobèses : une marque doit donc se demander si elle nourrit bien ce besoin d’information ?
  3. On a envie de toucher les produits : une marque doit donc se demander comment accueillir en physique et vendre en ligne ?
  4. Plus il y a d’Internet, plus on a besoin d’humain dans la relation : une marque doit se demander comment elle gère la conversation avec les consommateurs internautes ?

Et un cinquième point que je n’ai pas écouté (oui je sais, c’est mal de ne pas écouter).

De ces changements découlent un nouvel enjeu pour les marques : travailler la qualité de contenus pour continuer d’attirer l’attention. Mais aussi s’adapter aux nouveaux standards attendus des consommateurs, comme par exemple l’excellence logistique d’Amazon, qui s’impose désormais à tous les distributeurs.

Nouveaux standards qui imposent de casser les silos dans l’entreprise, pour obtenir une vision 360 des données client et une visibilité en temps réel des stocks distribués. Une vision qui nécessite des investissements conséquents en systèmes d’information pour gérer la masse gigantesque de volumes de données. C’est ainsi que la mise à disposition sur Internet du stock des magasins Leroy Merlin suppose la remontée en central 4 fois par jour des stocks de 40 000 références. Investissements dont la contribution aux revenus de l’entreprise doivent être suivis.

Lueur d’espoir cependant, car comme le soulignait un intervenant, louper la digitalisation, n’est pas forcément grave dans tous les secteurs. Dans la musique et le voyage, ce serait fatal, alors que dans alimentaire (7% de ventes en ligne, en croissance avec le drive), on a un peu plus de temps.

Dans un contexte de nouvelles habitudes du consommateur, monter le niveau de promesse au client est tentant. L’enjeu est d’autant plus crucial de tenir cette promesse. Par exemple, s’engager à donner le stock magasin sur Internet en temps-réel, ou permettre au client de venir chercher son produit en point de vente 2 heures après son achat en ligne. Facile à dire, moins facile à tenir. Et si la promesse n’est pas tenue, gare aux effets dévastateurs sur la e-réputation de la marque, et bien-sûr sur ses ventes.

Aux États-Unis, les exemples de Best Buy et Sephora méritent d’être étudiés. La continuité de la relation (avant, pendant et après l’achat) avec le consommateur est remarquable, voire limite intrusive pour le consommateur Français habitué à moins d’empathie avec les enseignes. Question de réglages. Question aussi de tentatives d’adoption de ces innovations. On ne le dira jamais assez, l’entreprise digitale se réinvente en permanence.

Dans le flot des débats, les intervenants n’ont malheureusement pas pu aborder des innovations telles que la géolocalisation, le geofencing, le RFID, etc. Les freins aux projets de digitalisation des points de vente, l’impact de la montée en puissance des pure players (dont certains sont désormais adossés à des retailers), les budgets des projets et leur retour sur investissement, autant de sujets plus arides qui auraient mérité d’être débattus.

Les expériences chez Leroy Merlin, Darty et Yves Rocher montrent à quel point la digitalisation du point de vente et plus généralement de toute l’expérience client, rencontre une multitude d’obstacles : convaincre les canaux traditionnels d’allouer une partie de leurs budgets au digital, revoir les architectures informatiques pour rendre techniquement possible la promesse du digital, former les vendeurs, suivre les attentes et comportements des consommateurs, générer de nouveaux revenus, maintenir l’esprit startup des intrapreneurs… et recommencer !

Curieusement, je suis ressorti en me demandant ce qui fondamentalement bloque la digitalisation du point de vente. D’ailleurs, cette digitalisation est-elle vraiment nécessaire ? Peut-on se passer du digital dans le commerce ? Que se passerait-il si on ne faisait rien ? Les points de ventes non digitalisés sont-ils promis à une extinction rapide ?

Social Drink-Up #5 : Intimité client

Social Drink-UpComment une grande marque, traitant avec des millions de clients, peut-elle être intime avec chacun d’eux ? Pour répondre à cette épineuse question, Adobe et Kontest ont proposé à deux intervenants « artisans de l’art » de partager leur vision et expérience, lors de la cinquième édition des Social Drink-Up.

En guise de préambule, Christophe Marée (@ChMaree), Directeur Digital Marketing, Adobe, a présenté quelques chiffres. Deux chiffres en particulier ont attiré mon attention :

  • 7% des destinataires d’une information (communiquée par une entreprise) pensent qu’elle est pertinente
  • 57% des professionnels du marketing pensent que la personnalisation est clé, en privilégiant l’email en 2013 et le mobile en 2014

Le rapprochement de ces deux chiffres montre à quel point la personnalisation est devenue essentielle : apporter au client l’information pertinente (par rapport à son besoin) au bon moment et sur le bon support.

Catherine Barba (@cathbarba) a ensuite pris le relais avec fougue, jalonnant son propos d’une multitude d’exemples de relation client « intime », notamment américains. Notant que « la transition numérique change radicalement nos métiers », Catherine Barba questionne l’auditoire : arrivez-vous à dire la promesse relationnelle de votre entreprise en une seule phrase ? Qu’est-ce que l’intimité à chaque étape du parcours client ? Connaissez-vous un exemple de marque qui vous accueille bien sur son site e-commerce ? Un exemple de marque qui vous accueille bien en point de vente après une commande en ligne ? Au travers de son discours, on sent bien que « L’intimité client, c’est d’abord une attention portée au client, quel que soit le canal ».

Romain Labourée (@rom1_lab), Digital Transformation Manager, chez BNP Personal Finance, a ensuite montré comment une banque traite l’intimité de sa relation avec ses clients. Une intimité qui passe d’abord par la désilotisation (néologisme que je propose, assez moche j’en conviens, pour signifier « la suppression des silos dans l’organisation »). Intimité aussi au travers des canaux digitaux, devenus cruciaux dans certains pays où le digital représente jusqu’à 50% de l’acquisition client.

Pour Romain Labourée, l’intimité client repose sur quatre piliers : connaissance, engagement, sympathie, confiance. Une connaissance alimentée grâce aux formulaires remplis par les clients lors d’une demande de crédit, permettant de collecter jusqu’à 50 informations ! Quantité impressionnante, parfois contre-productive, et obligeant à un certain lâcher-prise comme par exemple en Espagne pour un service en ligne de souscription d’un crédit développé pour Apple.

Quelles KPI suivre pour mesurer l’efficacité de l’intimité client ? Pour répondre à cette question, BNP Personal Finance a mis en place un baromètre sur une dizaine de pays, annuel avec mise à jour à mi année, mesurant satisfaction et expérience client sur tous les points de contacts. Question corolaire : un baromètre annuel est-il suffisant à l’ère du temps-réel ?

A la lumière des débats, on peut se demander comment le digital contribue à l’intimité client sur tous les canaux. Comment la connaissance acquise sur les canaux automatisés (sous-entendu : sur lesquels les clients laissent des traces) peut aider les vendeurs et chargés de clientèle dans leur métier ?

Au final on peut rêver d’une solution permettant de gérer l’intimité, exploitant les données fournies volontairement par le client et celles collectées à son insu, les données personnelles, comportementales, sociales. Solution couplée à une formation des agents en contact avec les clients et adaptée à leur expérience. L’ensemble devant s’adapter en permanence à l’environnement règlementaire, à la jurisprudence et surtout aux besoins des consommateurs. Un rêve bientôt réalité ?

Cette 5e session, toujours aussi conviviale, a été l’occasion du lancement du site socialdrinkup.com où le lecteur pourra retrouver les contenus échangés en séance. Contenus à lire en parcourant la sélection de Tweets que je propose sur Storify. Comme si vous y étiez !

Mettons de l’huile dans l’économie numérique

BCG e-Friction IndexLa France est 19e dans le classement du BCG des pays dans lesquels l’économie numérique est facilitée. Le célèbre cabinet de conseil a évalué 65 pays selon 55 critères de frictions et construit un classement selon 4 axes : infrastructure, industrie, individu, information. Plus un pays est haut dans le classement, plus il facilite le développement de l’économie numérique, et surtout plus la contribution du numérique au PIB est importante, jusqu’à 2,5 points d’écart entre les plus hauts et les plus bas. La France, 5e puissance économique mondiale, est donc 19e dans sa capacité à dégripper les rouages de l’économie numérique. Pas brillant !

Au travers de ce classement, on peut ainsi apprécier :

  • Infrastructure : la capacité d’un pays à disposer des tuyaux et points d’accès aux services en ligne, ce qu’on appelait dans le temps « les autoroutes de l’information »
  • Industrie : la capacité d’un pays à disposer des capitaux et des compétences nécessaires au développement des services en ligne par les entreprises
  • Individu : la capacité d’un pays à développer l’usage des services en ligne, en s’appuyant par exemple sur le paiement en ligne ou en assurant la sécurité des données
  • Information : la capacité d’un pays à offrir des contenus dans la langue officielle, à s’engager dans un Internet ouvert et à ouvrir l’accès aux contenus

Au-delà du classement, la lecture de ce rapport permet de prendre conscience (s’il est encore besoin de le faire), de l’importance du numérique dans l’économie d’un pays, et surtout que rien ne se fera dans notre pays sans volonté politique, et sans engagement des dirigeants des entreprises dans le développement des services en ligne et dans la transformation de leur entreprise.

Le lecteur intéressé par une vision internationale de la maturité de l’Internet trouvera un parallèle avec l’intensité de l’adoption de l’Internet (mesurée par le « BCG e-Intensity Index ») dans chaque pays. Certains pays avec de faibles frictions au développement de l’Internet et connaissant encore une faible intensité d’adoption (comme la Malaisie), verront certainement dans les années à venir une accélération de l’adoption à l’Internet.

Le rapport met en exergue l’impact de l’Internet sur les PME. Les PME utilisatrices intensives de l’Internet ayant en moyenne réalisé 7 points de croissance de revenu de plus que la moyenne. Deux facteurs contribuent à cet écart de croissance : la capacité à vendre au-delà de sa zone de chalandise régionale, et la capacité à se fournir dans d’autres régions.

Au niveau mondial, nous ne disposons que d’un seul Internet. Des économies se développent en faisant l’hypothèse qu’il en sera toujours ainsi. Or le rapport met en exergue les risques d’une fragmentation de ce réseau des réseaux, à mesure que la règlementation locale à chaque pays évolue. Restons vigilants !

Au niveau national, on a une furieuse envie de lire l’évaluation des 55 critères de frictions pour la France. Non pas pour remettre en cause le « BCG e-Friction Index », mais pour comprendre ce qui pénalise le plus notre pays dans le développement de l’économie numérique. A la clé, de précieux points de croissance qui nous font tant défaut en cette période de crise qui n’en finit pas, et des emplois.

Dans les années à venir, il sera intéressant de voir comment évolue la France dans ce classement, grâce notamment aux chantiers lancés récemment par le gouvernement, ou grâce à la loi sur le financement participatif (« crowdfunding »). Le classement lui-même évoluera probablement au gré du développement de l’Internet, par exemple avec les objets connectés. Lecture fortement recommandée aux politiques et aux décideurs en entreprise !

Matooma digitalise nos poubelles

Cartes SIM MatoomaLa digitalisation de nos réfrigérateurs est annoncée depuis longtemps. On se prête à imaginer un frigo connecté (sous-entendu « à Internet »), capable de commander tout seul les aliments qui manquent. Soyons honnêtes, on n’en est pas encore là, tout du moins pas tout le monde.

La digitalisation de nos repas est déjà une réalité : les photos des plats et des convives inondent les médias sociaux , Facebook, Instagram et Pinterest en tête, suscitant de multiples réactions collectées patiemment par toutes ces plateformes.

Que deviennent les restes et autres déchets ? Ils remplissent nos poubelles bien-sûr ! De manière plus intelligente depuis que le tri sélectif a été instauré. Là aussi, la digitalisation est en marche pour faciliter la collecte des ordures et la gestion du parc de poubelles. Pour cela, la startup montpelliéraine Matooma fournit une carte SIM multi-opérateurs et un ensemble de services en ligne.

Avec les applications mobiles que fournissent déjà les opérateurs de traitement des déchets tels que Boucle_Tri de la Communauté de Commune de la Boucle de la Seine, Matooma connecte un peu plus le traitement des déchets au monde numérique, participant plus généralement à la digitalisation de notre société, à savoir à la connexion du monde physique à Internet au travers d’une multitude de capteurs. Un monde d’objets connectés amenés à délivrer de considérables quantités de données, alimentant une multitude de serveurs opérant des services de plus en plus intelligents facilitant notre quotidien. La digitalisation est en marche, et ce n’est qu’un début, qu’on se le dise !

Assises du numérique 2013

Assises du Numérique 2013Les Assises du numérique présentaient pour leur 6e année, un agenda d’une grande richesse et des intervenants de haut niveau pour faire le point sur le numérique dans notre pays. J’ai tenté de restituer ici les éléments qui m’ont marqué de cette journée à laquelle j’ai eu le privilège d’assister. Une journée dont je garde à froid un souvenir mitigé, à la fois heureux de voir le numérique traité à bon niveau, et en même temps triste de constater le retard que la France ne cesse de prendre sur ce sujet.

Précaution de lecture : je restitue ici les points qui ont attiré mon attention en les commentant. Il s’agit plus de notes commentées que d’un véritable compte-rendu. Attention donc à ne pas considérer que tout ce que j’écrits a été prononcé par les intervenants. Certains propos sont des réflexions à chaud de ma part.

Petit préambule sur la forme de la journée : d’emblée, ça commence mal. J’arrive à trouver le hashtag (ou « mot-dièse » pour les puristes) en consultant Twitter. Quelle surprise de découvrir un underscore (« souligné bas, touche 8 sur le clavier » pour les puristes) dans ce qui doit servir de marqueur aux tweets (« courts messages publics » pour les puristes). Je sens confusément que la journée ne sera pas dense en échanges directs avec les participants et plus généralement tous ceux qui suivent cet événement. Surprise aussi en arrivant dans la salle : le programme ne mentionne ni le fameux hashtag, ni de code Wifi. Même mon smartphone ne parvient pas à capter la 3G ! Me voilà enfermé dans une salle pour la journée, condamné à écouter les intervenants sans pouvoir m’exprimer (sauf si l’on me donne le micro) et surtout sans pouvoir faire rayonner la conférence en dehors de la salle, au moment où les conférenciers s’expriment. En d’autres termes, les Assises du numérique portent bien leur nom : elles proposent de s’asseoir sur le numérique, ignorant les usages désormais courants dans les conférences de ce type. Le choc ! Pierre-Olivier Pulveric attaque la journée en expliquant que le thème de la journée est les années 20-30 ! Années où le cinéma émergeait. Mon dieu, c’est peut-être pire que ce que je pouvais craindre en arrivant !

Discours d’Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg explique à l’assistance avec sa verve habituelle, que le numérique bouleverse en profondeur toutes les industries : culture, hôtellerie, éducation, etc. Mais aussi que « Orange, numéro 8 mondial, est trop petit, tout ça à cause de l’Europe qui a provoqué la balkanisation des opérateurs télécom ». Au terme de son intervention, il me semble évident que le numérique ne peut pas souffrir le bal des politiques. Je peux comprendre que le Ministre du Redressement Productif déplore la position d’Orange au niveau mondial. Je comprends moins qu’il reproche à l’Europe d’en être la cause, dans un pays qui a libéré la concurrence des opérateurs télécom. Les politiques en charge du développement du numérique dans notre pays doivent absolument s’unir dans l’intérêt national.

Parmi les 34 plans industriels qu’il a lancés, Arnaud Montebourg précise que 10 sont consacrés au numérique. Trois exemples cités par le ministre : objets connectés, big data, cloud computing. J’entends le discours volontariste, puis au fil des mots, je ressens la lassitude de l’énumération. Quelle est la vision du numérique pour notre pays ? Puisque la journée a commencé en parlant des années 20-30, je me souviens des grands projets du Général de Gaulle dans les années 60 qui voulait par exemple l’indépendance énergétique pour la France, ou encore l’autonomie dans sa politique étrangère. Voulons-nous par exemple maîtriser notre avenir numérique en disposant de nos propres infrastructures, de nos capacités à les faire évoluer ? Voulons-nous développer le rayonnement de la France par-delà les frontière en nous appuyant sur le numérique ? Le ministre ne dit rien de tout cela. En revanche, il explique qu’il a présenté ses 34 plans au MIT, sans préciser l’accueil qu’il a reçu. Pire, je n’ai rien entendu (aurais-je mal écouté ?) sur la contribution du numérique à l’emploi, sur les filières de formation à mettre en place, sur l’aménagement du territoire rénové avec le numérique, sur le financement de cette filière, etc. Bref, je suis resté sur ma faim et ne me sens pas rassuré ni enthousiaste sur l’ambition que notre pays se donne sur le numérique, au travers des propos du ministre.

Table ronde sur les usages animée par Olivier Ezratty (@olivez)

Quatre intervenants pour cette table ronde, intervenants présentés rapidement par Olivier Ezratty (je renvois le lecteur au site de la conférence pour une présentation plus détaillée) :

  • Laurence Allard, ethnologue qui s’intéresse au foyer, socio-ethnographe des usages
  • Philippe Portelli, s’intéresse à l’éducation
  • Isabelle Flory, s’intéresse à la transformation des entreprises
  • Benoit Thieulin, président du CNN, poil à gratter du gouvernement sur le numérique

Les intervenants commencent d’abord par rappeler l’enjeu de se départir d’une vision générationnelle et d’un rythme effréné du numérique. Le mythe de la génération Y a pourtant la vie dure. Quant au rythme d’innovation, il s’impose par la rapidité d’adoption des usages.

Au sein des entreprises, l’adoption du numérique peut être favorisée par des méthodes de management. On constate que le DSI n’a désormais plus le monopole du numérique. La transmission du savoir change le rapport au pouvoir, et pourtant les hiérarchies perdurent.

Au-delà de l’adoption d’usages, du développement de technologies, le numérique est surtout porteur de valeurs. La révolution numérique en cours est probablement aussi importante que celle du passage de l’oral à l’écrit (voir à ce sujet l’excellent Petite Poucette de Michel Serres).

Table ronde sur les Fab Lab animée par Pascal Minguet

Deux intervenants pour cette table ronde :

  • Daniel Kaplan, DG de la FING
  • Jean-Michel Molenaar, directeur du Fab Lab de Grenoble

Les Fab Lab forment un réseau mondial de fabrication numérique, ouverts à tout le monde, dans lequel on peut tout fabriquer.

On considère qu’il y a une vingtaine de Fab Lab ouverts en France, 156 projets qui ont répondu à l’appel à projet lancé par Fleur Pellerin. A l’échelle mondiale, on reproche à la France d’être trop peu interconnectée.

Cette table ronde m’a inspiré plusieurs questions. Comment les Fab Lab sont-ils financés ? Sont-ils des centres d’innovation ? Comment les industriels peuvent-ils développer à grande échelle les produits fabriqués dans un Fab Lab ? L’exemple des prothèses de bras est à ce titre impressionnant : chaque prothèse étant unique, aucun industriel n’a pu être trouvé et les Fab Lab sont là pour prendre le relais.

Table ronde sur le Cloud Computing animée Frédéric Simottel

Cinq intervenants :

  • Patrick Starck, Président de CloudWatt
  • Philippe Tavernier, PDG de Numergy
  • Hervé Rolland, DG Délégué d’IBM France
  • Emmanuel Mouquet, VP et DG de Dell France
  • Daniel Coetsier, VP Global Services Partners de EMC

Lors de cette table ronde, le cloud computing est présenté comme un facilitateur de la transformation numérique des entreprises. Un moyen de tester de nouveaux services, de nouveaux usages, sans changer fondamentalement la culture de l’entreprise. Sur le plan du financement des entreprises, il est à noter que les startups utilisent le cloud pour éviter de mobiliser des capitaux pour son informatique.

Les intervenants ont rappelé les trois grandes priorités  d’un chef d’entreprise : la Top line (compétitivité), la bottom line (performance opérationnelle), le risque (concurrence). Le cloud computing s’adresse à chacune de ces trois priorités. Il s’agit donc moins de « computing » au sens informatique technique du terme, mais bien de répondre aux grands enjeux de l’entreprise, au service de son développement.

En France, les discussions sur le cloud commencent par « comment réduire les coûts ? », dans les pays anglo-saxons elles commencent par « comment créer de la valeur ? ». Question de philosophie, de culture, d’acceptation du droit à l’erreur, de l’essai. Dans un pays sclérosé par des rigidités sociales et fiscales, comment changer en profondeur nos réflexes ?

Exemple d’une PME de 170 millions de chiffre d’affaires en province, pour accompagner sa croissance externe qui veut se concentrer sur le développement de son business, et non sur les migrations informatiques.

80 à 90% des budgets informatiques des clients de Dell sont consacrés à la maintenance. Seuls 10% des budgets informatiques sont consacrés à la maintenance. Le cloud computing vise justement à rééquilibrer l’équation budgétaire informatique au service de la création de valeur.

Exemple de booking.com (qui s’appuie sûrement sur une coud, je n’ai pas vérifié) qui a bouleversé le marché de l’hôtellerie en grignotant les marges des hôteliers. Une mutation en profondeur d’une industrie, accélérée par l’utilisation d’une infrastructure informatique disponible dans le cloud. A grande échelle, c’est une part importante de la valeur de l’industrie hôtelière qui est captée par booking.com, acteur qui opère en dehors de notre territoire… et donc ne contribue pas autant que les acteurs locaux aux finances publiques au travers de l’impôt.

Pour le DSI, le cloud computing est une opportunité de changer son rapport avec ses clients internes, en se positionnant sur des problématiques métier. Un changement de posture qui nécessitera de revoir l’organisation des priorités du DSI et s’accompagnent d’une réorganisation de ses équipes et des compétences qui composent sa direction. Une mutation du rôle du DSI vers un rôle de CDO (Chief Digital Officer).

Au terme de cette table ronde, on a clairement le sentiment que le cloud computing peut convaincre le dirigeant d’entreprise, mais sera craint par le DSI qui le verra comme un concurrent amené à réduire ses budgets et ses équipes. A grande échelle, une adoption massive du cloud computing pose la question de la conversion des milliers d’informaticiens embauchés par les entreprises. Un fort enjeu pour les DRH, amenés à revisiter les filières métier des informaticiens. Un fort enjeu pour l’entreprise qui doit se mettre en mouvement et se transformer pour réaliser une vision d’une entreprise dans un monde digital.

Table ronde sur l’Open Data animée par Mehdi Benchoufi

Deux intervenants :

  • Henri Verdier, directeur Etalab
  • Jean-Marc Lazard, fondateur OpenDataSoft

Quatre dimensions clés de l’Open Data : transparence de l’action publique, modernisation de l’action publique (ex : Open Street Map), stimulation de l’innovation au sein de l’Etat, souveraineté nationale.

Exemple de l’agence de développement touristique des Alpes de Haute Provence qui utilise l’Open Data pour repenser son système d’information, casser les barrières public-privé, ouvrir l’accès aux données à des acteurs extérieurs et ainsi créer de la valeur pour le tourisme tout en réduisant les coûts.

L’Open Data Index classe la France en retrait (16e place). Et comme souvent lorsque la France est mal classée, on remet en cause le baromètre. La question me semble plutôt être de savoir si le baromètre est gouverné de manière transparente et permet de mesurer un progrès au service des citoyens.

Au final, l’enjeu majeur de l’Open Data en France nécessite de passer d’une culture du process à une culture de la donnée. Le nouveau portail Open Data de la France qui sera lancé le 18 décembre, sera peut-être porteur de cet enjeu.

Table ronde sur le Big Data animée par Mehdi Benchoufi

Intervenants :

  • Marielle Gallo, députée européenne
  • Edouard Geffray, secrétaire général de la CNIL
  • Gérald Salord, avocate

Le Big Data, un des 34 chantiers industriels lancés par le gouvernement, pose la question de concepts fondamentaux de la loi informatique et libertés, notamment par exemple sur la notion de finalité des données. Pour se développer, cadre juridique et confiance sont nécessaires.

Un règlement européen est en cours de vote sur le sujet du Big Data. En tant que règlement, il s’appliquera immédiatement aux 28 états membres.

Fondamentalement, la question est celle de la transparence sur l’exploitation des données et des traces personnelles. La sécurité et la confidentialité des données personnelles est également fondamentale, dans un souci de protection de l’individu. Ces questions pouvant être traitées dès la conception des services numériques (« privacy by design »).

Le cadre règlementaire qui régit le Big Data est au final un équilibre à trouver entre confiance (des individus, envers les entreprises) et création des conditions favorables à l’innovation. Un cadre règlementaire mouvant que les entreprises et les collectivités doivent suivre avec attention.

Intervention de Richard Viel sur le THD sur mobile

Pour le DG délégué des opérations commerciales de Bouygues Télécom, le Très Haut Débit sur mobile repose sur la technologie LTE (Long Term Evolution), disponible sur toutes les bandes de fréquences. Cette technologie est en cours de déploiement rapide, la France rattrapant son retard avec déjà 40% de la population couverte (63% du territoire). Une offre de terminaux est déjà disponible sur le marché, pour la plupart supportant un débit de 100Mbits/s, certains allant jusqu’à 200Mbits/s.

Une fois que les fondamentaux (technologie, réseau, terminaux) sont disponibles, les contenus peuvent être proposés pour développer les usages. Premier des contenus : la vidéo. En ascendant, la technologie LTE offre des débits de 10 à 20Mbits/s, rendant possible par exemple le développement du cloud computing, du jeu en ligne.

Une nouvelle technologie qui apporte une rupture aussi majeure que le mobile il y a 20 ans.

Table ronde sur la fiscalité numérique animée par Guillaume Buffet

Intervenants :

  • Marc Teissier, administrateur Vidéo Futur, membre du CNN
  • Christophe Leblanc, responsable des affaires publiques, Solocal
  • Marine Pouyat, commission juridique, FEVAD
  • Grégory Abatte, Président BEPS, OCDE
  • George Karam, Président GITEP et Sequans

L’OCDE a lancé le projet BEPS (Base Erosion & Profit Shifting) qui vise à refonder les bases de la fiscalité. Pour l’industrie numérique, ce projet donnera ses conclusions en septembre 2014 (un an après pour les autres industries). Les contributions des entreprises sont les bienvenues !

Le Conseil National du Numérique (CNN) souhaite que la France soit première en numérique et dernière en fiscalité du numérique, et non première en fiscalité du numérique et dernière en numérique.

Pour Solocal, le rapport du World Economic Forum plaçait la France au 23e rang mondial de l’investissement numérique. Médiamétrie soulignait un retard d’adoption du numérique par les cadres dirigeants. La fiscalité qui grève les entreprises est fortement pénalisante pour le développement de l’innovation, consubstantielle au numérique. Les dispositifs de soutien au numérique sont inadaptés. Parmi les 40 millions d’euros d’investissement de Solocal dans la recherche, seuls 5% ont éligibles au CIR (Crédit Impôt Recherche). Le CICE, plafonné à 2,5% du SMIC, ne s’applique pas au numérique, secteur dont les emplois sont mieux rémunérés.

Dans une logique de développement de société, l’optimisation fiscale est naturelle dans un monde où les logiques fiscales ne sont pas homogènes.

Pour la FEVAD (580 adhérents, représentant 130 000 sites marchands), la réflexion sur la fiscalité du numérique est forcément à l’échelle mondiale, le numérique étant mondial.

Pour illustrer le déséquilibre des règles fiscales dont bénéficient certaines acteurs du numérique, un intervenant mentionnent que les GAFAM ne paient quasiment pas d’impôts : avec 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ils paient en France 40 millions d’euros d’impôts, soit 0,5%.

Une belle table ronde, sur un sujet complexe que les intervenants ont su aborder avec pédagogie. Dommage qu’Arnaud Montebourg ne soit pas resté !

Intervention de Gabrielle Gauthey sur le rapport Gallois

En deux mots : le choc de confiance préconisé par le rapport Gallois remis il y 13 mois, est loin d’avoir produit les effets escomptés. Le MEDEF constate le retard pris par la France par rapport aux autres pays de l’OCDE et propose de nouvelles mesures permettant de rattraper notre retard dans le développement du numérique.

Table ronde sur le Très Haut Débit animée par Stéphane Lelux

Intervenants :

  • Marc Charriere, VP affaires publiques Alcatel-Lucent
  • Pierre Camani, Sénateur
  • Romain Bonenfant, ARCEP
  • Antoine Darodes, mission Très Haut Débit du gouvernement
  • Pierre Jandet, DATAR
  • Jean-François Bureau, affaires institutionnelles Eutelsat

Le déploiement du très haut débit dans les territoires a bien avancé et beaucoup de projets sont en préparation selon Pierre Jandet de la DATAR. Curieusement aucun taux de couverture n’est communiqué.

Risque de fracture numérique : une part significative de la population accède à l’ADL à 3 ou 4 Mbits/s. 40% de la population n’est pas couverte par la FTTH (fibre).

Dans le Lot et Garonne, 60% de la population n’est pas couverte en haut débit par les opérateurs privés.

Selon l’ARCEP, 2,7 millions de prises FTTH sont installées, à comparer aux 31 millions de paires de cuivre. On est donc encore loin d’un déploiement massif du très haut débit, malgré une croissance rapide de 40% cette année.

49 départements ont déjà sollicité 1,2 milliards de subventions sur les 3,3 milliards du plan France Très Haut Débit. Ces subventions complètent les 500 millions d’euros investis par les opérateurs privés. Trois chantiers à venir : consolider l’environnement industriel, soutenir les collectivités, développer les usages.

L’infrastructure numérique du haut débit actuel a été financée dans les années 70. C’est sur ce patrimoine que reposent les services à valeur ajoutée que nous utilisons aujourd’hui. L’infrastructure du Très Haut Débit vise à doter la France d’un socle sur lequel s’appuieront les services numériques de proximité de demain.

Une table ronde plutôt technique et qui rappelle que l’économie numérique ne peut exister que grâce aux réseaux télécom.

Intervention de Stéphane Keita (CDC)

La Caisse des Dépôts et Consignation intervient au cœur du triptyque infrastructure, services et usages, à la fois en financement et en accompagnement des acteurs concernés.

En quoi le numérique peut-il aider à rendre notre système éducatif plus efficace ? Voir le rapport Pisa, publié le matin même, et qui montre qu’il est urgent d’investir.

Il y a urgence à développer la culture du numérique dans notre pays et à contribuer à la formation de tous, tout au long de la vie.

Table ronde sur la culture numérique animée par Rost

Intervenants :

  • Anne Pican, directrice figaroscope.fr, TVMag.com et Evene.fr
  • Alban de Nervaux, RMN Grand Palais
  • Jean-Paul Delahaye, culture Culturonomics
  • Patrick Bezier, DG Audiens
  • Mehdi Tayoubi, VP Digital et Experimental Strategy, Dassault Systems

Patrick Bézier insiste sur la nécessité de développer un cadre permettant aux salariés du numérique de travailler et de s’épanouir, alors que beaucoup sont dans des situations précaires sous des statuts variés (auto-entrepreneurs, freelance, intermittents, etc).

Dassault Systèmes s’est posé la question du sens de ce qu’elle produit (des logiciels de modélisation 3D) et a choisi d’utiliser la culture comme levier de rénovation de l’image de marque de l’éditeur, en s’appuyant sur le digital. La culture devient un facteur de différenciation pour cette entreprise B2B.

Le Grand Palais a pu constater que la numérisation des œuvres augmente les visites dans les musées. 90% des visiteurs visitent le site avant de venir au Grand Palais. 75% des visiteurs ont des smartphones. Plus de 100 000 fans Facebook, sollicités pour tester les visuels des expositions par exemple. En aval de la visite, le Grand Palais vend des publications numériques de ses collections, plus seulement de même forme que la version physique. Par exemple le catalogue de l’exposition Hopper (vendu 45€) a fait l’objet d’une déclinaison numérique (vendue 4€) achetée à 15 000 exemplaires, soit 4 fois moins que la version papier. La question étant de savoir si cette application valait le coût d’être développée, s’il y a un recouvrement entre les achats papiers et numériques, et si cette première tentative augure d’un développement à venir favorable au numérique.

Une table ronde rafraîchissante, animée de manière inhabituelle par un Rost en pleine forme.

Interview de Françoise Mercadal Delasalles

Au sein de la Société Générale, Françoise Mercadal Delasalles est directrice des Ressources et de l’Innovation, une direction qui regroupe Informatique, immobilier achat et innovation. Cette direction a été créée suite à l’affaire Kerviel, dans l’esprit de mettre en place une nouvelle gouvernance axée sur la co-construction et une organisation horizontale.

La réflexion sur la position de la banque vis-à-vis du cloud a été menée avec l’ensemble des DSI Groupe. Ce qui a amené à prendre conscience que les 18 000 informaticiens internes avaient la capacité à développer un cloud propriétaire plus efficace pour servir les métiers de la banque qu’un cloud du marché.

Comment mobiliser le top management sur le sujet de la digitalisation ? Choix d’animer un débat sur le réseau social d’entreprise, auquel 3 000 collaborateurs étaient inscrits, sur la question « qu’est-ce qu’une banque digitale ? ». En quelques mois, plus de 27 000 collaborateurs ont rejoint le réseau social d’entreprise et se sont exprimés sur cette question. La mobilisation massive des collaborateurs a aidé le top management à prendre conscience de l’importance du sujet.

Désormais, l’enjeu est maintenant d’exploiter cette richesse des idées qui circulent sur les plateformes internes et externes à l’entreprise pour créer de la valeur dans un environnement de processus industriels.

Intervention de Gilles Babinet

La société civile doit être mieux considérée par la société française.

Enjeux régaliens de notre société : santé, efficacité de l’Etat, modernisation de l’outil productif.

Santé (280 milliards d’euros de dépenses), 80 milliards de dépenses en médicaments, souvent surdosés. L’historisation du dossier médical a déjà montré dans certains pays une amélioration du protocole de santé

Efficacité de l’état : le numérique peut y contribuer de manière considérable (e-administration, Open Data, etc).

Modernisation de l’outil productif : une part importante de la valeur de l’entreprise fuit dans les données.

Conclusion

Sur le fond, une journée dense sur le thème de la libération de la croissance, montrant à quel point le numérique est un enjeu majeur de développement pour notre pays. J’ai été surpris que la gouvernance d’Internet, l’aménagement du territoire ou encore l’emploi, soient finalement peu voire pas abordés au cours des tables rondes et des key notes.

Sur la forme, je déplore une animation trop classique pour une conférence consacrée au numérique. A titre d’illustration le hashtag #adn_2013 a été donné à 11h10, soit plus de 2 heures après le début de la conférence, alors que de toute façon aucun Wifi n’était disponible dans la salle et la 3G inaccessible. Dommage.

Banque et digital (étude Vanksen)

Les banques sont digitales par nature me dit-on… Elles ont surtout dématérialisé une grande parte de leur activité depuis une bonne quinzaine d’années. En France, les carnets de chèque sont moins utilisés, les ordres de virements sont passés via les sites Internet et mobiles des banques et de plus en plus de documents transitent entre clients et banques au travers de la messagerie.

La dématérialisation ne fait pas la digitalisation, qui suppose un nouveau rapport au consommateur plus volatile, plus connecté, plus informé. Avec cette étude, Vanksen illustre les exemples de banques qui utilisent le digital pour plus de proximité avec leurs clients.

En fait d’étude, le document ressemble plutôt à un recueil. Il y manque en effet quelques chiffres permettant d’apprécier la contribution des dispositifs digitaux présentés au business des banques. Une prise de recul sur l’impact de ces dispositifs sur les canaux traditionnels des banques, serait aussi intéressante.

Sur le plan des innovations en terme de financement, de moyen de paiement, ou encore de données collectées au travers des médias sociaux, des exemples seraient aussi les bienvenus, pour au final répondre à la question : qu’est-ce qu’une banque digitale ?

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