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Social Drink-Up #7 : L’innovation technologique vecteur d’un marketing disruptif : mythe ou réalité ?

Social Drink-UpInnover c’est bien, mais toutes les innovations sont-elles utiles au marketing ? Adobe et Kontest ont souhaité faire le point en conviant le patron d’une startup, un consultant observateur du marché et le directeur des accès directs d’une grande entreprise. Retour sur un Social Drink-Up, 7e édition, très réussi.

Pour le dynamique co-fondateur de Kontest Sylvain Weber (@sylvainw), le monde n’attend pas. Son discours rythmé emmène l’auditoire dans une frénésie d’idées tentées puis rejetées, pour trouver la bonne idée, celle qui rencontrera son public. Le maître mot de son intervention : adaptation. Les grandes entreprises peuvent s’inspirer du modèle de cette startup, pour qui l’agilité n’est pas un mot sur un slide, mais un état d’esprit, voire une raison d’être.

Une fois n’est pas coutume, Frédéric Cavazza (@FredCavazza) a présenté un classement. L’homme qui savait organiser la multitude a ainsi défini les grandes catégories d’innovation au service du marketing. Mieux, en appliquant des calques à ces catégories, l’auditoire a pu identifier les innovations mûres pour le magasin connecté, le brand utility, la fidélisation, etc. Fred (on peut l’appeler Fred) distingue ainsi 5 grands domaines d’innovations technologiques au service du marketing :

  1. Interfaces 3D
  2. IHM innovantes, gestuelles (ex : leap motion), neuronales, écrans haptiques
  3. Interactions locales (un tracker de proximité coûte de 15 à 30$)
  4. Internet des objets : objets connectés, informatique vestimentaires, industriel
  5. Intelligence artificielle : assistants, agents intelligents, systèmes autoapprenants

Non content de définir des catégories et d’orienter le directeur marketing dans ses choix, Fred propose également d’évaluer le potentiel disruptif de chaque innovation technologique. Sa grille d’analyse compte 4 critères : appétence du marché, intérêt pour la marque, facilité d’apprentissage, facilité de mise en œuvre.

En guise de conclusion de son intervention, deux questions adressées aux responsables marketing :

  • En quoi les innovations vont perturber le parcours client ou vous aider à le maîtriser ?
  • En quoi les innovations permettent d’optimiser l’expérience consommateur ?

L’intervention de Raphaël Krivine (@RKrivine), Head of Direct Banking d’Axa Banque permettait de comprendre comment les innovations marketing sont solubles dans un grand groupe au travers de la présentation de Soon, la banque en ligne et mobile. Conception avec des startup, implication de ressources externes, marketing s’appuyant fortement sur les réseaux sociaux, design minimaliste revenant à l’essentiel, offre tournée client, tout ceci dans un groupe en pleine transformation digitale. Avec la sortie imminente de mon livre [1], je ne pouvais m’empêcher de demander où en était Axa dans sa transformation digitale ? Réponse : les ambitions sont définies, les risques connus, Soon est lancé, les HR se structurent, des apps existent, un lab est en place (Axa Lab),des données sont collectées et analysées (Big Data), un fonds d’investissement a été créé (Axa Seed Factory )… mais c’est un processus permanent. Bien difficile de savoir précisément où on en est dans sa transformation digitale sans un outil de mesure de la progression.

Au cœur de Soon, un concept : le nudge (je vous laisse chercher dans votre moteur de recherche préféré), dans une logique intrapreunariale. Et les résultats me direz-vous ? Soon, qui devait être lancé en octobre 2013 est finalement sorti en février 2014. Aujourd’hui, 2000 clients ont déjà été séduits, essentiellement geeks, 60% des clients ont moins de 30 ans, 4000 abonnés à @soon. Un déploiement sur le marché de masse est en préparation. Et déjà en interne, Soon inspire d’autres pays dans lesquels Axa exerce une activité banquaire. A suivre !

Sélection de tweets à retrouver sur Storify.

[1] Transformation digitale : 5 leviers pour l’entreprise

Adobe Digital Summit EMEA : deux jours pour faire le plein d’idées sur le marketing digital

Adobe Summit EMEA 2014 - The Digital Marketing ConferenceLa question n’est plus de savoir si une marque doit être digitale, mais comment l’être pour conquérir des marchés et fidéliser les consommateurs avec le digital. Certaines industries (médias, presse, édition musicale en particulier) ont déjà été profondément transformées et continuent de l’être. Les autres industries suivent le mouvement sous l’impulsion du marketing. La question est donc plutôt de savoir si le marketing d’une entreprise est à l’état de l’art à l’heure du digital ?

Pour y répondre, Adobe organise à Londres les 14 et 15 mai 2014 la plus grande conférence européenne du marketing digital. Deux jours pour échanger avec les entreprises les plus en avance, comprendre comment les solutions technologiques viennent soutenir les efforts marketing, bénéficier de l’expérience des entreprises en train de changer leur organisation pour s’adapter au digital.

J’ai la chance d’être invité par Adobe pour assister à l’événement, ainsi que plusieurs centaines de Français qui traverseront la Manche pour échanger avec les praticiens du marketing et les experts européens du digital. Une belle occasion de faire le point sur les bonnes pratiques du maketing digital, identifier les tendances du moment, comprendre les freins à la digitalisation des entreprises et bien-sûr découvrir comment Adobe accompagne ses clients.

Parmi les 80 ateliers proposés, je m’intéresserai particulièrement à ceux liés au social marketing, à l’innovation dans le marketing et à l’analyse de données. J’espère y trouver la réponse à des questions telles que :

  • Comment placer une marque là où elle n’a pas a priori sa place, c’est-à-dire sur des médias sociaux fondés sur les relations entre individus partageant une histoire ou des intérêts communs ?
  • Quelles sont les nouvelles techniques marketing pour acquérir et transformer ?
  • Comment attirer l’attention d’un consommateur toujours plus volatile et multi-écran ?
  • Comment attraper un consommateur toujours plus fugace ?
  • Comment se préparer au marketing au travers des objets connectés ?
  • Comment collecter et traiter les gigantesques volumes de données générées par le digital, qu’elles soient personnelles ou anonymes, pour mieux cibler le consommateur, adapter ses produits et anticiper ?
  • Le marketing prédictif existe-t-il ?
  • Comment développer le chiffre d’affaires tout en réduisant les coûts marketing ?
  • Comment se transforment les budgets et les opérations marketing sous l’impulsion du digital ?

Les responsables marketing qui se posent ces questions et bien d’autres encore, ont tout intérêt à participer à l’événement. Sortir, s’inspirer, échanger, comprendre, pour revenir au bureau avec des idées de projets, de méthodes à mettre en place, de solutions pour répondre aux enjeux business de l’entreprise, est absolument indispensable ! Les benchmarks ne se font pas qu’en lisant les rapports d’études des cabinets d’analystes, et encore moins les synthèses qui en sont publiés par les journalistes et les blogueurs. Ils se font aussi et surtout en rencontrant celles et ceux qui ont un peu d’avance. Le Adobe Digital Summit EMEA en est une belle occasion.

Cet article fait partie d’une série d’articles publiés à l’occasion du Summit :

Marketing et commercial peuvent-ils être performants sans outils innovants ?

Invitation-Innov-Com-260x185La performance du marketing et du commercial en 2014 est-elle possible sans innovations technologiques ? C’est la question que l’association Innov’Com abordait le 14 mars. Réponse apportée par quatre éditeurs de logiciels.

Comment optimiser la prospection commerciale ?

Avec eGeo de Silamir, présenté par Muriel Figer, une entreprise peut organiser les tournées de ses commerciaux en tenant compte du potentiel commercial d’une zone de chalandise et d’autres facteurs tels que la distance à couvrir par chaque commercial depuis son domicile, le tout visualisé sur une carte géographique.

Au vu de la démonstration (courageuse vu la qualité du Wifi dans la salle, j’y reviendrai), je vois surtout un intérêt de l’outil pour des entreprises en B2B amenées à prospecter un territoire et souhaitant géolocaliser leur prospection. Les sources de données utilisées n’ont pas été précisées pendant l’exposé. Mais la question d’accroche de l’intervention (« comment le Big Data va révolutionner l’accès aux clients et prospects ? ») laisse présager des volumes considérables de données, à moins qu’il s’agissait seulement d’utiliser un buzz word du moment pour attirer l’attention de l’audience…

Deux chiffres indiqués pendant l’exposé m’ont surpris :

  • 70% des outils utilisés par les forces commerciales et marketing ne sont pas disponibles sur smartphone et tablettes : mais comment font-elles pour travailler en mobilité ?
  • 40% des entreprises n’ont pas de CRM : mais comment gèrent-elles leurs clients ?

Deux chiffres qui montrent les progrès qui restent à accomplir pour digitaliser les fonctions commerciales et marketing.

Comment cibler vos prospects à partir de leurs visites sur votre site Web ?

Tout le monde le sait (parce que tout le monde le fait), un prospect qui s’intéresse aux produits d’une entreprise, visite son site Internet. Selon le Gartner, 95% des clients visitent ainsi le site d’une entreprise avant d’acheter ses produits. Le problème, c’est que pour le site Internet, toutes ces visites sont muettes : impossible de savoir qui est le visiteur.

Impossible, sauf avec Get+, solution présentée par Hervé Gonay (@hervegonay), qui permet d’identifier les entreprises prospects qui visitent le site de l’entreprise, en tenant compte du comportement du visiteur. Identification possible selon Get+, dès la première phase de sa motivation d’achat qui en compte quatre : awareness (« je fais un tour d’horizon »), consideration (« je prends connaissance d’un produit »), evaluation (« je compare le produit avec les offres concurrentes »), selection (« j’achète »).

Non content d’identifier les entreprises prospects, Get+ couplée avec Salezeo, permet de cibler les interlocuteurs à contacter dans ces entreprises. On n’est plus très loin du jour où le futur acheteur d’un produit, visitant tranquillement le site d’une entreprise, sera soudain contacté par un commercial.

Formulée ainsi, la promesse de valeur laisse rêveur. Le lien entre les visites d’un site d’entreprise et les ventes devient plus évident. Le ROI du site Web plus facile à appréhender. Cependant, j’aurais apprécié que des cas d’entreprises soient présentés, idéalement sous la forme de témoignages montrant la contribution de Get+ à la performance commerciale de ces entreprises.

Comment optimiser la rémunération des commerciaux ?

Les commerciaux sont motivés par leur rémunération variable. Comment faire en sorte que cette rémunération soit cohérente avec la stratégie commerciale de l’entreprise ? Comment en faire un véritable outil de motivation des troupes ?

Eric Mallet, propose pour cela Primeum Incentive Suite. Une solution permettant de réduire de 4% à 6% le coût de la rémunération variable des commerciaux et de 40% le coût administratif des primes.

Plusieurs dizaine de milliers de commerciaux utilisent l’outil. 90% des commerciaux se connectent au moins une fois par mois sur ce type d’outil. C’est un bon produit d’appel pour orienter les commerciaux vers l’Intranet.

Comment revaloriser les emails des commerciaux ?

Les directions marketing ont pris l’habitude d’utiliser l’emailing de masse, dont l’efficacité tend à décroître. L’email est aussi un moyen de communication largement répandu, les collaborateurs d’une entreprise en envoyant 38 en moyenne chaque jour. Comment utiliser ces 38 emails pour porter le discours de la marque ?

Xavier Paulik (@xpaulik) propose avec Tiki’mee Signature Card de rendre la signature email intelligente. Qui plus est, cette signature est totalement adaptée à une lecture sur mobile. Ce qui est d’autant plus critique, alors que désormais plus de la moitié des emails sont lus sur mobile, tandis que 7% seulement sont relus sur PC. 2013, marque ainsi le tournant de la lecture de l’email sur mobile : « Aujourd’hui, les emails se lisent avec les doigts. » Cette prédominance de la lecture sur mobile, ainsi que les nouvelles fonctionnalités des grandes messageries (ex : Gmail trie les emails commerciaux dans un onglet dédié) nécessite de reconsidérer les pratiques de l’email et de moderniser un outil de communication qui a finalement peu évolué en 40 ans.

Conclusion

Les outils présentés permettent en théorie d’obtenir des gains de productivité des activités marketing et commerciales. On peut même imaginer de les combiner : eGeo pour identifier la zone de chalandise des commerciaux, Get+ pour nourrir la base eGeo à partir des visites sur le site de l’entreprise, Primeum Incentive Suite pour motiver les commerciaux et suivre leur performance, Tiki’mee pour les aider dans leur communication avec l’email et drainer un trafic utile vers le site de l’entreprise.

Au-delà de cet ensemble d’outils, d’autres questions visant à améliorer l’efficacité marketing et commerciale méritent d’être traitées. Par exemple, comment faire des clients les vendeurs de l’entreprise ? Quels contenus publier sur le site de l’entreprise et sur des sites tiers, pour attirer un trafic utile ?

Sur la forme, j’aurais apprécié que des cas réels soient présentés, montrant le ROI de toutes ces solutions et faisant témoigner des utilisateurs. J’ai aussi malheureusement déploré l’absence pas de Wifi disponible dans la salle et un débit 3G limité. Pas de hashtag. Pas de live tweet. Pas de relais vidéo. Pourtant tous ces moyens sont aussi très utiles pour le marketing et le commercial… des quatre solutions qui ont été présentées !

Social Drink-Up #5 : Intimité client

Social Drink-UpComment une grande marque, traitant avec des millions de clients, peut-elle être intime avec chacun d’eux ? Pour répondre à cette épineuse question, Adobe et Kontest ont proposé à deux intervenants « artisans de l’art » de partager leur vision et expérience, lors de la cinquième édition des Social Drink-Up.

En guise de préambule, Christophe Marée (@ChMaree), Directeur Digital Marketing, Adobe, a présenté quelques chiffres. Deux chiffres en particulier ont attiré mon attention :

  • 7% des destinataires d’une information (communiquée par une entreprise) pensent qu’elle est pertinente
  • 57% des professionnels du marketing pensent que la personnalisation est clé, en privilégiant l’email en 2013 et le mobile en 2014

Le rapprochement de ces deux chiffres montre à quel point la personnalisation est devenue essentielle : apporter au client l’information pertinente (par rapport à son besoin) au bon moment et sur le bon support.

Catherine Barba (@cathbarba) a ensuite pris le relais avec fougue, jalonnant son propos d’une multitude d’exemples de relation client « intime », notamment américains. Notant que « la transition numérique change radicalement nos métiers », Catherine Barba questionne l’auditoire : arrivez-vous à dire la promesse relationnelle de votre entreprise en une seule phrase ? Qu’est-ce que l’intimité à chaque étape du parcours client ? Connaissez-vous un exemple de marque qui vous accueille bien sur son site e-commerce ? Un exemple de marque qui vous accueille bien en point de vente après une commande en ligne ? Au travers de son discours, on sent bien que « L’intimité client, c’est d’abord une attention portée au client, quel que soit le canal ».

Romain Labourée (@rom1_lab), Digital Transformation Manager, chez BNP Personal Finance, a ensuite montré comment une banque traite l’intimité de sa relation avec ses clients. Une intimité qui passe d’abord par la désilotisation (néologisme que je propose, assez moche j’en conviens, pour signifier « la suppression des silos dans l’organisation »). Intimité aussi au travers des canaux digitaux, devenus cruciaux dans certains pays où le digital représente jusqu’à 50% de l’acquisition client.

Pour Romain Labourée, l’intimité client repose sur quatre piliers : connaissance, engagement, sympathie, confiance. Une connaissance alimentée grâce aux formulaires remplis par les clients lors d’une demande de crédit, permettant de collecter jusqu’à 50 informations ! Quantité impressionnante, parfois contre-productive, et obligeant à un certain lâcher-prise comme par exemple en Espagne pour un service en ligne de souscription d’un crédit développé pour Apple.

Quelles KPI suivre pour mesurer l’efficacité de l’intimité client ? Pour répondre à cette question, BNP Personal Finance a mis en place un baromètre sur une dizaine de pays, annuel avec mise à jour à mi année, mesurant satisfaction et expérience client sur tous les points de contacts. Question corolaire : un baromètre annuel est-il suffisant à l’ère du temps-réel ?

A la lumière des débats, on peut se demander comment le digital contribue à l’intimité client sur tous les canaux. Comment la connaissance acquise sur les canaux automatisés (sous-entendu : sur lesquels les clients laissent des traces) peut aider les vendeurs et chargés de clientèle dans leur métier ?

Au final on peut rêver d’une solution permettant de gérer l’intimité, exploitant les données fournies volontairement par le client et celles collectées à son insu, les données personnelles, comportementales, sociales. Solution couplée à une formation des agents en contact avec les clients et adaptée à leur expérience. L’ensemble devant s’adapter en permanence à l’environnement règlementaire, à la jurisprudence et surtout aux besoins des consommateurs. Un rêve bientôt réalité ?

Cette 5e session, toujours aussi conviviale, a été l’occasion du lancement du site socialdrinkup.com où le lecteur pourra retrouver les contenus échangés en séance. Contenus à lire en parcourant la sélection de Tweets que je propose sur Storify. Comme si vous y étiez !

Quelqu’un peut-il dire à Criteo que j’ai acheté mon aspirateur ?

Criteo est sans aucun doute un joyau de l’économie numérique. Une perle française à visibilité mondiale, introduite au Nasdaq le 30 octobre 2013. La cotation dans les jours qui ont suivi l’introduction donne le vertige, valorisant l’entreprise à plus de 2 milliards de dollars. Enorme !

En tant que Français, je suis évidemment très heureux de cette réussite. En tant que consommateur, j’espère que les fonds levés sur la bourse américaine seront investis pour améliorer les algorithmes de ce spécialiste du display à la performance.

En effet, n’est-il pas agaçant de voir s’afficher à longueur de visites sur le Web, des publicités pour un produit déjà acheté ? J’en ai récemment fait l’expérience après avoir acheté un aspirateur. Agacé par ce matraquage, je me suis mis à ignorer l’affichage qui finalement, ne me concernait plus. A la rigueur, j’aurais compris qu’on me propose un produit complémentaire, à la mode Amazon « ceux qui ont acheté cet aspirateur ont aussi aimé [mettre ici le nom d’un produit] ». Ou encore en exploitant mon graphe social, du genre « [sélection de mes amis Facebook] ont aussi le même aspirateur qu’ils ont complété avec [mettre ici le nom d’un produit] ».

Seulement voilà, il semble que Criteo ne soit pas informé de l’achat d’un produit. Achat qui peut avoir lieu en ligne ou n’importe où ailleurs. Et si Criteo proposait un bouton « j’ai déjà acheté ce produit » ?

Criteo sur Boulevard Voltaire

Exemple d’un site (ici Boulevard Voltaire) affichant plusieurs publicités de produits déjà achetés, qui plus est, chez les annonceurs cités !

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Le Social Commerce est plus fort que toi

Un titre un brin provocateur pour cet article de Jimi Fontaine (@graphinium). Un titre qui sous-entend la puissance sous-utilisée des médias sociaux dans le commerce, avant, pendant et après l’achat.

Les expériences de boutique en ligne au sein de Facebook n’ont pas fonctionné. Faut-il pour autant en conclure que les médias sociaux n’ont pas leur place dans les processus de vente ? Bien-sûr que non ! Tout est une question de choix de positionnement des médias sociaux dans le processus d’achat, en exploitant leurs qualités intrinsèques : identification de l’utilisateur, connaissance du consommateur et prescription virale.

Un positionnement mûrement réfléchi au service d’une expérience utilisateur / prescripteur / consommateur centrée sur ses besoins. Un positionnement s’appuyant sur un socle technologique permettant d’accéder aux données personnelles du socionaute, par exemple au travers des API de Facebook (« Application Programming Interface », sortes de clés d’accès aux bases de données de Facebook, que peuvent utiliser les développeurs de programmes informatiques). Données qui viennent enrichir les bases CRM des programmes de relation client des entreprises.

Alors oui, les médias sociaux ont leur place dans le commerce, et sûrement de manière plus forte qu’on l’imagine.

Assises du numérique 2013

Assises du Numérique 2013Les Assises du numérique présentaient pour leur 6e année, un agenda d’une grande richesse et des intervenants de haut niveau pour faire le point sur le numérique dans notre pays. J’ai tenté de restituer ici les éléments qui m’ont marqué de cette journée à laquelle j’ai eu le privilège d’assister. Une journée dont je garde à froid un souvenir mitigé, à la fois heureux de voir le numérique traité à bon niveau, et en même temps triste de constater le retard que la France ne cesse de prendre sur ce sujet.

Précaution de lecture : je restitue ici les points qui ont attiré mon attention en les commentant. Il s’agit plus de notes commentées que d’un véritable compte-rendu. Attention donc à ne pas considérer que tout ce que j’écrits a été prononcé par les intervenants. Certains propos sont des réflexions à chaud de ma part.

Petit préambule sur la forme de la journée : d’emblée, ça commence mal. J’arrive à trouver le hashtag (ou « mot-dièse » pour les puristes) en consultant Twitter. Quelle surprise de découvrir un underscore (« souligné bas, touche 8 sur le clavier » pour les puristes) dans ce qui doit servir de marqueur aux tweets (« courts messages publics » pour les puristes). Je sens confusément que la journée ne sera pas dense en échanges directs avec les participants et plus généralement tous ceux qui suivent cet événement. Surprise aussi en arrivant dans la salle : le programme ne mentionne ni le fameux hashtag, ni de code Wifi. Même mon smartphone ne parvient pas à capter la 3G ! Me voilà enfermé dans une salle pour la journée, condamné à écouter les intervenants sans pouvoir m’exprimer (sauf si l’on me donne le micro) et surtout sans pouvoir faire rayonner la conférence en dehors de la salle, au moment où les conférenciers s’expriment. En d’autres termes, les Assises du numérique portent bien leur nom : elles proposent de s’asseoir sur le numérique, ignorant les usages désormais courants dans les conférences de ce type. Le choc ! Pierre-Olivier Pulveric attaque la journée en expliquant que le thème de la journée est les années 20-30 ! Années où le cinéma émergeait. Mon dieu, c’est peut-être pire que ce que je pouvais craindre en arrivant !

Discours d’Arnaud Montebourg

Arnaud Montebourg explique à l’assistance avec sa verve habituelle, que le numérique bouleverse en profondeur toutes les industries : culture, hôtellerie, éducation, etc. Mais aussi que « Orange, numéro 8 mondial, est trop petit, tout ça à cause de l’Europe qui a provoqué la balkanisation des opérateurs télécom ». Au terme de son intervention, il me semble évident que le numérique ne peut pas souffrir le bal des politiques. Je peux comprendre que le Ministre du Redressement Productif déplore la position d’Orange au niveau mondial. Je comprends moins qu’il reproche à l’Europe d’en être la cause, dans un pays qui a libéré la concurrence des opérateurs télécom. Les politiques en charge du développement du numérique dans notre pays doivent absolument s’unir dans l’intérêt national.

Parmi les 34 plans industriels qu’il a lancés, Arnaud Montebourg précise que 10 sont consacrés au numérique. Trois exemples cités par le ministre : objets connectés, big data, cloud computing. J’entends le discours volontariste, puis au fil des mots, je ressens la lassitude de l’énumération. Quelle est la vision du numérique pour notre pays ? Puisque la journée a commencé en parlant des années 20-30, je me souviens des grands projets du Général de Gaulle dans les années 60 qui voulait par exemple l’indépendance énergétique pour la France, ou encore l’autonomie dans sa politique étrangère. Voulons-nous par exemple maîtriser notre avenir numérique en disposant de nos propres infrastructures, de nos capacités à les faire évoluer ? Voulons-nous développer le rayonnement de la France par-delà les frontière en nous appuyant sur le numérique ? Le ministre ne dit rien de tout cela. En revanche, il explique qu’il a présenté ses 34 plans au MIT, sans préciser l’accueil qu’il a reçu. Pire, je n’ai rien entendu (aurais-je mal écouté ?) sur la contribution du numérique à l’emploi, sur les filières de formation à mettre en place, sur l’aménagement du territoire rénové avec le numérique, sur le financement de cette filière, etc. Bref, je suis resté sur ma faim et ne me sens pas rassuré ni enthousiaste sur l’ambition que notre pays se donne sur le numérique, au travers des propos du ministre.

Table ronde sur les usages animée par Olivier Ezratty (@olivez)

Quatre intervenants pour cette table ronde, intervenants présentés rapidement par Olivier Ezratty (je renvois le lecteur au site de la conférence pour une présentation plus détaillée) :

  • Laurence Allard, ethnologue qui s’intéresse au foyer, socio-ethnographe des usages
  • Philippe Portelli, s’intéresse à l’éducation
  • Isabelle Flory, s’intéresse à la transformation des entreprises
  • Benoit Thieulin, président du CNN, poil à gratter du gouvernement sur le numérique

Les intervenants commencent d’abord par rappeler l’enjeu de se départir d’une vision générationnelle et d’un rythme effréné du numérique. Le mythe de la génération Y a pourtant la vie dure. Quant au rythme d’innovation, il s’impose par la rapidité d’adoption des usages.

Au sein des entreprises, l’adoption du numérique peut être favorisée par des méthodes de management. On constate que le DSI n’a désormais plus le monopole du numérique. La transmission du savoir change le rapport au pouvoir, et pourtant les hiérarchies perdurent.

Au-delà de l’adoption d’usages, du développement de technologies, le numérique est surtout porteur de valeurs. La révolution numérique en cours est probablement aussi importante que celle du passage de l’oral à l’écrit (voir à ce sujet l’excellent Petite Poucette de Michel Serres).

Table ronde sur les Fab Lab animée par Pascal Minguet

Deux intervenants pour cette table ronde :

  • Daniel Kaplan, DG de la FING
  • Jean-Michel Molenaar, directeur du Fab Lab de Grenoble

Les Fab Lab forment un réseau mondial de fabrication numérique, ouverts à tout le monde, dans lequel on peut tout fabriquer.

On considère qu’il y a une vingtaine de Fab Lab ouverts en France, 156 projets qui ont répondu à l’appel à projet lancé par Fleur Pellerin. A l’échelle mondiale, on reproche à la France d’être trop peu interconnectée.

Cette table ronde m’a inspiré plusieurs questions. Comment les Fab Lab sont-ils financés ? Sont-ils des centres d’innovation ? Comment les industriels peuvent-ils développer à grande échelle les produits fabriqués dans un Fab Lab ? L’exemple des prothèses de bras est à ce titre impressionnant : chaque prothèse étant unique, aucun industriel n’a pu être trouvé et les Fab Lab sont là pour prendre le relais.

Table ronde sur le Cloud Computing animée Frédéric Simottel

Cinq intervenants :

  • Patrick Starck, Président de CloudWatt
  • Philippe Tavernier, PDG de Numergy
  • Hervé Rolland, DG Délégué d’IBM France
  • Emmanuel Mouquet, VP et DG de Dell France
  • Daniel Coetsier, VP Global Services Partners de EMC

Lors de cette table ronde, le cloud computing est présenté comme un facilitateur de la transformation numérique des entreprises. Un moyen de tester de nouveaux services, de nouveaux usages, sans changer fondamentalement la culture de l’entreprise. Sur le plan du financement des entreprises, il est à noter que les startups utilisent le cloud pour éviter de mobiliser des capitaux pour son informatique.

Les intervenants ont rappelé les trois grandes priorités  d’un chef d’entreprise : la Top line (compétitivité), la bottom line (performance opérationnelle), le risque (concurrence). Le cloud computing s’adresse à chacune de ces trois priorités. Il s’agit donc moins de « computing » au sens informatique technique du terme, mais bien de répondre aux grands enjeux de l’entreprise, au service de son développement.

En France, les discussions sur le cloud commencent par « comment réduire les coûts ? », dans les pays anglo-saxons elles commencent par « comment créer de la valeur ? ». Question de philosophie, de culture, d’acceptation du droit à l’erreur, de l’essai. Dans un pays sclérosé par des rigidités sociales et fiscales, comment changer en profondeur nos réflexes ?

Exemple d’une PME de 170 millions de chiffre d’affaires en province, pour accompagner sa croissance externe qui veut se concentrer sur le développement de son business, et non sur les migrations informatiques.

80 à 90% des budgets informatiques des clients de Dell sont consacrés à la maintenance. Seuls 10% des budgets informatiques sont consacrés à la maintenance. Le cloud computing vise justement à rééquilibrer l’équation budgétaire informatique au service de la création de valeur.

Exemple de booking.com (qui s’appuie sûrement sur une coud, je n’ai pas vérifié) qui a bouleversé le marché de l’hôtellerie en grignotant les marges des hôteliers. Une mutation en profondeur d’une industrie, accélérée par l’utilisation d’une infrastructure informatique disponible dans le cloud. A grande échelle, c’est une part importante de la valeur de l’industrie hôtelière qui est captée par booking.com, acteur qui opère en dehors de notre territoire… et donc ne contribue pas autant que les acteurs locaux aux finances publiques au travers de l’impôt.

Pour le DSI, le cloud computing est une opportunité de changer son rapport avec ses clients internes, en se positionnant sur des problématiques métier. Un changement de posture qui nécessitera de revoir l’organisation des priorités du DSI et s’accompagnent d’une réorganisation de ses équipes et des compétences qui composent sa direction. Une mutation du rôle du DSI vers un rôle de CDO (Chief Digital Officer).

Au terme de cette table ronde, on a clairement le sentiment que le cloud computing peut convaincre le dirigeant d’entreprise, mais sera craint par le DSI qui le verra comme un concurrent amené à réduire ses budgets et ses équipes. A grande échelle, une adoption massive du cloud computing pose la question de la conversion des milliers d’informaticiens embauchés par les entreprises. Un fort enjeu pour les DRH, amenés à revisiter les filières métier des informaticiens. Un fort enjeu pour l’entreprise qui doit se mettre en mouvement et se transformer pour réaliser une vision d’une entreprise dans un monde digital.

Table ronde sur l’Open Data animée par Mehdi Benchoufi

Deux intervenants :

  • Henri Verdier, directeur Etalab
  • Jean-Marc Lazard, fondateur OpenDataSoft

Quatre dimensions clés de l’Open Data : transparence de l’action publique, modernisation de l’action publique (ex : Open Street Map), stimulation de l’innovation au sein de l’Etat, souveraineté nationale.

Exemple de l’agence de développement touristique des Alpes de Haute Provence qui utilise l’Open Data pour repenser son système d’information, casser les barrières public-privé, ouvrir l’accès aux données à des acteurs extérieurs et ainsi créer de la valeur pour le tourisme tout en réduisant les coûts.

L’Open Data Index classe la France en retrait (16e place). Et comme souvent lorsque la France est mal classée, on remet en cause le baromètre. La question me semble plutôt être de savoir si le baromètre est gouverné de manière transparente et permet de mesurer un progrès au service des citoyens.

Au final, l’enjeu majeur de l’Open Data en France nécessite de passer d’une culture du process à une culture de la donnée. Le nouveau portail Open Data de la France qui sera lancé le 18 décembre, sera peut-être porteur de cet enjeu.

Table ronde sur le Big Data animée par Mehdi Benchoufi

Intervenants :

  • Marielle Gallo, députée européenne
  • Edouard Geffray, secrétaire général de la CNIL
  • Gérald Salord, avocate

Le Big Data, un des 34 chantiers industriels lancés par le gouvernement, pose la question de concepts fondamentaux de la loi informatique et libertés, notamment par exemple sur la notion de finalité des données. Pour se développer, cadre juridique et confiance sont nécessaires.

Un règlement européen est en cours de vote sur le sujet du Big Data. En tant que règlement, il s’appliquera immédiatement aux 28 états membres.

Fondamentalement, la question est celle de la transparence sur l’exploitation des données et des traces personnelles. La sécurité et la confidentialité des données personnelles est également fondamentale, dans un souci de protection de l’individu. Ces questions pouvant être traitées dès la conception des services numériques (« privacy by design »).

Le cadre règlementaire qui régit le Big Data est au final un équilibre à trouver entre confiance (des individus, envers les entreprises) et création des conditions favorables à l’innovation. Un cadre règlementaire mouvant que les entreprises et les collectivités doivent suivre avec attention.

Intervention de Richard Viel sur le THD sur mobile

Pour le DG délégué des opérations commerciales de Bouygues Télécom, le Très Haut Débit sur mobile repose sur la technologie LTE (Long Term Evolution), disponible sur toutes les bandes de fréquences. Cette technologie est en cours de déploiement rapide, la France rattrapant son retard avec déjà 40% de la population couverte (63% du territoire). Une offre de terminaux est déjà disponible sur le marché, pour la plupart supportant un débit de 100Mbits/s, certains allant jusqu’à 200Mbits/s.

Une fois que les fondamentaux (technologie, réseau, terminaux) sont disponibles, les contenus peuvent être proposés pour développer les usages. Premier des contenus : la vidéo. En ascendant, la technologie LTE offre des débits de 10 à 20Mbits/s, rendant possible par exemple le développement du cloud computing, du jeu en ligne.

Une nouvelle technologie qui apporte une rupture aussi majeure que le mobile il y a 20 ans.

Table ronde sur la fiscalité numérique animée par Guillaume Buffet

Intervenants :

  • Marc Teissier, administrateur Vidéo Futur, membre du CNN
  • Christophe Leblanc, responsable des affaires publiques, Solocal
  • Marine Pouyat, commission juridique, FEVAD
  • Grégory Abatte, Président BEPS, OCDE
  • George Karam, Président GITEP et Sequans

L’OCDE a lancé le projet BEPS (Base Erosion & Profit Shifting) qui vise à refonder les bases de la fiscalité. Pour l’industrie numérique, ce projet donnera ses conclusions en septembre 2014 (un an après pour les autres industries). Les contributions des entreprises sont les bienvenues !

Le Conseil National du Numérique (CNN) souhaite que la France soit première en numérique et dernière en fiscalité du numérique, et non première en fiscalité du numérique et dernière en numérique.

Pour Solocal, le rapport du World Economic Forum plaçait la France au 23e rang mondial de l’investissement numérique. Médiamétrie soulignait un retard d’adoption du numérique par les cadres dirigeants. La fiscalité qui grève les entreprises est fortement pénalisante pour le développement de l’innovation, consubstantielle au numérique. Les dispositifs de soutien au numérique sont inadaptés. Parmi les 40 millions d’euros d’investissement de Solocal dans la recherche, seuls 5% ont éligibles au CIR (Crédit Impôt Recherche). Le CICE, plafonné à 2,5% du SMIC, ne s’applique pas au numérique, secteur dont les emplois sont mieux rémunérés.

Dans une logique de développement de société, l’optimisation fiscale est naturelle dans un monde où les logiques fiscales ne sont pas homogènes.

Pour la FEVAD (580 adhérents, représentant 130 000 sites marchands), la réflexion sur la fiscalité du numérique est forcément à l’échelle mondiale, le numérique étant mondial.

Pour illustrer le déséquilibre des règles fiscales dont bénéficient certaines acteurs du numérique, un intervenant mentionnent que les GAFAM ne paient quasiment pas d’impôts : avec 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires, ils paient en France 40 millions d’euros d’impôts, soit 0,5%.

Une belle table ronde, sur un sujet complexe que les intervenants ont su aborder avec pédagogie. Dommage qu’Arnaud Montebourg ne soit pas resté !

Intervention de Gabrielle Gauthey sur le rapport Gallois

En deux mots : le choc de confiance préconisé par le rapport Gallois remis il y 13 mois, est loin d’avoir produit les effets escomptés. Le MEDEF constate le retard pris par la France par rapport aux autres pays de l’OCDE et propose de nouvelles mesures permettant de rattraper notre retard dans le développement du numérique.

Table ronde sur le Très Haut Débit animée par Stéphane Lelux

Intervenants :

  • Marc Charriere, VP affaires publiques Alcatel-Lucent
  • Pierre Camani, Sénateur
  • Romain Bonenfant, ARCEP
  • Antoine Darodes, mission Très Haut Débit du gouvernement
  • Pierre Jandet, DATAR
  • Jean-François Bureau, affaires institutionnelles Eutelsat

Le déploiement du très haut débit dans les territoires a bien avancé et beaucoup de projets sont en préparation selon Pierre Jandet de la DATAR. Curieusement aucun taux de couverture n’est communiqué.

Risque de fracture numérique : une part significative de la population accède à l’ADL à 3 ou 4 Mbits/s. 40% de la population n’est pas couverte par la FTTH (fibre).

Dans le Lot et Garonne, 60% de la population n’est pas couverte en haut débit par les opérateurs privés.

Selon l’ARCEP, 2,7 millions de prises FTTH sont installées, à comparer aux 31 millions de paires de cuivre. On est donc encore loin d’un déploiement massif du très haut débit, malgré une croissance rapide de 40% cette année.

49 départements ont déjà sollicité 1,2 milliards de subventions sur les 3,3 milliards du plan France Très Haut Débit. Ces subventions complètent les 500 millions d’euros investis par les opérateurs privés. Trois chantiers à venir : consolider l’environnement industriel, soutenir les collectivités, développer les usages.

L’infrastructure numérique du haut débit actuel a été financée dans les années 70. C’est sur ce patrimoine que reposent les services à valeur ajoutée que nous utilisons aujourd’hui. L’infrastructure du Très Haut Débit vise à doter la France d’un socle sur lequel s’appuieront les services numériques de proximité de demain.

Une table ronde plutôt technique et qui rappelle que l’économie numérique ne peut exister que grâce aux réseaux télécom.

Intervention de Stéphane Keita (CDC)

La Caisse des Dépôts et Consignation intervient au cœur du triptyque infrastructure, services et usages, à la fois en financement et en accompagnement des acteurs concernés.

En quoi le numérique peut-il aider à rendre notre système éducatif plus efficace ? Voir le rapport Pisa, publié le matin même, et qui montre qu’il est urgent d’investir.

Il y a urgence à développer la culture du numérique dans notre pays et à contribuer à la formation de tous, tout au long de la vie.

Table ronde sur la culture numérique animée par Rost

Intervenants :

  • Anne Pican, directrice figaroscope.fr, TVMag.com et Evene.fr
  • Alban de Nervaux, RMN Grand Palais
  • Jean-Paul Delahaye, culture Culturonomics
  • Patrick Bezier, DG Audiens
  • Mehdi Tayoubi, VP Digital et Experimental Strategy, Dassault Systems

Patrick Bézier insiste sur la nécessité de développer un cadre permettant aux salariés du numérique de travailler et de s’épanouir, alors que beaucoup sont dans des situations précaires sous des statuts variés (auto-entrepreneurs, freelance, intermittents, etc).

Dassault Systèmes s’est posé la question du sens de ce qu’elle produit (des logiciels de modélisation 3D) et a choisi d’utiliser la culture comme levier de rénovation de l’image de marque de l’éditeur, en s’appuyant sur le digital. La culture devient un facteur de différenciation pour cette entreprise B2B.

Le Grand Palais a pu constater que la numérisation des œuvres augmente les visites dans les musées. 90% des visiteurs visitent le site avant de venir au Grand Palais. 75% des visiteurs ont des smartphones. Plus de 100 000 fans Facebook, sollicités pour tester les visuels des expositions par exemple. En aval de la visite, le Grand Palais vend des publications numériques de ses collections, plus seulement de même forme que la version physique. Par exemple le catalogue de l’exposition Hopper (vendu 45€) a fait l’objet d’une déclinaison numérique (vendue 4€) achetée à 15 000 exemplaires, soit 4 fois moins que la version papier. La question étant de savoir si cette application valait le coût d’être développée, s’il y a un recouvrement entre les achats papiers et numériques, et si cette première tentative augure d’un développement à venir favorable au numérique.

Une table ronde rafraîchissante, animée de manière inhabituelle par un Rost en pleine forme.

Interview de Françoise Mercadal Delasalles

Au sein de la Société Générale, Françoise Mercadal Delasalles est directrice des Ressources et de l’Innovation, une direction qui regroupe Informatique, immobilier achat et innovation. Cette direction a été créée suite à l’affaire Kerviel, dans l’esprit de mettre en place une nouvelle gouvernance axée sur la co-construction et une organisation horizontale.

La réflexion sur la position de la banque vis-à-vis du cloud a été menée avec l’ensemble des DSI Groupe. Ce qui a amené à prendre conscience que les 18 000 informaticiens internes avaient la capacité à développer un cloud propriétaire plus efficace pour servir les métiers de la banque qu’un cloud du marché.

Comment mobiliser le top management sur le sujet de la digitalisation ? Choix d’animer un débat sur le réseau social d’entreprise, auquel 3 000 collaborateurs étaient inscrits, sur la question « qu’est-ce qu’une banque digitale ? ». En quelques mois, plus de 27 000 collaborateurs ont rejoint le réseau social d’entreprise et se sont exprimés sur cette question. La mobilisation massive des collaborateurs a aidé le top management à prendre conscience de l’importance du sujet.

Désormais, l’enjeu est maintenant d’exploiter cette richesse des idées qui circulent sur les plateformes internes et externes à l’entreprise pour créer de la valeur dans un environnement de processus industriels.

Intervention de Gilles Babinet

La société civile doit être mieux considérée par la société française.

Enjeux régaliens de notre société : santé, efficacité de l’Etat, modernisation de l’outil productif.

Santé (280 milliards d’euros de dépenses), 80 milliards de dépenses en médicaments, souvent surdosés. L’historisation du dossier médical a déjà montré dans certains pays une amélioration du protocole de santé

Efficacité de l’état : le numérique peut y contribuer de manière considérable (e-administration, Open Data, etc).

Modernisation de l’outil productif : une part importante de la valeur de l’entreprise fuit dans les données.

Conclusion

Sur le fond, une journée dense sur le thème de la libération de la croissance, montrant à quel point le numérique est un enjeu majeur de développement pour notre pays. J’ai été surpris que la gouvernance d’Internet, l’aménagement du territoire ou encore l’emploi, soient finalement peu voire pas abordés au cours des tables rondes et des key notes.

Sur la forme, je déplore une animation trop classique pour une conférence consacrée au numérique. A titre d’illustration le hashtag #adn_2013 a été donné à 11h10, soit plus de 2 heures après le début de la conférence, alors que de toute façon aucun Wifi n’était disponible dans la salle et la 3G inaccessible. Dommage.

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